‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 86 sur 130 · ACIB IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACIB IV, SCÈNE II

tendue!... Je me suis enfuie de Nërange, sans oser, moi, rapprocher mon visage de celui de mon enfant!

MADAME VILARD-DUVAL

Oh! Marianne!... Il me semble que je comprends !

MARIANNE

Oui! Ne cherchez plus. Cette nuit, Max est venu dans ma chambre!...

MADAME VILARD-DUVAL

Avec ton consentement?

MARIANNE

Non!... Si!... Je ne sais pas!... En d'autres temps, ce premier maître de mon âme et de mon corps avait eu toute licence de désarmer mes rébellions, mes volontés, mes pudeurs... Toutes les ressources par lesquelles une femme se défend, j'ai senti ne plus les avoir. J'ai cru reconnaître un vertige familier, je ne fus avertie par aucune honte, en me redonnant à un être qui n'était plus qu'un passant!

lyS LE DÉDALE

MADAME VILARD-DUVAL

Rougis et accuse-toi, oui, d'avoir disposé de ta personne sans avoir eu, d'abord, Thonnêteté de rompre un pacte qui, même de mauvais aloi, t'a engagée envers M. Le Breuil. Mais c'est en Tépousant, hors l'Eglise, par un mariage interdit,

que je t'ai vue dans le péché... (Vilard-Duval est entré; et, frappé de l'attitude des deux femmes, il écoute à leur insu.)

Entre M. de Pogis et toi, il a toujours subsisté un lien, selon moi, indissoluble... En mon âme et conscience, tu n'as jamais eu pour époux véritable que celui dont tu reçus l'alliance au pied de l'autel... Je ne peux pas me détourner de toi, je ne peux pas te déclarer flétrie, parce que tu es redevenue sa femme...

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