‹ Le déclin de l'EuropeChapitre 6 sur 59 · DETTES DES BELLIGÉRANTS · texte numérisé non relu

DETTES DES BELLIGÉRANTS

(en millions de dollars )

États Alliés.

(i«' août 1914), 3458; (8 fév. 1919), 3645?

(3 1 mars 191 7), iao8; (3ijanv. 1919), a3a67

(3i juil. 1914), 6598; (3i mars 1919), 3o494

(3ojuin 1914), a 63a; (3i cet. 1918), ii'177

(i«'janv. 1914), Sbga; (i^janv. 1919), 6736a

I. D'après Gottlicb, Quarterîy J. of Econ., mai 1919, p. 5o5.

G*«-Bretagn« États-Unis.

France. .

Italie. .

Russie.

LE d£cLIN de h EUROPE ËT1.TS CemTB&VX.

. (i^oct. 1913), ii65j (iwJBiiT. 1919), 3853t

. (i"aoûti9i4>, 3i77i (3ioct. igi8), 1707a

. (i«<.oati9i4), 1989; (3i oet. 1918), 8707

. , (3i mar« 191&), 667 ; (3i déc. 1918}, i SaS

pour ces neuf pays, les dettes d'avant 'élevaient à a6 milliards de dollars^ iprès guerre, à 336, dont 170 pour les

66 pour les Puissances Centrales. Il imps où l'on pouvait affirmer qu'une lerre rapportait toujours quelque chose.

[Icfle de nier maintenant qu'une guerre, elle qui vient de se terminer, équivaut igantesque catastrophe matérielle. La venue ; il faudra travailler pour payer s. Mais les pays qui n'auront pas souflîUeront avec moins de charges et plus es de succès.

îs charges encore pèseront malheuit sur les pays qui ont fait la guerre:

ilteront des dommages, des destruc-

des pillages ; il faudra travailler et mprunter pour réparer ces ruines. Ces n'affecteront pas également tous les ons de lutte ; elles seront încompara-

blementplus lourdes pour les pays qui ont servi de champs de bataille. Pour les pays éloignés du théâtre des opérations, elles n'existent pas. Par contre, pour la France du Nord, la Belgique, la Serbie, la Roumanie, elles équivalent parfois à une réfection complète des moyens d'existence. Pour les industries belges, on évalue les dommages de guerre à plus de huit milliards et demi de francs. Dans la France du Nord^ c'est un cataclysme qui a tout renversé ; on ne déplore pas seulement la dévastation des forêts, des usines, des mines, des maisons, volontairement accomplie par l'ennemi ; il faut encore revoir par la pensée cette zone de mort, longue de 5oo kilomètres, large de lo à a5, qui suit le front de la bataille et que le manque de culture joint à la destruction de la bonne terre a transformée en un désert, en une steppe sauvage, en un champ d'éruptions. On a évalué Tensemble des dommages matériels subis par les régions françaises à près de lao milliards de francs, dont 34 600 millions pour les habitations et les monuments publics, 19320 pour l'agri* culture, 4260 pour les houillères, iii4o pour les, mines et les usines métallurgiques, 22000

< industries textile:

i passé, it faut resta i, renouveler le m arfois la fertilité di perles usines, enui onomiqué. 11 n'y a la puissance créatri iant que la vie dans ^conquis une allure neurés valides et poi 1, prendront de l'ai i économies au liei

>pe, et, dansl'Ëurop' int donc, à la (in d ation malaisée. Elli passer entre les ma ; elles devront en ci payer leurs créam Burs ruines. Ces dépt imanité n'avait jar s auront cruellemcn

la fortune aura souri à d'autres ; d'autres pays se seront enrichis.

LE DÉCHET HUMAIN. l'ÉMIGRATION EUROPÉENNE

^influence, que depuis des siècles l'Europe exerce dans le monde, ne procède pas seulement de la puissance de ses ressources matérielles: elle repose aussi sur Tabondance de son personnel humain. Dans quelle mesure la guerre a-t-elle compromis cette source d'énergie?

