‹ Le défilé du Bas-Danube depuis Bazias jusqu'à OrsovaChapitre 7 sur 14 · TROISIÈME SECTION (V. CARTE · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION (V. CARTE

Oc l^Alibég; au ISztenka (inclusiîvement). Eiongucur approximative :

O kiloni. 500

Le paysage change de caractère* et devient riante La vallée s'élargit \ Plus de masses rocheuses à droite et à gauche : ce ne sont que pentes douces, formes arrondies ; de distance en distance s'ouvre quelque profonde vallée latérale \ Tout au bout, un mont fait saillie, du nord au sud-'. Vu de Touest, il bouche l'horizon, semblable à un grand dôme boisé, où s'étale, très large en haut et se rétrécissant vers le bas, une tache irrégulière de pâturages''. C'est le Sztenka (pr. Stenka; on l'écrit aussi de cette façon'). Pour le distinguer de son homonyme, situé plus bas, on fait quelquefois précéder son nom des adjectifs Nagy«(pr. Nadyë == Grand, en hongrois) ou Gornya^ (= Supérieur, en serbe).

RIVE GAUCHE

Quand, de la route, qui contourne en montant le Sztenka, on jette un coup d'œil sur l'ensemble de la section, les pentes de la rive gauche se montrent alignées en arc de cercle. Elles sont boisées, mais en maint endroit les arbres clairsemés laissent transparaître le ton rougeâtredu sol^\ Ce sol est granitique*^ : le granité

1 Koch, p. 21. — 2 Thouvenel, p. 137. — ^ Carte au 1/75000. — Koch, p. 21. — * Ibid. — 5 Carte au 1/75000. —« Kotes personnelles. — ' Carte au 1/75000. — » Hunfalvy, U, p. 213. — ^ Vasârhelyi, p. G. — Bolcszny, p. 26. — Notes personnelles. — 1^ Vâsârlielyi, p. G. — Koch, p. 21. — Carte géologique de ITnstitut de Vienne.

dont il est formé se prolonge de là vers le nord*. C'est un granité à grains de dimension moyenne-, composé de feldspath, de mica et de quartz^ La proportion du quartz est faible; quant au mica, il est de l'espèce particulière appelée biotite*. Vasarhelyi croyait ce granité contemporain du terrain primitif^ Selon Cotta et Kundcrnasch, il daterait tout au plus de la période crétacée, et pourrait même appartenir à l'ère tertiaire^'. Selon M. Tielze, quoique postérieur aux schistes cristallins du Banat, il serait antérieur à la période crétacée'^ ; aussi, en parlant des couches calcaires que traverse la section précédente du défilé (V. p. 39), M. Tietze n'attribue-t-il pas le redressement de ces couclies à l'éruption du granité que nous étudions en ce moment; il l'attribue, nous l'avons vu (p. 39), à une éruption de névadite, roche qu'on rencontre en cfTet, par masses considérables, un peu au nord, sur la limite commune du calcaire et du granité^.

Ce dernier est ici d'une espèce particulièrement friable ; aussi, nulle part ne se montre-t-il sous la forme de roc nu, hérissant les pentes ^ Dans la vallée de l'Alibég, on entrevoit bien, sur le versant occidental, quelques'parois rocheuses à surface tourmentée; sur la montagne d'en face, portant la cote 292 mètres sur la carte au 1/75000, quelques rochers émergent aussi de la verdure; le plus grand est même visible d'assez loin : en passant le Krusovicza (pr. Krouchovitsa), au pied du Sztenka, on distingue déjà cette sailUe blanchâtre, allongée obliquement à l'extrémité de la ligne que la crête des pentes dessine sur le ciel*^ Mais ces rochers ne sont pas de granité ; la vallée de l'Alibég et une moitié de la montagne suivante appartiennent encore au terrain calcaire que nous avons décrit p. 39

A partir de ces rochers, qui marquent le commencement de la section, jusqu'à 3 kilom. 5 en aval*^ (jusqu'à Schumicza, dit Vasarhelyi les pentes de la rive gauche sont séparées du Danube par une plage horizontale large à peu près de 100 toises (189 mètres et q. ch.) ^\ A mi-chemin, environ*% cette plage est coupée en deux par un petit promontoire^^, dont les flancs, au sol nu et rougeatre, ont des apparences de falaise^ \ En touchant ce promontoire, la

1 Koch, p. 21. — 2 Ibid. — 3 Vâsârhelyi, p. G. — ^ Koch, p. 21. — •'^ Vâsârhclyi, p. 6. — c Koch, p. 21. — 7 ihîd, — 8 ibij^ — 9 Ibid. — 10 Notes personnelles. — 11 Carte géologique de rinstitut de Vienne. — i- Carte au 1/75000. — ^'-^ Vasarhelyi, p. 6. — 1* Ibid. — 15 Carte au 1/75000. — ^« Ibid. — Notes personnelles. — Ibid.

roule, qui tourne au sud, passe près d'un joli détail de paysage. C'est une encoignure de la pente remplie de beaux arbres et de rochers, avec de grandes taches de terre jaune tirant sur le rouge*.

La berge plate qui recommence au delà du promontoire se termine par un delta" où s'élèvent de grandes piles de bois rangé avec ordre. Un petit chemin de fer pénètre dans la vallée qui s'ouvre au second plan^^ L'exploitation forestière que ces indices révèlent a son centre plus loin, dans Tintérieur des montagnes. Le ruisseau qui arrose la vallée s'appelle Ljuborazdia (pr. Lyou...)*.

En aval du delta ^ (à partir de Schumicza, dit Vàsârhelyi le Danube vient baigner la base même des pentes, raide et pierreuse en cet endroit \ Ici passait autrefois un des rares tronçons de route qui entaillaient ça et là le versant nord du défilé (V. p. 20). Il avait, comme la Clé de Bàziâs, une toise et demie (2 85...), deux toises (3 "'79...) de large, et n'était pas moins défectueux^ Bientôt on traverse un second delta% on franchit un second ruisseau : c'est le Krusovicza(pr. Krouchovitsa)^% mentionné plus haut (p. 48).

Le Szlenka, auquel on arrive m.aintenant, baigne aussi son pied dans le Danube^S qu'il domine d'environ 230 mètres. Son altitude est de 292 mètres*-. Il a l'air d'une haute montagne*% étant supérieur à tous les sommets voisins; en outre, la courbe régulière de son profil** tombe au Danube presque à pic*^. Il est partout boisé, sauf cette bande de pâturages qui regarde l'occident*^ (V. p. M). Ça et là, ses flancs se hérissent de rochers anguleux *\ Ainsi, au point extrême de la saillie que fait la montagne vers le sud, on aperçoit une arête rocheuse, d'un brun grisâtre, suspendue verticalement au-dessus de la route. Au même endroit, le bord de Teau est couvert de blocs énormes. Le talus même de la route, taillée jusqu'au bout dans la montagne, est en grande partie rocheux : sur le versant occidental, le roc n'apparaît dans la terre jaunâtre du talus que par fragments isolés; plus loin, il se prolonge en paroi continue

Le roc vif qu'on trouve disséminé sur le Sztenka, et qui différencie cette montagne des pentes qui la précèdent, est identique à

^ Notes personneUcs. — - Ibid. — Carte au 1/75000. — 3 Notes personnelles. — * Carte au 1/75000. ~ ^ ibid. — g Vdsarhelyi, p. 6. — ? jbid. ~ « Vàsârhelyi, p. 6. —

Notes personnelles. — Carte au 1/75000. — Ibid. — 12 ibid. — Boleszny, P- -3. — 1^ Notes personnelles. — Ibid. — Vàsârhelyi, p. 6. — Boleszay, p. 26. — Notes personnelles. — i"? Koch, p. 21. — Notes personnelles.

celles-ci au point de vue de la constitution géologique. C'est du granités du moins au dire de M. Koch, pour qui toute la masse du Sztenka est également formée de granité". (Cette dernière opinion, reproduite par M. Boleszny", était aussi celle de Vasarhclyi Les saillies de ce même granité si friable sur les pentes précédentes (V. p. 48) se maintiendraient donc intactes sur le Sztenka. M. Mac Alpine est d'un autre avis. D'après lui, les saillies rocheuses du Sztenka sont formées de micaschiste et d'un peu, seulement, de granité, infusé dans le micaschiste par veines et couches isolées ^ Ceci paraît conforme aux indications de la carte géologique de Vienne, ou les parties granitiques du Sztenka se réduisent à de petites enclaves perdues dans le micaschiste^.

aivE DiiorrE

Les montagnes de la rive droite aussi, M. Koch les estime formées de granité; et même, selon lui, le terrain granitique s'étendrait assez loin dans l'intérieur de la Serbie \ M. Koch a cette fois pour contradicteur M, Zujovic. D'après ce savant, les pentes de la rive droite sont d'abord calcaires (spécialement: crayeuses) % et font encore partie de la masse calcaire que nous avons décrite p. 30. Ce calcaire s'arrête à une vallée '-^ grande et belle^^, dont l'embouchure est occupée par un village qui a nom Brnica^S M. Nagy parle de ruines romaines qui existeraient dans le voisinage*-; mais il confond évidemment Brnica (Bernica, comme il l'écrit) avec un autre village du défilé, Dobra, situé en aval. Les pentes, boisées toujours, qui se succèdent après Brnica, s'élèvent moins haut que les précédentes, jusqu'aux approches du Sztenka*^. Peut-être sont-ce là les (( belles collines » dont parle Thouvenel, et qu'il représente couvertes de (( nombreux troupeaux » et de « jolies cabanes de pasteurs dont les toits rouges tranchent sur le vert tendre des sapins ». Nous observerons qu'il n'y a pas de sapins dans le défilé.

Enlace du Sztenka, les pentes atteignent de nouveau à une assez grande hauteur*^; elles §ont passablement raides, et coupées de

1 Koch, p. 21. — 2 ibid., et carte géologique. — 3 Boles^iny, p. 2(>. — * Vasarliclyi, p. 6. — Mac Alpine, p. 52. — <j Carte géologique de ririslitut do Vienne. — Koch, p. 21, et carte géoloi^ique. — « Carte idéologique Zujovic. — '«^ Ibid. — INotes personvelles. — li Carte au^i/75000. — i3 Nagy, p. 238. — Notes pei'sonneUes. — Thounencl, p. 137. — Boleszny, p. 23. — Nagy, p. 238.

terrasses OÙ verdoient des pâturages ^; le reste est couvert de forets -. Ces pentes^ et celles qui les précèdent jusque dans le voisinage de Brnica, sont formées de schiste cristallin, d'après M. Zujovic-^ Immédiatement à l'est de Brnica, la roche est granitoïde, sur une longueur d'un kilomètre environ. Cet îlot graniloïde s'étend vers le sud à plusieurs kilomètres de distance '.

DANUBE

De Tembouchure de l'Alibég à celle du Krusovicza, le Danube va toujours en s'élargissant"'. Graduellement aussi sa profondeur diminue entre ces deux points'^; elle se réduit à 12 pieds (3"79...), non loin du Sztenka^

A son passage au pied du Sztenka, le fleuve change d'aspect : son allure s'accélère ; il se couvre de vagues% d'innombrables tourbillons% et fait entendre un bruissement particulier^^ ; si les eaux sont basses, il en sort çà et là des pointes de roc^^ On est en présence d'une cataracte ou mieux, d'un rapide^".

11 se nomme Sztenka^S comme la montagne qui le domine, ou, de son autre nom, Teszniput^'' (pr. Tesniput; on écrit aussi Tesznipùt^^ Teszni-Put^', ou Tesniput ^^),

Il commence, d'après M. Boleszny, à la hauteur d'un point de la roule Széchenyi où cette route s'appuie sur deux murs de soutènement courts et rapprochés Tun de l'autre; près de là se trouve un poste militaire abandonné ^\

La cause du rapide n'est autre que la présence d'un seuil, en cet endroit (du premier des huit seuils que nous avons comptés dans le défilé, V. p. 40). Il s'appelle du même nom que le rapide-''. Sa distance au Babako est de 6200 toises-* (li^'^^758...). Trait d'union entre les montagnes des deux rives -% il occupe toute la largeur du fleuve-^ qu'il traverse à angle droit sur une longueur de 400 toises-"^ (758 mètres et q. cli.)enYiron^^. Sa limite inférieure est

1 Notes personnelles. — 2 ibid. — Nagy, p. 238. — Zujovic, p. 85. — Carte géologique Zujovic. — * Ibld. — ^ Carte au 1/75000. — Vasarlielvi, p. 7. — ^ Vasârhelyi, p. 7, — 7 iiunfalvy, UI, p. 20G. — « Nagy, p. 238. — Vâs.nhelyi, p. 7. — ^otes personnelles. — Vasârhelyi, p, 7. — Giii., p. 337. — 1- Mac Alpine, p. 50. — lioles/nv, p. 22. — Gra., p. ^37. — 1^ Kocli, p. 21. — Boleszny, p. 23. — Donauverein, table 11. — ^ Mac Alpine, p. 50. — Boleszny, p. 22. — Gin., p. 337. — Donauvcrcin, table II. — i"' Bolesznv, p. 23. — 1^» .Vâsarhelyi, p. 6. — i"? 13olcsznv, p. 22. — Ilunl'alvy, III, p. 206. — Boleszny, p. 23. — '^«» Vâsârhelyi, pp. 6, 7.*— Hunfalvy, m, p. 202. — Commission de 1874, p. 71. — Coiomission de 1879, p. 100. — Gm., p. 337. — -îi Bolesznv, p. 23. — Commission de 1874, p. 71. — Bolesznv, p. 23. — Nagy, p. 238. — lUmfalvy, Ul, p. 202. — Bolesznv, p. 26. — "^'-^ Id., p. 24. — HunfaWv, III, p. 202. — 20 jbid.

signalée par une île \ qui n'est pas marquée sur la carte au 1/75000 ; mais plusieurs sources la mentionnent-. Elle est située près de la rive droite ^ (non au milieu du iïeuve, comme le dit M. Nagy*). C'est une petite île de sable ^ d'assez joli aspect, avec ses saules qui plongent leurs branches dans le fleuve \

Les définitions qu'on peut lire du seuil de Sztenka donnent une première idée de sa configuration. C'est un dos rocheux (en allemand gebirgsrucken% felsenriicken% en hongrois sziklahàl ^^), un banc de rochers (en allemand felscnbank^% felsbank^% steinbanki'% en hongrois sziklapad^ '), un haut fond de roches^'', un récif (en allemand felsenriffe^^ en hongrois sziklaszirt ^«), un ensemble de veines de roc (en allemand felsenadern^'^). Il s'agit, comme on voit, d'une surface très inégale-". En effet, le seuil se compose d'un certain nombre de saillies'"^ anguleuses hérissant le lit du Danube '^"j et séparées entre elles par d'assez grandes profondeurs-^ où se sont déposés du sable et du gravier-\ Ce sont les pointes de ces saillies qui produisent a la surface du fleuve les tourbillons dont nous avons parlé-^. Plusieurs de ces pointes, entre la rive gauche et le milieu du courant, dépassent le niveau d'étiage, les plus hautes de 2, de 3 pieds-' (0-63..., 0""94...). C'est elles qu'on voit émerger aux basses eaux. Quant à la roche dont elles sont formées, il reste encore à en déterminer exactement la nature. On le sait, M. Mac Alpine diffère d'opinion avec Vasarhelyi, M. Koch et M. Boleszny, au sujet de la constitution géologique du Sztenka (V. p. 50). La même divergence de vues s'étend au seuil qui continue le Sztenka dans le lit du Danube. Des quatre auteurs cités plus haut, le premier y voit un banc de micaschiste, à ce qu'il semble, du moins-\ Aux yeux des trois autres, c'est un banc de granité-". La Commission de 1874 est également decet avis^^.

Au seuil de Sztenka (c'est un fait général pour tous les seuils, nous l'avons dit et nous en avons donné la raison p. 42),

1 Boleszny, p. ^i. — Mac Alpine, p. 50. — Commission de 187i, p. 71. — Nagy, p. 238. — -^"^ Boleszny, p. 24. — Donauverein, table II, — ^ Nagv, p. 238. — Ibid.

— ^ Mac Alpine, p. 50. — ^ Nagy, p. 238. ~ Boleszny, p. 23. - '-^ Ibid., p. 2i. — ^0 Nagy, p. 238. — ^ Commission do 1874, p. 71. — V;isarhelyi. pp. 0, 7. — Boleszny, p. 26. — Vâsârhelvi, p. 7. ~ ilunfalvv, III, p. 202. ~ Gm., 337. — 16 Commission de 1870. ]). 100. — Vâsârlielvi, p. 7. — Gm., p. 337. — V;l- «ârhelyi, pp. G, 7. — id., p. 7. — Ibid. — Koch, p. 21. ~ Ibid. —23 Vasârliclyi, p. 7. — -'^ Mac Alpine, p. 50. — 25 Vusârhelyi, p. 7. — /-o Vasarhelyi, pp. 6, 7.

— 27 Conf. Mac Alpine, p. 52, passim, et carte géologique Zujovic. — 2a Vâsârhelyi, pp. 6. 7. — Koch, p. 21. — Boleszny, p. 26. — 2i> Commission de 1874, p. 71.

l.E DKFll.É DU UAS-DANUHE. 53

la pente des eaux est plus forte qu'en amont ot en aval ^

Les chiffres suivants se rapportent au niveau des eaux basses.

Du Babakô à Berzaszka (village situé ànSOO toises' =10'^'^ 999... en aval du seuil), la pente, d'après "Vasàrhelyi, est en général de 5 ou 6 lignes pour 100 loises'^ (pentes relatives correspondantes : 0,000057 et 0,000069. — D'après M. Boleszny, qui donne des évaluations plus élevées, du Babakô au seuil de Sztenka, la pente, pour 100 toises, serait de 10 lignes [pente relative : 0,000115]; elle serait de 10 lignes 1 /4 pour la même longueur [pente relative : 0,000 118] entre le seuil et Berzaszka*).

Comparons la pente des eaux, telle qu'elle est spécialement au seuil de Sztenka.

D'après Vasarhelyi, elle mesure 3 pieds pour 100 toises^ (pente relative: 0,000416. — La commissionde 1874^donneO,000357pour chiffre delà pente relative, mais ses calculs embrassent une section du fleuve longue de 109^^ mètres^').

Comme on voit, au seuil de Sztenka, la pente s'accentue d'une manière sensible.

Elle n'y est pourtant pas bien forte, du moins aux eaux basses^ (cela résulte de ce qui précède. — M. Boleszny indique une pente relative de 0,001458 [10 pouces 1/2 pour 100 toises] pour une section du fleuve longue de 400 toises, et coïncidant [à peu près^] avec l'espace occupé par le seuiP; c'est évidemment une erreur).

Or, plus l'eau monte, plus la pente devient faible. En effet, toutes les fois que survient une crue, le rétrécissement du lit fluvial en aval du Sztenka fait monter l'eau plus vite en aval qu'en amont du seuil l'écart diminue entre les deux niveaux d'amont et d'aval, et la pente intermédiaire s'adoucit.

Donc jamais la pente des eaux n'est bien forte au seuil de Sztenka ^\

La vitesse du courant non plus n'y est jamais bien considérable.

Elle ne l'est guère, d'abord, aux basses eaux^^ (Vasarhelyi l'estime à 4 pouces 1/2 = 0'M42 par seconde^\ — Du Babako à Berzaszka la vitesse moyenne étant comprise entre 2 et 3 pieds = 0"' 79... et

1 Vâsi'irhelyi, p. 7. — 2 Boleszny, p. 23. — 3 Vâsârhelyi, p. 7. — * Boleszny, p. 24. — 5 Vâs:'irhelyi, p. 7. — « Commission de 187i, p. 71. — Gm., p. 337. — 7 Commission de 1874, p. 71.— 8 Hunfalvy, III, p. 202. — Boleszny, p. 23. — Commission ^ de 1874, p. 71. Gm., p. 337. — li Hunfalvv, III, p. 202. ~ 12 Commission de 187i, p. 71. 13 vâsârhelyi, p. 7.

5i LE DÉFILÉ DU BAS-DAiNUBE,

1"^10... à la scconde^on voit pourtant qu'il se produit au seuil de Sztenka une certaine accélération du courant; nous l'avons déjà signalée p. 51).

Maintenant, toute ci ue du fleuve devrait sans doute en augmenter la vitesse ; mais cet effet, ici, est neutralisé par un effet simultané et contraire, dû à l'amoindrissement de la pente ^ (dont il vient d'être question).

Au seuil de Sztenka, par conséquent, la vitesse ne devient jamais telle que la navigation s'en trouve gênée d'une manière sérieuse^. C'est au point que la Commission de 'IS?^ a déclaré inutile de modérer artificicllemont cette vitesse ^ Et de fait, nulle mesure n'estindiquée en vue de ce résultat ni dans son projet, ni dans aucun projet de travaux ayant pour but d'améliorer la navigation dans le défilé.

Ainsi, des deux genres d'obstacle qu'opposent à lanavigation tous les seuils du défilé en général (V. p. 1r>), le premier, — la trop grande vitesse du courant, — ne compte pas, pour ainsi dire, au seuil de Sztenka. L'autre y a plus d'importance : nous voulons parler du manque d'eau suffisante au-dessus des pointes de roc. Ces pointes de roc, au seuil de Sztenka, pourraient causer de graves avaries à un bateau mal conduit, et môme l'arrêter net dans sa course. Plus le niveau est bas, plus le danger est imminente

Ce danger constituant la seule difficulté du passage (la vitesse des eaux ne compte pas), on peut dire que l'importance du seuil de Sztenka comme obstacle à la navigation varie en sens inverse de la hauteur du fleuve ^ Cette importance n'atteint jamais, d'ailleurs, celle des autres seuils En effet, le seuil de Sztenka est traversé par un chenal naturel ^ (1' « ouverture profonde » dont parle la commission de 1874^) plus creux — et, par suite, offrant plus de tirant d'eau, toujours, — qu'aucun des chenaux qui traversent les autres seuils C'est là que passe la ligne de navigation adoptée pour les basses eaux*^ Toutefois, sur bien des points, ce chenal n'a pas la profondeur nécessaire de deux mètres au-dessous du niveau d'étiage^^ (V. p. lo). Nous lisons dans M. Nagy qu'à son passage par le seuil de Sztenka, la profondeur minimum y était à peine de

1 Vîisârhelyi, p. 7. — 2 Commission de 1874-, p. 71. — Gm., p. 347. — 3 ibid. — 4 Commipsioa de 1874, p. 71. — ^ Vât^ârlieyi, p. 7. — « Gm., p. 337. — ' Ibid. — Holeszny, p. 22. — 8 Gm., p. 337. — *J Commission de 1874, p. 71. — Gm., p. 337. — 1* Mac Alpine, p. 50. — Commission de 1874, p. 71.

deux toises^ (3'79. ..). Or, le fleuve devait être alors bien au-dessus de son niveau d'étiage ; on était en juillet-, et les steamers de grandeur moyenne, quoiqu'ils eussent déjà remplacé les grands steamers en aval de Drenkova^ franchissaient encore librement les Portes de Fer*. Le Danube devait donc avoir à Orsova près de sept pieds au-dessus du zéro de l'échelle (V. p. 15), qui

marque, on s'en souvient, la ligne des plus basses eaux (V. p. 11.)

Ainsi, dans certains cas, le chenal est fermé aux grands steamers-'. Nous l'avons vu p. 10, pour que ceux-ci fassent leur service entre Moldova et Drenkova, il faut que le niveau du Danube dépasse d'une certaine quantité son niveau le plus bas (qu'il ait au moins A pieds 8 pouces = I'"i7. .. au-dessus du zéro de l'échelle à Orsova). Celte condition tient précisément aux aspérités du chenal qui traverse le seuil de Sztenka\ L'entrée supérieure, notamment, en est rendue incommode par nombre de petites pointes de roc isolées, et plus loin dans l'inlérieur on signale encore d'autres saillies rocheuses, plus larges'.

C'est près de la rive gauche que le chenal commence (en amont)^; de là, il se dirige en ligne droite% et presque perpendiculairement au courant^^, sur la rive serbe^*, pour déboucher entre cette rive et l'île dont nous avons déjà parlé (V. p. 52). Aux basses eaux, les bateaux passent donc au sud de cette île^'% et de même, en amont du seuil, ils serrent de près la rive gauche : ils y sont obligés parla position du chenal. Lors des grandes eaux, on suit une ligne plus directe, vers le milieu du fleuve

A la place du chenal actuel, pendant longtemps, jusqu'en 18G5 au moins, on s'est servi d'un autre chenal^^' à peu près parallèle, celui- ci, à la rive gauche, et relativement rapproché de cette rive^^' (distance moyenne : environ 100 toises^"). Il avait été découvert lors des travaux exécutés dans le lit du Danube en 1834, sous la direclion de Vàsàrhelyi^^ (V. p. 17). Celui-ci, l'ayant jugé d'une profondeur satisfaisante^'*, ne voyait plus rien à faire que d'en marquer l'emplacement au moyen de bouées, ou mieux, d'une digue en fascines, qui aurait servi en même temps de chemin de halage~^. En

1 Naçry, p. 238. — 2 Id., p. 199. — 3 id., p. 239. — ^ id., pp. 2i8, 251. — Mac Alpine, p. 50. — lîoleszny, p. 2i. — " Mac Alpine, p. 50. — ^ Ibid. — 3 Uoleszny, p. 24. — Mac Alpine, p. 50. — Ibid. — Commission de 1874, p. 71.

