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consacrées les leçons qui composent ce volume. Ces indications expliquent assez pourquoi nous avons pris le mot Darwinisme pour titre et nom celui de transformisme. Nous nous sommes en effet appliqué essentiellement à présenter un résumé des travaux de Darwin.
Ce résumé était-il nécessaire? Les publications de Darwin forment à elles seules une véritable bibliothèque; dès 1872, alors qu’une partie seulement de* ces publications avaient vu le jour, Emile Ferrière avait jugé nécessaire d’en présenter au public français un résumé clair et substantiel l. Cette nécessité s’imposait bien plus rigoureusement aujourd’hui. La longue série des œuvres de Darwin2 forme un immense et unique recueil de faits ; c’est dans ce recueil que le naturaliste de profession ira puiser les éléments de toute discussion ;
2. Outre les indications qu’on trouvera dans les leçons X, XI et XII (ciaprès, p. 179 à 257), où sont particulièrement analysés divers mémoires de Darwin, qui n’ont pas été tous traduits en français, voici la liste de ceux de ses ouvrages dont la librairie Reinwald a publié la traduction française :
L'Origine clés espèces au moyen de la sélection naturelle ou la Lutte pour l’existence dans la nature, traduit sur l’édition anglaise définitive par Edmond Barbier. I vol. in-8. — De la Variation des Animaux et des Plantes à l’état domestique, traduit sur la seconde édition anglaise par Ed. Barbier, préface par Cari Vogt. 2 vol. in-8, avec 43 gravures sur bois. — La Descendance de l'Homme et la Sélection sexuelle. Traduit de l’anglais par Edmond Barbier, préface de Cari Vogt. Troisième édition française. 1 vol. in-8 avec grav. sur bois. — De la Fécondation des Orchidées par les insectes et du bon résultat du croisement. Traduit de l’anglais par L. Rérolle. 1 vol. in-8 avec 34 gravures sur bois. — L'Expression des Emotions chez l’homme et les animaux. Traduit par Samuel Pozzi et René Benoit. 2e édition, revue. 1 vol. in-8, avec 21 gravures sur bois et 7 photographies. — Voyage d'un Naturaliste autour du Monde, fait à bord du navire Beagle, de 1831 à 1836. Traduit de l’anglais par E. Barbier. 1 vol. in-8 avec gravures sur bois. — Les Mouvements et les Habitudes des Plantes grimpantes. Ouvrage traduit de l’anglais sur la deuxième édition par le docteur Richard Gordon. 1 vol. in-8 avec 13 figures dans le texte.
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mais de telles archives ne sont pas facilement abordables pour le grand public. Et cependant une connaissance générale de ces travaux est indispensable à tous ceux qui veulent suivre les progrès des sciences biologiques, à tous ceux qui s'intéressent aux nombreuses questions traitées dans les cours de l’École d’anthropologie. C’est pourquoi nous avons cru devoir publier ces leçons destinées plus particulièrement à servir d’introduction h l’étude de l’anthropologie zoolo gique et de l’embryologie comparée des vertébrés.
11 nous resterait à indiquer le plan suivi dans cet exposé : un coup d’œil sur la table des matières rensei-
— Les Plantes insectivores, ouvrage traduit de l’anglais par Edm. Barbier, précédé d’une Introduction bibliographique et augmenté de Notes complémentaires par le professeur Charles Martins. 1 vol. in-8 avec 31) figures dans le texte.
— Des Effets de la Fécondation croisée et directe dans le règne végétal. Traduit de l’anglais par le docteur Ed. Heckcl, professeur à la Faculté des sciences de Marseille. 1 vol. in-8. — Des différentes Formes de Fleurs dans les plantes de la même espèce. Ouvrage traduit de l’anglais avec l’autorisation de Fauteur et annoté parle docteur Ed. Ueckel, précédé d’une Préface analytique du professeur Coutance. 1 vol. in-8 avec 15 gravures dans le texte. — La Faculté motrice dans les Plantes, avec la collaboration de Fr. Darwin fils, traduit de l’anglais, aunoté et augmenté d’une préface par le docteur E. Ueckel. 1 vol. in-8° avec gravures. — Pôle des vers de terre dans la formation de la terre végétale, traduit par M. Levêque, préface par M. Edmond Perrier, professeur au muséum d’histoire naturelle. 1 vol, in-8, avec 15 gravures sur bois intercalées dans le texte.
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gnera suffisamment le lecteur à cet égard. Nous devons seulement entrer ici dans quelques explications relativement à la cinquième et dernière partie (p. 421) intitulée : Objections et preuves .
Parmi les faits qui viennent apporter au transformisme les ordres de preuves les plus significatives, on s’étonnera sans doute de trouver à peine quelques mentions des résultats fournis par l’embryologie. C’est que cet ordre d’étude forme, nous l’avons dit, l’objet essentiel de notre chaire d 'anthropologie zoolorjique ; ce ne sont pas quelques leçons d’introduction qui doivent être consacrées à cet objet, c’est une série de cours de plusieurs années; ce 11e sont pas quelques pages d'un volume, mais bien une suite de volumes, car le sujet est immense et s’étend tous les jours davantage.
