‹ Le Décaméron de BoccaceChapitre 12 sur 84 · AVERTISSEMENT XIX · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT XIX

embarrassées et ses expressions archaïques mais pleines de saveur, cette langue du XVI* siècle en comparaison de laquelle la nôtre, plus châtiée et plus régulière, semble fade.

Boccace a dédié son œuvre c aux pauvres Dames qui, retirées de leurs vouluntez et plaisirs, par le vouloir des pères, des mères, des frères et des marys, le plus du temps demeurent enfermées dans le petit circuit de leurs chambres»; il pensait surtout à celles qui aiment, car il ne faut aux autres, ajoute-t-il, que l'aiguille, le fuseau et le rouet. Quoique aujourd'hui les femmes soient moins strictement recluses qu'au temps où la reine Berthe filait, elles se délectent encore aux romans d'amour, à l'exception de celles qui font c les desdaigneuses et les succrées », et c'est à elles que Ton songe tout naturellement en réimprimant le Décaméron. Aussi a-t-il semblé superflu de l'accompagner de notes historiques ou philologiques : l'érudition alourdirait ces pages légères. Rappelons-nous que Léonard de Vinci en faisait écouter la lecture à Monna Lisa, pour amener sur ses lèvres ce sourire ambigu qu'il a pour jamais fixé dans sa Joconde.

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