— lîolcszny, p. 24. — Najry, p. 238. — 12 Mac Alpine, p. 50. — Commission de 1874, p. 71. — Nagy, p. 238. — Mac Alpine, p. 50. — Ibid. — Donauverein, table H.

— ^-^ Hunfalvy, Ul, p. 202. — Mac Alpine, p. 50.— Hunfalvy, lU, p. 202. — i7 Vâsarbelyi, p. 7. — Donauverein, table H. — Vasârhelyi, p. 7. — i^id. — 20 ibid.

effet, le chenal était trop éloigné de la rive pour que le lialage des bateaux y fût possible, en supposant la traction s'exerçant de la rive môme. Il aurait fallu une corde fort longue, soutenue hors de Teau par des barques régulièrement espacées, et les pointes de roc éparses entre le chenal et la rive s'opposaient à l'emploi de ces barques^ En attendant que la digue fût construite, Vasàrhelyi fit sauter, le long du bord, sur une largeur de vingt toises (37'"92...), toutes les pointes de roc qui dépassaient le niveau d'étiage\ On enleva en tout cinq toises cubes^ de roc (et non plusieurs milliers de toises, comme l'assure M. Boleszny*). Le halage devint ainsi possible, du bord même, sinon pour tous les états du Danube, au moins pour les plus habituels^ Cette amélioration, comme on voit n'était nullement radicale^.

Vasàrhelyi attribuait au chenal découvert sous ses auspices une profondeur de 10 pieds (o'"I0...) se réduisant par endroits à six pieds"^ (1"'89...). En réalité, la profondeur minimum n'y dépasse pas trois pieds^ (0m94...). Ce chenal est donc moins profond que celui dont on se sert actuellement, et l'on a bien fait de l'abandonner. D'après Ilunfalvy, il serait accessible à de grands bâtiments par tous les niveaux du Danube mesurant plus de trois pieds à l'échelle d'Orsova^ Mais nous savons que même un niveau de ^ pieds 8 pouces n'est pas suffisant pour que le chenal actuel, plus profond que l'ancien, soit accessible aux grands vapeurs. Ilfautdonc que Ilunfalvy se soit trompé, ou qu'il ait entendu parler de bateaux inférieurs comme dimensions aux grands vapeurs d'aujourd'hui.

Le chenal actuel à son tour cessera bientôt d'être employé. Outre que sa profondeur n'est pas encore ce qu'elle devrait être, a l'endroit où débouche son extrémité inférieure (entre la rive droite et l'île avoisinante, v. p. 55), le fond du Danube est couvert de sable et de gravier qui se déplacent continuellement, et d'un moment à l'autre peuvent boucher le passage rendant du même coup impraticable le chenal lui-même. On a donc^^ émis ridée, à plusieurs reprises, de creuser à travers le seuil un nouveau chenal qui réunît toutes les conditions d'une bonne navigabilité. M. Mac Alpine le voulait courbe et se confondant à peu près

1 Vasiuiielyi, p. 7.-2 ibid., — Bolcszny, p. 24. — Boleszny (Sz), p. 16. — 3 Vâsôrli('lyi,*'p. 7. — ^ Roleszny (Sz), p. 1(>. — ^ Vasàrhelyi, p. 7. — ^ lîolesznv, p. 2i.

— ' Vâsârhelyi, p. 7. — 8 Ilunfalvy, UI, p. 202. — » Ibid. — Mac Alpine, p. 50.

— 14 Ibid.

avec la ligne de navigation usilée lors des grandes eaux* (V. p. 55). La commission de 1874 en proposait un à peu près au même endroit, mais rectiligne-. C'est à ce dernier projet, approuvé depuis par la commission de 4879% que le gouvernement hongrois a résolu de s'en tenir, au cours des travaux qui viennent de s'ouvrir dans le défilé (V. p. 10).

QUATRIÈME SECTION (v, CARTE 11)

Du ISztenfca (excliisivcmont) à Itcrza(^zUa.

RIVE GAUCHE

En aval du Sztenka, les pentes de la rive gauche vont en s' abaissant*, boisées d'abord peu près jusqu'à la petite vallée qu'arrose la Kaunicza^), puis revêtues de belles prairies où il n'y a plus que des arbres isolés'; des cultures se montrent dans le bas^. On arrive ainsi à 3 kilomètres environ du Sztenka^. Ici s'ouvre une large vallée latérale, où coule une rivière appelée Gornia-Réka^^ (on écrit aussi Gornja reka^^). Viennent ensuite des pentes basses^% bornées en aval par deux petits sommets successifs. Elles sont cultivées. Des deux sommets, le premier est aride et crevassé, le second couronné de bois, avec des cultures à sa base^^. Ces pentes s'alignent sur une longueur de 2 kil. 5 environ elles forment le talus méridional d'un vaste dos de montagne, le Glinovnik, qui s'étale entre la vallée du Gornia-Réka et une seconde vallée latérale s'ouvrant dans le défilé à l'est du sommet boisé mentionné plus haut. Cette seconde vallée, aussi, est large très large même, a triangulaire », dit M. Nagy*% ce qui veut dire peut-être qu'à son orifice elle s'évase brusquement. Ses deux versants, en cet endroit, ne sont que des coteaux de vignes mais

1 Mac Alpine, p. 50. — 2 Commission de 1874, p. 72. — ^ Commission de 1879, p. 100. — ^ Kocli, p. 2^2. — Boleszny, p. 28. — ^ Notes personnelles^— 6 Carte au 1/25000, — ' Nagy, p. 238. — « Notes personnelles. — 9 Carte au 1/25000. — Hunfalvy, 11, p. 213. — 11 Carte au 1/25000. — 12 kocIi, p. -22. — 1^ Notes personnelles. — i* Carte au l/2r>000. — Hunfalvy, II, p. 213. — i« Ibid. — 1^ Notes personnelles. — i« Nagy, p. 238. 19 Ibid.

plus loin la valhie s'encaisse profondément*; cile est fermée, à Tarrièrc-pLan, par une liaule chaîne^ transversale, couverte de forêls \ [iC ruisseau de la vallée s'appelle Dolnia-Réka ^ (ou Dolnja reka-'). A sa sortie dans le défilé'', un petit village" se groupe sur ses bords, Also-Ljubkova ou Ljubkova Dolnja^ (Also, en hongrois, Dolnja, en serbe, = inférieur. — On écrit aussi Dolna-Liupkova'^ ou Dolnya-Lupkova *"). Devant le village*^ s'étend un delta avec des champs de maïs*-. Ce delta se prolonge même en amont jusqu'aux approches du Sztenka*'^ (jusqu'à 1 kil. 1 de cette montagne*'*), formant au pied des pentes que nous venons de décrire (duSztenka, disent Yasaihelyi et Doleszny à Dobricza*'' ou Dubnitza*~) une bande de terre horizontale*^ qui va s'élargissant d'amont en aval *% et que Teau recouvre en parjie lors des crues Cette plage, qui borde le Danul)e sur une longueur de G kilomètres à peu près-*, est formée d'alluvions--, probablement des alluvions réunies du Gornia-Réka et du Dolnia-Réka-\ Yasarhelyi y distinguait deux couches de terrain superposées : une première, de couleur brune, formée de limon et de sable (sandig-lehmigte Erde, en allemand), et sons celle-ci une couche d'argilite (en allemand Thonschiefer-\

— D'après M. Boleszny, la plage en question serait un mélange (fargilite et de sable noir-'). Yasarhelyi supposait de même formées d'argilite toutes les pentes voisines, entre le Sztenka et la vallée du Dolnia-Réka-^. En réalité, il n'y a d'argilite qu'entre le Sztenka et la vallée du Gornia-Réka ; et même là, cotte formation ne règne pas seule, mais concurremmentavec le gneiss--. Les pentes d'argi-^ lite ne dépassent pas la vallée du Kaunicza-^

Elles commencent au Sztenka-\ Le talus de la route qui passe, en les entamant, au bas de ces pentes, se compose en efiet d'une terre jaune et d'apparence argileuse, sur un soubassement de roc schisteux qui graduellement s'abaisse et finit par disparaître^''.

Le Giinovnik est formé de lœss'^*.

Constatons ici que nulle part encore, dans le défilé, nous n'avons

1 Nagy, p.23S. — 2 U)i(l. —Noies personneHcs. — ^ Ibid.— ^ Hunfalvy, H, p.213.— Carte au 1/25000. ~ U)id. — Na-v, p. 238. — « Carte au 1/75000. — '-^ Nagy, p. 238. — if> Vasârhelyi, p. 6. — ^ Carte au 1/75000. — ^- Notes personnelles. — 13 Ibid. — Carte au 1/-25000. — Vâsarhelvi, p. 6. — Boleszny, p. 26. — V;isârhelyi, p. 6. — lînlesznv, p. 26. — Vâsârtielyi, p. 6. — Holeszny, p. 26. — Hunfaivy, II, p. 213. — l'J Carte au 1 75000. — -O Vâsârhelyi, p. 6. — -^i Carte au 1/25000. — ^^-^ C rtç géologique de rinstitut de Vienne. — ^ Carte au 1/75000. — 21 Vâsârhelyi, p. 6. — 2:. Bolesznv, p. 26. — 20 Vâsârhelyi, p. 6. — 27 Koch, p. 22.

— Bolesznv, p. 28. — -s Carte '^n'olo^^ique de rinstitut de Vienne. — - 2îj Ibid. — ^0 Notes personnelles. — -^^ Koch, 22. — Boleszny, p. 28. — Carte géol. de l'Inst. de Vienne.

LE DÉFILÉ DU BAS-DAM lîE. 5!)

rcnconin' de grès rouge. Or, d'après Iliinralvy, le grès rouge aurait une importance dominante, à côte du calcaire, entre Coronini (V. p. 33) et AIso-Ljubkova^

Après Also-Ljubkova, la masse des montagnes se porte un peu en avant et, par suite, forme un coude qui longe le delta du Dolnia- Piéka depuis sa racine jusqu'à l'extrémité de sa corne orientale (sur une longueur d'environ I kil. 7) -.

Les pentes de ce coude sont basses comme celles du Glinovnik, faiblement inclinées, doucement accidentées^; des cbamps de maïs ' y alternent avec des vignes''. Ici encore le sol est du lœss^

Les penles qui suivent, à Test du délia, et dont le Danube baigne le pied, sont plus raides^ ; le talus de la route qui les entaille fait voir une terre fort meuble, d'un blanc jaunâtre-'. C'est toujours du lœss^^\ Une falaise^* vient ensuite, qui plonge à pic dans le fleuve^-, mais n'y pénètre pas à angle aigu, comme le dit M. P»oleszny^ '. Elle n'est pas baute^% et les brousses qui la recouvrent çk et là paraissent fort malmenées par la dent des troupeaux^'. Ce qui fait sa beauté, c'est le ton chaud de ses teintes, variant du jaune au violet, au brun, au rouge. La route serpente à sa base en contournant ses saillies. Un détail de cette falaise est une grande paroi de roc d'une forme étrange (qui rappelle les cuirasses bombées du xv'' siècle), et d'un aspect superbe, avec sa double coloration grise et d'un jaune rougeatre. A sa base, la route décrit une courbe, sans cesser d'être creusée dans le roc; elle s'appuie, du côté de l'eau, sur un mur de soutènement que surmonte un parapet de pierre.

Remarquons aussi la riche végétation qui s'abrite, un peu avant, dans un creux de rocher. En automne, c'est un fouillis de couleurs éclatantes (vert, pourpre, jaune d'or, etc.) ^\

La falaise a un nom, et même plusieurs : Velika-Sztenka (= Grand Sztenka, par confusion avec le Sztenka Supérieur), Dolnia- Sztenka^-^ (= Sztenka Inférieur, par opposition à celui-ci, v. p. 47). M.Koch l'appelleiVeliki breg-'',mais ce nom (écrit aussi:Veliki-Dreg-% 1|

^ lïunfalvy, II, p. 2^24. — 2 cartc au l/2r)000. — ^^agy, p. 2:î8. — Notes personnelles. — — r, ihid. — <i Ibid. — ^agy, p. ''2'3H^ — " Carte {géologique de rinstitut de Vioune. — ■'^ Carte au 1/25000. — Notes personnelles. — Carte t:;éologique de l'Institut de Vienne. — Vî'isiirhelyi, p. 7. — Kocli, p. 23. — î3oleszny, p. 29.

— Notes personnelles. — Vâsârhelyi, pp. 0, 7. — Kocli, p. 23. — ^'Mîoleszny, p.

— Koch, p. 23. — ^-^ Notes personn^-lles. — i^» Ibld. — i"^ Notes personnelles. — 48 Vâsârheivr, p. 0. — Ilnnfalvv, II, p. 213. — 4'» VMsârhelyi, p. 7. — Koch, p. 23.

— llunfalvv, II, 213,

Veliki Brig% Veliki Berg-, Velkibreg'^) désigne plutôt tout le petit massif, liaut de 204 mètres, qui s'étend à l'est du Dolnia-Réka jusqu'à la vallée du Zaszkok*, et dont la falaise de Velika-Szlenka ne forme qu'une partie (la section médiane de son rebord méridional • Géologiquement, la falaise fait corps avec une masse calcaire isolée'^ qui constitue le côté sud-oriental du Veliki Brig\ Cet îlot calcaire, noyé dans le lœss (sauf du côté où le Danube le baigne)^ date de la période crétacée'^ ; il est mélangé de sable on y trouve des orbitolites^^

Autrefois, ni roule ni chemin de halage ne passaient au pied du Velika-Sztenka, Ici encore il fallait faireun détour par lamontagne et les braiments qui remontaient le fleuve ne pouvaient avancer qu'avec le secours du vent^^

Les pentes aux taillis chétifs, et dévastés par la pâture**, qui continuent à l'est le Velika-Sztenka, appartiennent encore à la même masse calcaire*'. Elles se prolongent, sur une longueur de quelques centaines de mètres, jusqu'à celte vallée déjà mentionnée qu'arrose le Zaszkok De nouvelles pentes basses *Meur succèdent, doucement ondulées d'abord et couvertes de cultures; plus loin, des taillis se mêlent aux champs cultivés. On passe près d'un carré de vigne*^

Ces pentes sont formées de ce même lœss qui règne déjà en amont du Velika-Sztenka*^ Elles s'arrêtentà 2 kil. de la vallée du Zaszkok limitées à l'est par une autre vallée étroite, aux flancs ras, visiblement tondus par les troupeaux -\ Le nom du ruisseau qui l'arrose est : Toronitia-". Puis vient une pente triangulaire (la pointe en haut) coiffée de bois à son sommet, puis gazonnée jusqu'en bas, avec des crevasses de couleur rouge-*. La base de cette pente (qui est toujours encore du lœss-^) mesure environ 700 mètres -''jusqu'à une vallée tortueuse encaissée entre des hauteurs au sol rougeàtre, et de plus en plus boisées à mesure qu'elles s'enfoncent à l'arrière-plan-^ C'est la vallée du Berzàszka"^(ou Berzà-

1 Carte au 1/^25000. — 2 Boleszny, p. 26. — ^ Yâsdrhelyi, p. 6. — * Carie au 1/75000.

— n)itl. — Carte géologique de rinstitut de Vienne. — Kocli, p. 23. — " Carte géologique de Tlnstitut de Vienne. — ^ Uji^j. 0 ibid. — Koch, p. 23. — Ibid.

— Ibid. — Carte géol. de Tlnst. de Vienne. — 12 Vâsârbelyi, pp. 6, 7. — ^3 Id., p. 7. — 1* Notes personnelles. — Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — 1^ Carte au 1/25000. — 1^ Notes personnelles. — Koch, p. 22. — ^« Notes personnelles.

— Kocb, p. 22. — Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — 20 Carte au 1/25000. — 21 Ibid. — Notes personnelles. — 2-2 Carte au l/7.'>000. — 23 Carte au 1/25000. — 24 Notes personnelles. — 2:» Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — 20 Carte au 1/25000.

— 27 Carte au 1/75000. — 28 Notes personnelles. — 20 carte au 1/75000.

szka Rcka*) ; et le village aux maisons coquettes, au double clocher", qui en occupe l'issue, non sans déborder dans le défilé, à droite et à gauche, le long des pentes voisines ^ — c'est Berzàszka*. Devant, s'arrondit un delta*' portant des champs de maïs^^ et un petit bois de saules ^ Ce delta, comme celui du Dolnia-Réka, remonte au pied des monts en s'amincissant à mesure (jusqu'au Velika-Sztenka)^ La grande route le borde du côté des montagnes^, ombragée de beaux arbres (noyers, etc. *^). Géologiquement aussi, les deux deltas se ressemblent Mais à hi racine de celui-ci, dans le village môme, le sol, profondément creusé par le Berzàszka, est du lœss^S comme la pente voisine (V. p. 60) et comme toutes les pentes antérieures (sauf le Velika-Sztenka) jusqu'au Gornia-Réka. Car toutes ces pentes sont formées de lœss ^'^ ; cela résulte des indications éparses dans les pages précédentes. A rencontre de ces données, Vâsarhelyi, pour qui déjà le Glinovnik était formé d'argilite(V.p. 58), faisait durer ce terrain à l'est jusqu'à Berzàszka**; il se trompait. Du Gornia-Réka au Berzàszka s'étend, nous le répétons, un vaste dépôt de lœss, non d'argilite. Ce lœss, qui des bords du Danube se prolonge vers le nord*\ atteint sa plus grande épaisseur aux approches de Berzàszka*^. Il remplit une faille des roches cristallines (gneiss et schistes cristallins) qui constituent l'élément géologique principal des montagnes bordiùres du défilé*^ En certains endroits ce lœss est de couleur rouge*^, comme le témoignent les crevasses visibles au-dessus des premières maisons de Berzàszka (V. p. 60). Il renferme aussi des bancs de gravier de l'époque diluvienne ^\

L'un d'eux, non loin de Berzàszka, mis à nu par des éboulements, est remarquable par son inclinaison dans le sens du sudest, preuve évidente des changements de niveau qui ont dû bouleverser le sol, dans ces parages, même à l'époque diluvienne

UIVE DROITE

Les pentes de la rive droite qui font face au Sztenka (V. p. 50),

1 Vûsârhelyi, p.O. — Nagy, p. ^239. — ^ Carte au 1/-25000. — * ibid. — Nagy, p. 239. ^ Ibid. — Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — Ibid. — ^ Nagy, p. 239. — «Carte au 1/75000. — '-^ Ibid. — Notes personnelles. — Bolcszny, p. 26. — • ^2Szabu, p. 9. — Kocli, p. 22. — Carte géol. de rinst. de Vienne. — Vâsarhelyi, p. 0. — Kocli, carte géologique. — Kocli, p. 22. — Bolesznv, p. 28. — Koch» p. 22. — Bolesznv, p. ^>.'S. — i« Koch, p. 22. — Boleszny, p. 28.*^— ^'^ Koch, p.22. — 20Boleszny, p. 28:

LK DEFILE Di: lîAS-DANl liE.

se coiilinuent à TcsL par d'aulres pentes semblables, hautes, fort belles \ mais dépourvues de rochers, quoi qu'en dise M. Nagy -. Elles sont bordées en partie (sur une longueur de 2 kilomètres)'^ par un grand delta couvert de bois épars*; la rivière qui le tra-verse s'appelle Cesava\ Puis, à une certaine distance du delta (1 kilom. 8)% commence une succession de pentes triangulaires (la pointe en haut) que des crêtes perpendiculaires au lleuve, et d'une courbe hardie, rattachent toutes à un sommet commun, haut de 500 mètres L'ensemble est pittoresque, d'un caractère singulier; mais il y a trop peu de bois". Ces pentes se prolongent (sur une longueur de 2 kilom. 3'^) jusqu'à un village au-dessus duquel le déboisement à outrance amis le sol, de couleur rougeâtre, complètement à nu Ce village occupe un nouveau delta que M.Nagy qualifie à tort de presqu'île Il est planté de saules^*. Derrière, s'ouvre une vallée verdoyante, solitaire et sans arbres, entre ses flancs hérissés de bois^\ Le village s'appelle Dobra^^ II a des toits rouges et des maisons bâties à la turque Son église, assez jolie ^% fait bien, vue de l'autre rive, dans la verdure grise des saules qui la cachent à demi-^. Elle a été bâtie récemment, avec des matériaux provenant d'une ruine peu éloignée. Ce sont les restes d'un castellum romain. Il était de forme carrée, flanqué à chaque angle d'un bastion ; les murs des bastions avaient 8 pieds d'épaisseur. H appartenait à cet ensemble d'ouvrages militaires qui, le long du Danube, servaient de boulevard à la Mésie Supérieure. C'était môme un des points importants de cette ligne de défense-^

M. Nagy place aux environs de Brnica les ruines romaines qui ont servi à construire l'église de Dobra -\ Mais dans ce passage, nous l'avons déjà dit (V. p. 50), il confond évidemment les deux localités.

En bâtissant l'église de Dobra, on a découvert, à 100 toises (189 m. et q. ch.) du fleuve une pierre votive d'origine également romaine -'^

Dobra est un centre d'exploitation houillère ; à ce titre, il a été

SI

habile, pendaalquelque Icmps, par des Finançais, remplacés depuis par des Anglaisé

En aval de Dobra, les pcnles s'élèvent moins haut qu'en amont. D'abord, les bois qui les recouvrent paraissent passablement ravagés — le voisinage de l'homme continue à se trahir — ; plus loin, la végétation redevient d'une grande richesse, et de petites vallées parallèles débouchent à cliaque instant dans le délilé'^ jusqu'à celle qu'arrose le Medovnitsa (à 2 kilom. 5 en aval de Dobra) \

Au delà, commence une pente nouvelle, plus haute et plusraide^ couverte de bois alternant avec d'assez grandes clairières; loul en bas, la foret appauvrie laisse entrevoir un sol rougeatre. Celle pente, belle, imposante % dure ainsi jusqu'à la vallée du Kositsa, sur une longueur de i kil.4^'. La vallée du Kosilsa, petite et complètement boisée, s'ouvre sur un délia où l'on cultive du maïs\ Sur l'autre rive, un peu à gauche, s'épanouit le delta du Berzàszka.

Toutes ces pentes de la rive droite, en aval du Sztenka, — de môme, d'ailleiu's, que les pentes d'en l'ace (Voy. p. 58). — Vasarhelyi les supposait formées d'argilite^ A tort. Elles sont formées pour la plupart de conglomérats, de calcaire et de grès datant de la période jurassique'^ Les plus rapprochées du Sztenka consistent en schistes cristallins^^, comme celles qui les précèdent dans la troisième section du défilé (Voy. p. 51). Entre Dobra et la vallée du Kositsa, les roches jurassiques cèdent par deux fois la place à de l'andésite^^

DANUBE

Rien ne trouble, dans cette section, le cours Iranquilhi du Danube^-. Immédiatement après le Sztenka la largeur du fleuve atteint 800 toises (1517 mètres et q. ch.), mais elle diminue bientôt et se maintient jusqu'au bout enire 8 et 400 toises^^ (568 mètres et q. ch. — 758 mètres et q. ch.). La profondeur d'eau varie partout entre 45 et 20 pieds = 4 70. et 6 o2. . . Hunfalvy donne il est vrai d'autres chiffres pour une portion du lit fluvial commençant à peu près à la hauteur du Kaunicza et finissant (en amont) au delà du seuil de Sztenka, dans la section précédente. La pro-

^ Nagy, p. 238. ~ Notes personnollcs. — 3 Carte au 1/25000. — ^ Uiid. — ^ Notes personnelles. — ^ Carte au 1/2501)0. — ' >îoles personnelles. — ^ Vâsârholyi, p. (j. — Zujovic, p. 85. — ^" Carte géologique Zujovic. — Zujovic, p. 85. — Carte géologi<iuc Zujovic. — ^-Douaii^p. IG. — Carte au 1/25000. — Vâsarhelyi, p. 7. — ro ii^id^ 10 ijjia.

Gi LE DÉFILÉ DU IJAS-DA N UBE.

fondeur maximum serait ici de 47 pieds^ (14m. 85...) et la profondeur minimum de 12 pieds - (3 m. 79...). Ce dernier chiffre, au moins, est inadmissible, étant données la présence et Télévation du seuil de Sztenka (Voy. p. 54).

