PREMIÈRE PARTIE
les interprètes inconscients d’une conception divine. Quand, orgueilleux philosophes, nous croyons inventer des systèmes scientifiques, et classer la création par la seule force de notre raison, nous ne faisons que suivre humblement, que reproduire, à l’aide d’expressions imparfaites, le plan dont les fondements furent jetés à l’origine des choses... Ces systèmes, désignés par nous sous les noms des grands maîtres de la science qui les premiers les proposèrent, ne sont que la traduction dans la langue de l’homme des pensées du Créateur... S’il y a quelque vérité dans la croyance que l’homme a été fait à l’image de Dieu, rien n’est plus opportun pour le philosophe que de s’efforcer, par l’étude des opérations de son propre esprit, à se rapprocher des œuvres de la raison divine. Qu’il apprenne, en pénétrant la nature de sa propre intelligence, à mieux comprendre l’intelligence infinie dont la sienne n’est qu’une émanation ! Une semblable recommandation peut, à première vue, paraître irrespectueuse. Mais lequel est véritablement humble? Celui qui, après avoir pénétré les secrets de la création, les classe suivant une formule qu’il appelle orgueilleusement son système scientifique, ou celui qui, arrivé au même but, proclame sa glorieuse affinité avec le Créateur, et, plein d’une reconnaissance ineffable pour un don aussi sublime, s’efforce d’être l’interprète • complet de l’intelligence divine, avec laquelle il lui est permis, bien plus, il lui est, de par les droits de son être, ordonné d’entrer en communion » (Agassiz, Op. cit., p. 8 et 9).
Il semble que, de sang-froid, cette question d’orgueil plus ou moins grand du classificateur, pourrait être résolue d’une manière toute différente, même en la posant telle que la pose Agassiz, et, quant à cette tendance à faire coucourir les conceptions purement scientifiques avec les articles de foi,, quant à cette présomption qui proclame l’affinité de l’intelligence humaine et de l’intelligence du Créateur, rappelons-