elle
— Comme il serait agréable d'errer avec vous,
au Bois...
— Dès les premiers soleils, si vous voulez...
— Vous me le promettez...
Elle leva, pour jurer, sa main (jue Jacques saisit... une petite main qui se retira vite.
— \ous ne viendrez pas, dit-il, en hochant la îète. \'ous avez peur d'être rencontrée avec
moi...
Il comprit, au regard qu'elle lui jeta, la maladresse de ce reproche. Elle parut accablée. Il feignit de ne pas s'en apercevoir et se demanda •qu'elle point il avait touché dans l'âme de Marion.
— Aux premiers soleil? dit-il doucement.
— Soit, répondit-elle, la pensée très loin.
Le ciel s'obstinait à rester sombre. Jacques retourna avenue Kléber, sans y trouver Madame
UN PEU DE l'aME DE MARIOX 145
Lorel. A une seconde visite, il ne fut pas reçu. 11 y avait la menace d'une douleur prochaine, dans la colère qui le secoua. Comme il descendait la rue de Longcliamps, il vit Marion sur le trottoir opposé. Elle marchait à petits pas pressés. 11 la salua sèchement. Un quart d'heure après il était chez elle. Leurs premières paroles furent hésitantes et brusquement une lueur jaune dora le boudoir.
— Oh ! le soleil, fit-elle, le soleil, regardez... La gaîté de sa voix mit au cœur de Jacques
mille flammes, et s'il s'était agenouillé devant elle, il eut été sincère.
Il s'excusa d'être venu.
— Mais, je vous attendais...
Elle avait un costume tailleur bleu. Son chapeciu et ses gants étaient jetés sur un fauteuil. Elle prit sa place à l'angle d'un canapé, sous une plante.
Jacques arpentait la chambre, comme il passait devant la jeune femme, elle le saisit par le bras, l'obligea presque à s'asseoir auprès d'elle.
Il l'attira doucement. Elle joignit les mains et, sur ses mains jointes qu'elle posa sur l'épaule de Yiguiers, elle appuya sa joue...
Il embrassa les cheveux de Marion. Elle se réfugia contre la cheminée, il vint à ses côtés.
— Nous sommes de la même taille, dit-elle. Il regarda les yeux de son amie qui demeura
pensive.
— A quoi pensez-vous ?
Elle examinait une photographie de Madame d'Ivr argues.
— On prétend qu'au moment de mourir, on revoit son existence entière. Si je mourais, nulle omhre ne passerait devant mes regards...
— Vous songez beaucoup à la mort.
— Le moins souvent possible, comme à toutes les forces qui nous dominent et dont nous sommes les jouets. Alon esprit est alors comme une princesse perdue dans la forêt, et qu'une ronde de gnomes entoure... il veut la rompre, elle se déplace avec lui.
— Les affreux petits êtres ne sont pas toujours là. N'y a-t-il pas une fée, un magicien pour les mettre en fuite ?
— Les magiciens ne sont pas assez expérimentés, bien souvent.
— Il n'y a pas de gnomes, au Bois, où nous devons aller, puisque voilà le soleil. Les fées ont un métier délicat, quand les princesses s'ennuient.
Elle n'écoutait pas.
— Dites... murmura-t-il, dites...
Syllabes à peine articulées qui, cependant, les firent longuement tressaillir, comme si un danger les eut menacés soudain.
— Dites ! répéta-t-il...
Elle le regarda, balbutia après réflexion :
— Un peu... oui aimez-moi un peu.
Alors, il l'éloigna par un geste de découragement. A son tour, elle l'interrogea :
UN PEU DE l'aME DE MARION 147
— Vous ne voulez pas, m'aimer un peu...
— Vous aimer un peu, qu'est-ce que cela signifie ? Est-ce possible, enfin ? Vous êtes plus fuyante que ce rayon qui a déserté subitement la chambre après l'avoir égayée. Vous aimer un peu, cela signifie...
Elle l'entraîna devant la fenêtre.
— Taisez-vous, taisez-vous...
