LE DÉFILÉ UL H A S-D AN LÎHE
delà de laquelle le défilé s'élargit de nouveau. Le ruisseau qui arrose cette petite vallée latérale s'appelle Alibég^ A son confluent avec le Danube s'élevait autrefois un poste militaire, comme il y en avait beaucoup sur cette frontière de la Hongrie, le long des possessions turques ; il s'appelait aussi Alibég, d'après un village des environs, disparu aujourd'hui-.
Dans cette gorge qui constitue la seconde section du délilé, les pentes sont raides % et couronnées de sommets dont l'altitude varie entre 150 toises (284 m. et q. ch.) et 200 toises (379 m.etq. ch.)\
— Cette assertion de Vàsârhelyi concorde avec les cinq cotes d'altitude inscrites sur la carte au dans le voisinage immédiat du Danube, et qui sont les suivantes : 284 m., 328 m., 338 m., 377 m. et 386 m. — Le niveau du Danube étant ici à une soixantaine de mètres au-dessus de la mer, la hauteur des pentes audessus du fleuve varie donc à peu près de 220 à 320 mètres.
Ces pentes sont tantôt du roc% tantôt couvertes de bois^ et de brousses \ Les bois occupent les parties les moins inclinées, généralement le haut des pentes ^ Leurs essences principales sont le hêtre et le chêne ^. Le roc apparaît aux endroits escarpés, et vers le bas, surtout^\ 11 se présente en masses^* puissantes ^% gigantesques^-^ fendues quelquefois en plusieurs blocs^* sous l'action du soleil, de la pluie, et des autres agents atmosphériques^"'; ces blocs isolés se dressent comme des tours D'autres surfaces rocheuses ressemblent au contraire à de massives ^ ' murailles s'élançant avec hardiesse ^% et percées d'ouvertures qui sont des entrées de grottes, visibles du bateau sur Tune et l'autre rive, en grand nombre, à toutes les hauteurs Thouvenel, qu'ici M. Lancelot copie mot à mot^S parle uniquement des « larges cavernes » de la rive gauche
Ces falaises trouées de grottes s'avancent jusque dans le fleuve aussi-* l'ancienne route, au lieu de pénétrer dans la gorge, faisaitelle un détour au nord. Défectueuse et raide, elle ne rejoignait le Danube qu'au poste militaire d'Alibég (V. plus haut), après avoir
1 Carte au 1/75000. — 2 Vasarhelyi, p. 7. — Boleszny, pp. 23, 28. — Carte au 1/75000. — :î Hekscb, p. 658. — ^ Vàsârhelyi, p. 6. — '> Ibid. — Heksch, p. 658.
— Tlioiivenel, p. 136. — c Vàsârhelyi, p. 6. — Heksch, p. 658. — 7 Nagy, p. 237. — 8 Vàsârhelyi, p. 6. — o ibid. 10 ibij. 11 ibij. 12 Ueksch, p. 658. — 1^ Thouvenel, p. 136. — i> Vàsârhelyi, p. 6. — Bolesznv, p. 25. — i"^ Vâsârlielyi, p. 6. —
P.oleszny, p. 25. — 17 Vâsirhelyi, p. 6. — I8 ibid. — Koch, p. 20. — Boleszny, P- rJi— ^''^ Boleszny, p. 25. — 20 Koch, p. 20. — 21 Lancelot, p. 79. — 2-2 Thouvenel, p. 137. 3 Vàsârhelyi, p. 6. — Boleszny (Sz.) p. 13. — 24 Boleszny (Sz.) p. 13.
