COMMERCE EXTÉRIEUR DES ÉTATS-UNIS
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LA PUISSANCE FINANCIÈRE 5l
Pendant les cinquante et un mois de la guerre, l'excédent des exportations sur les importations atteint lo, milliards goo millions de dollars, alors que, pour les cent vingtcinq années qui se sont écoulées de 1789 jusqu'au mois- d'août 191 4, cet excédent n'a pas dépassé 9 milliards 7 millions de francs. Avant la guerre, la plus-value des exportations était déjà l'un des traits originaux de l'économie américaine ; mais elle n'avait jamais encore dépassé 65o millions de dollars en une année, alors que, en 1916-1917, elle a dépassé 3 milliards 600 millions de dollars. Tandis que, dans le commerce avec l'Asie et avec l'Amérique du Sud, les importations l'emportent sur les exportations, c'est presque exclusivement du commerce avec l'Europe que proviennent les excédents d'exportations; pour la seule année se terminant le 3o juin 1918, le total des exportations américaines à destination de l'Europe s'est élevé à 5928000000 dollars: ces chififres représentent plus que l'ensemble du commerce extérieur de la Grande-Bretagne et de la France avant 1914.
Ce puissant courant d'exportation a eu pour
ice un énorme afflux d'or aux Étatsit l'or des pays acheteurs s'est déversé laisses américaines. Le stock d'or des 3 s'élevait :
: 1914, i^ I milliard 88^ million! de dollars (gl5, t 1 milliards 006 —
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>ut de l'année 1919 il était encore 3 milliards de dollars, soit, à 'peu ers du stock mondial. Les États-Unis t donc la plus grande réserve d'or du c'est aussi la plus grande qu'on ait few-York détient le marché monétaire t. Pendant la guerre, cette force s'est maintes reprises ; par exemple, il ré un moment où, la Grande-Bretagne it mal son change à Tokio et le sou- !n à New-York, les Japonais ont tou- (Tets anglais à New-York. Les Espaprocédé de même. La (in de la guerre rêté la migration de l'or européen vers Unis: à l'or des Alliés vient s'unir, paix, un courant d'or allemand, hats que l'Europe a faits aux États-
Unis, elle ne les a pas seulement soldés en dépensant ses réserves d'or; elle a dû livrer les valeurs américaines qu'elle détenait en ses portefeuilles. Elle possédait encore en juillet igiB 2 milliards 704 millions de dollars de titres de chemins de fer américains ; elle n'en avait plus que I milliard i85 millions en janvier I9i7;le reste a depuis cette époque, pour une bonne partie, suiyi le même chemin. Sur le total des actions de la U. S. Steel Corporation, 25, 29 pour 100 étaient entre les mains d'étrangers le 3i mars 1914, 9, 1 5 pour 100 le 3o juin 1919. On évalue à 10 milliards de dollars les valeurs américaines rachetées aux étrangers depuis le début de la guerre. Les Etats-Unis remboursent donc leurs créanciers de l'étran- ' ger. Aleur tour, ils deviennent les créanciers du monde : sans leur appui financier, les Alliés n'auraient pas pu gagner la guerre.
L'accumulation de richesse qui résulte pour eux de la guerre fait des États-Unis de grands prêteurs de capitaux. Comme l'Europe ne disposait plus d'assez de dollars pour couvrir ses formidables dépenses d'Amérique, les États- Unis lui ont prêté, sous forme de grands
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L'Angleterre a été le premier pays à déclarer le moratorium qui reculait Féchéance des paiements ; au point de vue international, le crédit britannique a faibli momentanément ; le monde a eu l'impression que la place de Londres n'était plus l'asile inviolé de la finance, inaccessible aux vicissitudes d'une guerre. Aussi voit-on se développer les règlements directs entre les Etats-Unis et les pays étrangers. A^ant la guerre, les opérations de change eflFectuées par les Etats-Unis se limitaient, en fait, au , Royaume-Uni, à la France et à l'Allemagne ; depuis la guerre, elles s'étendent au monde entier. « De février à décembre 1918, les compensations effectuées pour compte des nations européennes alliées des Etats-Unis a donné lieu à un mouvement d''affaires de 26 milliards de dollars, débit et crédit cumulés. Le mouvement des comptes des pays européens autres que les Alliés se chiffi^e à près de 2 5oo millions de dollars, ceux des pays d'Asie à 2800, ceux de l'Amérique Centrale, du Mexique et des Indes Occidentales à 2 3oo...* ». New- York menace
i. J. Decamps, Le change des États-Unis, igili^i^iS. France* Etats-UniSy avril 1919, p. i58.
Londres comme centre de règlements internationaux. « C'est l'application de la doctrine de Monroe dans le domaine de la finance internationale*. »
C'est une véritable révolution dans la géographie financière que l'avènement des États-Unis à la suprématie du marché international ; elle marque un déplacement de fortune d'un continent à l'autre ; elle inaugure l'expansion capitaliste des Etats-Unis. Ils deviennent les pourvoyeurs de capitaux du monde. Débiteurs de l'étranger au début de la guerre, ils en sont aujourd'hui les créanciers; il leur revient chaque année environ 665 millions de dollars; c'est un revenu dont ils n'ont pas besoin pour vivre et que leurs débiteurs ne pourront pas tous acquitter en argent; ce revenu demeurera à l'étranger dans les entreprises industrielles, les anciennes qu'il faut relever, les nouvelles qu'on veut créer. Ainsi se prépare et s'élargit le rôle capitaliste des Etats-Unis.
Expansion capitaliste des États-Unis. — Jusqu'à la veille de la guerre, le marché des capitaux