Elle lui montra le soleil entre deux nuées. Son geste était plein d'abandon et d'une coquetterie charmante.
— Je vous aime... fit-il. — Et vous?
Sa voix était suppliante et angoissée.
— Moi?... répliqua Anne-Marie avec vivacité... je vous écrirai... comme à quelqu'un que j'aimerais depuis longtemps... voulez-vous? J'ai besoin de me recueillir, de savoir ce qui se passe en moi.
Elle souriait satisfaite de cette invention. Il sourit aussi.
— Ce qui se passe en vous ? Ne vous aimant qu'un peu, le saurai-je jamais?
— Demain matin, vous recevrez ma lettre. • — Il est cinq heures... allons, vite... partez.
Il lui baisa le poignet et s'en fut très déconcerté.
Le lendemain à son réveil il reçut le billet suivant :
« Ma fenêtre est ouverte et un rayon de soleil « (le même que celui cV hier), envahit ma cham-
« bre. Mais, quai-ie besoin de ce soleil ! Le vé- « riiable soleil n est-il pas en moi^ et cest une « merveilleuse ivresse de Viniaginalion et du (( cœur... Vous devez trouver que /e suis une <( étrange créature. C'est peut-être vrai. J'ai ac- « quis une expérience qui m'attriste... Mais.., « cest à vous que f écris et ne vous ai-ie pas « promis de vous adresser une lettre destinée à « un autre. Ce serait une trahison dont cet autre « ne serait pas content...
(( Pour bien vous prouver que /e nai pas peur « d'être rencontrée avec vous, soyez, mardi à « VEtoile, station du Métro, vers trois heures, « si vous nêtes pas libre, envoyez-moi un mot, « chez moi. Si je tarde tant soit peu, sachez al- <( tendre.
(( Marion ».
Tout cela parut à Jacques d'une incohérence qui l'exaspéra. Les dernières lignes étaient d'une écriture plus ferme et soulignées de traits énergiques. Jacques imagina Alarie Loret assise devant son bureau et se décidant à cette escapade par fantaisie et après réflexion.
Il fut exact au rendez-vous. Il la vit sortir de la gare du Métropolitain, se recula, résolu à ne se montrer qu'à l'instant où l'attitude de la jeune femme trahirait quelque impatience. Elle se promenait tranquillement. Ses talons hauts lui donnaient une démarche mal assurée. Son boa de
UN PEU DE l'aME DE MARION 149
renard argenté flottait derrière elle : il laborda :
— Où allons-nous ?
— i\u Bois.
Anne-Marie monta délibérément dans un fiacre.
— Qu'avez-vous fait, depuis hier ?
— J'ai pensé à vous...
— Tiens...
— Pourquoi avez-vous signé votre billet Marion ?
— On m'appelait ainsi jadis... Marion... et quelquefois : Printemps...
— Marion Printemps ! s'écria-t-il. L'idée que d'autres, peut-être, Favaient nommée ainsi, lui serra le cœur. Mais était-il raisonnable de songer déjà à ces choses !
— Marion... ces syllabes sont pleines de joie et de mélancolie, reprit-il. Printemps... quelques beaux jours qui se suivent...
— Et ma lettre ?... Comment avez-vous trouvé ma lettre.
— Puis-je être franc?... Ces petites pages m'ont paru emphatiques... oui, oui... le début surtout était d'un lyrisme...
— Il n'y a que le malheur qui s'exprime simplement, par un mot, par un regard. ]\Iais le bonheur, le contentement ! Demandez-vous, suis-je heureux ? Si vous l'êtes, vous sentirez mille démons tressaillir, tous à la fois, dans votre cœur et dans votre cervelle, et tous répondront : « Nous sommes heureux, nous sommes heureux î »
— Vous ne m'avez pas laissé achever.
— Quoi ! Elle n'a donc que des défauts, ma pauvre lettre !
Il lui reprocha la coquetterie qu'elle avait déployée en faisant intervenir (( cet autre )>.
— \^oiià ma seule perfidie, cette lettre n'était que pour vous. — Vous ne l'avez lue à personne...