Ilunfalvy distingue dans le défilé du Bas-Danube trois parties principales; tout ce que nous avons décrit jusqu'ici en aval de Moldova compose la première de ces trois parties^. Elle a pour caractère distinctif d'être en général plus boisée que rocheuse^ On n'y trouve pas non plus de rapides % ajoute Ilunfalvy (pour qui, sans doute, le rapide de Sztenka ne mérite pas ce nom). Pourtant, dit-iP, la navigation n'y est pas sans danger, grâce à la brusquerie des tournants, grâce à des remous (au Sztenka? dans lapasse de Goloubâtss? Voy. p. 4-1), à de forts courants (mais, du propre aveu de l'auteur, même au Sztenka, la vitesse n'est-elle pas insignifiante'?). Pour les commissions de 1874 et de 1879, le seul obstacle, dans cette partie du défilé, est le seuil de Sztenka ^

Plus bas (en aval de Bcrzaszka, et jusqu'au cap Greben), le défilé prend un aspect remarquablement sévère^. Les courbes qu'il décrit sont d'une vaste envergure*^, et sur ses flancs, tapissés d'antiques forêts, le roc nu occupe une large place Ces rochers sont fort pittoresques ; tantôt leur crête s'allonge en ligne droite comme un profil de rempart, tantôt ils se hérissent de dentelures semblables à des créneaux, s'arrondissent en forme de tours, ou se creusent en demi-voûtes suspendues au-dessus des eaux^-. Nous n'avons pu identifier deux montagnes qui ont particulièrement frappé ïhouvenel ; couvertes de pics, elles ressemblaient de loin à des cathédrales, et quoique séparées par le Danube, paraissaient fermer la vallée

L'espace compris entre Berzîiszka elle cap Greben formera pour nous les v% vr et vu'' sections.

* Hunfalvy, IH, 206. — 2 Ibid. — 3 Hunfalvy, II, p. 215. — * Ibid. — 5 Ibid. — cibid. — "^id., llï, p. 202. — » Commission de 1874, p. 71. — Commission de 1879, p. 100. i>Thouvcnel, p. 131). — -i^Ibid. — ^^Sazerac, p. 33. — A2ThouvcneI, p. 139. ~ l'ilbid.

CINQUIÈME SECTION (v. CARTE 12)

De OcrzsVMKka au raiiitle tle liojko (incltiMîvcmeni), EiOiigucur approxiuiulive : O kilom.

Dans cette section, le défilé change de direction. Au lieu d'aller, comme jusqu'ici^ de l'ouest à l'est, il ne tarde pas à s'infléchir au sud-sud-cst^ et restera ainsi, l'espace d'environ 24 kilomètres. Au tournant, le coup d'œil est superbe".

RIVE GAUCHE

Après la vallée duBerzàszka, comme après celle du Dolnia-Réka (V. p. 59), la ligne décrite par la base des pentes cesse un instant d'être parallèle à Taxe du défilé, pour devenir perpendiculaire à cet axe, puis elle reprend sa direction normale (au bout de 800 mètres environ) \

Ces premières pentes, tournées vers l'ouest, commencent derrière la rue méridionale de Berzàszka, près du pont^, par une paroi de rocher lisse et nue'% assez raide^, formée de gneiss^. Puis viennent des brousses d'aspect misérable, bientôt refoulées vers le haut des pentes par des champs cultivés qui descendent jusqu'en bas\ De la route, qui longe ces champs % on voit le mont Sztenka

1 Gaile au 1/75000. — 2 Najry, p. 239. — ^^Carte au 1/25000.— * Notes personnelles — 5 Ibid. — - 6 ibid. ^ Carte au 1/25000. — ' Carte géol. de Tlnst. de Vienne. — 8 Notes personnelles. — Ibid. — Carte au 1/25000.

s'arrondir comme une coupole derrière une double ligne de terres, les deux deltas du Dobra et du Dolnia-Réka \

Au delà du coude, graduellement, l'inclinaison des pentes s'adoucit ^ Par endroits, la route entaille leur base : la paroi de ces tranchées est formée de roc nu, d'apparence schisteuse; audessus court ime mince couche de terre végétale^. Ici, en effet, le bas des penles se compose de grès et de schistes appartenant à l'étage permien (en allemand Dyas) \ Tout le haut est du gneiss^.

A environ i kilom. 1 du coude % le chemin passe devant plusieurs maisons rangées en file sur une étroite terrasse, sorte de prolongement du delta du Berzaszka. Ces quelques maisons constituent le village de Drenkova®; la plus grande, blanche, carrée, à toiture rouge, avec un premier s'ouvrant par trois grandes baies sur le Danube, est un poste de douane comme on en rencontre, de distance en dislance, dans le défilé; ils remplacent les anciens postes militaires (V. p. 38), et sont bâtis tous sur le même modèle % solidement, en pierre et en brique, avec un toit en feuilles de métal^^

Il n'est pas rare qu'un assez grand nombre de bateaux stationnent devant Drenkova^^ En elFet, par les eaux moyennes et basses, Drenkova joue le rôle de tête de ligne pour le transport des personnes et des marchandises soit en amont soit en aval*2(V. p. 16). M. Nagy n'hésite pas à parler de son <l port », qu'il qualifie de a remarquable »^^. On dirait un petit port de mer, ajoute M. Boleszny : ce ne sont que cheminées, que mâts aux banderolles flottantes, que gens occupés à charger des colis^*. Ce tableau a dû perdre de son exactitude depuis que plusieurs voies ferrées mettent en communication Budapest avec la péninsule des Balkans.

Drenkova n'existe que pour les besoins de la navigation. M. Nagy croit savoir qu'il y avait là, au temps jadis, un joli village groupé autour d'un poste militaire Quoiqu'il en soit, le poste subsistait seul, il y a une soixantaine d'années ; puis, la navigation à vapeur s'étant établie dans le défilé, un hameau se groupa autour. Il ne se composait que de trois maisons, « dont une auberge passable »

^ Notes personnelles. — 2 Carte au 1/25000. — ^ ihid. — Notes personnelles. — ^ Ibid. — Koch, p. 23, et carte. — Carte géologique de rinstitut de Vienne. — GUjid.

— " Carte au 1/25000. — « Notes personnelles. — Carlo au 1/25000. — ^ Notes personnelles. — lOHunfalvy (pitt.), H, p. 4.13. — Boleszny, p. 27. — ^2 Bolesznv, p. 27.

— Nagy, p. 239. — " ibid. -— Boleszny, p. 27. — i5 ^agy, p. 239.

LE DÉFILÉ DU lîAS-DANUBE. 67

lors du voyage de Thouvenel, en 1840 ^ En 1874, on y comptait, de plus, un cabaret-; huit maisons, en tout, en 1886^. Ces bâtiments abritent les bureaux de la Compagnie Danubienne, ses magasins* (spécialement ses provisions de houille^), un bureau télégraphique, et un restaurant^. On peut louer, pour la nuit, une chambre assez propre dans la maison du cabaretier^

Drenkova possède^ de superbes forets^ où Ton trouve des spécimens remarquables d'une espèce de coudrier fort appréciée des ébénistes et des tourneurs. Certains troncs mesurent jusqu'à 40 pouces (1 m. 15) de diamètre

Signalons, derrière ragence des bateaux à vapeur, un plateau de loess dépassant de 180 pieds (5G'"89. . .) le niveau actuel du Danube^^; c'est encore un des « témoins » dont il a été question à la page 9.

Tout le bas des pentes, d'ailleurs, est ici formé de loess jusqu'à la vallée qui s'ouvre vers l'est*- à 350 mètres environ du village*^, et qu'arrose le Recka^^ou Suva Recka^^Le haut des pentes est toujours du gneiss*^.

Cespentes au-dessusdeDrenkova constituent avecles précédentes, qui regardent Berzâszka, un même massif, dominant le fleuve d'environ 25i '"(altitude : 313'")*^ M. Nagy donne à ce massif, par erreur sans doute, le nom de Klisszura*^ Nous avons dit plus haut (p. 6) ce qu'on désigne ainsi dans le défilé du Bas-Danube.

Le Suva Recka que nous venons de mentionner projette dans le Danube un petit delta^^, au bord duquel-'^ s'élève (mais non pas, comme le suppose M. Nagy, sur une plate-forme de rocher-\dont la présence serait bizarre sur ce sol d'alluvion), où s'élève, disonsnous, une ruine'- à quatre pans-'^,dontun foi^t délabré -^. A l'intérieur nichent par milliers corneilles et chauves-souris-\ M. Nagy voit dans ce débris les restes d'un château, celui de Drenkova, qu'il suppose avoir existé ici-^. D'après M. Boleszny, ce château n'était qu'une tour, mais datant de l'antiquité, et qui a pu servir de poste d'observation aux Romains. Une tradition populaire veut qu'elle

1 Thouvenel, p. 137. — 2 Boleszny, p. 27. — ^ Notes personnelles. — Boleszny, p. 27. —5 Nagy, p. 239. — ^ Boleszny, p. 27. — Nagy, p. 239. — Notes personnelles. — 7 ibid, 8 isagv, p. 239. 9 ibid. — Sazerac, p. 33. — lo rVagv, p. 239. —

Szabo, p. 9. — ' Carte géol. de Tlnst. de Vienne. — Carte au" 1/25000. — 14 — 15 Carte au 1/75000. — ^6 Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — Carte au 1/75000. — 18 Nagy, p. 239. — Carte au 1/25000. — 20 Boleszny. p. 30. Nagy, p. 239. Carte au 1/25000. — 21 Nagy, p. 239. — 22 \\jia. Boleszny, p. 30. — 23 Nagy, p. 239. — Notes personnelles. — Nagy p. 239. — 25 Boleszny, p. 30. — 26 Nagy, p. 239. — Boleszny, p. 30.

ait appartenu au baron de Trenk, le fameux chef de partisans, et donne Tétymologie du nom de Drenkova, en le faisant dériver de Trenk, par corruption ^

Au delà du Suva Recka les pentes se redressent et décrivent, sur une longueur d'environ 2 kilomètres, un arc de cercle^ qui vers le nord échancre un peu la masse des montagnes^. C'est le point où le défilé tourne ausud-sud-est^. Gazonnées seulement, d'abord (jusqu'à une petite île % à 700 mètres en aval du Suva Recka ces pentes se couvrent ensuite de forêts, et se succèdent régulières comme les plis d'une lourde étoffe. La vue en est fort belle d'avar.

Le gneiss règne ici sans partage^ jusqu'à 1500 mètres du Suva Recka ^ (le gneiss, et non la grauwacke, indiquée par Vàsàrhelyi* ^ . — M. Boleszny adopte àlafois les deux opinions*^). Le reste des pentes (500 mètres) est formé d'argilite (Tlionschiefer)*^ Cette roche commence vers l'extrémité inférieure** d'une ligne de maisons^^ qu'on aperçoit bordant la route*^ au pied d'une belle montagne à 350 mètres en aval de l'île mentionnée plus haut^^. C'est un hameau de mineurs employés dans les environs à extraire de la houille. On l'appelle Colonie Kozla Mata^^. Les pentes d'argilite et la courbure de la rive s'arrêtent à un petit vallon que suit une pente triangulaire-* dont la base mesure 650 mètres, et la hauteur 215mètres environ au-dessus du Danube (altitude: 275 mètres)--. On y distingue vers le haut l'entrée d'un tunnel d'où descend un chemin de fer vertical qui enjambe ensuite la route pour aboutir à une petite plage, au pied de la pente, parmi de grands amas de houille-*; nouveaux indices d'exploitation minière dansles environs. Des deux côtés du chemin de fer, les deux moitiés de la pente, à peu près égales-%sont boisées, avec de grands pans de roc,çà et là, verticaux, à surface rugueuse, d'un brun verdàtre, tranchant peu sur la couleur de la végétation environnante. Il y en a d'admirables; deux entre autres, l'un à droite, l'autre à gauche du che-

1 Boleszny p. 30. 2 Carte au 1/25000. — 3 Ibid. — Hunfalvy, II, p. 215. — * Carte au 1/25000. — ^ Notes personnelles. — ^ Carte au 1/25000. — ' Notes personnelles. — ^ Koch, p. 23, et carte. — Carte géol. de Flnst. de Vienne. — ^ Ibid. —

V'âsdrbelyi, p. 8. — Boleszny, pp. 29 et 31. — ^'^ Carte géol. de l*Inst. de Vienne. — ^3 Ibid. — Koch, carte. ^ — Carte géol. de rinst. de Vienne. — Carte au 1/25000. — Notes personnelles. — i« Carte au 1/25000. — Notes personnelles.

— 18 Carte au 1/25000. — Carte au 1/75000. — 20 Carte au 1/25000. — 21 Notes l)ersonneHes. — 22 Carte au 1/25000.-— 23 Notes personnelles. — 24 Carte aul/25000.

— Notes personnelles. — 25 ibid. — Carte au 1/25000.

min de fer, le premier s'clançant en pointe comme une flèche d'église, Tautre tout proche de la route, large, d'un ton rougeâtre, tacheté d'arbres et de lichens; bombé, vu de profil, hérissé d'angles ^

Ces rochers sont de gneiss, comme toute la pente, d'ailleurs, et le gneiss se prolonge encore au delà, en aval, sur une longueur de 600 mètres-.

Ainsi, les formations primordiales qui constituent la masse des montagnes au nord du défilé reviennent, sauf quelques exceptions (V. pp. 66-08) dans le voisinage immédiat du fleuve à partir de Berzaszka^

La pente triangulaire que nous venons de décrire forme avec son chemin de fer, ses bois et ses rochers, la face sud-occidentale du Kozla Mica^ (micaz=: petit, en roumain. — La carte au =— écrit Micu, à tort.)

Dans la vallée qui suit coule une rivière appelée aussi Kozla ^.

Puis viennent d'autres pentes boisées, mais dépourvues de rocs, sauf tout de suite après la vallée du Kozla^. Le sommet central qui les domine porte le nom de Varnisco (altitude: 380 mètres)^ Elles durent un kilomètre environ, jusqu'à une nouvelle vallée, assez large% très boisée, qu'une grande montagne% le Dosu*", semble arrêter net, à peu de distance (700 mètres^*). La rivière de la vallée s'appelle Szirinya^% Szirinja^^, Szirinye** (pr. Sirinia, Sirinié) ou Szirina^^ (pr. Sirina. C'est l'orthographe adoptée sur les cartes au et au^^r~^j. Autre variante du même nom : Szirinyàk*% pr. Sirignàk).

Le cours de cette rivière à travers le delta qui lui doit naissance offre un joli coup d'œil (vu du pont de la route), sous son berceau de saules et de noyers^^

Le delta du Szirinya se rattache à celui du Suva Recka par une étroite berge horizontale*^ ; ainsi, depuis Berzâszka jusqu'au delà du Szirinya, une bande de terrain plat, de largeur variable, court sans interruption entre les montagnes et le Danube ^% qui en submerge le bord, lors des crues

1 Notes personnelles. — 2 Carte géol. de Tlnst. de Vienne. — 3 Koch, p. 22. < — Boleszny, p. 29. —4 Carte au 1/25000. — ^ Carte au 1/25000. — 6 ilotes personnelles. — 7 Carte au 1/25000. — « Ibid. — ^ Notes personnelles. — ^0 Carte au 1/25)00, — 11 Ibid. — 1^ Vâsdrhelyi, p. 8. — ^3 Boleszny (Sz.), p. 13. — Boleszny, p. 31. — ^5 Koch, p.24. — 16 Hunfalvy, Hl, p. 203. — Notes personnelles. — ^« Carte au 1/2500. — 10 Vâsàrhelyi, p. 8. — Beszny, p. 30. — '^0 Vasarhelyi, p. 8.

Les pentes du Varnisco sont formées de gneiss, d'abord (nous l'avons dit), puis de couches liasiques*, grèset schistes, d'une part, calcaires de Gresten et marnes, de l'autre^. Ce terrain liasique prend dans Tintérieur des montagnes un grand développement, et renferme quelques gisements de houille très riches% et qu'on exploite". Nous avons déjà rencontré des traces de cette activité minière. Plusieurs entrées de galerie se voient également fort bien du bateau sur les pentes qui précèdent immédiatement la vallée du Szirinya% et les maisons blanches^, uniformes % alignées dans le bas, au bord de la route ^, sont encore une colonie de mineurs, la Colonie Szirinya^, de date assez récente

Ces formations liasiques, ce gneiss et cette argilite qui se succèdent en amont du Szirinya jusqu'aux environs de l'autre colonie (Kozla Mala), Vâsàrhelyi les traite en masse de micaschiste, micaschiste riche en quartz, dit-il . M. Boleszny, cette fois encore, adopte tour à tour avec la même candeur les deux manières de voir^^

Au delà du Szirinya, une succession de hautes pentes*^ couvertes de forêts magnifiques se dirige du sud-est vers le Danube. Dès Drenkova, de plus loin même, on a devant soi cette noire muraille, rayée de vert çà et là par les clairières. Arrivée au Danube, elle s'interrompt brusquement** ; en cet endroit, sur plus d'un kilomètre de longueur*%on passe au pied d'escarpements rocheux*^ qui dominent d'abord l'angle méridional du delta du Szirinya*' et plongent ensuite directement dans le Danube*^ Le roc est d'un ton gris, et s'entremêle de végétation. D'abord, il n'apparaît que dans le haut, couronnant un mélange d'arbres et de gazon. Bientôt, une paroi de roc presque à pic descend jusqu'à la route*%qui vient de quitter la pointe extrême du delta pour s'incliner un peu à gauche'^^. De nouvelles falaises succèdent à celles-ci, l'une fort belle, d'un blanc jaunâtre, émergeant au-dessus d'un talus de verdure; à côté, une autre, toute rayée de fentes parallèles, sinueuses et très rapprochées ; ailleurs, les minces couches de la masse rocheuse s'échelonnent en retraite les unes sur les autres^*. La route tourne encore à gauche,

1 Koch, p. 23- — Carte géol. de Tlnst. de Vienne. — Boleszny, p. 34. — - Carte géol. de rinst. de Vienne. — Koch, carte. — ^ Koch, p. 23. — Boleszny, p. 34.

— ^ Ibid. — ^ Koch, p. 24. — Boleszny, p. 34. — Notes personnelles. — 6 ibid. — 7 Boleszny, p. 3i. — s Carte au 1/25000. — ^ ibid. — Boleszny, p. 34. — Vâsàrhelyi, p. 8. — ^2 Boleszny, pp. 31 et 34. — i3 Carte au 1/25000. — Notes personnelles.

— 15 Carte au l/'i5U00. — Koch, p. 25. — Boleszny, p. 34. — Boleszny (Sz), p. 13.

— Nagy, (I. 240. — Carte au 1/250U0. — Notes personnelles. — i~ Carte au 1/25000.

— 18 ibid. — Boleszny (Sz), p. 13. — > i^ Notes personnelles. — Carte au 1/25000.

— 2i Notes personnelles.

à deux reprises successives*, entamant chaque fois le rocher qui la borde et qui fait angle, vu d'aval'^; au second tournant, l'horizon s'ouvre tout à coup; c'est la VP section qui commence.

La roche qui constitue les pentes précédentes est du calcaire^, rangé par Vàsarhelyi dans le groupe des formations primaires^, et contemporain, en réalité, de la période néocomienne^. Ce calcaire, au dire de M. Mac Alpine, serait de ladolomie^.

RIVE DROITE

La pente qui succède à la vallée du Kosilsa est plus haute que les précédentes et borde le Danube sur une longueur bien plus considérable ^ A partir du tiers de cette longueur, jusqu'au bout, — le défilé s'inclinant au sud-sud-est, comme nous avons dit, — elle tourne peu à peu d'un mouvement parallèle à la courbure des rives d'en face^. Elle a pour borne orientale une petite terrasse^ semicirculaire*^ qui fait saillie dans le Danube** : sorte de delta minuscule à l'issue d'un vallon*-. Toute la pente est couverte de belles forêts, sauf ce delta, dont le gazon fait ime tache claire, semée seulement de quelques arbres *\ La base de la pente, le long du Danube, mesure bien 3 kilomètres. Sa hauteur au-dessus du fleuve dépasse 400 mètres (altitude : 461 m.)*^ Une nouvelle pente suit celle-ci, encore plus haute et plus longue (d'amont en aval)*^ ; elle accompagne le Danube bien au-delà des limites de la section que nous étudions*^. Des forêts la couvrent aussi, mais par places. le roc nu s'y montre, de couleur blanche Les premières parois de roc*^ apparaissent au pied de la pente^ ^ à quelques centaines de mètres du point où elle commence (du petit delta dont nous avons parlé)2'^.Ge sont de grandes surfaces s'allongeant verticalement, rudes et blanches, noyées dans la verdure qui les sépare les unes des autres et va en montant au-dessus d'elles; on dirait des blessures faites à la montagne par la hache d'un géant. La première en dimension de ces falaises a nom Gospodine. Taillée à grands coups, et nuancée

Carte au 1/25000, — 2 Notes personnelles. — 3 Carte géol. de Tlnst. de Vienne.

— Koch, p. 25. — lîoleszny, p. 34. — ^ Vâsârlielyi, p. 8. — ^ Carte fféol. de Tlnst. de Vienne. — Koch, p. 25. — Boleszny, p. 34. — g jvjae Alpine, p. 52. — ^ Carte an 1/25000.

— Notes personnelles. — ^ Carte au 1/25000. — INotes personnelles. — Carte au 1/25000. — loibid. — Ibid. — Notes personnelles. ~ Carte au 1/25000. — ^3 Notes personnelles. — Carte au 1/25000. — Notes personnelles. — Carte au 1/25000.

— Notes personnelles. — Koch, p. 25. — lîoleszny. p. 34. — Nagy, p. 240. — Notes personnelles. — Ibid. — Carte au 1/25000. — 20 ibid.

de larges veines bleues, elle plonge à pic dans le Danube ^ On y dislingue une ligne de trous, vestige de l'ancienne roule romaine^ (V. p. 21) et le premier qu'on rencontre dans le défilé, s'il faut en croire M. Nagy. — M. Nagy place ces trous sous une vaste entrée de caverne, un peu en aval des falaises qui nous occupent^.

Ces falaises, dans leur ensemble, bordent le Danube sur une longueur d'environ 700 mètres*. Sans faire précisément face aux rochers qui marquent l'extrémité de la section sur la rive opposée (V. p. 70), il est évident qu'elles leur font pendant : forme, hauteur^ constitution géologique^, tout correspond d'un bord à l'autre. Ici encore, le Danube traverse une des brèches' du défilé (V. p. 8); seulement, celte brèche s'ouvre en biais.

DANUBE

Relativement au Danube, la section se divise en deux parties bien tranchées. Dans la première (à peu près jusqu'au point où la vallée achève de tourner au sud-sud-est^ ; longueur : 2000 toises = Skilom. 792 \..) il est calme, avec une pente relative de 0,000236 (1 pied 5 pouces une ligne pour 2000 toises^^).Sa largeur varie de 400 mètres (ruine de Drenkova) à 900 mètres (extrémité inférieure de Colonie Kozla Mala*^ En général, le tournant du Danube dessine comme une large baie*-. — Les chiffres extrêmes donnés par M. Boleszny [400 toises=Okilom. 758...,et420toises = 0kilom. 796'^..] ne sont pas exacts). La moyenne de la profondeur d'eau est entre 9 pieds et 12 pieds (2 m. 84... et 3 m. 79**...).

Hunfalvy place dans ces parages un écueil s'élevant, dit-il, à quelque 200 pieds au-dessus de l'eau, et qu'il appelle Treszkovàcz^^, comme la montagne dont nous aurons à parler bientôt. Ce détail est purement imaginaire.

Dans la seconde partie de la section, le lit du Danube se resserre en entonnoir*^; sa largeur, qui varie d'abord entre 700 et 900 mètres*' (le chiffre de 350 toises = 0 kilom. 663,.. donné par Hunfalvy*^ est un peu faible) finit par n'être plus que de

1 Notes personnelles. — 2 ibid. — Nagy. p. 240. — ^ Ibid. — * Carie au 1/25000.

— Ibid. — ^''Nagy. p. 2i0. — ^ Koch, p. 25. — Bolezny, p. 34. — Mac Alpine, p. 52.

— 7 ^'agy, p. 2i0. — « Koch, p. 23. — Carte au 1/25000. — Notes personnelles. — i> Yâsârhrlyj, p. 8. — 10 Bolesziiv, p. 32. — Carte au 1/25000. — Hunfalvv, II, p. 215. — 13 lîolesznv, p. 32. 1* Ibid. — 1^ Hunfalvy, H, p. 215. — Carte au 1/25000. — i" Ibid. — Hunfalvy, III, p. 203.

