IX — LA COMTESSE DE RODSSILLON
» femme : laquelle pour te laisser re- » tourner, et demourer en ta maison, » suis allée longuement coquinant par » le monde. Je te requiers pour Thon- » neur de Dieu que tu me tiennes les » conditions que les deux Chevaliers que » je t'envoyay m'enchargèrent: carvoicy » entre mes bras, non seulement un filz » de toy, mais deux, et pareillement ton » anneau : il est doncques temps que » (suyvant ta promesse) je doive estre » receue de toy comme ta femme. » Le Comte, oyant cecy, fut tout estonné, et recongneut Tanneau, et pareillement les enfans qui luy ressembloient ; toutesfois il dist : — « Comment peut estre avenu B cecy ?» La Comtesse, avecques grande admiration du Comte, et de tous les autres qui estoient en présence, leur compta par ordre tout le faict, et comment il estoit avenu. Pour laquelle chose le Comte, congnoissant qu'elle disoit vray, et voyant sa persévérance, et son bon sens, et deux si beaux petitz garçons, aussi pour garder ce qu'il avoit promis, et complaire à tous ses subjectz, et aux Dames qui le prioient tous de la recueillir désormais comme sa légitime espouse, et Thonorer, remist son ob-