Il se fâcha. Elle n'accorda pas une grande émotion à l'aveu d'amour qu'il lui fit. • — Il ne faut pas trop m'aimer...
— Pourquoi ?
Elle refusa de s'expliquer, releva sa voilette au-dessus de ses lèvres brillantes, narquoises, boudeuses et sensuelles, tour à tour.
Elle éternua.
— A vos souhaits, chère madame !
Elle accabla de malédictions le froid, la pluie, la vieillesse.
— Vos souhaits, quels sont-ils ? Suis-je à môme d'en combler quelques-uns ?
Elle retroussa tout-à-fait sa voilette blanche.
— Quelques souhaits?... Oui...
Ce mot sembla ne plus devoir finir.
■ — Printemps ! murmura-t-il.
Pour ce premier baiser, la tête de la jeune femme se posa, avec soin, contre l'épaule du jeune homme...
Ils prirent le thé dans un pavillon et Anne- Alarie animée par une gaîté enfantine, parla du plaisir, du bonheur, de la liberté, de la jeunesse,
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fit observer à Jacques, qu'autour d'eux, trois femmes avaient une allure identique à la sienne. Elle se plut à inventer leur existence quelle para de romanesques intrigues, puis elle devint triste, maussade et se leva...
Ils errèrent dans le Bois où on se perd comme en pleine forêt. !^Iarion évoqua des pays qui doivent bien exister, quelque part, puisque toutes les femmes dont le cœur est visité par l'amour, se plaisent à les décrire et comme ils sortaient du parc de la Muette, Marion acheva la peinture de cet Eldorado en priant le soleil de ne plus quitter l'espace et de donner à Paris une suite de journées chaudes et bleues. Elle avait hâte, cette désenchantée, que la fantaisie n'emportait pas trop loin de la terre, de revêtir ses robes de mousseline, de coiffer ses vastes chapeaux de feuilles et de fleurs et de voir le Bois et la ville offrir à ses yeux le spectacle qu'il chérissaient entre tous. Elle voulait être séduite et divertie...
Brusquement, elle abandonna son compagnon. Il la regarda s'éloigner. Elle marchait à petits pas rapides, la tête penchée, comme si elle avait eu à lutter contre une rafale.
Le lendemain, Marion lui écrivit :
« J'ai dîné seule, fai passé ma soirée avec « vous. Mes yeux sont pleins de verdures enso- <( leilléeSj je continue à suivre le sentier étroit
« OÙ nous nous sommes égarés. Suivons-le long- « temps^ ce sentier. C'est votre désir, il laut que « ce soit le mien. Le délicieux sentier, il nesi <( pas plus éloigné du bruit que de la loule, mais « on s'y perd tout de même, n est-ce pas ? Soyez (( heureux et appelez-moi votre
« Marion ».
Et celle lettre le remplit d'une angoisse plus forte que la désillusion.
(( C'est votre désir, il laut que ce soit le mien... »
Cette réticence l'inquiéta quelques temps puis, il se dit que Marion partagerait bien ce désir. Cerles, les promenades au Bois sont charmantes ! Mais... cet autre (réalité ou souvenir), troublait Jacques. Il en informa son amie dans une lettre tendre, narquoise, sincère qui demandait aussi un rendez-vous qu'elle accepta.
Le ciel était gris et bleu. Le soleil s'était montré cependant. Quelques gouttes de pluie se mirent à tomber. Jacques héla un fiacre.
Elle était toute tremblante. Durant le trajet, ils n'échangèrent pas une parole. De Vautre, il n'en fut pas question.
— Descendons ici, dit Jacques.
— Où sommes-nous ?
— Rue Godot de Mauroy.
Immédiatement, Marion se trouva rassurée,
e\]e jeta, sur un fauteuil, son ombrelle, son cha-
UN PEU DE l'aME DE MARION 153-
peau et ses gants. Tant d'aisance étonna Jacques.
— C'est chez vous ici ?
— Presque.
Quand elle sut que Viguiers et un de ses camades avaient loué cet entresol pour y recevoir leurs amies, Marion l'ut ravie...