180 toises* (0 kilom. 341... — M. Nagy, par erreur, applique ce chiffre à Tentrée supérieure de l'entonnoir-). La vitesse de l'eau s'accélère, de nombreux^ tourbillons* boursouflent sa surface, et, si le niveau est bas, des pointes de roc la déchirent. Bref, les mêmes symptômes reparaissent, qui plus haut annonçaient le rapide de Sztenka, mais plus accentués. Ceci aussi est un rapide (Stromschnelle)% le Kozla-Dojke^' (pr. Doïke). C'est même un ensemble de rapides, voire de cataractes^, A tout le moins on y distingue deux cataractes^ (Wassersturz, zuhatag) ou rapides^ particuliers, le premier, signalé sur la rive gauche par deux postes militaires abandonnés forme le commencement du rapide total, et se trouve par suite (V. p. 72) à un demi-mille autrichien*^ (=3 kilom. 792...;lacommissionde 1874 dit aussi: 3 kilom. 8*^^) deBerzaszka. Sa distance à Drenkova est évaluée beaucoup trop haut par M. Nagy (à près d'un mille autrichien = 7 kilom. 585..,), beaucoup trop bas par Hunfalvy (à 500 toises*\ =0 kilom. 948..,). Sur la droite, il se précipite en vagues écumeuses*^ qui, de loin, barrent le Danube d'une ligne blanche Elles font grand bruit mais sur la gauche, l'eau coule plus égale, plus tranquille Ce premier rapide (Kozla*%Kosla^'^, Kozlar-*) a pour nom, comme on voit, la première partie du nom composé qui désigne le rapide total. Lui-même se subdivise en deux autres rapides^^ séparés par un intervalle de 100 toises^^ (0 kilom. 189...) : le Petit et le Grand Kozla-* (Maie Kozla, Veliki Kozla)-% en allant d'amont en avaP^

A ce double rapide de Kozla en succède bientôt un nouveau (vers le point où le torrent du Szirinya se jette dans le Danube ^s). Jusqu'à l'extrémité de la section, tout le long de la route (au pied des falaises de la rive gauche) on l'entend mugir Son nom est Szirinya ^% comme celui du torrent, ou Dojke^^ (Doike'^% Dojka^% Doika"^), seconde partie du nom de Kozla-Dojke.

1 Hunfalvy. — 2 Nagy, p. 239. — ^ Hunfalvy, lU, p. 203. — ^ Ibid. — Commission de 1879, p. 101. — ^ Donauverein, table III. ^ Ibid. — Commission de J874, p. 72.

— Commission de 1879, p. 101. — 7 Cartes publiées par la Commission de 1879 (table XI). — 8 Vasârhelyi, p. 8. — Mac Alpine, p. 50. — Commission de 1874, p. 72.

— Magy, p. 239. — Gni., p. 337. — Hunfalvy, III, p. 215. — « Boleszny, pp. 30, 31, 32. — Donau,p. 16. — Carte au 1/T5000. — Bolesznv, p. 30, — 11 Vasarhelyi, p. 8.

— 12 Commission de 1874, p. 72. — Nagy, p. 239. — Hunfalvy, III, p. 203. — *5 Vâsdrhelvi, p. 8. — Notes personnelles. — ^' Vâsârhelyi, p. 8. — Ibid. — 19 Vasarhelyi, p. 8. — Boleszny, pp. 31, 32. — Nagy, p. 239. — Donau p. 16. Carte au 1/75000. — 20 Mac Alpine, p. 50. — 2i Hunfalvy, III, p. 203. — 22 Koch, p. 23.

— Boleszny, p. 31. — 23 ibid. — 2i Ibid. -- 25 Koch, p. 23. — 2(5 ibid., p. 23. — 27 Gm., p. 337. — 28 Boleszny, p. 30. ~ 20 Notes personnelles. —30 Boleszny, p. 30. — 31 Koch, p. 25. — Donau, p. 16. — Gm., p. 337. — ^2 carte au 1/750'iO. — ^3 Hunfalvy, III, p. 203. — 34 Ibid., II, p. 215.

Dans son ensemble, le rapide de Kozla-Dojke nnesiire environ 1200 toises (2 kilom. 275...) de long^ Il est causé par la présence, sous l'eau, sur une longueur de plus de mille loises^ (1 kilom. 896... — La carte au -r;^? où d'ailleurs le tracé des seuils n'est pas d'une précision rigoureuse, donne une longueur de 1800 mètres) par la présence, disons-nous d'un haut fond de rocher^, à surface irrégulière légèrement inclinée, d'une manière générale, de la rive gauche versla rive droite \ Ce haut fond se relève en particulier suivant deux lignes successives et forme ainsi deux seuils distincts, l'un en amont, l'autre en aval : les deuxième et troisième seuils des huit que nous avons signalés dans le défilé (V. p. 10). Ce sont ces deux seuils qui donnent naissance aux deux rapides partiels de Kozla et de Dojke; et chacun d'eux est désigné par les mêmes noms que le rapide correspondant^.

Le seuilde Kozla (banc de pierre \ banc de rocher % ensemble de veines rocheuses % groupe de rochers*^ se dressant du fond de Feau^^) mesure 400 toises (0 kilom. 758...) dans le sens du courant*^, et traverse le lit fluvial dans toute sa largeur qui varie ici, nous l'avons vu (p. 72} entre 700 et 900 mètres. Sur plusieurs points,

11 dépasse le niveau d'étiage; ces points sont marqués, avec l'indication de leur hauteur, sur la carte manuscrite de Vâsràhelyi relative aux seuils de Kozla et de Dojke On les aperçoit aux basses eaux Ils se groupent surtout dans la partie occidentale du seuil, où ils alternent avec d'assez grandes profondeurs, tandis que vers la rive hongroise ils manquent presque totalement Mais là, en revanche, les creux sont aussi moins accusés; ils n'ont guère plus de 4 pieds (1 m. 26...) sous le niveau d'étiage vers le milieu du rapide (dans le sens de la longueur); plus bas, ils ont encore moins d'importance (2 pieds, un pied môme = 0 m. 63..., 0 m. 31 ... — M. Boleszny, en reproduisant ces chiffres, les attribue par erreur aux saillies^^j. Les irrégularités du seuil sont donc moindres du côté delà rive hongroise que du côté de la rive serbe; c'est ce qu'annonçait déjà l'allure des eaux (V. p. 73).

4 Vâsârhelyi, p. 8. — 2 Id. p. 0. ^ Commission de 1879, p. 101. — ^ Ibid. — 5 Bolesznv. p. 32. 6 Vâsârhelyi, pp. 8, 9, 10. — Hunfalvv, 111, p. 203. — Commission de 1871, p. 72. — Boleszny, pp. 32,33, 31. — Na£?v, p, 240. — Gm., p. 325. ~ ^ Hunl'alvy, Hl, p. 203. — « Commission de 1874, p. 72\ — Gin., pp. 325, 337. — » Vâsârhelvi, p. 8. — Ibid. — Kocli, p. 25. Boleszny, p. 32. — Koch, p. 25. —

12 Hunfalvy, HI, p. 203. ~- Ibid. — Vâsârhelyi, p. 8. — Toid. — i^Koch, p. 25. — Boleszny, p. 34. — ^6 Vâsârhelyi, p 9. — Ibid. — Bolesznv, p. 32.

Au dire de M. Mac Alpine, le seuil de Kozla se décompose en deux renflements transversaux, reliés entre eux par des rocs isolés^ Ainsi s'expliqueraient les deux rapides partiels du Petit et du Grand Kozla, M. Mac Alpine attribue à toutes ces saillies une apparence de plate-forme - qui semble peu d'accord avec nos données précédentes.

L'autre seuil, en aval du seuil de Kozla, et caractérisé à peu près par les mêmes termes (banc de pierre^, banc de rocher*, écueiP, réciP, en allemand Felsenriff, Felsenklippen), commence sur la rive gauche au point où le Danube vient raser les falaises qui font suite au torrent du Szirinya (V. p. 70} \ D'un côté, il borde ces falaises*^ sur unelongueurde250 toises^(0 kilom. 474...); du côté opposé, il s'avance en biais dans le fleuve jusqu'à une distance de 200 toises*^ (0 kilom. o79...) dans la direction des falaises d'en face, situées un peu plus haut (V, p. 72), Mais il ne les atteint pas, quoi qu'en dise Hunfalvy*" : il reste séparé de la rive serbe par un canal naturel, étroit et profond (la profondeur minimun n'y dépasse pas toutefois A pieds=1 m. 26... Le moi tri pie {h{ivmas)^\ dont M. Nagy qualifie le seuil de Dojke, ne mérite guère confiance; nous le soupçonnons d'être là pour = puissant. Nombreux*^ sont lespoints du seuil qui dépassent le niveau d'étiage^^ (Vâsàrhelyi les a marqués sur sa carte de la même manière que les saillies du Kozla (V. p. 74); ils atteignent au-dessus de ce niveau 5 pieds (4 m. 58...), 6 pieds (1 m. 89..), et jusqu'à 0 pieds 10 pouces-^ (2 m. 15...). Quant aux creux, leur profondeur est minime dans la moitié du seuil qui avoisine la rive hongroise-* : de ce côté, le passage est complètement fermé aux bateaux^^.

L'intervalle des deux seuils, presque nul au dire de Hunfalvy^^, n'en mesure pas moins plusieurs centaines de toises-*. Cette partie du haut fond, peu profonde par elle-même^%est encore encombrée par le sable et le gravier qu'y dépose le torrent du Szirinya, lequel débouche précisément en cet endroit^^

* Mac Alpine, p. 50. — 2 ibid. — 3 Vîisarhelyi, p. 10. — Hunfalvy, lU, p. 203.

— ^ V;'is;'irholyi, pp. 8, 9. — Boleszny, pp. 32, 33, 34. — Commission de I87i, p. 72.

— Nagry, p. 240. — Gm., p. 325. — ^> Boleszny, p. 30. — « Id., p. 3-i. — KocU, p. 25.

— Carte manuscrite de Vjisarhclyi. — ^ Jbid. — V^asârhelyi, pp. 9, 10. — Boleszny, p. 33. — - 9 Hunfalvy, 111, p. 203. — lo Carte manuscrite «le Vâsârlielvi. — Vâsàrhelyi, p. 8. — 12 Hunfalvy, III, p. 203. — Boleszny, pp. 30, 31, 33. — IVagy, p. 240. — Carte manuscrite de Vâsàrhelyi. — Hunfalvy, IIl, p. 203. — Ibid.

— Vâsàrhelyi, p. 8. — i' Ibid. — Vâsârhelvi, p. 9. — Carte manuscrite de Vâsàrhelyi. — 20 Boleszny, p. 32. — 2i ij., p. 31. >22 Vâsàrhelyi, p. 9. — 23 Hunfalvy, III, p. 203. -- 24 îsagy, p. 2i0. — as Vâsàrhelyi, p. 8. — 20 i^id^ Boleszny, p. 32.

Outre les seuils de Kozla et de Dojke, M. Nagy en cite un troisième qu'il place tout près du second, en aval, et qu'il appelle Szirinya (imprimé fautivement Szirimja). Ce « dos rocheux » donnerait même naissance à un rapide particulier assez considérable ^ Rien de cela n'existe; le seuil de Dojke s'est simplement dédoublé dans l'imagination de M. Nagy.

Au point de vue géologique, les deux seuils de Kozla et de Dojke donnent matière aux observations suivantes :

Vasarhelyi, dont l'opinion a été souvent reproduite^, croyait le seuil de Kozla formé de micaschile^ comme les pentes bordières de la rive gauche (V. p. 70). Pour M. Koch, qui fait consister ces mômes pentes en gneiss (V. p. 70), le seuil de Kozla appartient à cette dernière formation* (M. Boleszny, comme d'habitude, adopte successivement l'un et l'autre avis^). Au contraire, la roche dont se compose le seuil de Dojke, assimilée par Ilunfalvy à la précédente, et traitée pareillement de micaschiste^, est généralement reconnue pour être du calcaire % identique au calcaire des falaises voisines, sur l'un et l'autre bord^ (V. pp. 71, 72). Le seuil et ces falaises font partie de la même brèche (V. p. 72), dont M. Koch, contrairement à notre théorie de la page 8, attribue l'ouverture à l'action seule de Teau^

Au rapide de Kozla-Dojke la pente de l'eau est assez considérable*^ : de 8 pieds 1/4 (pour 1200 toises)** aux basses eaux*^ (pente relative : 0,001145. — Suivant d'autres, la pente relative ne serait que de 0,00093*^; ce renseignement d'ailleurs nous paraît douteux *^). Toutefois, quand l'eau monte, la pente diminue, ici comme au Sztenka (V. p. 53), et par une raison semblable : le rétrécissement du lit fluvial en aval du rapide Ce rétrécissement est surtout brusque en aval du Kozla**^ ; c'est donc au Kozla, particulièrement, que la diminution de la pente est sensible, lors des crues*\

L'accélération de la pente (par rapport à la partie antérieure du fleuve) détermine, au rapide de Kozla-Dojke, une accélération

1 Nagy, p. 2iO. —2 Hunfalvy, IH, 203. — Mac Alpine, p. 52. — Boleszny, pp. 31, 32. — Commission de 1874, p. 72. — ^ Vûsarheyi, p. 8. — Koch, p. 23. — ^ Boleszny, pp. 31, 32, :i4. — ^ Hunfalvy, III, p. 203. — < ^ Vasârhely, p. 8. — Koch, p. 25. — Boleszny, p. 32. — ^ Vasarhelyi, p. 8. — Koch, p. 25. — ^ Ibid. — Vâsârhelyi. p. 8. — - Hunfalvy, III, p. 203. — Vâsârhelyi, p. 8. — Hunfalvy, III, p. 203. — Boleszny, p. 32. — 1- Ibid. — Gm., p. 337. — Conf. Commission de 1874, p. 72. — Ibid. ~ Gm., p. 337. — Vâsârhelyi. p. 9. — Boleszny, p. 32. — Carte au 1/25000. — *7 Vâsârhelyi, p. 9. — Boleszny, p. 33.

correspondante dans lavitessedu courante Cette vitesse, que nous avons déjà signalée (p, 73), est considérable^ (surtout aux rapides partiels de Kozla et de Dojke^) : de 6-7 pieds (1 m. 89..,, 2 m. 24...) par seconde, le long de la rive gauche, et plus encore du côté opposé* où la masse des eaux est plus forte ^ (V. encore d'autres explications dans Vàsarhclyi, et celles, moins sûres, de M. Boleszny^). Il y a des points où la vitesse atteint jusqu'à 9 pieds (2 m. 84...) par seconde"^. Tout ceci aux basses eaux. En revanche, quand le niveau monte, il arrive la même chose que nous avons observée au Sztenka, et par la même raison (V. p. 54) : l'accroissement de la vitesse n'est pas proportionnel à celui du niveau. Dans ce cas, en effet, la pente de l'eau s'adoucit déplus en plus % au Kozla surtout; et c'est aussi là que le phénomène est le plus marqué^.

La navigation, dans le rapide de Kozla-Dojke, est à la fois difficile^^ et dangereuse*^; en premier lieu, grâce à un fait que nous avons déjà rencontré au Sztenka (V. p. 54) : Tinsuffisante profondeur de certains points du haut fond (saillies ou creux) par certains niveaux du Danube*^. La navigation est particulièrement gênée aux deux seuils de Kozla*^ et deDojke^*, parties culminantes du haut fond; au seuil de Dojke surtout le plus élevé des deux (et même, pour Hunfalvy, qui d'ailleurs se contredit dans un autre passage, le premier point dangereux du défilé en aval de Drenkova*«).Elle est difficile aussi dans la moitié occidentale du Kozla, où le seuil de ce nom groupe ses saillies les plus hautes Le banc de gravier, à l'embouchure du Szirinya, est encore un mauvais endroit

Outre l'insuffisance du tirant d'eau, une autre circonstance encore semblait à Vâsàrhelyi de nature à doubler la difficulté dans le rapide de Kozla-Dojke. Il pensait à la vitesse du courant*^, obstacle qui n'existe point, comme on a vu, au Sztenka, où la vitesse n'est que de 4 pieds l/'2:iz::l"'42... (V. p. 53. — On a imprimé par erreur pouces au lieu de pieds, et 0'"142 pour 1"'42...). Elle est plus forte au Kozla-Dojke (V. plus haut) ; néanmoins, la Gom-

1 Vâsàrhelyi, p. 8. —Hunfalvy, UI, p. ^203. — Ibid. — Vàsarhelvi, p. 8. — ^Om., p. 3!25. — ^ Vâsàrhelyi, p. 8. — Boleszny, p. 32. — ^ Vâsàrhelyi, p. 8. — g ibid. — Boleszny, p. 32. — Id., p. 33. — « Commission del874, p. 72. — Gni., p. 337.

— Vâsàrhelyi, p. 9. Boleszny, p. 33. — Vâsàrhelyi, p. 9. — Hunfalvy, Ifl, p. 203. — 12 Vâsàrhelyi, p. 9. — Boleszny, p. 33. — Bolesznv, p. 32. — Naê:y,p. 239.

— Gm., p. 325. — Ibid. — Vâsàrhelyi, p. 8. — Hunfalvv, II, p. 215. — Boleszny, p. 30. — 16 Hunfalvy, II, p. 215. — 17 Vâsàrhelyi, p. 9. — Ibid. Boleszny, p. 32.

— 19 Vâsàrhelyi, p. 9.

mission de 1874 n'a point jugé à propos de partager les appréhensions de Vâsàrlielyi; pour elle, au KozLa-Dojke comme au Sztenka, la vitesse du courant est sans une influence sérieuse sur la navigation ^

Le rapide de Kozla-Dojke manquant, sur nombre de points, du tirant d'eau nécessaire, il est naturel qu'on ait cherché, à travers tous ces points, une ligne de navigation où les profondeurs fussent autant que possible suffisantes. La ligne adoptée, dans sa partie supérieure, franchit le Kozla, non loin de la rivegauche^ (M. Nagy dit : la rive droite^, par erreur), le seuil étant là moins hérissé de saillies, et le courant plus tranquille (V. p. 73, 74). Dans sa partie inférieure, elle passe par ce canal dont nous avons parlé, entre le seuil de Dojke et les falaises de la rive droite. Dans sa partie médiane, elle traverse le lleuve suivant un angle très brusque Cette ligne de navigation a été déterminée par Yâsarhelyi en 1834^.

Elle laisse à désirer sous bien des rapports. Comme profondeur, d'abord, en maint endroit^ : sa profondeur minimum est de

4 pieds' =: l'^SG.. (au seuil de Kozla, probablement [V. p, 74], et dans le canal, à Touest du Dojke, si le renseignement donné par M. Boleszny [V. p. 75] n'est pas erroné). Elle ne vaut donc pas mieux que le chenal du Szlenka; elle vaut encore moins, et les mêmes bateaux qui franchissent le Sztenka ne peuvent pas toujours franchir le Kozla-Dojke ^ De plus, elle présente souvent trop peu de largeur^ : nous avons vu l'étroitesse du canal, à l'ouest du Dojke (p. 75). Autre inconvénient : elle ne peut servir au halage*% son extrémité inférieure (le canal à l'ouest du Dojke) passant beaucoup trop loin de la rive gauche (V. p. 75) et par conséquent de la route Le même cas*^ se représente que nous avons observé au Sztenka (p. 56) et suffisamment expliqué, à cette occasion. Pour rendre le halage praticable, au moins dans une certaine mesure, Vàsârhelyi fit ouvrir ici, comme au Sztenka, un chenal artificielle long de la rive gauche Toutes les saillies du Dojke qui dépassaient le niveau d'étiage (s'élevant jusqu'à 3 pieds = 0'^94..,

5 pieds ~ l'^ôS.- au-dessus), furent rasées jusqu'à ce niveau, sur

1 Commission de 1874^, p. 72. — Cm., p. 337. — 2 Vàsârhelyi, p. 8. — Mac Alpine, p. 50. — Boleszny. p. 33. — Donauverein, table IH. — 3 Nagy, p. *240. — *Mac Alpine, p. 50. — Boleszny, p. 33. — Donauverein, table III. — Vàsârhelyi, p. 9. — ^ Ibid. — Donauverein, t. III. — 6 Hunfahy, lïl p. 203. — ^ Vàsârhelyi, p. 9. — ^ Mac Alpine, p. 50. — û Hunlalvy, III, p. 203. — Vàsârhelyi, p. 8. — Boleszny, p. 33. — Vàsârhelyi, p. 8. — ^2 pp. 10. — 13 Donauverein, table III. — Vàsârhelyi, p. 10.

une longueur de 60 toises (113 mètres et quelque chose) et sur une largeur de 10^ (30 mètres et quelque chose). Vàsârhelyi raconte avec orgueil les détails de cette difiicile opération, qui fut pour l'époque un véritable tour de force 2.

A^oici ce qu'on reproche encore à la ligne de navigation actuellement usitée dans le rapide de Kozla-Dojke :

V Bien que le seuil de Kozla s'aplanisse jusqu'à un certain point dans le voisinage de la rive gauche (V. p. 74), un écueil s'y dresse néanmoins, dangereux pour les bateaux 3.

2° Ce brusque passage d'un bord à l'autre, en travers du fleuve (V. p. 78), ne va pas sans difficulté, à la descente \ sinon pour les vapeurs, au moins pour les bateaux ordinaires^,

3^ Dans le canal entre la rive droite et le seuil de Dojke^ il existe un remous, sans importance aux eaux basses, d'après Vâsàrhelyi% considérable, au contraire, d'après M. Boleszny^.

Ce remous tient à ce qu'ici un écueil se cache sous l'eau, qui jamais ne le laisse à découvert ; il est adhérent à la rive droite, et porte comme la falaise voisine (V, p, 71) le nom de Gospodine. Aux eaux basses, des bateaux pêcheurs y stationnent, ayant chacun, attachée à ses flancs, une ceinture vivante de poissons captifs (truites, esturgeons, etc.). C'est ici, en effet, sur un espace de quelques toises, que se font les pêches les plus fructueuses de tout le Bas-Danube. Cela s'explique : aux eaux basses, tous les poissons qui descendent ou remontent le Danube sont obligés de passer par cet endroit, le seul point du lit fluvial qui ne soit pas obstrué par le Dojke. Il n'est pas rare, quand l'eau ne dépasse pas 5 pieds à l'échelle de Drenkova, qu'on prenne ici, dans l'intervalle d'une journée, quinze à vingt gros poissons propres à la fabrication du caviar, et représentant pour cette raison une valeur de 500 à 800 florins. Vers 1874, la location de ce lieu de pêche rapportait tous les trois ans mille ducats au gouvernement serbe ^.

A part quelques sautages de rochers (pour ouvrir le chenal de halage, etc.)^", on n'a fait aucune tentative pour rendre la navigation plus facile dans le rapide de Kozla-Dojke. L'amélioration radicale de ce passage paraissait même à Vàsârhelyi une œuvre extrê-

1 Vàsârhelyi, p. 10. — Id., pp. 10, 11. — 3 Id., p. 8. — Boleszny, p. 33. — s Vâsi'irhelyi, p. 9. — ^ Jbid, — Doaauvereiii, table UI. — Boleszny, p. 30. — 7 Vàsârhelyi, p 9. — a Boleszny, p. 30. — ^ Boleszay, pp, 30, 31* — Vàsârhelyi, p. 11.

moment difficile ^ Les divers projets conçus en vue de régulariser le cours du Danube dans le défilé (Y. p. 19), concluent tous au creusage d'un chenal artificiel, difterant' plus ou moins, comme direction, de la ligne de navigation actuellement suivie^. La Commission de 1879 conseillait un chenal droit, le long de la rive gauche'. C'est cette solution qui a été définitivement adoptée^.