franchi la montagne du même nom, qui a près de 200 toises (379 m. et q. ch.) de haut^
D'après tout ceci, on peut seTigurer le caractère sauvage- des pentes que nous décrivons. Elles sont fort belles on se trouve ici dans le premier site remarquable du défilé au point de vue pittoresque ^
La forme des rochers indique des rochers calcaires^ En effet, les pentes de la gorge appartiennent à cette formation^, et ne font qu'un, géologiquement, avec les pentes de même nature que nous avons déjà observées à l'extrémité de la section précédente (V. p. 34). On doit se représenter la gorge qui nous occupe comme une entaille superficielle, rayant de part en part (dans le sens horizontal) ' une énorme masse calcaire ^ d'un blanc jaunâtre , à couches généralement épaisses, çà et là plus minces et fortement inclinées de l'est à l'ouest^*. La direction des couches ne se voit bien, d'ailleurs, que sur un petit nombre de points, tant elles sont coupées de fentes perpendiculaires à leur plan d'inclinaison C'est en se redressant pour prendre leur position actuelle que les couches se sont ainsi fracturées
Il se rencontre encore dans cette masse calcaire un grand nombre d'autres cavités (gouffres en entonnoir, etc.), quelques-unes fort spacieuses, et toutes produites par les érosions de l'eau ^^ On se rappelle les grottes que nous avons signalées au flanc des falaises (V. p. 38).
La masse calcaire dont il s'agit a été classée par Vàsàrhelyi dans le terrain de transition D'après les géologues actuels, elle appartiendrait à la série crétacée plus particulièrement à la période crétacée plus particulièrement encore à l'étage sénonien*^ Quelques savants l'estiment analogue au calcaire à radiolites du Karst ^'\ La carte géologique de l'Institut de Vienne la range parmi les calcaires à caprotines. Sur un point, elle confine à un petit îlot de névadite^°; et c'est l'éruption de ce névadite qui aurait causé le redressement et le fractionnement de ses couches"^ Elle repose, d'après Boleszny, sur un fondement de micaschiste; entre ce mi-
1 Vâsârlielyi, p. G. — 2 Hcksch, p. 658. — 3 Naçy, p. 237. — * Koch, p. 20. — Il)i(l. — liolesziiv, p. 25. — ^ Vâsâiiielvi, p. 6. — " Koch, p. 20. — Carte géol. de rinstilut de Vienne. — Kocli, p. 20. — ^iiolesznv, p. 25. — Koch, p. 20. — Ihid.
— 11 Ihid. — 12 U)id. — i^'J Ibid. — IV ibid. — lï» Vûsarhelvi, p. 6. — Zujovic, p. 8U.
— 1" Koch, p. 20. — Boleszny, p. 25. — is Koch, p. 2i. — i'» Id., pp. 20, 21. — 20 Id., p. 21. — 21 Ibid.
caschite et le calcaire qui s'étend au-dessus, se trouveraient compris des gisements de quartz, quartz métallifère appartenant à l'étage dyas (permien)^
La masse calcaire que nous étudions a dû être un des barrages naturels qui divisaient le défilé actuel du Bas-Danube en un certain nombre de bassins fermés (V. p. 8). Ici encore, comme à Baziâs (V. p. 30), on serait donc en présence d'une des brèches qui se sont plus tard ouvertes entre ces bassins (V. p. 8). M. Koch paraît contredire cette liypotlièse en attribuant l'entaille produite à l'action du Danube-; ïhouvenel parle même des « larges cavernes de la rive gauche » que le fleuve aurait c( creusées dans ses jours de colère'^ ». Cette phrase paraît avoir séduit M. Lancelot, car il se l'est appropriée '\
Remarquons, au sujet du Danube, que dans cette deuxième section sa largeur est donnée par les mêmes chiffres qui donnent la largeur de la section elle-même (V. p. 37) : la nappe d'eau s'étend rigoureusement d'un versant à l'autre^ Elle n'en est pas moins, comme on voit, beaucoup plus étroite que dans la section précédente. En revanche, elle est plus profonde^. En effet, l'entaille où coule ici le Danube descend, dans la masse calcaire qu'elle ébrèche, bien plus bas que n'est situé, dans la section précédente, le fond du lit fluvial. Le lit commence à se creuser, on se le rappelle (V. p. 30), immédiatement après le Babako, et ne tarde pas à atteindre une profondeur de 48 pieds (15 m. 47...). Dans la deuxième section, la profondeur d'eau s'accroît encore et varie entre 12 et 10 toises (22 m. 75... et 30 m. 34-.,), d'après Vasarhelyi'; entre 02 et 90 pieds (19 m. 18... et 28 m. 44...) d'abord, puis entre 50 et 101 pieds (17 m. 09. . . et 31 m. 92. . .), d'après ^Iunfalvy^ Toutefois, sur deux points, aux deux extrémités de la passe de Goloubatss (V. p. 37), le lit se soulèverait de manière à constituer deux hauts fonds rocheux^ Hunfalvy étant d'ailleurs le seul qui les mentionne, on peut se demander s'ils existent réellement.
