III II
Ainsi doncques les deux amans, sans avoir gousté aucun fruict de leur amytic, moururent misérablement en peu de jours de malheureuse mort.
LES FltÈliES 'DE YSaéVEa4U
tuèrent tin amy qu'elle avait, lequel s'apparut après à elle en dormant, et lux 'nonttra où il estait enterré : elle désenterra secrètement la teste, et la meit en un pat de basilic, pleurant tous les jours une grande heure dessus. Mais la luy estant ses frères, elle en mourut de deuil peu de temps après.
NOUVELLE V
Ea laquelle cat signifié, qn'imaur De tt peut i
cher, par lacune ponrvoyaace et force hum d'uD esprit auquel il k sera fort enraciné.
D la nouvelle de ma Dame
Élise fut achevée, et aucune-
I lou£e du Roy, il coui-
inda à ma Dame Philo-
mtne qu'elle dlsl la sienne :
laquelle, toute pleine de com-
n du miȎrable Cuerbin et de s'amye,
commença après un grand souspir à dire ainsi :
Ma nouvelle (gracieuses Dames) ne sera point de gens de si grosse étoffe, comme furent ceux-cy, de qui ma Dame Élise a parlé : mais elle ne sera paraventure moins pitoyable ; et m'en a faict souvenir Messine, dont on a parlé n'aguères : par ce que l'accident avint en la mesme ville.
Il y eut doncques à Messine trois jeunes frères marchans, qui demourèrent fort riches après la mort de leur père : lequel estoit de sainct Geminan; et avoyent une leur sœur nommée Ysabeau, jeune, fort belle, et bien conditionnée : laquelle (qui qu'en fust occasion) ilz n'avoient point encores mariée. Hz avoient aussi en une leur boutique, un jeune garçon de Pise, nommé Laurens, qui gouvernoit et faisoit tous leurs affaires, lequel estant fort beau personnage et moult gracieux, et l'ayant Ysabeau plusieurs fois regardé, il advint qu'il commença à luy plaire merveilleusement : dequoy s'estant aperceu Laurens une fois et autre, il commença (ayant laissé ses autres amourf^-*