On peut déterminer à peu près exactement lamultitude des hommes qui ont péri. Le compte fatsj a été fait par la plupart des belligérants : les chiffres officiels restent au-dessous de la réalité-, car ils ne comprennent pas les morts après réforme ; d'autre part, pour quelques pays, nous n'avons que des évaluations. Le bilan mortel peut s'établir ainsi qu'il suit :

PERTES EN TUÉS. MORTS OtJ DISPARUS

France < i 385 ooo

Grande-Bretagne gSoooo

Italie 468000

36 ,I.B d£cIC( DI b'BDBOPB

Serbie 370 000

.Roamanie i4o 000

ÉtaU-Uni) i&aooo

Canada 57 doo

Australie 56 ooo

Inde 3^ ooo

Belgique 13 000

Nouvel le-Zélande 17 000

Portugal. ....... 8 5oo

Afrique du Sud 7 000

Raisie. . I 700 000 î

Alleioa^e 3 i4oooo

Anlriche-HoDgrie 9lt3 000

"Turquie SSo ooo t

La proportion de ces morts par rapport à la population totale s'élève à plus de 3 pour loo pour la France, à 4 pour loo pourla Roumanie, à 13 pour loo pour la Serbie. Pareilles hécatombes n'ont pas d'exemple dans l'histoire.

C'est pour l'Europe entière la suppression de plus de huit millions et demi d'hommes, soit l'équivalent du cinquième de la population de la France. Si l'on considère les habitants âgés de 3o à i4 ans, ces pertes représentent la proportion de 30 pour lOO en France, de i5 pour loo en Allemagne, de lo pour loo en Grande-Bretagne et en Italie.

Ce ne sont pas seulement les armes meur-

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l'âffâibussemeut de l'europe 37

trières qui ont décimé la communauté européenne : il faut aussi faire la part des souffrances et des maladies qui ont provoqué des morts prématurées et arrêté le mouvement des naissances. A ne considérer en France que les 77 départements non envahis, et, dans ces départements que la population civile, on constate pendant la guerre un énorme déficit des naissances. Le tableau suivant le montre :

Excédent Naissances Décàs des décès

A Paris, les registres de l'état civil nous indiquent, d'août igi3 à août 1914, 45ooo décès et 49000 naissances; d'août igi5 à août 1916, 43ooo décès et 26000 naissances. Les mêmes phénomènes se retrouvent dans le reste de l'Europe. En Allemagne, on constatait en 191 3 un excédent de naissances de 834ooo, en 1916 un excédent de décès de 227700, en 1918 un

excédent de décès de 885 ooo. Avant la guerre, le nombre des hommes et celui des femmes entre 20 et 3o ans étaient à peu près égaux ; en igig, on compte i sSofemnles pour 1000 hommes. Les centres urbains, où les conditions d'existence sont plus difficiles qu'à la campagne, ont payé un dur tribut; de igi3 à igi6, la natalité à Dresde tomba de iiagy naissances à 5817; à Vienne, de 3607g à 23075. A Berlin, de igia à igi7, les naissances ont baissé de 448o3 à ig458; les décès ont monté de 2gg8i à 34i38 ; les petits enfants ont été particulièrement décimés. Le fléau n'a pas épargné le Royaume- Uni : de igi3 à igi6,les naissances ont baissé de log pour 1000 en Angleterre, de 88 en Ecosse, de 86 en Irlande. Depuis le mois de mai igiB jusqu'au mois de juin igi8, il est né dans le Royaume-Uni 2g5oooo enfants au lieu de 3 millions et demi, chiifre qui aurait était normal d'après les moyennes des statistiques d'avantguerre*.

On doit se demander quelle blessure laissera dans l'économie européenne cette brèche pro-

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