SIXIÈME SECTION (V. CARTE 43) E.ong;uour approxîuiative : 9 kil. '900

RIVE GAUCHE

Au coude brusque où finit la section précédente (V. p. 71) succèdent, sur une longueur de 3 kilomètres environ % des pentes d'une physionomie particulière, et qui portent un nom spécial : elles constituent le Zlebura^ ouSzlibura^ Des bois touffus les recouvrent », sauf quelques endroits arides ou gazonnés'^; mais lerocvif s'y montre aussi enabondance^f>,notammentsous forme de longues bandes courant de haut en bas, perpendiculaires au Danube, et qui brisent de place en place la continuité des pentes en s'échelonnant d'aval en amont comme les marches inclinées latéralement d'un escalier gigantesque Chaque fois que la grande route rencontre une de ces arêtes, elle l'entame, et alors (alors seulement, c'est-à-dire moins souvent que ne l'assure M. Nagy^^^, elle repose sur un haut soubassement de rochers Au-dessus, les fils du télégraphe sont également incrustés dans la pierre

Le Zlebura est le versant sud-oriental de cette chaîne imposante qui domine du côté du sud la vallée du Szirinya, et dont le rapide de Dojke baigne les falaises terminales (V. p. 70) Quand, après avoir longé ces falaises, et dépassé le dernier tournant de la route (V. p. 71), on débouche au pied du Zlebura, celui-ci n'apparaît pas au regard dans son ensemble. La partie qu'on en découvre^^ borde le Danube suivant un arc très ou-

^ Vâsârhelyi, p. 8. — 2 ^i^^ Alpine, p. 50. — Commission de 1874, p. 72. — Donauverein, table UI. — 3 Commission de 1879, p. 10:2. — ^ Communication verbale de M. Wallant. — ^ Carte au 1/Î25000. — ^ Carte au 1/75000. — Vâsârhelyi, p. 8.— Boleszny, p. 32. — « Nagy, p. 240. — Notes personnelles. — '-^ Ibid. — ibid. — Nagy, p. 240. — 11 Notes personnelle». — 12 Nagy, p. 240. — Ibid. — Ibid. — ^'^ Carte au 1/75000. — Notes personnelles.

vert mesurant environ 1 kil. 400 ^ On ne voit rien qu'une forêt, percée de rochers". Celui qu'on vient de laisser derrière soi, au tournant de la route (V. p. 71), prend d'ici, pour qui regarde en arrière, des proportions colossales-^, et gravit la pente jusqu'en haut*, en couchant l'une sur l'autre ses minces assises, d'un ton parfois rougeâtre^ A mesure qu'on avance, d'autres rochers se montrent encore au-dessus de la nappe inclinée des bois; un, surtout, magnifique, rougeâtre, à strates menues comme des feuilles, puis d'autres, de moindre importance, à surface lisse et blanche : ce sont diverses parties d'une même corniche dont la ligne blanche et sinueuse ne se voit bien que du bateau''. L'horizon est toujours fermé en aval par une saillie de la pente tombant d'en haut jusqu'à la route % où elle s'étale en une paroi rocheuse qu'un réseau de crevasses divise en blocs quadrangulaires^ La route, en la contournant, ébrèche cette muraille % au pied de laquelle s'enracine^^une sorte d'éperon naturel, un rocher plat qui s'avance dans le fleuve de manière à produire l'envasement du fond, dans l'angle qu'il forme, en aval, avec la rive^". Ce rocher, long de 20 toises (37 m. 92...), n'en a qu'une de large (l m. 80. ..)*'^; il dépasse en hauteur le niveau des plus fortes crues sa surface n'en est pas moins comme labourée par les intempéries ^\

Petra lunga*'' (= longue pierre) ^' est le nom de ce rocher (de ce double rocher, au dire de M. Boleszny ^% qui l'appelle : Petrelonga*^).

Le coude qu'il signale à peine franchi, on voit soudain apparaître tout le reste du Zlebura'^ (1600 mètres) et plus loin d'autres pentes encore jusqu'à une distance totale de 5 kilomètres environ-*. Cependant, la paroi rocheuse à gauche de la route devient progressivement une falaise immense, séparée de la route par un talus de plus en plus haut, couvert de feuillage. L'énorme muraille grise, d'apparence schisteuse et comme rongée, se crible par endroits de fentes et de trous. Bientôt elle s'arrête, tourne à gauche, ets'éloigne, à angle droit, du Danube. Cette face en retour de la falaise, de même dimension et de m.ême ton que l'autre, se nuance pourtant çà et là de taches jaunes et vertes; à ses fentes et à ses trous se

1 Carte au 1/25000. — 2 Notes personnelles. — 3 ibid. — ^ Carte au 1/25000. — Notes personnelles. — 5 ibid. — 6 ibid. — 7 ibid. — Carte au 1/:250OO. — ^ Notes personnelles. — 9 Ibid. — Ibid. — Ibid. — Carte au 1/25000. ~ Notes personnelles. — 13 Holesznv, p. 30. — Ibid. — ^'^ Notes personnelles. — Carte au 1/75000. — 1 ' Bolesznv, p. 30. — i« Ibid. — Ibid. — 20 Notes personnelles. — 2i Carte au 1/25000.

mêlent aussi d'innombrables petites touffes d'herbe ^ On voit du bateau qu'elle se prolonge en montant jusqu'au faîte de la pente^^, de manière à former, d'en haut jusqu'au Petralunga, un rempart continu % la seconde de ces arêtes particulières au Zlebura.

Plus loin, au-dessus de la pente voisine * qui se creuse en hémicycle-^, on aperçoit de la route une espèce de corne pointant vers le ciel : roche isolée, qu'illuminent encore les rayons du soleil, quand déjà l'ombre du soir couvre le reste de la vallée. Cette dent n'est isolée qu'en apparence ; elle aussi fait partie d'une corniche serpentine, superbe, celle-ci«, rayée de couches^ d'inégale épaisseur^; leurs plissements sont tout à fait remarquables % à la dent surtout, où, redressées presque verticalement, elles se brisent en fer de lance

A 300 mètres en aval du Petra lunga*^ une nouvelle arête verticale^^ descend de ressaut en ressaut jusqu'à la route qui tourne autour de sa base, creusée en demi-voûte^\ Une fois le tournant dépassé, cette base prend l'aspect d'une masse rocheuse énorme, découpée en lames verticales par des fissures noires et profondes Vue du bateau, la blanche arête se soude, dans le haut, à la crête rocheuse qui couronne la pente ^\

La rive décrit maintenant un nouvel arc d'environ 800 mètres^^ Cette partie du Zlebura est déjà moins rocheuse. On n'aperçoit, delà route, au-dessus des pentes boisées, que trois petites parois de roc, fragments, ceux-ci encore, d'une corniche blanche qu'il faut être sur le bateau pour voir en entier A l'extrémité de l'arc, un nouveau bloc de rocher s'appuie comme une borne au pied de la pente. 11 est d'un brun rougeâtre, couleur de rouille, formé d'assises obliques, et d'un aspect imposant, surtout vu d'aval. Ici encore, le tournant de la route a été taillé dans la pierre*^.

Au delà, on longe les dernières pentes de Zlebura (longueur : 500 mètres), où le roc vif n'apparaît plus que sur un point. Cette unique saillie rocheuse se transforme, du bateau, en une longue corniche brunâtre, d'où descend, jusqu'à mi-hauteur, une nouvelle arête verticale, blanche : la quatrième et la dernière du Zlebura-^.

A Notes personnelles. — Ibid. — Carte au 1/^5000. — ^ Notes personnelles. — ^ Ibid. — Ibid. Carte au l/!25000. — « Notes personnelles. — 7 Hjid. — Koch, p. 25. — Boleszny, p. 35. — » Ibid. — Koch, p. 25. — Ibid. — Boleszny, p. 35. —

Notes personnelles. — Carte au 1/^25000. Ibid. — Notes personnelles. —

13 Ibid. ~ 1^ Ibid. — 1^ Ibid. — i« Notes personnelles. — Carte au 1/25000. — ^7 Ibid. — 1^ Notes personnelles. — Ibid. — Notes personnelles. — Carte au 1/25000.

Au Zlebura succèdent, sur une longueur d'un kilomètre environ^, d^autres pentes boisées, d'aspect moins sévère^ Elles ont pour limite inférieure une vallée qu'arrose un cours d'eau ^ nommé Jeleseva et dont le delta se prolonge en amont jusqu'au Zlebura^ Les pentes que borde ainsi ce delta, en aval du Zlebura, servent en quelque sorte de transition entre celte dernière région et celle dont il va être parlé^.

Mais d'abord, un mot de géologie.

Gomme les falaises qui les précèdent, formant avec celles d'en face une des brèclies du défilé (V. p. 7!2), les pentes du Zlebura sont calcaires ^ et contiennent en outre assez d'argile .pour qu'on puisse en tirer du ciment hydraulique ^ Vasârhelyi classait le calcaire du Zlebura, comme celui de la brèche (V. p. 71), dans les terrains de transition ^ On a reconnu depuis que dans le haut des pentes seulement le calcaire du Zlebura était identique à celui de la brèche, c'est-à-dire de l'époque néocomienne; plus bas, il est jurassique^^, quoique stratilié exactement comme le calcaire des hautes pentes. Le calcaire jurassique lui-même est de deux sortes : ses couches supérieures, reconnaissables a une couleur rougets appartiennent à l'étage titlionique^-; ses couches inférieures consistent en calcaire de Gresten'% remplacé, à mesure qu'on avance d'amont en aval, d'abord par des grès et des schistes contemporains du lias*^, puis par du porphyre. Le porphyre s'étend même plus loin que le Zlebura, et forme en entier les pentes qui suivent, en aval, jusqu'au Jeleseva

Au-dessus de la vallée du Jeleseva s'élèvent, du côté du sud, plusieurs sommets boisés^^, le Grni Vrch (altitude : 747 m.), le Birkoviti Nahrtak^% etc., visibles de la route dès le commencement de la section Les pentes qui bordent le Danube, en aval du Jeleseva, sur une longueur d'environ ^2 kil. 800, constituent le revers sud-occidental de cette chaîne Elles sont boisées, sauf quelques clairières, et, dans le bas, des prairies, des terres cultivées^^.Ge sont aussi de belles pentes, mais d'un tout autre caractère

i Notes personnelles. — - Und. — - Ibitl.— ^Cartc au 1/25000. — Ibid. — «Noies personnelles. — 7 Vasârhelyi, p. 8. — Koch, p. 25. — Boleszny, p. {lA. — Carte géologique de rinstîtut de Vienne. — ^ Vasârhelyi, p. <S. — ^ Ibid. — Koch, p. 25. — Boleszny, p. 34, — Carte géologique de l'Institut de Vienne. — n Koch, p. 25. — Boleszny, p. 35. — 12 id., p. 34. — Koch, p. 25. — Carte géologique de riustitut de Vienne. — iv ibid. — Koch, carte. — Koch, carte. — i« Carte au 1/25000. — Notes personnelles. — ^' Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — ^'-^ Carte au 1/25000. — Notes personnelles.

que le Zlebura^ moins hautes^, moins inclinées^, sans trace de roc nu*. Elles durent jusqu'à^ une vallée^ encaissée dans les montagnes, et couverte de bois% fort épais à l'arrière-plan, et qui, plus près du Danube, alternent avec de riantes prairies^. A 1500 mètres environ dans l'intérieur de la vallée '^ se dresse sur le versant nord un roc^^ gigantesque^-, abrupt^^, qui, par sa forme de cône tronqué** semble un piédestal promis à quelque colossale statue. M. Nagy le compare plutôt à un château-fort llanqué de superbes tourelles*^. C'est le Treszkovâcz*^, Treskovac*% Dreszkovac/^ Il mesure environ 617 mètres au-dessus de la surface du Danube (altitude : 670 m.)*^. Une chaîne boisée le domine par derrière^-, prolongement sudoriental du Crni Vrch^^. Vu de la vallée, le Treszkovacz ne montre que du roc nu; mais du côté du nord, il est boisé-*. Dès le commencement de la section, on distingue, à droite du Crni Vrch, son manteau de verdure et la ligne horizontale de sa plate-forme-^. Il consiste uniquement en rhyolite, roche qui donne volontiers naissance à des cimes semblables-^. La rhyolite occupe, en outre, autour du Treszkovacz, une large zone le long du Danube (depuis la vallée du Jeleseva jusqu'à 4 kil. 300 en aval-% à 600 environ au delà de la section). L'éruption de toute cette masse volcanique se place au commencement de la période néogène"%ellea donc eu lieu après la formation du défilé (V. p. 8). C'est alors qu'ont été plissées et déjetées les couches calcaires du Zlebura

De rares cabanes, çà et là quelques champs cultivés, signalent les dernières pentes de la section (de la vallée où s'élève le Treszkovacz, jusqu'à un coude de la rive, à 900 mètres en aval).

RIVE DUOITE

Ce n'est d'un bout à l'autre qu'un mélange de rochers et de bois, une solitude sauvage où rien ne parle de l'homme

1 Notes personnelles. — 2 j^id. s Carte au 1/25000. — * Notes personnelles. — ^Carte au 1/25000. — <^Boleszny, p. 35. — Notes personnelles. — Boleszny, p. :^5. — 8 Notes personnelles. — Carte au 1/25000. — Ibid. — Boleszny, p. 35. — Ibid. — Nagy, p. 240. — Notes personnelles. — 12 Nagv, p. 210. — Notes personnelles.

— koch, p. 20. — Boleszny, p. 35. — Ibid.^ — Nagv, p. 240. — ij,n,falvv, II, p. 215. — Koch, p. 27. — Bolesznv, p. 35. — 17 Carte au 1/75000. — as Nagv, p. 240. — i« Carte au 1/75000. — Notes personnelles. ~ Curie au 1/25000. — 2- Ibid. — Notes personnelles. — --^ Carte an 1/25000. — -^Notcs personnelles. —

Notes personnelles. — Koch, p. 27. — Boleszny, p. 35. — Koch, p. 27 et carte. — Carte géologique de l'Institut de Vienne. — 20 Koch, p. 26. — Koch, p. 27.

— Nagy, p. 240»

Les pentes par lesquelles se termine la section précédente se continuent encore au delà, comme on a vu (V. p. 71), toujours les mêmes, c'est-à-dire boisées en partie, en parties rocheuses, le roc blanc s' allongeant parfois en strates blanches ^ Ainsi complétées, les pentes dont nous parlons forment un vaste revers de montagne^ qui borde le Danube sur une longueur d'environ 3000 mètres (les 1200 derniers faisant partie de la section nouvelle), avec une altitude maximum de 667 mètres (vers la limite d'aval)^. On dirait un pendant du Zlebura*, situé en face (un peu obliquement) \

Une petite vallée s'ouvre ensuite, dont le flanc nord-occidental appartient encore au même massif, et conserve le même caractère^. Puis vient une pente coiffée en pointe % superbe, avec de beaux mouvements de terrain % et couverte de bois presque en entier : sur la crête seulement le roc nu apparaît par petites plaques grisâtres\ C'est le versant nord-oriental d'une masse montagneuse*^ haute de 676 mètres*'; il longe le Danube, durant HOO mètres environ*^, et se termine par une sorte de promontoire*^ vers le haut duquel une bande de pâturages tournée vers le nord interrompt d'une note claire la teinte sombre des bois*^ L'extrémité du pro-montoire, coupée brusquement, est formée de roc*^. C'est une énorme falaise blanche, d'abord à pic, puis s'élançant en avant par une courbe élégante, comme un rideau dont le vent gonflerait le partie inférieure. Des crevasses parallèles, emplies de verdure, sillonnent de haut en bas cette surface ondulée, qui se découpe ainsi en tranches verticales, à parois plutôt unies que très fouillées. Cette architecture naturelle fait Teff^et le plus pittoresque au bord de l'immense nappe du fleuve*^

Au delà, celui-ci tourne un peu à droite, et, pendant 2 kilom. environ, longe le versant oriental du massif qu'il baignait tout à l'heure du côté du nord-est*^ La pente nouvelle abaisse sa crête d'amont en aval par une ligne semblable au profil d'une croupe, tandis qu'une succession de creux et de saillies verticales plisse sa surface*% tantôt boisée, tantôt rocheuse, mais plutôt l'un que l'autre^^^ Le roc, d'unblanc grisâtre, affleure notamment aux arêtes

1 Notes personnelles. — ^ ihid. — Carte au 1/25000 — ^ Ibid. — * Notes personnelles. — -> Carte au 1/25000. — 6 Notes personnelles. — Carte au 1/251)00. — 7 Ibid. — Notes personnelles. — » Ibid. — ^ Ibid. — Carte au 1/25000. — Ibid. — Notes personnelles. — *2 Carte au 1/25000. — i^id. — Ibid. — Notes personnelles. — i"^ Ibid. — Carte au 1/25000. — Carte au 1/25000. — Notes personnelles. — 17 Ibid. — 18 Carte au 1/25000. Ibid. — Notes personnelles. — 20 ibid.

au danger que les Bivoli causeraient à la navigation en suscitant un fort rapide S Ilunfalvy, qui est seul à en parler, s'abuse sans doute sur ce point.

M. Boleszny englobe sous une dénomination collective les Bivoli, le Petra lunga, le Muntiana, le Branku, le Gospodine, le Dqjke, le Kozla-. Ces divers accidents du lit fluvial constituent pour lui le groupe de Szirinye'^; appellation qu'il restreint, d'ailleurs, plus particulièrement au seul haut fond de Kozla-Dojke

Quelques écueils de momdre importance se succèdent encore, au dire de M. Nagy% entre les Bivoli et l'extrémité sud delà section.

SEPTIÈME SECTION (v. CARTE l A)

«iiiNCiu^nii rapide cic Oroltcn (incinsivoiiicnt). Eion^ueur approximative : 4 l^ii. SOO.

RIVE GAUCHE

Quand, du bateau, au moment où il atteint l'extrémité inférieure de la section, on jette un regard d'ensemble sur cette rive, elle apparaît comme une région mouvementée et pittoresque, avec ses plans multiples, ses lignes croisées en tous sens, et ses grands bois coupés de pâturages ^.

Au coude qui termine la section précédente (V. p. 84, 1. 26) la pente se brise en arête, de manière à former un petit promontoire ^ ; puis elle continue à border le Danube sur une longueur d'environ 000 mètres^, en maintenant parallèle au fleuve*'^ sa crête, assez basse d'aillcurs^^Sur cette crête, des rochers anguleux, d'un ton brun, violàtre, s'alignent pittoresquement jusqu'au sommet qui la termine et qui est en même temps son point culminant (hauteur au-dessus du Danube : 215 mètres environ; altitude : 260 mètres) ^*.I1 est formé de rochers*'' tout semblables à ceux du reste de la crête

i Hunfalvy, lU, p. 203. — 2 Boleszny, pp. 30, 21. — ^ Id., p. 31. — * Id., pp. 29, 31. — Nagy, p. 240. — 6 ]Sotes personnelles. — " Carte au 1/25000. — ^ Notes personnelles. — 9 Carte au 1/25000. — Ibid. — Notes personnelles. — ^2 ibicj. —

Ibid. — - Carte au 1/25000. — Ibid. — Ibid. — Notes personnelles. — jbid.

Au delà d'un petit ravin*, que la grande route franchit au moyen d'un pont% une pente nouvelle côtoie le Danube sur une longueur d'un kilomètre environ ^. Sa crête commence fort bas, tout près du fleuve ^ où elle est rocheuse, comme le sommet précédent^; puis elle s'élance par une suite de courbes hardies^ jusqu'à un second sommet ' où reparaissent encore des rochers de même forme et de même couleur^, »'i 200 mètres au-dessus du fleuve (altitude: 815 mètres; distance jusqu'à la rive : 450 mètres) ^. C'est le sommet du Cioca Glavcina, dont nous venons de décrire la pente méridionale

Suit une pente un peu en retraite sur celle-ci, et moins régulière. Elle fait partie d'une région appelée par la carte Draginsko Jagnito, et dure l'espace de 500 mètres environ^^ Elle unit*^ le Cioca Glavcina à une autre montagne moins haute*% conique^^et boisée jusqu'à la limite des champs qui recouvrent sa base*^ Du côté du sudest*^, une arête rocheuse*^ hérisse de haut en bas le flanc delà montagne comme une cascade pétrifiée. Cette masse rougeâtre aux contours violents est d'un aspect superbe -\ et forme un bel ensemble avec le reste de la montagne

Celle-ci fait le coin entre la vallée du Danube et une vallée latérale, celle précisément où plonge à pic l'arête rocheuse dont il vient d'être parlé Le cours d'eau qui arrose la vallée s'appelle le Staric^*. A quelque distance (1300 mètres) de son entrée, la vallée semble fermée^^ par une montagne enpointe^^^ qui marque le confluent du Staricavec un de ses tributaires, le Staricka^\ Devant la vallée, au bord du Danube s'étend un delta formé par le même Staric, et qui se prolonge en amont jusqu'au Cioca Glavcina^-. Il est en partie cultivé

Après la vallée du Staric, des pentes plus basses que les précédentes, et boisées ^\ se succèdent sur une longueur d'environ 1700 mètres jusqu'à une autre vallée dont le cours d'eau ^® porte sur la carte le nom de Povalina^^ Puis les pentes se relèvent de

1 Carte au 1/25000. — 2 ibid. — Notes personnelles. — ^ Carte au 1/25000. — ^ Ibid. — •> Notes personnelles. — g Ibid. — ^ Carte au 1/25000. — « Notes personnelles. — 9 Carte au 1/25000. — ibid. — ^ Ibid. — 12 ibid. — 13 Uiid. — Notes personnelles. — lhiô,~ i> Ibid. — Carte au 1/25000. — ïbid. — Notes personnelles. — 18 Ibid. — 1» Ibid. ~ 20 Ibid. — 21 Ibid. — 2-2 Ibid. — 23 Curie au 1/25000. ~ 24 Ibid. — 25 ]\îotcs personnelles. — 20 Carte au 1/25000. — 27 ]\otes personnelles. — 28 itid. — Carte au 1/25000. — 20 ibid. — 3o ibid. — 3i Notes personnelles. — 32 Carte au 1/25000. — 33 Notes personnelles. — 34 ibid. — 35 Carte au 1/25000. — 36 Notes personnelles. — 37 Carte au 1/25000.

noiivoau% irregiilières % et couronnées de forêts, avec des espaces arides formés de blanclies parois de rocher^. Au-dessous, alternent des taillis, des champs, des pâturages \ Le Danube baigne partout le pied de ces pentes nouvelles, si Ton excepte les 500 premiers mètres où il en est séparé par le delta du Povalina\ Ce petit delta se rattache à celui du Staric^', et se termine en aval à un coude de la rive ^ auquel correspond, sur la pente, une arête rocheuse qui descend jusqu'au Danube ^. Un bloc de rocher, plat comme une table, et incliné, gît en cet endroit, au bord même du fleuve ^.

Ces pentes de la rive gauche, que nous venons de décrire, étaient, dans Topinion de Vasârhelyi, formées de grauwacke; dans cette grauv^acke Vasârhelyi signalait en outre des gisements de cornéenne, de lydite, de jaspe rubané, d'argile ferrugineuse et de grauwacke porphyroïde Notons qu'il attribuait la même composition géologique à toute la région antérieure jusqu'au Jeleseva**, région dont la roche constitutive est en réalité de la rhyolite (V. plus haut, p. 84-, 11. 17-20). M. Boleszny adopte avec une égale complaisance les deux manières de voir Dans la section qui nous occupe, la rive gauche est formée, de même, non de grauwacke, mais d'abord de rhyolite, comme les pentes précédentes, jusqu'au Cioca Glavcina (V. p. 80, 1. 9) *\ A la rhyolite succède du porphyre**. Ce porphyre est identique â celui que nous avons observé au nord du Jeleseva^'^ (V. p. 83, II. 23-25). L'un et l'autre sont d'une belle qualité et beaucoup plus anciens qu^ la rhyolite qu'ils avoisinent : ils remontent à l'époque du lias moyen Dans la section qui nous occupe, le porphyre forme notamment la pente méridionale du Cioca Glavcina celle qui regarde le ileuve (V. p. 89, 1. 9).

En aval de cette pente, le porphyre est remplacé par du grès rouge de l'époque permienne (le dyas des Allemands). Cette formation dure jusqu'à la vallée du Staric ; c'est elle, par conséquent, qui constitue la belle arête rocheuse suspendue au flanc nord de cette vallée (V. p, 89, 1. 10). Plus loin, jusqu'au Povalina

* Notes personnelles. — - Carte au 1/25000. — ^ Notes personnelles. — ^ Ibid. — o Carte au 1/25000. ~ « Ibid. — ^ ibid. — « Notes personnelles. — ^ Ibid. — Vasârhelyi, p. — Ibid. — 12 Boleszny, pp. 32 et 35. — Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — Kocb, p. 27 et carte géologique. — Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — Boleszny, p. 35. — Korh, p. 27. — ^<^> Boleszny, p. 35. — Koch, p. 27. — Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — Kocb, p. 27. — i'' Id., carte géol. — (^artc géol. de l'Inst. de Vienne.

(V. p. 89, 1. 32) et au delà, les pentes sont formées de grès et de schiste datant de la période liasique, comme le porphyre du Cioca Glavcina^ Puis les pentes deviennent calcaires ; leur partie inférieure a été classée, comme la région précédente, dans la série jurassique : en haut règne ce calcaire plus récent que nous avons déjà rencontré une fois dans le défilé (V. p. 71, 11. 4-0; p. 72, 1. 11), et qui appartient à l'époque du néocomien inférieur^. Les blanches parois de roc qui couronnent ces dernières pentes de la vseclion (V. p. 00, 1. 2) sont évidemment du calcaire néocomien.

RIVE DROITE

Le delta qui limite à main droite la section précédente (V. p. 80, 1. 19) est bordé, sur une longueur de 500 mètres environ^^ par des pentes où le fouillis des bois se mélange de rocs isolés, d'un ton rougeâtre*. Une vallée'^ vient ensuite, s'ouvrant sur le delta, non loin de son extrémité inférieure^. Dans cette vallée passe un petit chemin de fer industriel destiné à l'exploitation des forets de l'intérieur, dont il amène les produits sur le delta, qui leur sert d'entrepôt. De l'autre côté de la vallée^ commence une pente ^ qu'on pourrait comparer à un long^ mur de soutènement. Fort raide*^, il borde le Danube** l'espace de 3700 mètres environ Son point culminant, situé à peu près a égale distance de ses deux bouts, s'élève, d'une manière approximative, à 240 mètres au-dessus du fleuve (altitude : 204 mètres)*^. Cette pente constitue le versant N,-E. du mont Greben. L'autre versant de ce mont est d'un tout autre caractère: on dirait un plateau, tant il s'abaisse doucement *\

La pente du Greben est visible de loin, pour qui descend le défilé; de la route, on l'aperçoit dès le Petra lunga (V. p. 81), en même temps que les Bivoli (V. p. 87). Tout le long de la pente, il y a lutte entre la végétation et le roc nu. Ce dernier forme une suite de falaises abruptes*'' que la végétation isole les unes des autres en les enveloppant de toutes parts Entre le pied de ces masses rocheuses et le fleuve court notamment une bor-

1 Carte géol. de l'Iiist. de Vienne. — 2 ijjjd. 3 Carte au 1/25000. — * Notes personnelles. — ^> Ibid. — Carte an 1/-25000. — Ibid. — ' Carte au l/â5000. — Notes personnelles. » \bh\. — Carte au 1 '25000. — Holeszny, p. 37. — Na^v, p. 211.

