III. PRÉCAUTIONS ET CONSTATATIONS POST-OPÉRATOIRES
A. Immobilisation du malade.
Si j'en crois les relations qui m'ont été faites de la façon dont on procède dans quelques cliniques, il n'est pas toujours porté une attention suffisante aux précautions qui doivent siùvre l'acte opératoire pour assurer l'adhérence désirée entre les bords de la déchirure rétinienne et la cicatrice de cautérisation. On m'a dit avoir vu emporter des opérés avec la tête ballottant de droite et de gauche et placés dans leur lit sans règles précises. C'est à ce manque de méthode qu'il faut probablement attribuer plusieurs insuccès.
Pour assurer le maintien de la tête dans la position voulue sitôt après l'intervention, j'opère toujours en clinique privée les malades dans leur lit, et à l'hôpital j'en fais de même lorsque cela paraît nécessaire, c'est-à-dire lorsqu'il s'agit de fixer une rétine largement flottante dans la région supérieure.
A la suite d'une thermoponction une stricte immobilisation de la tête et des yeux doit être observée pendant les cinq ou six premiers jours. La nourriture est donnée sous forme de liquides ou aUments mi-liquides de nature à ne pas provoquer des selles pendant les premiers jours. Si le bandage n'a pas été dérangé, je ne le change généralement qu'après trois joiu-s pour nettoyer les sécrétions irritantes et instiller de l'atropine. Second changement au bout de deux jours : nouvelle instillation d'atropine pour préparer le second examen ophtalmoscopique que je fais d'habitude après le cinquième ou sixième jour. Ce premier examen ne porte que sur la coloration générale du fond de l'œil et le degré de transparence du corps vitré (présence ou absence de trouble hémorragique ?).
Après que les premières constatations ont été faites, le malade est autorisé à quitter son lit, mais il conserve dans un fauteuil la position de sa tête et le bandage binoculaire jusqu'à ce que les fils de suture se soient éhminés ou qu'ils aient été enlevés, ce que je fais en général après une huitaine de jours.
La durée du séjour au lit dépend au surplus du siège de la déchirure que l'on a cautérisée : si elle était dans la moitié supérieure de l'œil, la nécessité de tenir la tête déjetée en arrière obUge le malade à rester couché plus longtemps que dans le cas où, la plaie opératoire ayant été faite en bas, il peut conserver sur le fauteuil, mieux encore que dans son Ut, la tête à peu près verticale.
Même après la suppression du bandage, l'opéré est engagé à tenir encore pendant quelques jours ses yeux volontairement fermés pour éviter de les mouvoir continuellement. S'il ne s'astreint pas facilement à cette discipline, on obtient de lui une immobilité relative par le port des lunettes sténopéiques recommandées par Lindner (219).
xn