— Votre camarade pourrait venir...
— Pas de danger.
— Comment est-il ?
— Grand, maigre et châtain.
— Je le reconnaîtrai, merci, fit-elle gentiment. Et, vous appartenez au même cercle ?
— A la même salle d'armes simplement.
Le désappointement de Alarion fut extrême quand elle apprit que Jacques ne faisait partie d'aucun grand cercle ; il eut tort d'ajouter que, malgré les apparences, il avait conservé une âme de bohème, des habitudes de rêveur.
Comment! Il n'allait pas aux courses.
— Quel désœuvré êtes-vous donc ?
— J'ai publié deux petits romans parisien? qui sont faits pour vous plaire.
Elle le considéra avec incrédulité et murmura :
— Vous êtes gentil !
Elle but du porto, demanda mille détails sur les femmes dont les photographies, disséminées ça et là, sur des meubles, attirèrent son attention. Elle voulut savoir leur âge, la véhémence de leur passion, la délicatesse de leurs sentiments, la couleur de leurs yeux et leur nom...
Tant de désinvolture prouva à Jacques qu'Anïie-Marie Loret n'en était pas à sa première laute. Il le lui fit comprendre maladroitement. Elle ne se fâcha point, répliqua en riant :
— Suis-je votre première amie ?
Elle lui désigna les photos ornant la cheminée. La plupart étaient des souvenirs appartenant à Augeret, car c'était avec lui que Viguiers avait loué l'entresol de la rue Godot de Mauroy.
— Peuh... des caprices... toutes des créatures...
— Le caprice... le caprice, fit Marion, c'est un être qui passe et pour qui on trompe parfois un être vraiment aimé.
— Cet autre, sans doute, dont parlait votre lettre !...
— Un caprice est souvent le début d'un attachement sérieux — Allons, ne soyez pas inquiet. Ne suis-je pas là !
Il la repoussa. Elle s'installa dans un large fauleuil. Il ferma les yeux. Elle l'appella très doucement.
— Enfant, grand enfant, vous endormezvous ?
Les parfums des fleurs luttaient dans l'atmosphère tiède. La fraîche odeur des jonquilles coulait comme un ruisseau d'air entre les lourds arômes immobiles des tubéreuses et des roses.
— Un ange passe...
■ — Qu'il ait pitié de nous Marion !
L'ange du silence a des ailes noires. Quand ils en sentirent l'ombre froide passer sur eux,
UN PEU DE l'amE DE MARIOX 155
ils se rapprochèrent, l'un de l'autre, craintivement . . .
— Marion, dors-tu ?
Il ne la sentait pas plus vivre qu'une fleur. Elle en paraissait morte.
— Marion î
— Les roses embaument...
— Chérie...
— Quelle jolie clarté.
Elle offrit à un rayon sa chevelure qui se nuança, puis le remords, le doute se disputèrent son âme.
Jacques n'allait-il pas traîner dans les restaurants de nuit, le souvenir de ces heures. Il la laissa se plaindre. Il entrevoyait, sous la lampe une calme soirée de travail ou de songe.
Et madame Anne-Marie Loret, occupa tous les instants de sa vie. Mais, de jour en jour, elle se montrait plus étrange. De quelle angoisse subissait-elle l'empire, quand elle s'obstinait à demeurer silencieuse ou maussade, quand son pied menu allait et venait sous ses jupes, quand elle se précipitait spontanément dans les bras de son ami ? A quoi devait-il attribuer ses reprises d'elle-même, ses désillusions, la science qu'elle déployait pour éviter des entretiens trop graves? Ses gaîtés n'étaient-elles que la gentillesse expansive d'une imagination que rien, pour
156 LE DÉ F ALT DE l' ARMURE
(juelques instants, n'inquiétait plus. Quelle pari avait l'amour, dans le sentiment qui la touchait ?
Jacques avait résolu de ne jamais Tinterroger de ne jamais la contredire. Il fit de son mieux pour (ju'elle trahit le secret dont il s'obstinait à dramatiser l'existence de la jeune femme. La sollicitude, l'ironie ne le servirent pas plus que la tendresse jalouse, la brutalité ou l'air indifférent qu'il affectait mais dont elle triomphait aisément.
