‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 55 sur 130 · ACTE II, SCÈNE IX llj · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX llj

MAX

Entendez bien que je n'ai pas, là-dessus, pris une alarme ridicule. Je sais qu'on extirpe assez facilement une vocation, à Tâge du petit Louis. Mais si je laissais plus longtemps cultiver, dans un certain sens, une créature aussi impressionnable, comment tourneraient plus tard des racines mal arrachées de son imagination?... Puisque je l'interrogeais, je l'ai fait m'avouer les entretiens, les récits dont il s'intoxique : voyages aventureux, la liberté au loin, la vie armée, et des doctrines brutales comme la loi de Lynch!... Tellement que je me suis demandé si le beaupère ne travaillait point à expédier au diable l'enfant qui n'est pas de lui.

MARIANNE

Oh ! vous calomniez des intentions qui, pour être fâcheuses, n'en sont pas moins de bonne foi. L'enfant, sachez-le, n'est approché de personne qui lui veuille autre chose que du b;en... Mais, tout à l'heure, en effet, j'ai déjà eu un

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avertissement de ce que vous me confirmez. Ici même, j'ai perçu combien, corps et âme, on en était différent!... Je vous dois de reconnaître que, sur un point, vous avez été plus vigilant que moi. Vous m'avez, par là, repris des droits sur notre fils. Mettons-nous d'accord pour les conditions que vous étiez venu me poser. (Elle lui indique un

siège.)

MAX

Mes volontés deviennent moins précises, maintenant que vous me répondez avec plus de mansuétude... Mais puisque vous ne niez pas que j'aie motif d'exercer mon action paternelle d'une manière un peu prolongée, examinez cette offre : Vos parents avaient autrefois l'habitude de n'aller vous recevoir que vers le milieu du mois d'août dans leur domaine du Dauphiné. D'ici là, trois semaines s'écouleront encore, que notre garçon va passer dans les malsaines chaleurs de Paris. Si, pour ce délai, je l'emmenais à Nérange? Ne serait-ce pas salubre à cet esprit, actuellement surexcité, de le remettre dans un doux paysage, dans son atmosphère normale.'^

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