Nous l'avons vu p. 30 : à la On de la section précédente, le Danube n'augmente pas seulement de profondeur; il augmente aussi de vitesse. Arrivé à l'entrée de la deuxième section, il s'y précipite*^ ; sa surface agitée*^ se couvre de tourbillons^% S'il en faut croire Hun-
1 Boleszny, p. 25. — 2 Koch, p. 20. — Boleszny, p. 25. — ^ Thouvenel, p. 137. — * Lancelot, p. 79. — ^ Carte au 1/75000. — ^ Koch, p. 20. — Boleszny, p. 25. — 7 Vâsârhelyi, p. 7. ~ » Hunfalvy, UI, p. 206. ~ 9 Id., HT, p. 202. — 10 id., H, p. 215. — Ileksch, p. 658. — Hunfalvy, II, p. 215. — Heksch, p. 658.
falvy, au-dessus du haut fond signalé par lui à l'entrée de la passe de GoloubaLss (V. p. 40), le passage des eaux ne s'efTectuerait pas non plus sans perturbations ^ Au reste, le iïeuve garde une allure rapide tout le long de la gorge^ (depuis le Babako). Cette vitesse du courant, dit M .Nagy, y entretient, même au cœur de l'été, une agréable fraîcheur, jusqu'au moment de la journée où le soleil surgit audessus des crêtes. Cette apparition du soleil est assez tardive; elle n'a guère lieu avant onze heures et demie; mais alors la chaleur devient suftbcante, et n'est plus tempérée que d'une manière intermittente parle passage de quelque subite rafale^. Car ce vent d'Est, dont il a été déjà parlé à plusieurs reprises (V. pp. 25, 32), est particulièrement fréquentdans la deuxième section du défilé*; et même, à sa sortie de la gorge, aux environs du Babako, il acquiert souvent vme intensité singulière, comme à Bàzias (V. p. 32) et plus encore, au point d'entraver et de compromettre la navigation-'. Aussi, pour doubler le Babako, les heures les plus propices sont celles du matin, avant le lever du soleil, quand le vent d'Est est encore endormi^ (Conf. p. 29). Notons que les tempêtes qui éclatent autour du Babako sont essentiellement locales. Au plus fort de leur violence, il arrive qu'à Moldova on sente à peine un souffle d'aire
La fréquence du vent d'Est dans la seconde section permettait seule jadis aux bâtiments de quelque importance d'y voguer à contre-courant^ On se le rappelle, en effet (V. p. 38), la grande route évitait soigneusement cette gorge, et pas le moindre chemin de halage ne l'y suppléait'^; l'unique ressource était l'emploi de la voile Aujourd'hui, la navigation ne rencontre plus aucune difficulté^^ ; Hunfalvy seul signale deux obstacles : les deux hauts fonds que nous avons mentionnés d'après lui. Un steamer se serait brisé sur le premier^^; quant au second, il serait une cause d'interruption pour le service nautique de la Compagnie danubienne, toutes les fois qu'à l'échelle de Drenkova l'eau n'aurait pas plus d'un pied au-dessus de zéro^\ Ce renseignement n'est plus exact, en admettant qu'il l'ait jamais été. Nous savons que certains vapeurs continuent à circuler entre Moldova et Drenkova, même par des
1 Hunfalvv, III, p. 202. — 2 Nagy, p. 237. — 3 ibid. — * Vâsârhelyi, p. 7. — ^> Id., p. G. — « Ibid. — 7 ibid. — 8 Id., p. 7. — Id., pp. G, 7. — id., p. 7. — ^ Ibid. — Commission de 1874, p. 71. — Commission de 1879, p. 100. — Hunfalvy, III, p. 202. — 13 Ibid.
niveaux marquant moins de deux pieds et demi sur le fluviomètre d'Orsova(V. p. 17). Or, dans ces cas-là, évidemment, la hauteur du Danube à Drenkova mesure moins d'un pied au-dessus du zéro deréchelle (V. p. M).
