‹ Le déclin de l'EuropeChapitre 19 sur 59 · I. Petit, Expansion économiquef septembre 1918, p · texte numérisé non relu

I. Petit, Expansion économiquef septembre 1918, p

LE DÉCLIN DE l'eDROPE

■Strie européenne rencontre beaucoup concurrences américaines ; elle est en perdre la spécialité de certaines fabriqui s'installent ou qui se fortifient de ôté de l'Atlantique. Jusqu'en 191J, les lis dépendaient de l'Atlemagne pour produits chimiques ; pendant la guerre, .ants capitaux se sont consacrés à ces ; déjà on commence la conquête des étrangers; on ejcporte de l'acide suide la soude, du benzol, alors que, )ij, on n'en vendait que très peu à ir. L'industrie des matières colorantes idée de toutes pièces ; des usines de 13 se sont transformées en usines de 3 ; à ta fin de 1918, leur production lit aux besoins du pays ; elles vendaient la France, à l'Italie, à l'Espagne, au ;-Uni, au Canada, à l'Argentine, au au Japon; l'Allemagne ne retrouvera débouchés qu'elle dominait jadis soulent ; on peut prévoir le moment où les lis seront le grand fournisseur de mailorantes du monde. Sur l'immense ter- B l'Union, on a recherché de quoi fabri-

quer les engrais potassiques afin de dél monopole de l'Allemagne à laquelle le Unis achetaient, avant la guerre, 20 de dollars de potasse ; au mois d'avril fondait à Denver une Association de prc de potasse dont le but est de rendre le Unis libres de tout marchand étranj Californie, une fabrique de ciment, trai poussières, en tire assez de potasse pi le ciment soit considéré comme un S( duit. La fabrication des nitrates avec l'i l'air se développe ; on construit une usine à Sheflield (Alabama) ; une autre pare à Mussel-Shoals (Alabama) à uti force du Tennessee.

Deva'nt l'essor de la fabrication ami déjà si intense avant la guerre, notre ii de la soie est en péril grave. Depuis cii ans, la proportion de la production ly par rapport au reste du monde avait lei décru. Pendant la guerre, la disprop< grandi terriblement ; les établissem* Paterson ont travaillé à plein poursatisj goûts de luxe du public américain ; seules les usines américaines ont pro

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igig autant que les autres usines du monde.

L'Amérique reçoit à elle seule 80 pour 100 de la soie japonaise de sorte que la France, qui perd déjà des marchés pour se,s tissus, peut craindre de voir se fermer devant elle les centres d'approvisionnement de matière première ; ce danger nous menace d'autant plus que la dépréciatian de la monnaie française tient nos acheteurs éloignés des marchés de Canton et de Shanghaï aussi bien que de Yokohama; la hausse du dollar, la hausâe du yen, la hausse du taël entravent ainsi nos achats de matière première et affaiblissent encore la situation de notre fabrique lyonnaise vis-à-vis des Américains. Peu de domaines échappent à la concurrence de l'entreprise américaine; on la voit menacer la minoterie écossaise avec les énormes cargaisons de farines qui débarquent à Glasgow; et de même, on voit les raffinerie»

américaines, grâce aux sucres tropicaux de Cuba, des Philippines et des Hawaii, s'enaparer des marchés où parvenaient seuls jusqu'à présent les sucres européens.

Ces initiatives, ces progrès et ces ambitions révèlent la vitalité d'une industrie dont les

LA FDIESATICE ntDUSTItlGLLE ISQ

moyens croissent toujours. Elie grandît d'autant plus solidement qu'une sorte de solidarité nationale unit et soutient les efforts des producteurs. L'opinion publique des ' États-Unis est hostile aux trusts, aux combinaisons d'intérêts qui lèsent le consommateur national. Mais elle admet vis-à-vis de l'étranger l'organisation et l'association. Depuis le vote de la loi Webb qui autorise les maisons américaines à former des cartels pour le commerce extérieur, de puissants groupes industriels se sont associés pour la recherche et l'exploitation des débouchés extérieurs. Les principaux producteurs de cuivre ont fondé la Copper Export Association qui, sur une production de i 5ooooo livres de cuivre, veulent en exporter un million. Dans le groupe de l'acier, plusieurs compagnies se sont associées pour former la North American Steel Corporation. 11 s'est formé, de même, la Textile Alliance Export Corporation pour la vente des étoffes de coton et de laine et il va se créer une autre association pour le charbon. Comme pour une croisade économique, on envoie des missions à l'étranger, et particulièrement en Europe, pour étudier les marchés; on pn'ipare DiMAMoioii, ' g

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l'organisatloQ de bureaux de vente en commun. L'industrie américaine marche à la conquête du monde.

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L'indu9trîe japonaise ne peut se comparer à l'industrie américaine, ni pour la grandeur des moyens, ni pour la puissance de la production. Mais elle a subi, beaucoup plus profondément que l'industrie américaine, l'influence de la guerre. Pour combler le déficit des importations européennes sur les marchés d'Extrême-Orient, le Japon a compris qu'il devait faire grand ; c'était pour lui l'occasioa de s'ériger en une puissance industrielle de premier plan, malgré la pauvreté de ses ressources en fer. Il trouvait plusieurs circonstances éminemment favorables : le caractère limité de son intervention guerrière qui lui épargnait les énormes dépenses des Alliés; les bénéfices exceptionnels qu'il réalisait par les transports maritimes ; et, par-dessus tout, l'abondance

d'une main-d'œuvre épargnée par les combats et sans cesse accrue par une belle natalité.

Jusqu'au mois d'octobre 1916, la guerre avait provoqué au Japon un véritable malaise économique. Matières premières et articles manufacturés n'arrivant plus de l'étranger, le pays se trouvait dépourvu de produits essentiels. Comme la guerre durait, il fallut de toute nécessité parer au déficit des importations ; cette situation dura pendant toutes les hostilités. Si Ton prend l'exemple de la Grande-Bretagne, fournisseur principal du Japon avant la guerre, on constate que ses expéditions baissèrent lamentablement.

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