‹ Le décollement de la rétineChapitre 10 sur 81 · C. Distension de la rétine · texte numérisé non relu

C. Distension de la rétine

Ce facteur de décollement a été invoqué, et l'est encore aujourd'hui, par bien des ophtalmologistes à l'endroit du décollement rétinien dans la myopie. Les faits prouvent cependant que la rétine n'a pas l'inextensibiUté qu'on lui attribue et que vis-à-vis d'une distension lente et continue, elle montre la plus grande complaisance : elle s'amincit à l'extrême, mais ne se décolle pas. C'est ce dont témoignent à l'évidence dans ma collection bien des exemples de myopie forte ou de macrophtalmie glaucomateuse ; j'ai même une pièce marquée par m énorme staphylome latéral, où la rétine est demeurée à sa place dans toute la région distendue, tandis qu'elle est au contraire décollée sans déchirure du côté opposé (fig. 6, Tab. I).

Il n'y a qu'une distension soudaine de la rétine qui puisse être donnée comme une cause habituelle de décollement ; elle accompagne les contusions violentes du globe de l'œil avec ou sans rupture de la coque sclérale, et se manifeste par la déchirure partielle ou totale des attaches naturelles de la rétine au pourtour de l'ora serrata, plus rarement au niveau de la papille optique. Des adhérences anormales ou exceptionnelles sur un autre point de la rétine, notamment celles qui résultent de cicatrices chorio-rétiniques, favorisent ce même mécanisme de rupture par distension brusque sur les bords de l'adhérence. Au reste, dans les graves traumatismes, il y a fréquemment coexistence d'autres facteurs, tels que des hémorragies rétro-rétiniennes, qui font que, sur des pièces obtenues par énucléation tardive, la cause principale du décollement est parfois difficile à établir ; aussi ne puis-je trouver dans ma collection qu'une douzaine de cas où le mécanisme de rupture rétinienne par distension puisse être admis sans conteste.

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