Qu’il nous soit permis, pour en donner une idée, de rappeler ici les diverses questions que nous avons successivement traitées depuis que nous occupons cette chaire, questions que nous espérons pouvoir reprendre de manière à les compléter et en faire l’objet de publications successives, pour lesquelles le présent volume doit être considéré comme une étude préparatoire.
La première année (1880-81), après quelques considérations sur les rapports généraux entre l’embryologie et l’anthropologie1, pour montrer combien sont précieux les renseignements que la première de ces sciences fournit à la seconde, et comment l’anthropologie a reçu
1. Voy. Revue d'anthropologie, année 1881, p. 19. Leçon d’ouverture à l’École d’anthropologie.
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une profonde impulsion par le fait de l’embryologie devenue réellement scientifique, c’est-à-dire par le fait de la doctrine de Yépigenèse définitivement substituée à celle de Y évolution (dans Y ancien sens du mot), nous avons spécialement étudié le développement du système nerveux central, et il nous a été facilement donné devoir que l’axe cérébro-spinal de l’homme présente dans sa formation des stades successifs et transitoires tout à fait identiques aux stades qui représentent les formes définitives (permanentes ou adultes) de cet axe dans la série des vertébrés placés au-dessous de l’homme. Nous avons donc constaté que, selon une terminologie qui nous est maintenant devenue familière, le développement ontogénique est une répétition du développement 'phylogénique; et ces faits nous ont amené, comme conclusion, à des idées générales qui relèvent de la doctrine du transformisme.
La seconde année (1881-82), nous avons d’abord, dans une série de leçons sur des sujets généraux, recherché comment les organismes supérieurs dérivent d’organismes inférieurs par l’association en série linéaire de ces derniers, c’est-à-dire comment les individus des espèces élevées peuvent être considérés comme des chaînes d’ individus simples ; cette théorie des colonies animales , si bien développée par II. Spencer et par Perrier, nous a permis de distinguer, comme composant le corps des vertébrés, une série de segments dits segments vertébraux , qui 11e correspondent pas précisément aux vertèbres de l’adulte mais aux prévertèbres (ou segments musculaires) de
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l’embryon. Puis, comme question particulière, nous avons pris l’étude des segments vertébraux qui composent la tête et le cou, et recherché comment devait être comprise aujourd’hui la théorie déjà ancienne des vertèbres crâniennes. Le développement de ces segments céphaliques et cervicaux, celui des arcs branchiaux et des arcs aortiques correspondants nous a amené une seconde fois à constater un parallélisme rigoureux entre les formes que ces parties présentent chez l’homme à leurs divers stades de développement et les formes qu’elles présentent dans la série graduelle des vertébrés; là encore nous avons vu le développement ontogénique répéter le développement phylogénique; là encore nous avons été amené à des conceptions qui n’étaient, pour le cas particulier, qu’une démonstration de la doctrine transformiste.
Ajoutons qu’après cette étude purement anatomique sur le développement de la tête et de la face, il nous parut intéressant d’aborder la physiologie de la face au point de vue de l’expression des passions, c’est-à-dire le jeu des muscles peauciers du front, des paupières, des lèvres, des joues, dans le mécanisme de la physionomie, et que là encore, nous basant d’abord comme données expérimentales sur les belles recherches de Duchesne, nous avons, pour l’explication du rôle de tel muscle dans telle expression, trouvé toutes les données théoriques dans la doctrine transformiste, spécialement dans l’ouvrage de Darwin sur Y Expression des émotions chez V homme et les animaux.
Enfin clans ces dernières années (jusqu'en 1885) nous avons exposé l’état de la science relativement aux tout premiers phénomènes du développement, et surtout relativement aux phénomènes intimes de la fécondation, à la segmentation de l’ovule, à la formation du blastoderme.
Ces questions, je le répète, seront l’objet de publications ultérieures; c’est pourquoi elles ne pouvaient trouver place dans le présent volume ; c’est pourquoi dans la partie consacrée au \ preuves du Darwinisme, nous avons laissé de côté la plupart des questions qui se rapportent à l’embryologie. Mais nous ne saurions nous dispenser de donner quelques rapides indications sur cet ordre d’idées, et de relier ainsi par avance ces leçons à celles qui pourront les suivre. Nous terminerons donc cette introduction en examinant ce qu’est devenu le transformisme depuis Darwin, sous l’influence des études faites sur le développement des animaux.
La doctrine transformiste a pris, dans ces dernières années, non une nouvelle forme, mais une nouvelle extension, grâce aux études d’embryologie. La doctrine de Y évolution, telle que l’a formulée Hæckel, et telle que nous allons essayer de la résumer rapidement, a pour base la connaissance approfondie des phénomènes du développement embryonnaire chez les divers animaux.
Tout en démontrant la variabilité des espèces et le passage de l'une à l’autre, c’est-à-dire leur origine par transformation de types primitifs, Darwin ne s’est prononcé ni sur le nombre, ni sur la nature de ces types
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