Notons encore quelques détails, avant de quitter cette deuxième section du déiilé. A sa jonction avec la section précédente, au point où le versant de gauche se brise en an«le droit, s'élève comme une borne^ une haute colline rocheuse^ avec des ruines^ à son sommet^. Ces ruines sont celles d'un fort ^ construit contre les Ottomans « en 1427' (et non en 1396, comme l'enseigne la Notice surleDanube% ni aux environs de 1391, comme le fait entendre M. Boleszny^) par ordre de Sigismond^^ de Luxembourg, roi de Hongrie depuis 1387, et depuis 14-11 empereur d'Allemagne. Le fort s'appelait, en l'honneur du roi saint Ladislas^*, un des patrons de la Hongrie, Ldszlôvdr^^^ (l^r. Lâslôvâr. Liiszlo =Ladislas, ou plutôt Lancelot, forme française de Ladislas; vàr =■ fort).
Ces ruines de Làszlôvar en dominent d'autres situées en face**, sur la rive opposée Qu'on se représente une butte se détachant des pentes de la rive droite mais sans en être complètement séparée*"^, comme se l'imagine M. Nagy *% d'après lequel les pentes de la rive droite ne s'approcheraient de la butte qu'avec un air de crainte, et jusqu'à une certaine distance seulement*^. Le monticule avance dans le Danube, dont l'eau baigne sabase-^ en partie -^ (non tout autour : autre exagération de M. Nagy--). C'est une masse rocheuse un rocher non de granité, comme le dit M. Lancelot^% mais calcaire comme toutes les pentes voisines"^. Ce rocher « gigantesque-' », « d'une hauteur vertigineuse » est moins haut pourtant que la croupe où se voient les ruines de Lâszlôvâr-^ Vu du nord 3% il se dresse en pyramide-'* ; vu de l'est, il ressemble plutôt à un dôme plus justement, c'est un tronc de prisme, dont les
1 Carte au 1/25000. — Boleszny, v. 23. — Nagy, p. 236. — 2 Boleszny, pp. 14, 23.
— Nagy, p. 236. — 3 Boleszny, p. 23. — Nagy, p. 236. — Donau, p. 17. — ^ Boleszny,*^ p. 23. — Nagy, p. i>36. — 5 Boleszny, pp. 14, 23. — g Donau, p. 17. — ^ Horvâtlî, Hist. des Hongrois, éd. 1871, II, p. 482. — Szalay, Ilist. des Hongrois. — 8 Donau, p. 17. — Boleszny, p. 14. — jbid. — Donau, p.M. — Horvâth, Hist. des Hongrois, H, p. 482. — Boleszny, p. 14. — Donau, p. 17. — Carie au 1/75000.
— 13 Bolesznv, p. 14. — Ibid. — Donau, p. 17. — Bolesznv, p. 13. — Carte au 1/75000. — Hunfalvy, II, p. 215. — Lancelot, p. 79. — ^7 Notes personnelles. — 48 Nagy, p. 235. — Ibid. — 20 ibid. — Lancelot, p. 79. — 21 Notes personnelles.
— Carte au 1/25000. — 22 Nagy, p. 235. — 23 ibid. — Lancelot, p. 79. — 24 Thouvenel, p. 136. — 25 Lancelot, p. 79. — 26 Carte géol. Zujovic. — 27 Thouvenel, p. 136. — 28 Nagy, p. 235. — 29 Boleszny, p. 14. — Carte au 1/25000. — 3o Notes personnelles. — ibid. — Lancelot, p. 79. — 3-2 Notes personnelles.
