ACTE V, SCÈNE IX
J'implore de vivre avec mon fils, de me cloîtrer ainsi dans une sorte de solitude et dans la chasteté!... Vous, si généreux, si bon, vous ne vous opposerez pas à cette rédemption de moi-même? Vous n'invoquerez pas le contrat qui m'a liée à vous? Vous me laisserez aller? Vous me laisserez faire ?
GUILLAUME
Est-ce que je suis homme à me réclamer de la loi!... C'était ma passion qui nous attachait ensemble. Ce qui me restait d'espoir, vous l'avez aujourd'hui tranché, avec votre terrible netteté... Je ne serai pas votre mari malgré vous. En ce qui dépend de moi, vous êtes libre!
MARIANNE
Ah! Guillaume!.,. Je n'ai pas de mots pour vous exprimer ma reconnaissance... Je suis trop émue!...
GUILLAUME
Ne vous flattez pas toutefois que votre projet réussisse complètement!... Dès que vous ne
m'aurez plus pour vous faire un rempart menaçant contre l'autre, il vous considérera d'autant mieux comme sa proie. Vous parliez de vous enfermer, dans la retraite, avec votre fils? Mais l'enfant com.mun est l'appât qui lui a déjà servi, qui lui servira encore, et toujours, pour vous attirer, pour vous capturer!
MARIANNE
Oh! ne m'ôtez pas la confiance nécessaire!... Si celui auquel vous pensez s'acharnait contre moi, si je commençais à chanceler sous l'effort de sa volonté, j'enlèverais mon fils. Je l'emmènerais n'importe où, loin, plus loin encore, jusqu'au bout du m.onde!... Dites-moi que cela me serait possible! Dites-moi que cela me serait permis moralement! Le père m'a coûté trop de larmes, n'est-ce pas, pour que je ne sois pas quitte de tout envers lui?... Vous voyez bien les larmes d'angoisse, et les larmes sans fin, que la peur de lui me coûte encore!... (Eiie a éclaté en sanglots.)
GUILLAUME
Comme vous l'aimez, cet homme!... Mais