— if Boleszny, p. 37. — Ibid. — Carte au 1 '25000. — i'-^ Ibid. — Ibid. — Ibid.

— i.î Nagy, p. 241. — Notes personnelles. — Ibid.

dure inclinée et continue d'arbustes et de buissons, qui va se rétrécissant d'amont en avar. Sur toute la pente, au reste, la part de la végétation diminue de plus en plus dans cette direction. Ainsi, les espaces boisés qui séparent les parties rocheuses de la pente atteignent leur plus grand développement au tiers environ de sa longueur (comptée dans le sens du courant) ; à partir de ce point ils deviennent de moins en moins larges : les masses rocheuses se rapprochent de plus en plus". Celles-ci affectent différentes formes : tantôt elles font saillie comme des bastions aux flancs arrondis, tantôt elles se dressent en pointe comme des cotés de pyramide^. Des stries serpentines, parallèles et serrées* marquent sur leur surface la succession des couches^' qui les composent. Les tranches variées de ces couches sont d'un aspect fort curieux, et faisaient penser M. Nagy à de l'amadou coupé ^\ Tout en gardant une direction générale d'abord parallèle à la nappe du fleuve, puis inclinée"^, elles présentent de nombreuses déviations, se plissent, se redressent, et même s'interrompent brusquement^. Elles sont aussi diversement colorées. Celles du haut sont d'un ton clair ^, blanchâtre celles du bas*^ rouges (le calcaire dont se composent les premières appartient à l'étage du néocomien inférieur; celui qui forme les secondes à l'étage tithonique)^^. Une bande qu'on dirait de marbre rouge est particulièrement remarquable : on peut la suivre d'un rocher à l'autre tout le long de la pente, et toujours plus épaisse d'aval en amont

Dans son ensemble, le mont Greben est lui-même une masse calcaire, géologiquement identique aux pentes qui la précèdent^^.

Les falaises du mont Greben présentent encore quelques traces, bien effacées, il est vrai, de la voie romaine qui parcourait, comme nous avons dit (V. p. 21) toute la longueur du défdé. Une inscription, en partie bien conservée, et qu'on a découverte près du village de Boljetin, sur l'autre versant du Greben, témoigne que cette section de la route a été construite sous l'empereur Tibère, dans les années 33 et 34 de l'ère chrétienne

Les pentes que le mont Greben aligne le long du Danube se succèdent de la sorte jusqu'au point où leur crête va plonger à angle

1 Notes personnelles. — 2 ibid. — ^ Une}. — ^ Ibid. — Ibid. ~ Boleszny, p. 38. — Nagy, p. 241. — « U)id. — ^ Ibid. — «Notes personnelles. — « Koch, p. 25. — 10 Notes personnelles. — Koch, p. 25. — Ibid. — Notes personnelles. — Notes personnelles. — Koch, p. 25. — Zujovic, pp. p. 41. — Boleszny, p. 41.

'i^ koch, p. 25.

85 et 89. — Boleszny,

aigu dans le fleuve. Au delà de ce promontoire % la rive fait un grand et brusque écart en arrière', donnant ainsi au cap Greben^ (c'est le nom du promontoire) la figure d'un éperon*, ou mieux, d'une pointe de flèche. Cette jetée naturelle aventurée au milieu des eaux' ofl^re un grand caractère de puissance^ et d'audace^, en même temps qu'elle est fort pittoresque^. Vue d'aval, elle se profile un peu en te te de dauphin ^

Sur le cap Greben, il n'y a pas trace de végétation*^; rien que du roc, émergeant directement du fleuve**; mais ce roc présente les stratifications les plus curieuses de toute la pente*^, les plus remarquables par leurs sinuosités*^. On peut les admirer le mieux sur une paroi unie, coupée à pic, et d'une hauteur allant de 50 à 150 pieds**; superbe *% elle forme la pointe extrême du cap.

Sous le rapport de la constitution géologique, le cap Greben n'est pas un bloc de serpentine, comme le pensait M. Mac Alpine*"; il est identique au reste de la pente qui le précède en amont (V. p. 92, 1. 25). Sa base, qui surgit directement des flots *', est forméepar trois assises superposées et passablement épaisses*^ de grès et de conglomérat, contemporains du lias Au-dessus, et jusqu'en haut, l'œil parcourt une succession de couches plus minces, rouges d'abord-^, puis d'un ton plus clair ^*; c'est là qu'on observe les belles ondulations dont nous avons parlé-^ (V. 11. 0-11). Ces couches sont calcaires'^^; les rouges, qui renferment aussi de la marne^*, appartiennent à l'étage tithonique; les blanches sont du calcaire néocomien inférieur ^% fortement mélangé de cornéenne (hornstein)^^

Le cap Greben se continue en aval par des pentes qui recommencent à se couvrir de végétation (bois, taillis, pâturages)".

1 Vâsârhelyi, p, 13. — Sazerac, p. 32. — Hunfalvy, UI, p. 203. — Koch, p. 27. — Boleszny, p. 38. — Nagy, p. 211. — Carte au 1/25000. — 2 ibid. - Vasàrhelyi, p. 13.

— Ibid. — Hunfalvy, ïll, p. 203. — Koch, p. 27. — Boleszny, p. 38. — Zujovic, p. 85. — * Szabo, p. 67. — Hunfalvy, III, p. 203. — > lîolcszny, p. 37. — g ibid. —

Sazerac, p. 32. — Szabô, p. 07. — ^ Sazcrac, p. 32. — Notes personnelles. — *o Szabé, p. 67. — Koch, p. 27. — Boloszny, p. 38. — Koch, p. 27. — Zujovic, p. 85.

— 12 Boleszny, p. 38. — Mae Alpine, p. 52. — Ibid. — Nagy, p. 241. — 1^ Mac Alpine, p. 52. — Koch, p. 27. — Boleszny, p. 38. — Zujovic, p. 85. — ^8 Koch, p. 27. — l'J Ibid. — Boleszny, p. 38. — Zujovic, p. 85. — 20 ibid. — Koch, p. 27. 21 Ibid. .22 1(1., p. — >2;i Ibid. — Zujovic, p. 85. — 24 ibid. — 2- Ibid.

— Koch, p. 28. — 20 ibîd. — Szabo, p. 67. — 27 Notes personnelles.

DANUBE

Le Danube forme, dans cette section, k partir des 500 premiers mètres, ce que Boleszny appelle : la passe de Grebea*, Cette passe a donc 4300 mètres de long ' et non :2G00 toises (4 kil. 930), comme il résulterait des indications de Ilunfalvy^.

La surface du fleuve prend ici le môme aspect qu'aux rapides de Sztcnka (V. p. 51, IL 41-14) et de Kozla-Dojke (V. p. 73, IL 2-4) : c'est le même bruit^, ce sont les mômes vagues, les mêmes violents tourbillons^, les mêmes remous se déchirant aux écueils^. L'irrégularité du courant est frappante surtout en trois endroits elle Test aussi, mais à un degré moindre, a un quatrième endroit, entre le second et le dernier des trois autres^. Cela fait en somme quatre rapides^ (stromschnelle*^, rohanat**) distincts.

Le premier (à Tentrée môme de la passe) s'appelle izlas^^ (pr. Izlâclie. On l'écrit aussi Izlas*^ Izlasz**, Izlaz*% Islas*^). Sa distance au rapide de Kozla-Dojke (V. p. 73) est évaluée à 4750 toises = 9 kilom. 008 (c'est-à-dire environ (500 mètres trop haut)*" par plusieurs sources, entre autres par M. Boleszny*^. En revanche, le môme M. Boleszny ne compte qu'environ un mille autrichien (7 kilom. 585) entre le rapide d'Izlàs et le village de Drenkova situé, comme on sait, en amont de Kozla-Dojke (V. p. 0(V). La vraie distance est de 13 kilomètres

La largeur du Danube au rapide d'Izlas est de 400 toises-^ = 0 kilom. 758 (à peu près).

M. Thouvenel confond évidemment le rapide d'Izlâs avec celui de Jucz, dont nous aurons à parler bientôt; du moins, ce qu'il dit du premier""^ de ces rapides s'applique mieux au second : il est donc inutile de le rapporter ici.

Le second rapide de la passe est tout proche du premier-^; c'est

1 Boleszny, pp. 35, 37. — Curtc un 1/25000 et Doikuin ercin, table IV. -— 2 Carte au 1/25000. — HunfMlvy, lU, 20i. — 4 i>,oles/ny, p. 37. — » Id., p. 38. — « Id., p. 37. — 7 Coiiimissioii de 1871, p. 73. — s Uiid. — Ibid. — Bolesny, p. 21. — Donau, p. 16. — C;iitc au 1/25000. — Hunfalvy, lU, p. 204. -— Vâsârhelyi, p. Ji. Kocb, p. 27. — Boleszny (Sz), p. 15. — Carte au 1/25000. — Gin., p. 337. ~ i^Bolesznv, pp. 21, 36, — - Coniniission de 1871, p. 73. — i'»l)onau, p. 16. — 1« Mac Alpine, p. 51. — i" Carte au 1/25000. - Donauvcrein, t. IV. — Boleszny, p. 38. — Commission de 1874, p. 73. — Gm., p. 337. — Boleszny, \). 21. — Carte au 1/25000.— Donauverein, t. IV. — 21 Vâsârhelyi, p. 13. — Boleszny, j). 36. — Carte au 1/25000. — 22 Thouvenel, p. 140.-- 23 Commission de 1874, p. 73.

LE DÉFILÉ Di; r> AS-DANUBE. 95

le Grand Tachlalia (en hongrois Xagy-TachtaliaS en serbe Tachlalia velika-, Tachlalia -Velica^), appelé le plus souvent Tachtalia\ Tachlalia \ sans epithète. Le Danube \ atteint 600 toises = 1 kiU 137 de largeur^' (au maximum), et môme un peu plus (1150 m.)'.

L'agitation des tlots ^ qu'on remarque au rapide de Tachlalia, comme à celui d'izlas, est qualifiée par M. Nagy d' « horrible ^)), et le môme auteur trouve aux tourbillons qui s'y dessinent l'apparence de « lacs circulaires ». De leur côté, MM. Mac Alpine et Boleszny traitent les deux rapides de « cataractes » (cataracts zuhatag). Vasarhelyi, sans doute à cause de leur proximité, les considère comme ne faisant qu'un; ils forment pour lui la cataracte (Wassersturz) d' « Izlàs et Tachtalia^^ ». La longueur totale de ce double rapide est de i kilom. 7 ^\

Le rapide qui vient ensuite est le moins important des quatre (nous l'avons dit p. 94, 1. 10).

D'après la commission de 1874, ce n'est qu'une « légère perturbation du courant »; Ilunfalvy mentionne pourtant ses tourbillons et M. Mac Alpine lui applique même ce terme de « cataracte^'», déjà trop fort, selon nous, pour désigner les deux premiers rapides.

Celui-ci n'avait pas de nom, au temps de Vasarhelyi depuis, on l'a baptisé en lui donnant le nom de son voisin le Tachtalia, avec l'épilhète de Petit en plus (ce qui fait en hongrois Kis Tachtalia'^, en serbe Tachtalia Mala^^, en roumain Tachtalia Mika-^\ pour le distinguer de l'autie, qui est devenu, par opposition, le Grand Tachtalia (V, p. 05, 1. 1).

Le quatrième et dernier rapide de la passe deGreben constitue l'extrémité inférieure de cette passe^^, comme le rapide d'izlas son extrémité supérieure (V. p. 94, 1. 14). Il commence à la hauteur du cap Greben -\en aval du Tachtalia (à une distance, mesurée au milieu du fleuve, de 2 kilomètres et quelque chose — de 2 à 3 kilomètres dit en exagérant un peu la Commission de 1874).

iHunfalvy, Hl, 203. — Carte au l/-25(m — 3 Mac Alpine, p. 51. — ^ Boleszny (Sz), p. 15. — kocli, p. 27. — Rolcszny, p. 21. — Uolcszny fSz), p. 22. — Commission de 1874, p. 73. — « Vâsârhelyi, p. 13, — Hunfalvy, II, p. 210.— Bolesznv, p. 36. — ^ Carte au 1/25000. — 8 Vâsârlielvi, p. 11. — iNagy, p. 241. — » Ibid. — Hunfalvy, III, p. 203. — 11 Nagy, p. 241.*^— i^ Mac Alpine, p. 51. — Boleszny (Sz), pp. 15, 22. — i"^ Vâsârholyi, pp. J 1, J2, 13.— i* (iOnniiission de 1874, p. 73. — i^ Commission de 1871, p. 73. — i« Hunfalvy, III, p. 203. — 17 Mac Alpine, p. 51. — i» Vâsârhclvi, p. 12. — l'J Commission de 1874, p. 73. 20 Hunfalvy, 111, p. 203. — -^i Carte au 1/25000. — Mac Alpine, p. 51. — -^^ Boleszny, p. 35. — CaVtc au 1/25000. — Donauvercin, table IV. — 20 Commission de 1874, p. 73.

Il emprunte son nom au cap Greben les Romains l'appelaient: Petites Portes de Fer Sa largeur est très inégale. En effet, jusqu'aux approches du rapide, le Danube est assez large dans la passe de Greben (sa largeur minimum y serait, d'après Hunfalvy, de 280 toises = 0 kilom. 531.., et sa largeur maximum de 500 toises =0 kilom. 9i8.. * — Le premier de ces chiffres est trop faible d'environ 100 mètres; le second d'environ 200 ce dernier contredit d'ailleurs la donnée du même auteur sur la largeur de la passe au rapide du Grand Tachtalia (V. p. 95, 1. 3). Dans le voisinage du rapide de Greben, subitement les rives du Danube se rapprochent <^ : au commencement même du rapide, à la hauteur du cap Greben, elles ne sont plus qu'à 250 toises = 0 kilom. 474.. l'une de l'autre' (quelques-uns réduisent même ce chiffre à 425 mètres % à 225 toises^ r=0 kilom. 426.., mais nous croyons qu'ils dépassent la vérité). Immédiatement après, les rives s'écartent de nouveau (nous avons déjà mentionné le recul subit de la rive droite en aval du cap Greben, V, p. 93, 1. 1), si bien qu'à la limite inférieure du rapide la largeur du fleuve atteint près de 1300 mètres elle a presque triplé, depuis le commencement du rapide. Vasàrhelyi M. Mac Alpine et M. Doleszny traitent à l'envi de « cataracte » (Wassersturz, cataract, zuhatag) le rapide de Greben. D'autres ont noté le bruit intense et l'agitation de ses eaux*', ses tourbillons nombreux et violents ses vastes remous tourbillons et remous qui tiennent précisément, dit Ilunfalvy, à la forme irrégulière du lit, d'abord étranglé, puis s'élargissant outre mesure Aux basses eaux -\ des pointes de roc aiguës se montrent à la surface du rapide mais non dans toute sa largeur, ainsi qu'on l'a dit : on les trouve presque uniquement groupées dans sa partie orientale Lors de notre

1 Viisarhelyi, p. 13. — Mac Alpine, p. 51. — Boleszny, p. 21. — Bolcszny (Sz), p. 15. — Carte au 1/25000. — 2 Boleszny (Sz), p. 13. — ^ Carte au 1/25000. — *Hunfalvv, ni, p. 203. — Carte au 1/25000. — « Carte au 1/25000. — Vasàrhelyi, p. 13.

— Hunfalvy, lU, 203. — Sazerac, j». 32. — 7 Carte au 1/25000. — Boleszny, pp. 35, 36. — « Commission de 1874, p. 73. ~ Cm., p. 337. — « Vâsârhclvi, p. 13. ~ Szabo, p. 67. — Hiint'alvy, H, p. 216. ~ lo Vîisârhelyi, p. 13. — HunfalwrUT, p. 203. — Boleszny, p. 37. — Vasàrhelyi, p. 13. ~ 12 Carte au 1/25000. — 13 Vâsârhclyi, p. 13.

— i^^Mac Alpine, p. 51. — '^^ Boleszny (Sz), ])p. 15, 22. — i« Nagy, p. 241. — i'' Sazerac, p. 32. — 18 ihmt'alvy, lïl, p. 203. — Nai^y, p. 241. — Notes personnelles. — i« Nagy, p. 241. — 20 Hunfalvy, lU, p. 203. — 21 jSagy, p. 241. — 22 Hunfalvy, lîl, p. '203. — Notes personjièlles. — 2a Hunfalvy, III, p. 203. — 24 Commission de 1874, p. 73. — Szabû, p. 67. — 25 Sazerac, p. 32. — Szabo, p. 67. — Commission de 1874, p. 73. — 26 Sazerac, p. 32. — 27 ibid. — Szab(3, p. 67. — Commission de 1874, p. 73. — 28 Sazerac, p. 32. — 29 Commission de 1874, p. 73.

passage (septembre 1885), quelques-unes étaient déjà visibles (au nombre de trois, si nous avons bien compté) S

De semblables pointes de roc parsèment également, aux basses eaux, les autres rapides de la passe, même le rapide du Petit Tachtalia (où la couche liquide qui recouvre les écueils cachés dans le fleuve ne se borne pas, lors des eaux basses, à devenir fort mince, comme on a dit% mais bien disparaît entièrement sur plus d'un point où Ton aperçoit alors du roc nu). — On devine ainsi la présence d'un haut fond rocheux sous chacun des rapides de lapasse de Greben, comme il en existe, nous l'avons vu (pp. 51 et 74), aux rapides antérieurs de Sztenka et de Kozla-Dojke. De ces quatre hauts fonds de la passe, les trois premiers figurent, comme ceux de Sztenka et de Kozla-Dojke, au nombre des huit seuils que nous avons comptés dans le défilé du Bas-Danube (Voyez p. 10); ils en sont les 4% 5' et 6^ (Voyez p. 11). On les désigne par les mômes noms que les rapides qui leur correspondent \ Les seuils d'izlâs et du Grand Tachtalia, avec le banc de rocher plat (a bar of flat rock) qui les réunit^ forment un ensemble auquel on donne aussi quelquefois, mais à tort, le nom de Portes de Fer (Vaskapu, en turc Demir kapu) \

Les trois seuils d'Izlâs, du Grand et du Petit Tachtalia reprétent, pour les uns, trois arêtes rocheuses (sziklagerincz) ^, trois bancs de roc (szirtpad) hérissés de saillies'^. D'autres n'appliquent l'expression de banc de rocher (felsenbank, sziklapad) qu'aux deux premiers seuils^; le troisième n'est à leurs yeux qu'un groupe d'écueils (felsenklippen, sziklacsùcsok) ^, voire d'écueils isolés (egyes)^^. D'autres enfin n'y voient qu'une simple roche C'est pourtant bien un banc de rocher (bar) ^% d'après M. Mac Alpine, qui d'un autre côté définit le seuil d'Izlâs : une chaîne de rocs (a chain of rocks), et celui du Grand Tachtalia: un ensemble de bancs rocheux (several bars of rock)

Les deux premiers seuils traversent le Danube dans toute sa largeur^*; le troisième aussi seulement, près de la rive hongroise, il est percé d'une brèche (freie Durchfart) Il s'élève le

1 Notes personnelles. —2 Gm., p. 337. —3 Nagy, p. 241.— Hiinfulvy, III, p. 203. — Gni., p. 337. — Coniinission de 1879, p. 105. — Commission de 1874, p. 73. — Boleszny, p. 36. — > Mac Alpine, p. 51. — ^ Nagy, p. 241. — ^ ibid. — ~ Hunfalvv, III, p. 203. —8 Vâsârhclvi, pp. U, 12. — Gm., pp. 325, 337. — » Vâsdrhelyi, pp. 12, 13.

— Gm.,p. 337,— lo' ibid. — Commission de 1874, p. 73. — 12 Mac Alpine, p. 51.

— 13 ibid. ~ 14 Hunfalvy, UI, p. 203. — Mac Alpine, p. 51. — Hunfalvy, UI, p. 203.

— Mac Alpine, p. 51. — Vâsarhelyi, p. 13. — Ibid.

plus haut dans sa partie médiane, qui forme environ le tiers de vsa largeur S Notons encore que ce troisième seuil coupe le Danube en diagonale : son point de jonction avec la rive gauche, au lieu de faire vis-à-vis à son point de jonction avec la rive droite, dépasse de beaucoup ce dernier point par rapport à Taxe du fleuve ^.

Nous avons vu qu'aux eaux basses chacun des trois seuils se laisse entrevoir par quelques-unes de ses pointes. En effet, tous les trois s'élèvent partiellement au-dessus du niveau d'étiage. Spécialement les bancs d'Izlàs et du Grand Tachtalia se développent tantôt au-dessus de ce niveau, tantôt au-dessous, mais à une très faible profondeur \ Ainsi, dans le banc du Grand Tachtalia, le long de la rive hongroise (car nous ne croyons pas qu'il s'agisse ici du banc tout entier), les creux n'ont guère que 1 ou 2 pieds (Om. 81,. et Om. 63..) au-dessous du niveau d'étiage^ à côté de saillies mesurant 2 à 3 pieds = 0 m. 63.. — 0 m. 94.. audessus de ce niveau ^ — Le texte de Vâsârhelyi donne à cette partie du banc qui touche à la rive gauche une longueur de 300 toises^ =: 0 kilom. 568.., qui nous semble exagérée ^ — M. Boleszny reproduit ces diverses données sur le banc de Tachtalia, mais, par une de ces distractions qui lui sont familières, il les présente comme si elles concernaient le banc d'Izlâs ®.

Relevons quelques autres erreurs.

Hunfalvy compte 930 toises = 4 kilom. 763.. du banc d'Izlâs (à partir de sa limite supérieure) au banc du Petit Tachtalia (inclusivement, aussi) ^. Or, rien que les bancs d'Izlâs et du Grand Tachtalia, avec l'intervalle qui les sépare (et que Hunfalvy estime à 500 toises =0 kilom. 948.., c'est-à-dire beaucoup trop haut;

— 500 toises font à peu près la longueur du Grand Tachtalia**); rien que ces deux bancs, disons-nous, occupent déjà une longueur de 900 toises*^ = i kilom. 706.., et il faut ajouter encore le Petit Tachtalia, — beaucoup moins long, il est vrai, que le Grand — plus, la distance entre ces deux bancs, distance évaluée par Vâsârhelyi à 600 toises** = 1 kilom. 137., (chiffre exact, si la mesure est prise le long de la rive serbe *% et trop faible de 100 toises =0 kilom. 189.., si Ton suit Taxe du fleuve à

1 liunfalvy, ÎU, p. 203. — Carte au l/:25000. — 3 Vâsârhelyi, p. H. — ïd., p. 12.

— ^ Ibid. — " U)id. — 7 Donauverein, table IV. — 8 Boleszny. p. 36. — 9 Hunfalvy, ni, p. 203. — Ibid. — Donauverein, table IV. — ^- Boleszny, p. 30. — ^'-^ Carte manuscrite de Vâsârhelyi. — Vâsârhelvi, p. 13. — Donauverein, table IV. — 16 Ibid. — Hunfalvy, III, p. 203.

cause de la position oblique du Petit Tachtalia, V. p. 98, 11. 2-5). Les 930 toises de Ilunfalvy en font donc réellement plus de 1500 =2 kilom. 844...

Ilunfalvy se trompe encore, mais dans une mesure plus faible, en supposant une distance de 2100 toises* = 3 kilom. 981.. entre le banc d'Izlas et les Bivoli. Il faut réduire cette longueur d'environ 000 mètres-.

Notons enfin que ce même seuil d'Izlas est dessiné 100 mètres trop bas sur les cartes au 1/25000 et au 1/75000 '\

Géologiquement, les trois premiers seuils de la passe consistent, d'après Ilunfalvy, en une roche dure et d'un brun rougeâtre, qui est du porphyre quartzifère\ D'après M. Koch, cette roche est formée de brèches et de tulïs porphyriques, au moins pour ce qui regarde les deux premiers seuils, et dans leurs parties contiguës à la rive gauche ^ En effet, cette rive gauche, le long du rapide d'Izlas et Tachtalia, n'est autre, pendant quelque temps du moins, que la pente môme du Glavcina, que nous savons formée de porphyre (V. p. 90). D'après M. Boleszny, la roche qui constitue les seuils d'Izlas et du Grand Tachtalia est du porphyre mêlé de rhyolite^' ; nous savons en effet que, sur la rive gauche, la rhyolite précède immédiatement le porphyre du Glavcina (V. p. 90, 1. 21).

