D. — LE RAPPORT DÉCOLLEMENT-DÉCHIRURE
L’étendue de la déchirure ne correspond pas toujours à celle du décollement, de même que leur position respective. Le type le plus fréquemment rencontré est celui où la déchirure est supéro-externe et
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le décollement inférieur. Quand celui-ci s’est formé dans la région supéro-temporale, au voisinage immédiat de la déchirure, il se déplace en peu de jours le long de la rétine temporale pour donner lieu ensuite à un décollement typique inférieur triangulaire avec sommet dans le voisinage de la papille. Nous avons rencontré cette forme, que l’on peut appeler la plus simple, dans la majorité des cas.
D’autres fois, 1l peut arriver, bien que la déchirure soit supérieure, temporale, nasale ou même médiane, que le décollement régulièrement déplacé vers le bas, ne se rassemble pas en une poche unique inférieure, mais se divise en deux grande poches, l’une temporo-inférieure, l’autre inféro-interne.
Quelquefois aussi, la poche la plus étendue et la plus surélevée n’est pas celle qui correspond au côté de la déchirure mais, au contraire, celle qui lui est opposée.
Souvent même, il y a peu de rapport entre l’étendue de la déchirure et l’extension ou la surélévation du décollement. |
Nous avons observé des cas, en effet, dans lesquels, tandis que la déchirure était de proportions modestes, le décollement était très étendu, surélevé et flottant. « Ceci va souvent de pair avec la difficulté de réab-
sorbtion du liquide sous-rétinien, d’autant plus grande.
que les modifications de la choroïde sont plus intenses. D'ailleurs, ces dernières se rencontrent souvent dans
les environs immédiats de la déchirure » (Di Martzio et Sabbadini).
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Arruga a vu, dans quelques cas, au niveau même du trou rétinien, des lésions pigmentaires de la choroïde, que nous avons nous-même observées chez presque tous nos malades et dans un cas : à travers la déchirure elle-même (observ. n° 5) ; très souvent, en effet, un examen minutieux met en évidence « un placard de choroïdite, placard blane, plus ou moins taché de noir, témoin de l’atrophie rétinienne liée aux altérations vasculaires choroïdiennes, parfois même un placard noir secondaire au décollement » (Sourdille).
Les déchirures marquent, en effet, fréquemment le heu où se trouvent, à leur maximum, les lésions rétiniennes, point de départ nécessaire du soulèvement. Elles peuvent donc servir à la recherche de la déchirure et marquer, comme nous le dit Sourdille, le point où l’épithélium a le plus souffert, le foyer initial d’où partiront «les abcès par congestion aux-
| quels on peut comparer les décollements migrateurs » | (Sourdille, n° 191).
Examinant le « couple déchirure-décollement », Amsler (164) a pu dire : «tout décollement de la rétine a sa déchirure, toute déchirure a son décollement ». Ce couple, entièrement uni au premier moment a une tendance variable à se dissocier, à se rompre. Le décollement prend d’autant plus le dessus que l’on s'éloigne davantage du jour de début. Tout au contraire, la déchirure passe au second plan. Cachée quelque part, elle peut disparaître, s’oblitérer sponnément, et plus un décollement est ancien, moins on a de chance de la retrouver.
M. BoussEau,. 3
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