‹ Le déclin de l'EuropeChapitre 43 sur 59 · INDIGÈNES · texte numérisé non relu

INDIGÈNES

Au cours.de son expansion universelle, TEu-* rope trouva Tun de ses moyens d'action les plus énergiques et les plus fructueux dans TexploiT tation des peuples dits inférieurs : sur leur propre terre elle appliqua leur force à travailler et à produire pour elle. Asservis et passifs, ces peuples furent les artisans de sa colossale fortuBe ; ils peinaient pour le Blanc ; le Blanc les commandait, les dirigeait ; il s'enrichissait par eux. Cette suprématie n'est plus incontestée ; en certains points du monde, les races indigènes que le contact de leurs maîtres instruit et éveille, croient qu'il est temps de secouer cette tyrannie afin de vivre pour elles-mêmes et, sinon selon leurs propres lois, du moins selon

un régime plus juste et plus égal. Nous assistons aux débuts d'une révolution dans les rapporta entre les Européens et les autres hommes ; cette révolution marque pour l'Europe un nouveau déclin. Pendant la guerre, au spectacle de cette race blanche décimée et ruinée par une bataille fratricide, des races soumises, des races de couleur ont pris une conscience plus claire de leurs droits. L'Europe voit surgir inéluctable un problème qu'elle n'avait guère que pressenti et qui dépasse en étendue le problème des nationalités qui fut l'une des causes de la guerre : c'est le problème des races ; il met en cause directement la domination européenne dans les pays de colonie et de protectorat. Le mot race, fort obscur en lui-même, ne suffit pas à définir l'ampleur du conflit; car, à le considérer dans son acception la plus simple, il n'impliquerait strictement qu'une question de couleur ; il ne supposerait de diflTérend à régler qu'entre les Blancs d'une part, les Jaunes, les Noirs et les Rouges d'autre part. Mais il existe des hommes de même souche primitive, de même couleur que les Européens, tels que les Berbères et les Arabes, les Sartes et les Hin-^

l'eUHOPB et L éveil des tEOPLES HtDIO^KI sét

doua, qui se sentent très profond rents de noua parce que leur cîvilîs profondément de la nôtre. Il s'agi ment d'un procès entre la civilis péenne et les civilisations indigène rope tient asservies.

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