Le quatrième haut fond de la passe, le haut fond de Greben, porte aussi, comme les trois précédents, le même nom que le rapide sous lequel il se cachet Hunfalvy porte à 700 toises — 1 kilom. 327.. sa distance au seuil du Petit Tachtalia'', distance qui ne dépasse pas, en réalité, 600 mètres, mesurés dans le milieu du fleuve. Le chiffre approximatif de 3 kilomètres^ ne donne pas non plus une juste idée de sa distance au Grand Tachtalia, et doit être réduit à 2 kilom. 150.. environ

Le haut fond de Greben est un banc dérocher (felsenbank*^ szirtpad*% kopad*% bar**). Hunfalvy prétend qu'il traverse tout le tlcuvede la rive gauche à la rive droite, et va se souder au cap Gre-

^ Hunfalvy, îll, p. 203. — ^ Carte au 1/25000. — Donauverein, table IV. ~ ^ Ibid. — 4 Hunfalvy, Uï, p. 203. — ^ Koch, p. 27. ~ 6 Bolesznv, p. 35. — 7 Vasârhclyi, p. 13. — - Nagy, p. 241. — « Hunfalvy, HI, p. 241. — ^ Gm., p. 337. — Donauverein, table tV. — Vâsârhelyi, p. 13. — Hunfalvy, UI, p. 203. — 13 Fbid. — Mac Alpine, p* 61 .

ben*. Il ne laisserait aux navires, d'après M. Nagy, qu'un passage de 10 toises =18 m. 96.. de large". Tout cela est faux. Même à la hauteur du cap Greben, où le rapide est le plus étroit, le banc n'occupe qu'une partie du lit iluvial : de la rive gauche il s'avance à moitié chemin^ environ du cap, ou du moins très peu au delà*. Nous avons vu qu'en cet endroit le Danube mesure 250 toises =: 0 kilom. 474.. de large; or, la largeur du banc n'est que de 140 toises^ = 0 kilom. 265.. (le chiffre de 115 toises = 0 kilom. 218.. donné par Vâsàrhelyi et M. Szabô^, et celui de 215 mètres donné par la Commission de 1874' nous paraissent trop faibles).

Le banc de Greben mesure en longueur (dans le sens du courant) 240 toises=:0 kilom. 455.. environ^ Il est hérissé de saillies^, dont quelques-unes dépassent le niveau d'étiage (on le sait déjà par la description que nous avons faite du rapide). La plus élevée*^ dépasse ce niveau de 4 pieds 7 pouces*^ = 1 m. 44... Cette pointe rocheuse (klippe^% fclsenspitz*% szirt szikla *^) se dresse au bord même du banc, du côté de la rive droite^^, en aval et au sudest du cap Greben*^. Son nom est Vrany pr.Vrâgne (ou Vrany^^, Vranik -^, Franio^'^), et la partie du banc qui l'avoisine immédiatement, et qu'une dépression sépare du reste '', est appelée par Vâsàrhelyi c( banc de Vrâny », Felsbank Vràny-^(à moins que ce nom ne fasse chez lui double emploi avec celui de « banc de Greben »).

Entre le banc de Greben et la rive droite, le lit du fleuve offre de grandes profondeurs, notamment au pied môme du cap (de ses escarpements tournés au sud) Dans la direction du rocher de Vrâny (toujours à partir du cap Greben), il existe tel creux où la sonde accuse 60 pieds =ri 18 m. 96.. au-dessous du niveau d'étiage^^ (c'est-à-dire du niveau le plus bas atteint par le Danube en 1834; il ne saurait être question en même temps du niveau le plus bas atteint par le fleuve en Tannée 1832 ; ce sont deux points de comparaison distincts, que M. Boleszny a l'air de confondre"^). Mais, si

i Hunfalvy, Ul, p. 203. — ^ Nagy, p. 241. — ^ Mac Alpine, p. 51. — * Donauverein, table IV. — 5 Bolesznv, p. 36. — Donaiiverein, table IV. — ^ Vâsarheiyi, p. 13. — Szabo, p. 67. — - Commission de 1874, p. 73. — ^ Hunfalvy, HI, p. 203. — « Ibid.

— 10 Ibid.— Vâsarbclvi, p. 13. — U^id. — Boleszny, p. 36. — i"^ Vâsàrhelyi, p. 13.

— 13 Boleszny, p. 36*: — Hunfalvy, III, p. 203. — Gn.., p. 337. — Bolesznv, p. 36. — Donaii, p. 16.— Gm., p. 337.— Carte au 1/25000. — ibid. — 18 Vâsàrhelyi, p. 13. — Donau, p. 16. — *9 Boleszny, p. 36. — Gm., p. 337. — 20 Carte au 1/25000. — 21 Hunfalvj, III, p. 203. ~ 22 Vâsàrhelyi, p. 13. — Carte au 1/25000. — Donauverein, table IV. — 23 Vâsàrhelyi, p. 13. — 24 Commission de 1874, p. 77. — 25 Vâsàrhelyi, p. 13. — Boleszny, p. 37.

creux que soit le lit du Danube dans la moitié occidentale du rapide de Greben, quelques écueils isolés s'y rencontrent encore néanmoins* : dans le voisinage de la rive droite^, par exemple, et près du rocher de Vrâny^ ; ce dernier groupe d' écueils (felsenklippen*) a reçu de Vâsârhelyi le nom d' « Ursa minor y>'\

Géologiquement, le banc de Greben, et le reste du lit fluvial jusqu'au cap Greben, sont de même formation que ce cap dont ils faisaient évidemment partie avant de s'effondrer pour donner naissance à Tune des brèches du défilé (V. p. 5)^. Par inadvertance, sans doute, M. Boleszny attribue au banc de Greben la même constitution géologique que nous lui avons vu attribuer (V. p. 99) aux bancs supérieurs d'Izlàs et de Tachtalia^.

Dans la passe de Greben, la pente des eaux est plus forte qu'en amont et en aval. Elle l'est le plus, comme on pense bien, aux rapides ^. Aux trois premiers rapides, cette accélération de la pente s'explique par la même cause qui rend ce fait constant pour tous les seuils du défilé en général, et que nous avons dite (Voyez p. 12, 11. 25-31). Pour le rapide de Greben, l'explication est un peu différente. Ici, en effet, le fleuve n'est barré que d'une manière incomplète. Ses eaux trouvent à s'épancher par une brèche profonde, et qui, même dans sa partie la plus étroite (à la hauteur du cap Greben, entre le cap et le banc de Greben) présente encore une largeur de 110 toises^ = 0 kil. 208.. (d'autres disent 210'^220 mètres — M. Nagy s'imagine que cette largeur de 110 toises s'applique au lit fluvial tout entier^^). Mais l'insuffisance du barrage est ici compensée par la forme des rives que nous avons déjà indiquée (V. p. 96, 11. 9-20) : 1^ en se resserrant d'abord d'une manière si brusque, elles exhaussent la nappe liquide au-dessus de son plan normal ; 2° en s'écartant aussitôt après d'une manière plus brusque encore, elles produisent l'effet contraire de là, rupture de niveau et subite inclinaison de la pente, entre les deux parties du fleuve séparées par le rapide^*,

Venons aux chiffres.

* Vâsârhelyi, p. 13. — ^ >iac Alpine, p. 51. — ^ Donauverein, table IV. — ^ Vâsârhelyi, p. 13. — 5 ibid. — ^ Szabô, p. 67. — 7 Bolesznv, p. 35. — » Commission de 1879, p. 103, — 9 Vâsârhelyi, p. 13. — Szabo, p. 67.*^— Hunfalvy, II, p. 216; III, p. 203. — 10 Commission de 1874, p. 73. — Gm., p. 337. — *i Donau, p. 16. — 12 Nagy, p. 241. — 13 Vâsârhelyi, p. 13. — i* Gm., p. 337.

Et d'abord, quelle est la pente des eaux d'un bout à l'autre de la

passe ?

Trois données nous permettront de nous en faire au moins une idée.

1' D'après M. Boleszny, qui dit emprunter ce renseignement à l'ingénieur Mac Alpine S entre un point du fleuve situé à 2100 toises (3 kil. 982..) en amont du cap Greben, et un autre point du fleuve situé à 300 toises (0 kil. 568..) en aval de ce même cap (longueur totale : 2400 toises = 4 kil. 551..); en d'autres termes, entre un point du fleuve situé à peu près au commencement de la passe (un peu plus haut) et un autre point du fleuve situé à peu près à la limite inférieure de la passe (un peu plus bas, de 100 et quelques mètres), la différence de niveau est égale à 2 toises 2 pieds 1 pouce 4 lignes = 4 m. 4-6.. ^ (pente relative correspondante : 0,001008), la hauteur du Danube étant de 0 pieds (1 m. 89..) au-dessus de 0, à l'échelle d'Orsova\

2° D'après Hunfalvy (si nous ne sommes pas dupe d'une équivoque), entre le commencement même de la passe et un point du fleuve situé à 2600 toises = 4 kil. 930.. en aval (à l'autre bout de la passe, dans la pensée de Hunfalvy : en réalité, plus loin, de quelques centaines de mètres), la différence de niveau est égale à 18 pieds = 5 m. 68.. ^ (pente relative correspondante : 0,001154).

3' D'après la carte au 1/25000, entre un point du fleuve coté 55 m. 3 (et situé à peu près au commencement de la passe, un peu plus haut, comme dans le premier cas, V. 1. 10) et un autre point du fleuve coté 50 m. 0 (et situé environ 5500 mètres plus bas, à quelque 1200 mètres en aval de la limite inférieure de la passe, à plusieurs centaines de mètres au delà du second point considéré par Hunfalvy, V. plus liant 11. 18-21), la différence de niveau est, comme on voit, de 5 m. 30.. (pente relative correspondante : 0,000963).

Hunfalvy et la carte supposent le Danube à l'étiage.

Ces trois données s'accordent-elles?

Le lecteur s'est déjà sans doute aperçu qu'il y a contradiction, au moins entre les deux dernières, entre la donnée de Hunfalvy et la donnée de la carte.

En effet, les sections du fleuve qui figurent, l'une dans ladonnée de la carte, l'autre dans celle de Hunfalvy, partent du même point

1 Boleszny, p. 37. — ^ Boleszny, pp. 35-37. — ^ Id., p. 37 — Hunfalvy, UI, p. -203. — ^ Carte au 1/25000.

(ou peu s'en faut, V. p. 102, 11. 18 et 24; nous négligeons la différence, qui est insignifiante, et confirme la démonstration, loin de l'affaiblir); mais elles ne s'arrêtent pas au même point: la première dépasse l'autre de plusieurs centaines de mètres (V, plus haut, p. 102, 11. 19 et 26). Or, d'après Hunfalvy, à la limite inférieure de la section la plus courte, le fleuve se trouve avoir baissé de 18 pieds =: 5 m. 68.. par rapport au point de départ commun des deux sections (Y. plus haut, p. 102, 1. 22), tandis qu'à la limite inférieure de la section la plus longue l'abaissement du fleuve, relativement au môme point, n'est, d'après la carte, que de 5 m. 30 (V, plus haut, p. 102, 1. 30). En associant les deux données, on arriverait donc au résultat suivant : la distance verticale à un niveau supérieur commun de deux points du fleuve, situés l'un en amont, l'autre en aval, serait, pour le point situé en amont, de 5 m. 68.., et pour le point situé en aval, de 5 m. 30 seulement; c'est-à-dire que le point situé en amout serait à un niveau plus bas que le point situé en aval. Conclusion absurde. Ainsi les deux données se contredisent.

Nous devons faire observer ici que les cotes d'altitude qui, sur la carte au 1/25000, se rapportent au Danube, méritent assez peu de confiance, ayant été empruntées, sans vérification, à une source déjà ancienne ^ Elles présentent notamment de grandes divergences avec les estimations analogues inscrites dans le rapport de la Commission de 1874. De deux points du fleuve presque identiques^, la carte attribue à l'un une altitude de 53 m. 9^ ; la commission de 1874 attribue à l'autre, qui porte la désignation 13 a, une altitude de 51 m. 742 seulement*. De deux points du fleuve situés l'un en amont, l'autre en aval% la carte attribue au point situé en aval une altitude de 52 m. 1^; la Commission de 1874 attribue au point situé en amont, et qui porte la désignation 17 a, une altitude de 50 m. 828 seulement'. Cet antagonisme entre les deux séries d*évaluations tient à ce que, dans chaque série, les hauteurs sont comptées à partir d'un niveau différent*. Au reste, on disposera bientôt de chiftres plus exacts, grâce aux travaux hypsométriques dont le Danube est de nouveau l'objet en ce moment même^. ^

1 Communication verbale de M. Wallant. — - Carte au i/25000. — Donauvcrein, table IV. — 3 Carte au 1/25000. — * Commission de 1874, p. 76. — ^ Carte au 1/25000. — Donauverein, table IV. — « Carte au 1/25000. — ^ Commission de 1874, p. 76. 8 Communication verbale de M. Wallant. — ^ Id.

Revenons à nos trois données sur la pente des eaux dans la passe de Greben, et comparons maintenant la donnée de Hunfalvy (V, p. 102, II. 17-22) avec celle de M. Boleszny (V. p. 102, 11. 5-10).

La section du fleuve qui figure dans la donnée de M. Bolesznyse trouve, vis-à-vis de celle qui figure dans la donnée de Hunfalvy, exactement dans les mêmes conditions où nous avons vu (p. 102, 1. 36, p. 103, 1. 4) que se trouve cette dernière section du fleuve vis-àvis de celle qui figure dans la donnée de la carte. Les deux sections commencent au même point (ou peu s'en faut; nous négligeons, ici encore, la diff^érence, insignifiante, comme plus haut, p. 103, 1. 2); mais elles ne s'arrêtent pas au même point: la seconde dépasse la première de plusieurs centaines de mètres. En outre, celle-ci correspond à peu près à la passe même de Greben (elle la déborde à chaque bout d'une longueur minime, V. p. 102, II. 9-12). L'autre peut se décomposer en deux parties : la première s'arretant au même point que la section la plus courte, par suite se confondant avec elle, et, comme elle, correspondant à peu près à la passe de Greben; la seconde, continuant la section la plus courte dans une région du fleuve située en dehors de la passe, et où, par conséquent, d'après ce que nous avons dit (p. 101 , 1. 13), la pente est moins forte que dans la passe. La pente sera donc moins forte dans la seconde partie de la section la plus longue que dans la passe; moins forte par conséquent dans la seconde partie de cette section que dans la première, qui correspond à peu près à la passe (V. 1. 18) ; moins forte dans les deux parties réunies de la section (dans la section totale) que dans la première; et puisque cette première partie de la section la plus longue se confond, avons-nous dit, avec la section la plus courte (V. 11. 16-17) : moins forte dans la section la plus longue que dans la section la plus courte.

Or, est-ce là ce qui arrive si l'on associe les deux données de Hunfalvy et de M. Boleszny? Point du tout; c'est à la section la plus longue, à celle qui figure dans la donnée de Hunfalvy, qu'échoit, tout au contraire, la pente la plus forte (on a 0,001154 [V. p. 102, 1. 22] contre moins de 0,001008, p-uisque le chifl'rede 0,001008 se rapporte à un niveau supérieur au niveau d'étiage [V. p. 102, 11. 14-16]; or, dans la passe de Greben, la pente augmente ou diminue avec le niveau).

Ainsi, pas plus qu'avec la donnée de la carte (V. p. 102, 1. 23),

la donnée de Hunfalvy n'est compatible avec celle de M. Boleszny.

Il nous reste à voir s'il y a également contradiction entre la donnée de M. Boleszny (V. p. 102, 11. 5-10^ et la donnée de la carte (V. p. 102, 11.23-30).

La section du fleuve qui figure dans la donnée de M. Boleszny se trouve, vis-à-vis de la section qui figure dans la donnée de la carte, exactement dans les mêmes conditions où nous avons vu (p. 104, 11. 8-12) qu'elle se trouve vis-à-vis de la section du fleuve qui figure dans la donnée de Hunfalvy. Par suite, ici encore, c^est la section du fleuve qui figure dans la donnée de M. Boleszny qui doit présenter la pente la plus forte. Est-ce là ce qui arrive, si l'on associe les deux données de M. Boleszny et de la carte ? 0,001008 (V.p.l02, 1. U) font plus, il est vrai, que 0,000963 (V. p. 102, 1. 30). Mais nous avons dit(V. p. 10411. 34-37) que pour correspondre auniveau d'étiage, le chiffre de 0,001008 doit être diminué d'une certaine quantité, et il se peut que le nouveau chiff^re tombe plus bas que 0,000963. En supposant même qu'il reste supérieur à 0,000963, la différence sera minime, et peu en rapport avec celle qui existe en tre les deux sections dont il s'agit (une difïérencede longueur de plus d'un kilomètre, en aval — c'est-à-dire en dehors — de la passe). En outre, si Ton admet les deux données de M. Boleszny et de la carte, il faut admettre aussi, pour cette partie de la section la plus longue qui dépasse la section la plus courte, une pente relative supérieure à 0,000776, pente bien forte pour une région du fleuve située, nous le répétons, en aval — c'est-à-dire en dehors — de la passe de Greben.

Ainsi la donnée de M. Boleszny et la donnée de la carte ne paraissent guère non plus compatibles entre elles.

Nos trois données sur la pente des eaux dans la passe de Greben s'excluent donc plus ou moins toutes les trois, et ne sauraient avoir à nos yeux qu'une valeur d'approximation.

Voici maintenant d'autres données sur la pente des eaux dans telle ou telle partie de la passe.

La section du fleuve qui figure dans la donnée de M. Boleszny (V. p. 102, 11. 5-16) et qui correspond à peu près à la passe de Greben (V. p. 104, l. 13), M. Boleszny la divise en quatre, et il fournit des indications spéciales, relativement à la pente des eaux, pour chacune de ces sections partielles (toujours d'après M. Mac Alpine,

et en supposant toujours le niveau du Danube à 6 pieds au-dessus du 0 d'Orsova).

Première section. Longueur: 600 toises^ = 1 kilom. 137.. (rapide d'IzJâs, etc., avec une petite partie du Grand Tachtalia Chute totale : i pied 10 pouces 5 lignes^ = 0 m. 585... Pente relative correspondante : 0,000520.

Deuxième section. Longueur: 300 toises * = 0 kilom. 568.. (partie centrale et dominante du Grand Tachtalia^). Chute totale : 4 pieds 8 pouces 6 lignes ^ = 1 m. 488... Pente relative correspondante : 0,005615.

Troisième section. Longueur : 1200 toises^ = 2 kilom. 275.. (extrémité du Grand Tachtalia et ce qui suit jusqu'à la hauteur du cap Greben®). Chute totale: 4 pieds 4 pouces 5 lignes® =

1 m. 380... Pente relative correspondante : 0,000606. Quatrième section. Longueur : 300 toises = 0 kilom. 568..

(rapide de Greben et au delà). Chute totale : 3 pieds 2 pouces*^ = 1 m. 000... Pente relative correspondante : 0,001759.

Les deux premières sections réunies en forment une autre, au sujet de laquelle les données qui précèdent permettent d'établir les chiffres suivants :

Longueur : 900 toises = 1 kilom. 706..., Chute totale : 6 pieds 6 pouces 11 lignes = 2 m. 078... Pente relative correspondante : 0,001217 (par une hauteur du Danube égale à 6 pieds au-dessus du 0 d'Orsova).

Nous possédons ainsi une première donnée surla pente des eaux dans le double rapide d'Izlàs et Tachtalia. En effet, la nouvelle section du fleuve correspond à peu près à ce rapide; il a la même longueur (V. p. 95, 1. 13); il commence seulement un peu plus tôt, et finit aussi un peu plus tôt.

Voici encore d'autres données qui se rapportent au même objet (la pente des eaux dans le rapide d'Izlâs et Tachtalia) :

l"* D'après Vàsàrhelyi, entre le commencement du rapide et un point du fleuve situé à 1000 toises = 1 kilom. 896... en aval (un peu au delà du Grand Tachtalia, à la hauteur, environ, de la bouche du Slaric*-), la différence de niveau est égale à 8 pieds*^ =

2 m. 528... (Pente relative correspondante : 0,001333. — C'est

1 Boleszny, p. 35. — 2 Donauverein, table IV. — 3 Boleszny, p. 35. — ^ ibid. — 0 Ibid. — Donauverein, table lY. — s Boleszny, p. 35. — Ibid. — ^ Ibid. — 9 Ibid. 10 Ibid. — Ibid. — 12 Donauverein, table IV. — 13 Vàsàrhelyi, p. 12.

LE DÉFILÉ DU lUS-DANUBE- 107

une forte pente, inégalement répartie, d'ailleurs ^ M. Boleszny la donne à son tour % d'après Yasârhelyi, de même que Hunfalvy ^ : mais celui-ci semble Tattribuer également au reste de la passe jusqu'au rapide du Petit Tachtalia, y compris ce rapide. En quoi il se trompe).

2^ D'après la Commission de 1874, entre un point du fleuve portant la désignation lo a (et situé à la limite inférieure du Grand Tachtalia*) et un autre point du fleuve portant la désignation 5 a (et situé 1500 mètres environ plus haut, un peu en deçà du rapide d'Izlâs^), la difl^érence de niveau est égale à 1 m. 7,38^ (pente relative correspondante : 0,001151).

3^ D'après la carte au 1/25000% entre un point du fleuve coté 55 m. 3 (et situé à peu près au commencement d'Izlâs et Tachtalia) et un autre point du fleuve coté 53 m. 9 (et situé environ 1700 mètres plus bas, à peu près à la limite inférieure du rapide), la différence de niveau est, comme on voit, de 1 m. 4 (pente relative correspondante : 0,000823).

Yasârhelyi, la Commission de 1874 et la carte supposent le Danube à l'étiage.

Voilà donc, avec celle de M. Boleszny (V. p. 106, 11. 21 -26), quatre données approximatives sur la pente des eaux, dans le double rapide d'Izlas et Tachtalia.

Soumettons-les au même genre d'examen auquel nous nous sommes livrés à la page 102 (1. 32), et voyons si elles s'accordent ou se contredisent.

Et d'abord, comparons la donnée de Vâsarhelyi (V. p. 106, 11. 32-36) avec celle de M. Boleszny (V. p. 106, 11. 21-24).

Entre la section du fleuve qui figure dans la donnée de Yasârhelyi et la section du fleuve qui figure dans la donnée de M. Boleszny, la différence essentielle consiste en ce que le rapide du Grand Tachtalia est compris tout entier dans la première, et n'est compris que partiellement dans la seconde (V. p. 106, IL 4 et 12). Or, cette différence doit influer d'une manière sensible sur les pentes relatives des deux sections, vu la forte pente des eaux dans le rapide du Grand Tachtalia (nous en avons donné le chiffre, au moins pour la partie centrale et dominante du rapide, V. P- 10^; 8-10). La section

1 Wâsârhelyi, p. 12. — s Boleszny, p. 36. —3 Hunfalvy, ni,p. 203. — * Donauverein, table IV. — 5 Donauverein, table IV. — 6 Commission de 1874, pp. 76 et 79. — > Carte au 1/25000.

qui comprend le Grand Tachtalia tout entier doit avoir nécessairement une pente relative plus forte que celle où ce rapide n'entre qu'en partie. Et c'est en effet ce qui arrive, si l'on associe la donnée de Vâsarhelyi et celle de M. Boleszny (on a 0,00 1333 contre 0,00 124 7, ou moins encore, à l'étiage. V. p. 406, 11. 36 et 23 ; p. 104, 1. 37). Ainsi, ces données ne s'excluent pas.

Comparons maintenant avec la donnée de Vâsarhelyi (V. p. 406, 1. 6) celle de la Commission (V. p. 407, 1. 32).

Entre la section du fleuve qui figure dans la donnée de la Commission et la section du fleuve qui figure dans la donnée de Vâsârlielyi, la diflerence essentielle consiste en ce que le rapide d'Izlîis reste en dehors de la première, tandis qu'elle fait partie de la seconde. Or, cette différence doit influer d'une manière sensible sur les pentes relatives des deux sections (le cas est analogue au cas précédent). La section où le rapide d'izlâs manque doit avoir nécessairement une pente relative moins forte que celle où ce rapide se trouve inclus. Et c'est, en effet, ce qui arrive, si l'on associe la donnée de la Commission et celle de Vâsarhelyi (on a

0. 004 454 contre 0,004333, V. p.407,1.44 et p. 406, 1. 36). Ainsi, pas de contradiction non plus entre ces données. ^

Comparons en troisième lieu la donnée de la Commission (V. p. 407, 1. 6) avec la donnée de M. Boleszny (V. p. 406, 1. 24).