Il lui demanda à quel supplice le soumettait son cœur dont il s'était épris... son cœur, existait-il, seulement.
— Oui, affirma-t-ellc. Mais il était la proie des scrupules tyranniques. Elle ajouta après une seconde de recueillement.
— Ami, il faut la liberté aux oiseaux, le soleil aux roses, l'indulgence pour Marion.
Et Jacques était incapable d'accorder le moindre intérêt à ses travaux. Les journées lui paraissaient lentes. Il n'était heureux que la nuit, dans l'atmosphère des tavernes. Augeret qu'il avait mis au courant de celte intrigue se moquait de lui.
— Vous vous êtes rencontrés, vous vous êtes aimés... Le charme d'une saison!
On eut dit une épitaphc.
(( Etre le charme d'une saison )\ n'était-ce pas le rêve de cette jeune femme ?
Jacques relisait les lettres qu'il recevait d'elle chaque matin.
UN PEU DE l'amE DE MARION 157
« Pourquoi être inquiet ! Epuise les instants « qui passent. Ils sont divins^ ils sont parlaits. (( Si de mornes pensées s'emparent de toi, « quand /e suis /à, que vais-ie croire ? Le bon- « heur que /e te donne nest donc quun ])auvre <( bonheur. Pourquoi me parler de demain ? i( Hier ne lut lamais. Regarde-moi? Pourquoi <( es-tu anxieux? Demain sera semblable à au- « jourd'hui, ou demain sera si loin daulour- « dliui que nous nous demanderons, Vun et <( Vautre, si ïheure qui nous a réunis a réelle- « ment existé. Demain, je peux être morte. Ai- « me-moi, comme si nous étions toujours à la « veille d'une séparation mais ne ni aime pas <( trop. Pourquoi laut-il que des remords me <( déchirent ?
Quels remords ? — Jacques était renseigné sur l'importance qu'avait Monsieur Loret dans son ménage. Quant à Lucette Loret elle n'avait que trois ans et sa mère la considérait comme le plus joli bibelot de sa maison.
« Vous voulez savoir pourquoi les mots
<( de liberté et de jeunesse reviennent continuel « lement sur mes lèvres?... N'est-ce pas Vuni- <( que trésor dont nous puissions disposer. Ces « mots qui vous inquiètent ie me les redis mille « lois par iour... et [éprouve à me les répéter « une loie semblable à celle que doit éprouver i< un avare en plongeant ses deux mains dans. « ses pierreries...
(( Vous avez lait naître en moi des pensées u qui se meurent, loin de vous !
Quelles pensées?... Clarion détournait la tête fort interdite et demeurait silencieuse.
(( ... OJi ! grand enlant sentimental. Vous vous (( obstinez. Que vous me charmez ainsi. Que me (( demandez-vous ? Vous ni avez appelée « votre
(( bonne étoile »... Où vous conduirais-ie, ami, .
(( si le vous guidais ! J'ai au doigt un saphir et \
(( quand ma main est immobile un astre y appa- ■:
(( rail... Si je suis une étoile, cest d'un tout petit [
(( ciel... Quand je suis près de vous, la vie me ^
<( semble plus aérée... cest là tout ce que je veux |
(( vous avouer. Apprenez aussi que vous me i
« manqueriez horriblement. Je vivrais mal sans i.
a VOUS... et puis, vous êtes bon... 1
Jacques ne croyait pas avoir abusé à ce point i son amie. Il la regardait agir avec une indulgence découragée et parfois même avec désespoir... et elle prenait cela pour de la bonté !
(( Le rôle que ie vous fais jouer ! Oh ! cruel, (( je vais pourtant vous répondre. Si la vie est <( un théâtre, vous êtes celui qui vient, le soir, <( sous le balcon, évoquer par sa sérénade les (( passions que Von souhaite, les folles chevau- (( chées. — Quel charmant tableau : La dame <( écoute : persuadez-lui, ô improvisateur, que