Balhlin économique de l'Indo-Ckiae, igiS, p
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santés pour permettre une/exportation : ainsi le chlorure de potassium, le celluloïd, l'acide nitrique, le carbonate de chaux, le chlorate de potasse, le phosphore. Comme l'industrie textile souffrait gravement du manque des teintures artificielles jadis fournies par l'Allemagne, l'Etat^ncouragea et subventionna la fabrication des matières tinctoriales ; une grande société, fondée à Osaka en igi6, produit maintenant des couleurs d'aniline ; une autre fabrique du phénol et de la glycérine, une autre des produits pharmaceutiques. Une compagnie se crée pour le travail du caoutchouc \ elle recevra la matière première des plantations ; que les Nippons ont acquises dans la Malaisie. Toutes ces créations, issues de la nécessité, n'ont certes pias le même avenir; elles nerésisteront pas également au retour de la paix ; mais celles qui survivrofflt^ donneront des armes au Japon pour défendre son indépendance économique et poursuivre son offensive commerciale.
Beaucoup d'autres établissements industriels
ont fait brillante fortune*. L'exportation du
I. Bulletin économique de VIndO'Chine, 191 8, p. 717-721; — Asie françaiscj igiSj p. 81 ; ^ — Financial Chronicle, igarril 1919.
papier a grandi sept fois de igi3 à igi travail du cuir s'est tellement développé Japon vend des chaussures non seulem Chine, mais encore dans les Établissemen Détroits, dans l'Amérique du Sud et mé Australie. Au bout de deux années de g les jouets japonais avaient pris sur le ché international la place des jouets mands ; en 1917, il s'en vendait pour pi vingt millions de francs (au lieu de six m et demi en 1914) à des clients disperse quatre coins du monde : Angleterre, Unis, Australie, Inde, Chine ; ces joue porcelaine, en bois, en coton, en caout< en métal, en celluloïd, sont élégants et nieux ; les fabricants allemands et françi rencontrent désormais devant eux sur marchés d'avant-guerre. L'industrie jap des conserves de poisson progresse aux < des industries britannique et française ; d à 1917, elle double son chiffre d'export les conserves de saumon de la mer d'OI et du Kamtchatka prennent place sur les j marchés à côté des conserves de l'Alaska Colombie britannique et du Washingto
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conserves de crabes péchés à Sakhaline viennent aux États-Unis, en Angleterre et en France remplacer les conserves de homards ; aux sardines françaises certains acheteurs préfèrent déjà les conserves de poissons à Fhuile faites au Japon. Les sucres japonais de Formose, de Kagosima et d*Ogasawara supplantent sur le marché chinois les sucres de Hong-Kong; un syndicat japonais possède plusieurs sucreries à Java. Hong-Kong, qui depuis longtemps importait des farines américaines, reçoit maintenant des farines japonaises faites avec des blés de Mandchourie et transportées par des caboteurs japonais. Un peu partout et principalement en Extrême-Orient, le Japon recueille ainsi les commandes que ses concurrents ont dû, par le^ fait de la guerre, laisser en souffrance.
Mais c'est dans l'industrie cotonnière* que le Japon a fait ses plus précieuses conquêtes ; ses progrès y menacent nettement la vieille suprématie de la Grande-Bretagne. Avec le développement de la marine marchande japonaise, on
I. Bulletin économique de V Indo-Chine, 19 17, p. 267 et 368; 1918, p. io5-io6 et 1128-1129; — Asie française, 1918, p. 80; J. R. Smith, ouvr. cité {Influence...), p. 90-91.