LE DÉFJI/É DU BAS-DAINUBE. 43
faces latérales forment une suite de saillies et de rentrants \ et qui va s'abaissant de l'est à l'ouest, si bien que sa paroi occidentale est deux fois moindre que sa paroi orientale-, immense falaise tombant à pic de degré en degré ^^ La plate-forme du rocher, fortement inclinée de l'est à l'ouest, est couverte de ruines * depuis le bas jusqu'en haut\ Pansde murailles^ chemins couverts, remparts crénelés % se succèdent, et relient entre elles ^ un certain nombre de tours ^ (donjons^", bastions*^, etc.), dont Thouvenel semble n'avoir aperçu que deux mais Sazerac en compte sept à huit*^, et M. Nagy jusqu'à neuf, qu'il distribue en trois groupes s'étageant les uns au-dessus des autres Quoique « lézardées^" », «découronnées de leurs créneaux », ces tours n'en sont pas moins, au dire de M. Boleszny, en assez bon état de conservation et d'un aspect imposant Il y en a une grosse et ronde qui s'élève à l'est, au bord môme delà plate-forme, à son point culminant-^ C'est la plus haute de toutes
Les voyageurs ne tarissent pas d'éloges sur ces ruines. Elles ne sont pas seulement « imposantes -^^ »» ou plutôt « superbes de majesté », elles sont (i souverainement pittoresques-'* », « admirables », « belles à ravir-^ », les plus belles du Bas-Danube, dit M. Boleszny-% les plus belles detoutlecours du Danube, dit M. Lancelot^^, Ce dernier fait remarquer en outre combien leur ton rougeâtre est d'accord avec celui du rocher qui les porte Ruines et rocher semblent d'une seule venue"^ et composent un ensemble très harmonieux, d'une beauté « à rendre fou -^^ y>.
Les ruines que nous venons d'examiner ne sont autres que les ruines mêmes de Goloubâtss, plus d'une fois déjà mentionnées dans ce travail (V. pp. 21, 22, 37). Elles ont une longue histoire. A la place qu'elles occupent, il existait un castritm dès le temps des Romains Lors de l'invasion des Barbares, le poste fut transformé en couvent^*, puis plus tard, au moyen âge^% en chà-
1 Nagy, p. 235. — 2 ibid. — ^ Lancelot, p. 79. — Thouvenel, p. 136. — Lancelot, p. 79. — Hunlalvy, II, p. 215. — Boleszny, p. 14. — Lancelot, p. 79. — Nagy, p. 235.
— ^ Thouvenel, p. 136. — Lancelot, p. 79. — ^ Ibid. — Nagy, p. 235. — Sazerac, p. 35. — Lancelot, p. 79. — Boleszny, p. 14. — Nagv, p. 23.'^ — Lancelot, p. 79.
— 11 Thouvenel, p. 136. — 13 ibid. — ^i:^ Sazerac, p. 35. — i'* Nagy, p. 236. — i"^ Thouvenel, p. 136. — Sazerac, p. 35.' — 17 Bolesznv, p. 14. — is ibid. — i'' Nagy, p. 235. — Lancelot, p. 79. — 20 Ibid., — Ibid.^ — 22 Nagv, p. 235. — 2:^ Thouvenel, p. 136. — Lancelot, p. 79. — 24 Nagv, p. 235. — 25 ihid. -20 Lancelot, p. 79. — '27 Nagy, p. 236. — 28 Bolesznv, p. 14. — 2'j Lancelot, p. 79. — ^0 Ibid. — Ibid.
— Nagy, p. 235. — '^'-^ Lancelot!^ p. 79. — Boleszny, p. 14. — Nagv, p. 235. — 3* Lancelot, p. 79, — 35 Donau, p. 17.
teaii fort^ Ce château, de forme carrée% avait une grande importance stratégique'^ par sa position dans le défilé du Bas-Danube, dont il commandait l'entrée supérieure*. Aussi sa possession futelle souvent disputée, et changea-t-il souvent de maître^, comme de nom. Goloubatss était son nom serbe^, souvent dénaturé en Koloumbâtche (V. p. 22), que Sazerac écrit Kolumbacz', et M. Lancelot Golumbacz^ En hongrois, Goloubatss était : Galambôcz (pr. Galambôtss)^ Toutes ces appellations dérivent de Columbaria, nom latin qui avait été celui du castrum primitif Pour les Turcs, Goloubatss devint : Geunnguerdjinlik^% ce qui signifie également : colombier^-.
