‹ Le dédale, pièce en cinq actes, en prose. Représentée pour la première fois sur la scène du Théatre-Français, le 19 décembre 1903Chapitre 89 sur 130 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

MARIANNE, terrifiée.

Je me suis réfugiée ici pour ne pas l'affronter!

VILARD-DUVAL

Il est allé t' attendre. Il est à se demander ce que tu es devenue.

MARIANNE, de même.

C'est vrai!

VILARD-DUVAL

D'un moment à l'autre, il peut recourir à nous, reparaître dans cette maison.

MARIANNE, de même.

En effet!

VILARD-DUVAL

Ce serait déjà étrange à ses yeux qu'après ta longue absence tu n'aies pas eu, pour premier élan, de rentrer au domicile conjugal.

MARIANNE, dans un mouvement de fuite.

Rentrer chez moi!... chez lui!... Oh! non! N'exigez pas cela ! N'y comptez pas!

l88 LE DÉDALE

MADAME VILARD-DUVAL, à son mari.

Vous voyez bien qu'elle n'en a pas la force.

MARIANNE

Dites que je n'en ai pas l'infamie!

VILARD-DUVAL

Si ton mari entrevoyait la vérité, n'as-tu pas pitié de son désespoir? Impose- toi la contrainte qui va sauvegarder son repos!

MARIANNE

Pour le préserver d'une peine, je suis prête encore à lui sacrifier ma vie, comme il y a quelques heures. Je vous protesterais de ce qu'il m'inspire toujours, si les mots de respect et d'affection ne devaient pas prendre aujourd'hui, sur mes lèvres, une atroce ironie... Oui, tant que je fus innocente envers Guillaume, son amour a été pour moi du bonheur. Mais, maintenant, cet amour, je frémirais de le voir approcher!... Je ne peux pas commander de cyniques obéissances à tout mon être. Je ne peux pas être une créature

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