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peut dire que le fait le plus décisif de révolution économique de rExtrême-Orient paraît être la mainmise du Japon sur le commerce des cotonnades. Par les faibles salaires qu'il paie encore à ses ouvriers, par la proximité des marchés qull dessert et surtout de la Chine, par la connaissance des langues et des coutumes locales qu'il doit à une antique communauté de civilisation, le Japon devient en ces pays d'Extrême-Orient le dangereux rival du Lancashire. Il ne produit pas de coton; comme le fer, cette matière première lui vient presque toute de l'étranger: en 19 17, il en reçut 2o43ooooo de yen de l'Inde, 84 000 000 des Etats-Unis, 3o5ooooo de Chine, 10800000 d'Egypte. Aussi cherche-t-il, pour ce produit qui est l'élément de sa plus grande richesse industrielle, à s'assurer de ressources moins éloignées et plus personnelles; ses capitaux s'emploient à étendre la culture du coton en Chine ; des essais heureux ont montré que certains cantons du Japon, dans les départements de Tohori et de Tochigi s'y montraient propres. Une variété de coton américaine, introduite en Corée, donne de bonnes récoltes ; la production s'accroît chaque
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des numéros fins qui avaient été jusqu'alors la spécialité de Manchester. Quant aux tissus de coton, le Japon en exportait 33 millions de yen en 1913, 95 en 1916, 128 en 1917; le progrès est saisissant ; aucune exportation japonaise n'en montre d'aussi rapide, ni d'aussi fort. Mais, pour en comprendre toute la valeur, il faut en rapprocher' l'élargissement du domaine de vente ; Ix^ iapon pousse ses tissus sur tous les marchés et le marchand britannique les trouve avec stupeur auprès de ses clients traditionnels. Le Japonais vend ses tissus jusqu'en Hollande et en Angleterre et jusqu'en Afrique Australe ; mais ces pays sont trop éloignés pour qu'il y menace la suprématie britannique. Il n'en est pas de même en Extrême-Orient, depuis l'Inde jusqu'à la Chine, parmi les communautés de consommateurs pauvres auxquels conviennent si bien les étoffes japonaises à bon marché ; chez les Hindous, les Chinois et les Javanais, les ventes britanniques baissent au profit des maisons japonaises ; dans le district de Foutcheou (Chipe) où les Anglais avaient le monopole pour les tissus de coton, les Japonais ont, en trois ans, conquis le^ deux tiers des com-
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mandes ; rinde britannique, qui en 1918 achetait 5o3 000 yen d'étoffes japonaises, en prenait i5 millions en 1917 ; dans les Indes néerlandaises, les ventes britanniques baissaietit d'un cinquième. Aussi l'inquiétude règne à Manchiester. Au moment où les frais de la production européenne montent à des taux formidables, les manufacturiers anglais considèrent avec anxiété l'avenir de leurs marchés asiatiques.^ L'Inde leur achète annuellement 35 millions de livres sterling de tissus de coton ; en Chine, des millions d'hommes sont leurs clients. Pour ces paysans pauvres, le bon marché est la condition essentielle de la vente. Que deviendront ces acheteurs si la hausse des prix les écarte des étoffes britanniques? Ils se tourneront vers les produits japonais. Le problème est assez grave pour que les syndicats cotonniers du Lancashire aient demandé en avril 1919 l'envoi d'une mission officielle en Extrême-Orient pour étudier le commerce d'exportation des produits de coton vers l'Inde, les Iles de la Sonde, les Établissements des Détroits, la Chine, le Japon.
On peut dire que l'influence de la guerre a
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précipité l'évolution manufacturière du Elle a fait pénétrer dans sa structure de nouveaux ferments de vie industri ne saurait comparer cette transforma Japon à celle qui, dans le passé, boi l'économie de l'Europe occidentale, p États-Unis : le Japon n'atteint pas en stade d'évolution. Dans la poussée de cr< qui l'entraine, tout ce qui se crée m pas ; des usines et des ateliers devront ver dans la lutte internationale et résis concurrence universelle ; il faudra régulariser, organiser la fièvre d'un afin d'établir un régime stable. En o Japon, nouveau venu dans la pratique c ciale, n'a pas la tradition- du grand né| ignore l'art de servir et de retenir ui clientèle; ses commerçants n'ont pas renoncé aux petites ressources de la m:
d'Australie par exemple des plaintes tr sont 'parties vers tes Chambres de Co du Japon pour protester contre certain tudes déloyales ; il s'agit surtout du proc consiste à vendre des objets inférieurs lité aux échantillons proposés. Enfin i
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d'oeuvre japonaise demeure encore inexpérimentée ; beaucoup d'ouvriers manquent d'éducation professionnelle ; les ateliers n'ont pas toujours une direction experte. Mais ce sont là des désavantages que le temps et l'étude amoindriront ; le Japon s'apprête à les combattre. Beaucoup de Japonais comprennent que leur pays est en voie de transformation et que l'économie industrielle y refoule, en maintes régions, l'économie agricole. Aux yeux de l'étranger, cette évolution se manifeste partout par des faits qu'il est aisé d'observer : la multiplication des usines de type moderne qui comptent plus de deux millions d'ouvriers; la présence de a5oooo ouvriers dans la seule agglomération industrielle de Tokio ; la formation d'une classe ouvrière qui a cruellement souffert de la hausse du prix de la vie ; l'accroissement du nombre des grèves, passant de 5o en igi4 à 417 en 1918 et englobant 7 904 ouvriers en 191 4 et 66 457 en 1918; enfin et surtout le développement d'une politique d'expansion destinée à assurer aux manufactures nationales des ressources en matières premières et des débouchés commerciaux.
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