‹ Le Décollement De La Rétine Et Son Traitement Par La Méthode De GoninChapitre 22 sur 79 · LA DÉCHIRURE · texte numérisé non relu

LA DÉCHIRURE

A. — La DÉCHIRURE. — DESCRIPTION

Dès 1887, De Weker écrivait dans son traité : «Un fait de la plus haute importance pour la pathogénie du décollement rétinien est la présence d’une déchirure de la rétine, que l’on peut, dans un grand nombre de cas, constater sur des décollements qui ne sont pas trop développés, et si l'éclairage du fond d’œi1l est possible.

« Ces déchirures se trouvent le plus souvent placées vers les limites de la partie décollée, près de l’équateur, présentant une forme angulaire avec rétraction d’un petit lambeau en triangle et laissant une ouverture, à travers laquelle on distingue avec une netteté de détail très remarquable, le tapetum et le strauma choroïdien. »

On reconnaît les déchirures (Arruga, n° 120) à leur

couleur rouge vif, plus claires que celle des hémorragies. Les bords deviennent très nets sitôt que leur

image ophtalmoscopique est mise au point : ils sont

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souvent incurvés et ont une teinte plus blanche que la rétine avoisinante. Le lambeau compris entre les branches de la déchirure fait, en outre, une saillie souvent très prononcée dans la direction du corps vitré, ce que l’on reconnaît sans peine à son déplacement parallactique. Ce même mouvement parallactique sert à mettre en évidence la différence de niveau qui existe entre les bords de la déchirure et le plan de la choroïde (Gonin, n° 10).

Ce lambeau, véritable clapet, est mobilisable avec les mouvements de l’œil, et découvre plus ou moins l'étendue de la déchirure selon les moments, si bien que d’un examen à l’autre la forme même de la déchirure peut varier, surtout si elle est très étroite.

Il peut d’ailleurs manquer principalement dans les petites déchirures siégeant près de l’ora. Celles-ci sont le plus souvent difficiles à apprécier, car dans cette région, la rétine étant très mince et pauvre en vaisseaux, l'observateur ne sait si la surface rouge qu'il a devant lui est la choroïde à nu ou bien la choroïde encore recouverte par la rétine. En recherchant les vaisseaux rétiniens dans les parties moins périphériques et en les suivant attentivement jusque dans la région douteuse on arrivera généralement à se faire une conviction.

Nous avons vu dans le chapitre des Pathogénies, comment Gonin, Vogt, Jeandelize et Beaudot expliquaient la production des déchirures, nous allons maintenant étudier leurs différentes formes.

B. — Leg DIFFÉRENTS TYPES DE DÉCHIRURES

Les types de déchirures peuvent varier. On peut même dire que chaque déchirure est différente pour chaque malade. Cependant, à la suite de Gonin (Bib. n° 5) qui inistait déjà dans son excellent article de l'Encyclopédie Française d'Ophtalmologie, sur l’aspect des déchirures dont il a fait faire les différents dessins, Arruga a décrit trois à quatre types que l’on rencontre presque toujours :

19 Les déchirures à l’ora serrata ou à insertion antérieure, uniques ou multiples :

a) Avec lambeau flottant : elles entrent alors dans le type que Gonin appelle « perforation en soupape ». De dimension variable, d’abord petites, elles peuvent s’accroître avec le temps et même devenir très grandes, « véritables désinsertions » ou « arrachements rétiniens » ;

b) Le plus souvent sans lambeau : elles appararaissent sous forme de trous arrondis, ou bien sont festonnées mais toujours d’une forme moins anguleuse. Comme les précédentes, elles sont également susceptibles d'augmentation.

20 La déchirure à lambeau proprement dite unique ou multiple, variable de forme et d’étendue, à contours irrégubers et parfois mouvants.

Elle a généralement la forme d’un V ou d’un U ou encore d’un accent circonflexe dont le sommet regarde le pôle postérieur de l'œil.

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Le lambeau de rétine compris entre les deux branches de la déchirure — étant attiré vers le corps vitré par suite des adhérences avec le tissu — se soulève à la façon d’un clapet de soupape et rend ainsi la déchirure béante (Gonin).

30 Les trous rétiniens. Déchirures sans lambeau, à « l’emporte-pièce », uniques ou multiples, moins fréquents, souvent maculaires.

Ce sont des trous petits, ronds, à contours rhomboïdes.

La dimension des déchirures est très variable : les plus grandes que Gonin ait notées mesuraient jusqu’à 12 diamètres papillaires ; les plus petites, un quart ou un cinquième de diamètre papillaire, soit environ 0Ü mm. 3 de diamètre, « ces dernières, nous dit Gonin pourraient être prises pour des petits points hémorragiques, si elles n’avaient pas leur bord surélevés sous la forme d’un petit croissant ou d’un anneau grisâtre.

Les déchirures trés périphériques échappent souvent aux observateurs munis d’un ophtalmoscope électrique utilisable seulement pour l’examen à l’image droite ; elles sont, au surplus, peu apparentes par le fait qu’au niveau de son insertion à l’ora serrata la rétine laisse transparaître encore la rougeur de la choroïde (Bib. 175). C’est ce qui explique que certaines désinsertions rétiniennes aient pu passer inaperçues.

D'autre part, «il peut y avoir incertitude à l’endroit de certaines formations donnant à l’ophtalmo-

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logiste l'illusion de cupules rondes ou ovalaires dont le rouge assez vif contraste avec la teinte grise de leur rebord, mais, qui ne permettent pas de reconnaître, comme les vraies déchirures, le dessin du stoma-choroïdien ; on les voit à travers un fin treillis de fibrilles brillantes, siégeant un peu en avant du reste de la rétine ; ce sont vraisemblablement des kystes, assez peu fréquents et qui voisinent dans un même œil avec les déchirures typiques.

Il arrive fassez souvent que même après un examen attentif, l’on ne trouve pas de déchirure, celleci pouvant être cachée par un pli. Il faut donc bien se garder d’affirmer qu’il n’y en a pas, s’il n’en a pas été constaté dans un premier examen. Enfin, on ne prendra pas pour une déchirure la partie de la rétine restée transparente et «située comme une vallée entre deux minces plis rétiniens, où la tache rouge de | la macula restée accolée au milieu d’une partie dé-

collée » (de Wecker).

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