‹ Le déclin de l'EuropeChapitre 42 sur 59 · DES ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

DES ÉTATS-UNIS

entre les deux pays se dessine, compo un sens des céréales et des viandes a dans l'autre sens du charbon ; on pe que les vins du Cap pourront rempla marché argentin les crûs français. Ui fierté nationale accompagne cet acci de relations ; on remarque avec ame les lies Falkland n'appartiennent pas tine. Au Chili, l'attention se porti grands territoires du Sud et parties sur la province de Llanquihué où 1 pourrait multiplier la production { créer des richesses à exporter ; on pour centraliser la vente des nitrat par des compagnies chiliennes afin armes égales contre les compagi péennes. Au Pérou, les plantations sucre et de coton possèdent déjà i extérieur. Au Brésil, le riz et le coto et le maïs gagnent du terrain ; les cotonnades prospèrent. Partout la surexcité la production sud-américaii Èsera une crise pour certains ; tout germé en un moment d'éveil ne m mais il y aura des survivants.

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Obligés de se procfurer des objets de première nécessité, les mêmes pays ont cherché à se compléter mutuellement. A l'intérieur de rAmérique du Sud, des courants commerciaux sont nés de cette tendance. Entre TArgentine et le Brésil, les relations se resserrent sur la base des échanges que comporte leur difiFérence de structure économique ; l'Argentine vend au Brésil ses farines, ses lins, ses bestiaux de bonne race pour l'élevage et l'engraissement ; elle lui expédie en quantités croissantes les vins et les fruits des provinces de Mendoza et de San Juan. Le Brésil vend à l'Argentine son café, son sucre, son riz, son tabac, son caoutchouc ; les tissus brésiliens ont commencé la conquête du marché argentin; en 1918 s'est tenue à Buenos-Aires une exposition de ces tissus ; des accords commerciaux avec tarifs préférentiels et abaissements de droits de douane préparent l'heureuse évolution de ce rapprochement commercial. Entre l'Argentine et le Chili, le trafic grandit de même. L'Argentine a besoin des ports du Chili pour atteindre le Pacifique ; on travaille à améliorer les relations par rail entre les deux versants des Andes; on projette

l'expansion ses ÉTATS-UNIS a&5

une voie ferrée passant par Looquimai qui doublerait le Transandin actuel ; une nouvelle ligne télégraphique venant d'Argentine aboutit à Valdivia. Du bétail argentin s'exporte au Chili et les fruits du Chili arrivent sur les marchés argentins. Entre le Chili et le Pérou, on constate les mêmes efTorts pour affranchir les deux pays du tribut qu'ils paient à d'autres ' continents et particulièrement à l'Europe; du Chili au Pérou ce sont des vins, des blés, des fromages, du Pérou aU Chili ce sont des sucres, des cafés, des tissus de laine qui s'échangent. Ailleurs encore on voit s'ébaucher des mouvements de marchandises qui annoncent ou qui consacrent une solidarité économique : de l'Equateur vers le Pérou, des fruits, du cacao, des bois de construction ; du Pérou vers l'Equateur, du riz, des tissus, des chaussures; du Chili au Mexique, des nitrates et du blé.

L'Amérique latine voudrait s'affranchir autant que possible de la tutelle étrangère et l'on peut parler d'un particularisme, d'un nationalisme sud-américain.

Cette émancipation apparaît bien plus dangereuse pour l'Europe que pour les États-Unis

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Malgré tout, ces pays ne sont pas encore outillés pour l'indépendance économique, et longtemps encore ils feront appel à l'étranger. Ces relations extérieures se tourneront de plus en plus vers les Etats-Unis ; la force des choses l'emportera. Le centre de gravité économique fait pencher l'Amérique latine vers l'Amérique du Nord ; du fait de la guerre, cette tendance devient toujours plus forte. En intervenant dans le conflit européen, les Etats-Unis ont accru leur prestige dans l'Amérique du Sud ; ils ont démontré que leur politique, inspirée non par le sentiment de leur force, mais par le droit des nationalités, ne menaçait pas l'indépendance politique d'autres peuples. Aussi la guerre a profité au sentiment panaméricain ; en Argentine fcomme au Brésil, au Chili comme au Pérou, beaucoup d'esprits se rallient à l'idée de la solidarité continentale et d'une ligue des nations américaines. <]ette nouvelle . unité mondiale, cette union panaméricaine, on l'a vue se renforcer durant la guerre ; on peut la définir comme le libre développement de toute l'Amérique sous le contrôle économique des Etats-Unis, et sur un pied d'égalité vis-à-vis de l'Europe. La

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pensée qui s'ébauche et tend à entrer dans les faits, c'est qu'on doit se passer de l'Europe. Matériellement, du fait de la coopération des deux Amériques, la position de l'Europe décline ; on se protège contre sa concurrence ; en Argentine même, on impose déjà aux agents commerciaux de l'étranger de fortes redevances et, dans la plupart des grandes villes, des taxes sur les échantillons et les catalogues ; mais on excepte de ces mesures les agents des États-Unis. Les mêmes dispositions s'appliquent dans l'Uruguay et le Panama ; d'autres Etats les préparent; c'est le commencement d'un protectionnisme panaméricain. Moralement, la position de l'Europe faiblit aussi ; elle a reconnu au Congrès de Versailles la doctrine de Monroe. Déjà cette* doctrine avait mis un terme à l'expansion européenne en Amérique ; elle avait protégé le Nouveau Monde contre des souverainetés étrangères. La reconnaître aujourd'hui, c'est reconnaître à l'Amérique le droit de résoudre dans son propre esprit et selon ses propres lois les problèmes de son existence ; c'est dire que, dans toutes les questions américaines, l'Amérique entière constitue uûe personnalité souveraine.

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Jamais l'Europe n'avait encore explicitement reconnu ces principes ; pour la première fois, ils entrent dans le droit universel après une guerre terrible qui a porté des coups décisifs à la suprématie de l'Europe et qui a consacré les progrès des États-Unis dans l'hégémonie économique et morale de l'Amérique latine.

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