ACTE II, SCÈNE VIII IO
modération, toutes les prières!... Vous avez affaire à une âme qui se ronge. Elle ne démordra pas de l'espoir qu'on lui a jeté : Fenfant à chacun de vous dans une mesure égale.
MARIANNE
Une semaine sur deux! Six mois par an!... Mon petit! que je n'ai pas perdu des yeux pour la ^ durée d'un jour depuis qu'il est au monde! Vous me l'enlèveriez comme ça ! Je ne serais plus sa mère qu'à demi!... Ah! non! non! C'est impossible!
MADAME DE POGIS
Tout est possible, quand on plaide!... Et puisque vous n'entendez pas raison, hélas! on va plaider. D'ici peu, vous serez dans le tapage des audiences et des journaux, à vous arracher atrocement, l'un à l'autre, la tendre chair, née de vos amours passées!...
Madame, dans cet amour que j'ai eu pour votre fils, vous fûtes le témoin de tout le mal
qu'il m'a fait. Ne rougissez-vous pas de l'assister pour le mal qu'il rêve de me faire à nouveau?
MADAME DE POGIS
Marianne, je soutiens en ce moment les revendications de Max. Je vous ai dit, tout à l'heure, par quelles raisons il justifie ma conscience d'être à son côté.
MARIANNE
Non, madame, vous ne pouvez pas, en cela, être justifiée! Souvenez-vous que son enfant, il me l'avait laissé naguère comme tout bien de mon âme et, pour ainsi dire, en indemnité de l'abandon où je tombais!... Votre conscience, dont vous parlez, devrait s'indigner que le même homme revienne sur sa victime, pour essayer encore de la voler!
MADAME DE POGIS
C'est mon fils, qui réclame son fils I
MARIANNE
Et moi, je suis celle qu'en d'autres temps vous