C'est en 1427^-^ que les Turcs mirent définitivement^* la main sur Goloubatss (la date de 1390, attribuée à ce fait par la Notice du Danube^% est fausse). Une première fois^% en 1391^% ils l'avaient pris d'assaut sous le sultan Bajazet^^, mais quelques mois plus tard la forteresse leur avait été reprise par un chef de guerre hongrois, Pierre Perényi (pr. Perégni)^^
Voici en quelles circonstances ils s'en emparèrent de nouveau en 44-27.
Etienne Lazarévitche, despote de Serbie, venait de mourir En vertu d'un traité qu'il avait conclu peu de temps avant sa mort, Goloubatss devait revenir au roi de Hongrie Sigismond de Luxembourg, empereur d'Allemagne (V. p. 42), avec d'autres places ayant également appartenu au prince défunt Or, le commandant serbe de Goloubâtss, au lieu d'ouvrir ses portes aux troupes hongroises, fit marché avec les Turcs, et leur livra l'importante citadelle--. Sigismond voulut s'en saisir de force. Il ordonna des préparatifs de guerre, et fît construire alors, par parenthèse, le fort de Laszlôvâr-^ Au printemps de 1428, il parut avec son armée. Les hostilités s'ouvrirent par un combat naval qui eut lieu, naturellement, sur le Danube; c'est dans ce combat que s'illustra une des héroïnes légendaires de la Hongrie, Cécile de Szent-Gyôrgy (pr. Sennt-Dicurdyë). Elle commandait une des galères de la tlottillehon-
1 Sazerac, p. 35. — Hunfalvv, H, p. 215. — Boleszny, p. 14. — 2 Ibid., — 3 . p. 15. — Donau, p. 17. — ^^ Bolesznv, p. 14. — ^ Ibid. — g ibid. — Nagy, p. 23f).
— Donau, p. 17. — ^ Sazerac, p. 35. — « Lancelot, p. 79. — 9 Hunfaîvy, fl, p. 215.
— Boleszny, p. 14. — JNagy, p. 235. — Donau, p. 17. — lo Nagy, p. 235. — Boleszny, p. 14. — Nagv, p. 235. — Donau, p. 17. — 12 Boleszny, p. 14. — Donau, p. 17^ — Horvâth, Szalav. — Donau, p. 17. — Boleszny, p. 14. — 1^ Donau, p. 17. — 10 Boleszny, p. 14. — Ibid. — Donau, p. 17. — i« Donau, p. 17. — Ibid.
— Boleszny, p. 14. — 20 Horvâth, Ilist. des Hongrois, édition 1871, II, p. 482.— 21 Id., ibid., p. 481. — Boleszny, p. 14. — 22 iiorviUh, p. 482. — 23 ibid.
LE DEl ILE DU B A S-DAN L HE. 45
groise dont son mari avait le coinniandement en chef, et fit couler bas plusieurs des galères ennemies. Celles-ci ayant été mises en fuite, le siège commença par terre et par eau. Déjà les remparts de Goloubâtss étaient fort endommagés, et l'assaut se préparait, quand l'approche d'une armée trois fois supérieure en nombre à l'armée hongroise, et conduite par le sultan;Amuratli II en personne, changea tout à coup les dispositions belliqueuses de Sigismond. Les deux monarques entrèrent en accommodement; le roi se désista de ses prétentions sur la forteresse en litige; on lui promettait en revanche toute sécurité pour opérer sa retraite. Mais comme l'armée hongroise était en train de repasser le Danube, les Turcs, violant leur parole, tombèrent à Timproviste sur ce qui restait encore de chrétiens sur la rive droite. Sigismond courut les plus grands dangers, et ne dut son salut qu'à deux circonstances : d'une part, au feu bien dirigé des canons de Làszlovàr, servis par des artilleurs italiens, et d'autre part au dévouement d'une troupe de chevaliers polonais que le grand-duc de Lithuanie avait envoyés assister au siège, et dont le chef, pris par les Turcs pour le roi de Hongrie, mourut percé de coups. Ses compagnons se firent tous tuer autour de lui^
Goloubâtss ne tarda pas à être réparé par ses nouveaux possesseurs^' qui ne le laissèrent plus sortir de leurs mains'\ Puis peu à peu il tomba en ruines, et dans l'état où nous le voyons maintenant.
