ACTE I, SCÈNE VII 4f
PAULETTE, à M™ Vilard-Duval, très vivement et bas, pendant que son mari a le dos tourné et marche en tortillant sa moustache.
Ma tante, excusez-moi !
HUBERT, revenant à Marianne, avec un sourire contraint.
Il est pourtant compréhensible que j'éprouve un peu d'étonnement. Vous ne trouvez pas?...
MARIANNE, cachant sa gêne dans de la promptitude à répondre.
Mais non, cher ami...
MADAME VI LARD-DU VA L, coupant la parole à Marianne pour s'en charger. A Hubert.
Vous allez comprendre combien la chose est
simple. (Hubert marque, avec un pas vers elle, sa confiance comme dans un oracle. — A Paulette.) Sache QUe ma fille
n'a pas de cachotteries envers moi. Je n'ignore rien de ce qui a occupé toutes ses heures d'hier. Mais comme elle tenait à ce que je ne te fisse pas grise mine pour ta négligence à mon endroit, nous étions convenues que je me récrierais d'étonnement quand tu voudrais bien te présenter à moi. (A Hubert.) Je viens de jouer mon personnage.
4^ LEDÉDALE
HUBERT, avec un visage tout à fait détendu.
Bravo!... Figurez-vous que, pendant un instant!... (Il s'arrête, ne voulant pas articuler qu'il a failli se prendre
pour un... mari trompé.) Mais, avcc tout cek, le temps passe! (Consultant sa montre.) Je perdais de vue que j'ai un rendez-vous au club. Je suis bien fâché d'avoir à prendre congé de vous, ma tante.
(Il a baisé la main de madame Vilard-Duval. — A Marianne, qui l'accompagne vers la porte du fond.) Je VOUS dis : Au re-
voir... (De loin, à sa femme.) Allons, Paulette, emmenez-moi.
PAULETTE, à madame Vilard-Duval.
Je voudrais vous demander bien pardon!..,
MADAME VILARD-DUVAL
Emboîte le pas à ton mari. Un autre jour, tu me feras ta visite. Tu m'en dois une.
(Hubert et Paulette sortent.)