SCÈNE VI
MARIANNE, PAULETTE
MARIANNE
As-tu quelques instants?
PAULETTE
Je dispose encore d'un quart d'heure. Profitons-en... Tu t'es sans doute demandé ce que ton mari me voulait, pendant qu'il me gardait, de l'autre côté. Il m'exposait son chagrin de ne pas obtenir une situation de fils auprès de ta mère.
MARIANNE
Oui! Elle l'appelle : monsieur... Hélas! pauvre
chère mère! tout Feffort qu'elle a pu s'imposer, c'a été de ne point me montrer de changement dans ses sollicitudes pour moi. Mais elle ne supporte pas que je lui dise, de Guillaume, le bien qui me serait doux. Il règne, entre elle et moi, de la peine silencieuse.
PAULETTE
Ton mari m'a parlé de toi aussi. Et puis, de toi!... Avec une chaleur! Une ingénuité!... Après deux ans de ménage, est-ce qu'un pareil besoin d'expansion ne t'émerveille pas ?
MARIANNE
Guillaume est de ces êtres dont l'amour ne cesse de grandir là où il a pris racine» Je ne réfléchis pas si c'est merveilleux; j'éprouve que c'est fort et bon, comme la nature.
PAULETTE
Ah! tu as enfin le mari que tu méritais! Le sort te devait bien cette compensation. Et, d'autre part, nous avons pu voir, l'année der-