ACTE II, SCÈNE VIII
encore, à l'âge où les caractères et les idées sont trop absolus!... Si Max est allé, par la suite, jusqu'à l'extrémité des torts, je pourrais vous expliquer comment ce fut à son corps défendant, et par un enchaînement de fatales méprises...
MARIANNE
Dispensez-vous de cette peine. Ma mère aussi m'a prêché la théorie d'un malentendu; et je ne trouve pas urgent de l'examiner... Vous êtes venue me provoquer à un débat pour lequel je réclame le temps de m'armer. Actuellement, madame, restons-en là!
MADAME DE POGIS
Au nom du ciel, ne me congédiez pas ainsi. Votre bon sens va suffire pour que vous appréciiez à quel point la situation a changé. Asseyezvous. Ecoutez-moi!... Ce n'est plus chez mon fils désormais, c'est chez vous qu'est établie une personne étrangère à l'enfant : vous êtes remariée; Max est veui, il est solitaire, il se représente sous un aspect nouveau, dans l'austère tenue qu'il doit au malheur. Il fait valoir que la place
du jeune Louis de Pogis est indiquée dans la demeure héréditaire des Pogis, et chez son père Max de Pogis, pour le moins autant que chez M. Le Breuil!
MARIANNE
Ah! c'est cela qu'il dit!
MADAME DE POGIS
Je ne viens pas plus ici vous attaquer que le défendre. Une pidé pareille m'inspire pour vous deux, père et mère de mon petit-fils. Sur ce nom innocent, je ne veux pas que vous recommenciez un scandale devant les tribunaux.
MARIANNE
Doutez-vous que cela me fasse la même horreur? Mais qu'est-ce qui menace de ramener publiquement les souffrances et les colères? Est-ce moi? Sera-ce mon fait?
MADAME DE POGIS
Max y est entraîné malgré lui, je vous assure. Certes, les catastrophes de sa vie l'ont rendu