EVE
Corde
Arc
Les chiffres de Marcotta (116) indiquent en première colonne la distance mesurée au compas, c'est-à-dire la longueur de la corde, et en seconde colonne la distance selon l'arc mesuré sur la convexité de la sclérotique.
Les opérateurs qui usent du périmètre pour déterminer le siège de la déchirure peuvent reporter directement sur un schéma de champ visuel les chiffres qu'ils ont notés pour le méridien et pour le parallèle (voir fig. 46).
Mentionnons pour mémoire les essais de Majewski (115) et de Comberg (95 bis) pour rechercher par transillumination le point de la sclérotique répondant à une déchirure rétinienne. Ce procédé de repérage n'est évidemment utilisable que pour des déchirures relativement périphériques.
D. Préparatifs de l'intervention.
Le repérage de la déchirure constitue le plus important préparatif opératoire. Le temps (un ou deux jours) réservé au contrôle de ce repérage est utilisé :
a) Pour prévenir dans la mesure du possible les hémorragies qui. je l'ai dit dans mon article de mai 1930, constituent la principale complication de la thermoponction. J'avais, jusqu'il y a peu de temps, l'habitude de faire aux malades paraissant prédisposés à pareilles hémorragies des injections
sous-cutanées d'hémostyl Roussel, mais ces injections provoquant parfois un urticaire intense, je préfère administrer l'hémostyl par voie buccale, un ou deux jours avant l'intervention ; une heure avant cette dernière, le malade reçoit au surplus une injection sous-cutanée de 20 cm* de coagulène « Ciba ». J'ai l'impression que, depuis que je fais usage de ces préventifs dans tous les cas, les hémorragies post-opératoires sont devenues moins fréquentes, sans toutefois être entièrement supprimées.
b) Pour libérer l'intestin en vue de l'abstention désirable des selles pendant les cinq ou six jours qui suivent l'opération. Si les évacuations n'ont pas été réguUères ou rendues suffisantes par des purgatifs, un lavement est administré avant l'opération.
c) Pour maintenir la tête du malade dans une position favorable à l'affaissement de la poche rétinienne quand la déchirure siège sur sa convexité, car on pourrait courir le risque de ne pas atteindre la rétine avec l'agent cautérisant ou de l'atteindre en un point ne correspondant pas à sa véritable situation anatomique, ce qui a l'inconvénient de provoquer une cicatrice avec plis irradiants et, par ce fait, une rapplication imparfaite. Quand la déchirure est grande, il suffit de 24 à 48 heures pour amener la dépression d'une poche même très saillante, tandis qu'une attente de bien des jours ne suffirait le plus souvent pas pour obtenir le même effet lorsque la déchirure est petite. Dans le premier cas, je tiens pour opportun de différer l'intervention ; dans le second, ce retard est sans utiUté.
Si, en présence d'une grande déchirure, une poche rétinienne supérieure se déprime et même s'efface entièrement à la faveur d'une immobihsation de la tête en position déchve, elle se reproduit tout aussi rapidement dès que le malade reprend sa hberté de mouvement, le liquide rétro-rétinien repassant par l'ouverture avec la même facilité qu'il s'en était échappé. C'est le premier de ces deux faits qui a induit de GrjEFE à croire que les déchirures étaient un facteur favorable à la guérison du décollement rétinien, une erreur dans laquelle il n'a d'ailleurs pas persisté, mais qui n'en est pas moins reprise à l'occasion par des auteurs contemporains se réclamant, à tort sur ce point, de l'autorité de Graefe.
Il peut arriver, que même en présence d'une déchirure de grande dimension, la rétine saillante ne se déprime pas ou ne se déprime que très incomplètement : c'est là un signe assez fâcheux, paraissant indiquer que le soulèvement est maintenu par des adhérences trop intimes et trop étendues avec le corps vitré rétracté. Pareil fait s'observe moins souvent dans les cas de décollement récent qu'en ceux dont la durée atteint quelques semaines ou quelques mois ; il n'est pas sans importance au point de vue du pronostic opératoire. Lindner (151, p. 273) l'interprète de façon semblable à la mienne, à cette différence près qu'il admet qu'une liquéfaction du corps vitré peut permettre ultérieurement un relâchement des adhérences rétinohyaloïdiennes.
On ne doit pas confondre la précaution consistant à différer de peu de
jours l'intervention pour permettre à la poche rétinienne de se déprimer avec la tactique de quelques praticiens qui attendent que le décollement lui-même se soit déplacé du haut vers le bas. Cette tactique, suivie autrefois par Deutschmann, est dangereuse; au cours de son déplacement le décollement gagne habituellement la région maculaire en y provoquant des replis parfois définitifs avec métamorphopsie ou, ce qui est plus grave encore, une perforation au niveau de la fovéa. Nous parlerons plus loin (p. 231) des conditions particuhères dans lesquelles il peut sembler opportun de favoriser le déplacement du décollement vers le bas.
La dernière mesure à prendre en vue de l'opération consiste à s'assurer que le malade pourra conserver dans son lit la position la plus favorable à la formation d'une adhérence rétino-choroïdienne sur le point de l'intervention. Il importe que la pesanteur du corps vitré et de la rétine contribue à tenir cette dernière appliquée à la surface de la choroïde ; il faut à cet effet la maintenir dans la région déclive de l'œil. Si l'opération est à faire dans la moitié droite de l'une des rétines, le malade devra tenir sa tête inclinée sur la droite pendant plusieurs jours, et l'on doit veiller à ce que, pour les repas et les pansements, il puisse être abordé par sa droite. En ce cas, si le ht est placé le long de la paroi d'une chambre, c'est le côté gauche qui doit être adjacent à cette paroi.