Immédiatement derrière, les pentes de la rive droite sont tapissées de bois ^; mais plus loin, on aperçoit des rochers '^creusés de cavernes profondes^, coupés d'énormes crevasses ^ Ces rochers conviennent bien aux ruines qu'ils entourent ^ Avec ces ruines, avec celles dé Làszlovàr, et le roc de Babako, ils forment un panorama véritablement enchanteur ; au milieu, brille le Danube, épanoui comme un lac au confluent de ses deux branches ^.
Nous l'avons vu: d'après une hypothèse généralement admise, mais erronée, c'est une des grottes voisines des ruines de Goloubâtss qui aurait la spécialité de produire les terribles mouches de ce nom (V. p. 22). La caverne qu'on gratifie de cette propriété
i Horvâtii. Ilist. des //on^/rots, édition 1871, II, pp. 482-3. — Szalay, Hist, des Hongrois. — Boleszny, p. 15. — Horvâtii, II, p. 48i. — Donau, p. 17. — ^ Lancelot, p. 79. — ÎSotes personnelles. — ^ Sazerac, p. 35. — Hunfahv, II, p. ^15. — Nagy, p. 235. — G Sazerac, p. 35. — ' Lancelot, p. 79. — Hunfalvy, II, p. 215. — s Sazerac, p. 35. — ^ Hunfalvy, II, p. 215. — Notes personnelles.
46 LE DEFILE j)U RAS-DANUBE.
imaginaire porte un nom spécial : c'est la caverne de GoloiibâtssS en allemand le MQckenhohle % ou le Trou des cousins (traduction de M. Lancelot, qui écrit à tort Milckenholle Il faut dire que les auteurs diffèrent sur son identité. Thouvenel, suivi docilement par M. Lancelot*, désigne, comme étant la grotte en question, une de celles de la rive gauche '\ Pour M. Ileksch, il s'agirait d'une autre grotte située sur la rive droite, en amont des ruines de Goloubatss**. La Notice sur le Danube copie M. Heksch\ Enfin M. Boleszny, et M. Nagy aussi, à ce qu'il semble, ont en vue une traisieme caverne, qui se trouve, disent-ils, à ^5 pieds environ (7 mètres 90 et q. ch.) au-dessus du niveau du Danube ^ D'après M. Boleszny, un Anglais aurait cherché à la visiter, et l'aurait trouvée pleine d'eau, si bien qu'au bout de cinquante pas, l'eau lui venant jusqu'au cou, il aurait dû rebrousser chemin Elle s'ouvre, ajoute M. Nagy, entre deux autres grottes, au flanc d'une falaise de la rive droite, en aval des ruines de Goloubâtss*^. Entend-il la falaise qui se dresse à. un kilomètre à peu près de ces ruines^^? Nous ne savons. En tout cas, cet énorme bloc grisâtre mérite qu'on s'y arrête. Longé à Test par un talus d'éboulis que surmontent et continuent des pentes plus douces, il se raccorde avec celles-ci par une face latérale, qui, naturellement, s'élargit de bas en haut ; c'est une superbe paroi nuancée de gris et de jaune, et creusée de cavernes, dont une principale, noire et béante ; d'autres fissures dessinent des raies d'ombre entre les tranches polies de ses assises^-.
Un petit vallon vert sépare les pentes boisées qui suivent d'une autre pente uniforme, dont la crête court le long du Danube, horizontale comme le faîte d'un toit. De haut en bas tombe un épais manteau de feuillage que des rochers gris déchirent çà et là. Puis vient une falaise triangulaire (la pointe en haut) coupée en deux par un cône d'éboulis ; en face est l'embouchui-e de l'Alibég (V. p. 38) '\
Ici se termine la deuxième section du défilé ; passons à la suivante.
1 Nagy, p. 236. — ^ Boleszny, p. IG. — ^ Lancelot, p. 79. — * Ujid. — ^ Thouvenel, p. 137. — « lleksch, p. 659. — 7 Donau, p. 17. — » Boles^nv, p. 16. — Nagy, p. 23G. — 9 Boleszny, p. 16. — Nagy, p. 236. — Carte au 1/75000. — A- Notes person^ nelles. — Notes personnelles.