AVERTISSEMENT XI
Tamour, de la poésie, de l'art, c^est folie ; il n'y a d^ vrai que le tombeau et, par derrière, la vie éternelle. Quelle violente envie de rompre ce réseau de momeries lugubres et de pratiques asservissantes devait tourmenter ceux qui se sentaient faits pour vivre, pour penser et pour agir ! Comme ils devaient aspirer à se voir délivrés d'une religion qui, sous prétexte de mater la chair, privait l'homme de tout ce qui peut le charmer, Pépouvantait, le terrifiait pour le rendre plus docile et le forçait d'user son intelligence à résoudre des questions ineptes ou insolubles ! Combien durent être de cœur avec ce Grec enthousiaste qui s'écriait : < Cela ne peut pas durer ; revenons-en aux » Dieux d'Homère ! »
Boccace est un païen par l'ardeur sensuelle, par le culte de la grâce, de la beauté, surtout par le mépris de la mort et de ses terreurs, si chères à l'Église dont elles remplissent Pescarcelle. Pendant que la peste ravage Florence^ que le glas sonne, conviant à la prière, invitant à se couvrir du sac de cendre, il rassemble ses jeunes femmes et ses galants cavaliers dans une délicieuse villa qui rappelle les frais ombrages de Tibur et il leur fait mettre en pratique le carpe diem des poètes Épicuriens. Si la