Entre la section du fleuve qui figure dans la donnée de M. Boleszny et la section du fleuve qui figure dans la donnée de la Commission, il y a deux différences essentielles :' la même que nous venons de voir entre cette dernière section et celle qui figure dans la donnée de Vâsarhelyi, plus, la même que nous avons vue (p. 407,

1. 28) entre la section du fleuve qui figure dans la donnée de M. Jioleszny et celle qui figure dans la donnée de Vâsârhelyi. Mais, comme ces différences, quoique considérables, influent en sens opposé sur les pentes relatives des deux sections, on conçoit très bien que l'écart entre ces pentes relatives puisse être, néanmoins, assez faible. Et c'est en effet ce qui arrive, si l'on associe la donnée de la Commission et celle de M. Boleszny (on a 0,0044 54 contre

0. 004247, ou moins encore, à l'étiage, V. p. 407, 1. 44 ; p. 406,

1. 23, et p. 404, 1. 37, résultat qui n'a donc rien d'inadmissible).

Ainsi, pas d'opposition manifeste, non plus, entre la donnée de M. Boleszny et la donnée de la Commission de 1874-.

Des trois données que nous venons d'exaniiner, aucune ne contredit l'autre.

Mais, elles sont toutes trois en contradiction formelle avec la donnée de la carte au 1/25000.

Comparons d'abord la donnée de la carte (V. p. 107, 1. 12) avec celle de Vâsarhelyi (V. p. 106, 1. 32).

Entre les sections du fleuve qui figurent l'une dans la donnée de Vâsarhelyi, et l'autre dans la donnée de la carte, la différence essentielle consiste en ce que la première dépasse l'autre d'une certaine quantité en aval du double rapide d'Izlâs et Tachtalia, c'est-à-dire dans une région de la passe où la pente est moins forte que dans ce rapide (V, p. 101, 1. 14). Par un raisonnement analogue à celui que nous avons suivi plus haut en comparant entre elles les données de Hunfalvy et de M. Boleszny sur la pente générale des eaux dans la passe (V. p. 104, 11. A-SO), on voit que cette difterence doit influer d'une manière sensible sur les pentes relatives des deux sections; c'est la section qui dépasse l'autre en aval du rapide, dont la pente relative doit être la moins forte. Or, c'est le contraire qui arrive si l'on associe la donnée de Vâsarhelyi et celle de la carte (on a 0,001333 contre 0,000823, V. p. 106, 1. 36 et p. 107, 1. 17). Donc ces deux données s'excluent.

Comparons maintenant la donnée de la carte (V. p. 107, 1. 12) avec celle de M. Boleszny (V. p. 106, 11. 21-24).

Nous avons vu plus haut quelle est la diff*érence essentielle entre la section du fleuve qui figure dans la donnée de M. Boleszny et la section du fleuve qui figure dans la donnée de Vâsarhelyi (p. 107,

I. 28). Entre la première de ces deux sections et celle qui figure dans la donnée de la carte, la diflerence essentielle est exactement la même. Toujours d'après ce qu'on a vu (p. 107,1.36, p. 108, 1. 2), la première doit donc avoir une pente relative moins forte que la seconde. Or, c'est l'inverse qui arrive, si l'on associe la donnée de M. Boleszny et celle de la carte (on a un peu moins de 0,001217, V. p. 106, 11. 23-24, et p. 107, 1. 37, contre 0,000823, V. p. 107,

II. 17-19). Ces deux données s'excluent aussi, par conséquent. Enfin, comparons la donnée de la carte (V. p. 107, 1. 12), avec

celle de la Commission de 1874 (V. p. 107, 1. 6).

Nous avons vu quelle est la différence essentielle entre la section du fleuve qui figure dans la donnée de la Commission, et la section du fleuve qui figure dans la donnée de Vâsârhelyi (V. p. 108, 11. 9-

13). Entre la première de ces deux sections et celle qui figure dans la donnée de la carte, la différence essentielle est exactement la même. Toujours d'après ce qu'on a vu (p. 108, 11. 15-1 7), la première doit donc avoir une pente relative moins forte que la seconde. Or, c'est l'inverse qui arrive, si Ton associe la donnée de la Commission et la donnée de la carte (on a 0,001 151 contre 0,000823, Y. p. 107, 11. 11 et 17). Ces deux données s'excluent donc à leur tour.

Ainsi la donnée de la carte contredit chacune de nos trois autres données sur la pente des eaux dans le rapide d'Izlas et Tachtalia.

En présence de ce résultat, nous rappellerons le peu de confiance que méritent les cotes d'altitude attribuées par la carte au Danube (V. p. 103). La donnée de la carte que nous venons de discuter nous paraît encore suspecte pour une autre raison plus spéciale. Un des éléments de cette donnée est l'altitude de 53 m. 9 attribuée par la carte à la limite inférieure de la section du fleuve qui figure dans la donnée (V. p. 107, 1. 14). Or, cette cote d'altitude renferme, croyons-nous, un lapsus : 53.9 est mis ici probablement pour 53.0 (cote analogue à la cote 50.0 qu'on trouve un peu plus bas). Voici nos raisons :

1° Avec la cote 53.9, la donnée de la carte se trouve, comme on a vu, en contradiction absolue avec les trois données, concordantes entre elles, que nous lui avons comparées (V. p. 109, 11. 1-4).

Avec la cote 53.0, cette contradiction disparaît. La pente relative de la section du fleuve qui figure dans la donnée de la carte s'élève à 0,001352 (V. p. 107, 11. 12-15), et devient supérieure, comme elle doit l'être (V. pp. 109 et 110), aux pentes relatives des trois sections du fleuve qui figurent dans les trois autres données (V. p, 106, 11. 23 et 36; p. 107, 1. 11).

2° Avec la cote 53.9, la penfe relative de la section du fleuve qui figure dans la donnée delà carte (p. 107, 11. 12-15) est, nous l'avons vu, de 0,000823 (V. j). 107, 1. 17); tandis que dans la section suivante (jusqu'à un point coté 52.1 sur la carte, et situé entre le rapide du Petit Tachtalia et le rapide deGreben*), la pente relative est de 0,000972 (longueur approximative de la section : 1850 m.; chute totale : 53.9 — 52.1 = 1 m. 8). G'est-à-dire qu'avec la cote 53.9 la pente relative serait plus forte dans la seconde section que dans la première. Or, c'est impossible. Car, nous le savons,

1 Carte au 1/25000.

dans la passe de Greben, la pente est toujours plus forte aux rapides qu'en dehors des rapides (V. p. 101, 11. 5-13); or, une petite partie seulement de la seconde section peut être classée parmi les rapides, — c'est l'espace occupé par le Petit Tachtalia, — tandis que le double rapide d'Izlâs et Tachtalia forme pour ainsi dire à lui seul toute la section antérieure.

Avec la cote 53.0, la proportion se renverse et devient normale entre les pentes relatives des deux sections. La pente relative de la section antérieure s'élève, avons-nous dit, à 0,001352 (V. p. 110, 1. 25) ; celle de la section postérieure se réduit à 0,000480.

3° Avec la cote 53.9, la seconde des deux sections dont il vient d'être parlé (V. p, 110, 11. 31-33) présente, avons-nous dit, d'après la carte, une pente relative de 0,000972 (V. p. 110, 1. 34). Comparons cette donnée avec les suivantes.

I. D'après M. Boleszny, on se le rappelle (V. p. 106, 11. 11-14), entre un point du fleuve situé à la hauteur du cap Greben et un autre point du fleuve situé à 1200 toises = 2 kil. 275.. en amont (dans le rapide du Grand Tachtalia, tout proche de sa limite inférieure), la différence de niveau est égale à 4 pieds 4 pouces 5 lignes = 1 m. 380.. (pente relative correspondante : 0,000606), la hauteur du Danube étant de 6 pieds au-dessus de 0, à Téchelle d'Orsova (V. p. 106, 1. 1).

II. D'après la commission de 1874*, entre un point du fleuve portant la désignation 13 a (et situé à la limite inférieure du Grand Tachtalia^), et un autre point du fleuve portant la désignation 17 a (et situé en aval à une distance de 1530 mètres, un peu au delà du Petit Tachtalia, pas tout à fait à la hauteur de son extrémité orientale^, plus avancée que son extrémité opposée, à cause de la position du rapide en diagonale, V. p. 98, 1. 2), la différence de niveau est de 0 m. 914 (pente relative correspondante : 0,000597).

Chacune de ces deux données contredit celle de la carte.

I. Entre la section du fleuve qui figure dans la donnée de M* Boleszny (V. plus haut, 11. 15-18) et la section du fleuve qui figure dans la donnée de la carte (V. p. 110,11.31-33), la différence essentielle consiste en ce que le premier comprend, en plus que l'autre, une petite partie du Grand Tachtalia (V. p. 106, 1. 12). Or, vu l'importance de la pente dans ce rapide (V. p. 107, 1. 34), cette

^ Commission de 1874, \k TG* — ^ Donavivereiu, table IV. — 3 n^id.

difterence doit influer d'une manière sensible sur les pentes relatives des deux sections: la section qui comprend, en plus que l'autre, une partie du Grand Tachtalia, doit avoir une pente relative plus forte que celle d'où le Grand Tachtalia se trouve totalement exclu. Or, c'est l'inverse qui arrive, si l'on associe les deux données (on a moins de 0,000606, à Tétiage, contre 0,000972, V. p. 1 11, 11. 20, 21 et 13). Donc elles se contredisent.

II. Entre la section du fleuve qui figure dans la donnée de la carte(Y.p. 110, II. 81-33), et la section du fleuve qui figure dans la donnée de la Commission (V. p. 111 , 11. 23-29), il n'y a pas de diff*érence telle qu'il puisse en résulter une bien grande entre les pentes relatives des deux sections. Or, l'une s'élève à près du double de l'autre (on a 0,000972 contre 0,000597, V. p. 111, IL 13 et 30), si l'on associe les deux données. Donc ces données s'excluent aussi.

Avec la cote 53.0, cette opposition disparaît entre la donnée de la carte et les deux autres que nous venons de lui comparer. La pente relative de la section qui figure dans la donnée de la carte se réduit, nous l'avons vu, à 0,000480 (p. Hl, 1. 10), et se proportionne ainsi d'une manière bien plus admissible aux pentes relatives des deux autres sections (moins de 0,000006 et 0,000597, V. p. 111, 11. 20-21 et 30).

Ce plaidoyer en faveur de la cote 53.0 terminé, achevons nos remarques sur la pente des eaux dans la passe de Greben.

Nous avons déjà dit (p. 104, 1. 37) qu'elle augmente ou diminue avec le niveau du fleuve. Ces variations de la pente sont surtout sensibles aux rapides d'Izlas, du Grand Tachtalia, et de Greben % où, lors des grandes eaux, il se forme de véritables chutes % au Greben principalement, à cause du tracé des rives adjacentes^ (V. p. 96, 11. 9-20), l'étranglement du lit fluvial, au commencement du rapide, faisant monter le niveau des eaux bien plus vite en cet endroit qu'en aval\ On n'y a pas observé toutefois de crue supérieure à 5 m. 7 au-dessus du niveau d'étiage'\

Comme la pente des eaux, leur vitesse aussi augmente et diminue avec leur hauteur^ dans la passe de Greben. En moyenne, elle y est plus forte que nulle part ailleurs dans le défilé, sauf aux Portes de Fer^

1 Vâsârhelvi, p. 13. — Boleszny, p. 36. — Gm., p. 337. — 2 Commission de 1879, p. 105. — 3 Gm., p. 325. ~ * Vasârhelyi, p. 13. — Commission de 1874, p. 76. — Yâsârhelyi, pp. 14, 15. — " Mac Alpine, p. 51.

Elle varie aussi d'un point à l'autre de la passe. Le rapide d'Izlâs et Tachtalia se précipite avec une grande violence aux époques de crue^; aux eaux basses-, son allure n'excède pas, il est vrai, 5 à 7 pieds (1 m. 58.. — 2 m. 21..) par seconde^. C'est peu, étant donnée la pente du rapide*, qui est, nous l'avons dit, considérable (V. p. 107, 1. 34) ; mais le choc des vagues contre les écueils qui les parsèment ralentit naturellement leur élan*'. Au delà, jusqu'au rapide de Greben, le courant n'est jamais bien fort^, sauf au Petit Tachtalia^, où il s'accélère un peu^. Quant au rapide de Greben, sa vitesse est extrême lors des grandes eaux^(du côté de la rive serbe; beaucoup moindre le long de la rive hongroise^^); elle se réduit, aux eaux basses, à n'être plus que de 3 à 4 pieds (0 m. 94.. — 1 m. 26..) par seconde *V

Comme on pense bien, la passe de Greben est un obstacle à la navigation^% notamment aux quatre rapides, surtout à ceux d'Izlàs, de Tachtalia et deGreben^^. On compte ces trois endroits au nombre des huit^\ des ciuq^% voire des quatre passages les plus difficiles du défilé du Bas-Danube*^; sous le rapport du danger, ils ne le cèdent*' — et par suite, la passe, dans son ensemble, ne lecède*^ — qu'aux Portes de Fer.

Si Ton compare, au point de vue de leur importance comme obstacles à la navigation, les trois rapides que nous disons être les points de la passe les plus difficiles à franchir, voici ce qu'on trouve.

Entre le rapide de Greben et le double rapide d'Izlâs etTachtalia, Vâsârhelyi donne le premier rang à ce dernier*^. C'est là, proprement, dit-il, le point du défilé qui vient immédiatement après les Portes de Fer, sous le rapport en question^^. M.Boleszny adopte ce jugement, dans un passage^*, en ajoutant que, des quatre rapides de la passe, ceux d'Izlâs et de Tachtalia sont les plus dangereux. Mais, dans un autre passage ^% M. Boleszny pense que c'est le rapide de Greben qui vient immédiatement après les Portes de Fer. Il parle à cette occasion de bateaux qui s'y sont perdus, souvent

i Vâsârhelyi, p. 12. — Commission de 1874, pp. 73, 81. — Commission de 1879, p. 105. — 3 Vâsârhelyi, p. 12. — ^ ibjd. — Boleszny, p. 36. — ^ Vâsârhelyi, p. 12.

— ^ Ibid. — Boleszny, p. 36. — ^ Commission de 1874, p. 73 — Gm., p. 337. — 7 Commission de 1874, p. 73. — 8 Hunfalvy, III, p. 203 — » Vâsârhelyi, p. 13. — Commission de 1874, p. 73. — Commission de 1879, p. 105. — Gm,, p. 325. — Vâsârhelyi, p. 13. — *A Vâsârhelyi, p. 13. — 12 Boleszny, p. 37. i3 Gm., pp. 325, 337.

— Hunfalvy, III, p. 203. — Boleszny, p. 21. — Commission de 1874, p. 73. — Gm., p. 325. — 13 Hunfalvy, III, p. 215. -- Boleszny (Sz), p. 15. — Boleszny, p. 21.

— 18 Id., p. 37. -— Vâsârhelyi, p. 13. — - Vâsârhelyi, p. 11. — Boleszny, p. 36.

— aa Boleszny (Sz), p. 16.

Ili LE DÉFILÉ DU KAS-DANUBE.

corps et biens ^ D'après M. Mac Alpine, le plus grand obstacle des quatre rapides est spécialement celui du Grand Tacbtalia ^

Aux trois premiers rapides de la passe de Greben, de même qu'aux rapides de Sztenka et de Kozla-Dojke, l'obslacle à la navigation consiste dans Tinsuffisante profondeur la vitesse ^ et l'irrégularité du courant% les tourbillons qui s'y forment^, etc. Ces divers inconvénients ne sont pas simultanés. L'insuffisance de la l)rofondeur se produit aux basses eaux, et c'est pendant les crues que la vitesse du courant devient un obstacle, surtout au double rapide d'Izlàs et Taclitalia^, où elle atteint alors son maximum, comme nous avons vu (p. Mo, 11. l-^). Il est faux de dire^, par conséquent, que, sauf au rapide de Greben, à tous les autres rapides du défilé du Bas-Danube les difficultés du passage diminuent à mesure que l'eau monte. Cela est vrai, nous l'avons vu (p. 54 et pp. 77-78), pour les rapides de Sztenka et de Kozla-Dojke; cela n'est plus vrai pour le double rapide d'Izlas et Tachtalia. Que se passe-t-il ici, en effet? Quand Teau est basse, il n'y a pas assez de fond ^ (la môme circonstance se produit qu'aux rapides de Sztenka et de Kozla-Dojke, mais plus souvent, et pendant plus longtemps, parce que le niveau de Teau s'élève ici avec plus de lenteur qu'au rapide de Kozla-Dojke*^ [et de Sztenka, s'entend] à cause de l'extension plus grande du lit fluvial). Aux époques de crue, la violence du courant s'oppose à son tour à la marche des bateaux : l'obstacle n'a pas disparu, il a changé simplement de nature.

Au dernier rapide delà passe, au rapide de Greben, la navigation ne rencontre d'obstacle qu'en temps de crue*^ Cet obstacle est avant tout la vitesse du courant^^, fort grande alors, nous l'avons dit (p. 113, 1. 9), et qui, de plus, détermine au pied même du cap Greben la formation d'un dangereux tourbillon dû à la violence avec laquelle les flots se précipitent contre les écueils isolés (l'Ursa minor, etc.) qui se dressent entre le banc de Greben et la rive droite. Ce tourbillon expose les petites embarcations à couler bas, et les bâtiments plus grands a se briser contre la falaise du cap ^\ Ilunfalvy parle de plusieurs tourbillons, funestes surtout aux barques à rameurs, et cite en exemple la mort tragique de trois Amé-

1 Id., p. 13. — 2 Mac Alpine, p. 51. — 3 Gm., pp. 345, 337. — Hunlalw, lU, p. 203. — * Gm., p. 3-25. — Hunfalvy, IH, p. 203. — ^ Commission de 1874, p. 73. — 6 Hunfalvy, UI, p. 203. ~ ^ Commission de 1874, p. 73. — « Gm., p. 337. — » V.isiirhelyi, p. 12. — Ibid. — Ibid. ~ 12 Gm., p. 327. i3 Ibid. — Vasârhelyi, p. 13.

ricains qui dans l'année 4 850 tentèrent de descendre en canot tout le Danube, jusqu'à son embouchure, et qui firent naufrage au rocher de Vrany^ (V. p. 100, L 19). Le banc de Vrâny, en effet (V. p. 100, L 22), contribue pour sa part aux dangers du passage^ ; avec le tourbillon du cap Greben et la vitesse du courant, il complète le trio d'obstacles que la navigation rencontre en cet endroit de la passe, et que Vâsârhelyi compare aux trois têtes de Cerbère^. Un signal peint en rouge indique l'emplacement du banc^, et prouve à quel point il est redoutable (« morteP », dit M. Nagy).

Les difficultés de la navigation variant, au rapide de Greben, en raison directe de la vitesse du courant, elles deviennent nulles aux basses eaux. C'est le contraire de ce qui a lieu au Sztenka et au Kozla-Dojke^ (V. pp. 54 et 77). Même aux eaux moyennes, la vitesse n'est pas encore telle que la marche des bateaux à vapeur s'en trouve sérieusement incommodée'^.

La ligne de navigation en usage dans la passe de Greben longe tout le temps, jusqu'aux approches du rapide final ^, les belles falaises de la rive serbe^. Sur cette ligne, dit-on, le courant est un peu moins fort qu'ailleurs*^; c'est aussi la ligne des plus grandes profondeurs, dans la passe**; ce qui n'empêche pas qu'en plus d'un endroit la profondeur n'y soit très faible*^ La profondeur minimum constatée par Vâsârhelyi sur cette ligne, par une hauteur du Danube égale à 2 pieds au-dessus de 0 à l'échelle d'Orsova, ne dépassait pas 5 pieds (1 m. 58..), et ce chiffre même — d'une exactitude douteuse à cause de l'agitation des flots qui entravait les sondages — Vâsârhelyi inclinait à le croire au-dessus de la réalité*^. En l'admettant, la profondem^ minimum serait â l'étiage d'environ ^ piedszzr 1 m. 26.. (Cf. p. 42, IL 13-14).

Dans le rapide de Greben, la ligne de navigation passe entre les écueils d'Ursa minor (V. p. 401, 1. 5) et celui de Vrâny (V. p. 400, 1. 49) ou môme à gauche de ce dernier, quand la hauteur du Danube rend d'une part nécessaire d'éviter le tourbillon, alors dangereux, du cap Greben (V. p. 14 4, L 29), et d'autre part permet de suivre la dépression que nous avons signalée (p. 400, L 24)

1 ttunfalvy, UI, p. 203. — - Vâsârhelyi, p. 13. — Nagy, p. -241. — Yâsarhelvi, p. 13. — 4 Nagy, p. 241. — Ibid. — e Gm., p. 337. — ^ Vâsurhclvi, p. 13. — » Donauverein, table IV. — Boleszny, p. 38. — Nagv, p. 241.— ibid. n Commission de 1874, p. 81. ~ Hunfalvy, UI, p. 203. — Vâsarhelvi, p. 11.

entre l'écueil de Vrâny et le reste du banc de Greben^ C'est en rasant Técueil de Vrany qu'on perd de vue, ou qu'on découvre pour la première fois — selon la marche du bateau dans le sens du courant ou en sens inverse — l'imposante masse du Treszkovâcz (V. p. 8i) couronnant une perspective variée de bois et de pâturages^

En aval du Vrany, la ligne de navigation tourne brusquement au sud-ouest^

Tout en gardant la direction générale que nous venons d'indiquer, la ligne de navigation décrit à travers la passe de Greben de nombreuses siimosités*; de plus, elle se développe entre deux bordures d'écueils ' plus ou moins saillants et qui ne laissent entre elles qu'un étroit chenal, à peine large de 20 toises = 37 m, 92.. au rapide d'izlâs, et plus étroit encore au Grand Tachtalia' (au rapide de Greben, il se réduirait, d'après M. Nagy (V. p. iOO, 1. 1 ) à 10 toises = 18 m. 96.. seulement % mais cette indication est évidemment erronée). L'étroitesse du chenal est cause que deux bâtiments ne sauraient s'y croiser sans danger^ : la collision, entre eux, serait même inévitable, à en croire M. Nagy*^, Pour qu'il y ait péril, d'ailleurs, il n'est pas besoin d'un autre bâtiment venant en sens contraire : la moindre fausse manœuvre peut déterminer un naufrage sur les écueils qui bordent le chenal L'agitation des Ilots n'y aide que trop, en imprimant aux navires un balancement parfois très prononcé^-. La ligne de navigation que nous avons décrite offre donc de réels dangers ^\ Vâsârhelyi en particulier indiquait comme dangereuse la partie de cette ligne qui traverse le double rapide d'Izlâs et Tachtalia**. Ce n'est pas que les accidents y fussent nombreux : de temps à autre seulement le choc des vagues mettait en pièces quelque vieux vaisseau mal construit, comme ce chaland de la Compagnie Danubienne qui, chargé de houille, sombra, disloqué, en 1884. Mais la rareté des accidents ne prouvait pas, selon Vâsârhelyi, que le passage fût sûr le moins du monde, elle prouvait seulement combien la circulation était insignifiante, de son temps, sur cette partie du Bas-Danube *

Ihi fait curieux, noté par Vâsârhelyi, c'est que, pour descendre le rapide d'Izlâs etTachtalia, les rameurs avaient l'habitude de lâchei'

1 Vâsârhelyi, p. 13. — - Notes personnelles. — p. 38. — Nagy, p. 241. — ^ Boleszny, p. 37. — " Hunfalvy, lU, p. 203. — « Nagy, p. 241. — p. 241. — 1» Bolesznv, p. 38. — *2 ibid. — pp. 11, 12. — ^ • 1(1., "p. 11.

^ Donauvercin, table IV. — * Bolesznv, G Id., p. 38. — Vâsârhelyi, p. 12. ~ ^ Bolesznv, pp. 37, 38. — Nagv, Id., pp. 37, 38. — 1^ Vâsârhelvi,

leurs avirons; ignorant, ou peu s'en faut, la configuration du chenal, ils préféraient s'abandonner au fil de l'eau, et comptaient aussi, au cas où ils se heurteraient à quelque pointe rocheuse, que le choc, de cette manière, serait moins violent \

Outre la ligne de navigation ordinaire, il y en a une seconde à travers le rapide d'izlas et Tachtalia : celle-ci, le long de la rive hongroise \ Yasîirhelyi l'a améliorée (1834) en y faisant sauter, sur une largeur de 20 toises = 37 m. 92.., et raser jusqu'au niveau d'étiage, toutes les têtes de roc appartenant au banc de Tachtalia qui dépassaient ce niveau. 30 toises cubes de rocher (304 m. q. et q. ch.)^ furent enlevées de la sorte. M. Boleszny, qui mentionne ce travail, le présente à tort comme relatif au banc d'Izlas^,

Cette seconde ligne de navigation sert ordinairement au halage; le halage y offre d'ailleurs si peu de sécurité, que les conducteurs des attelages ont toujours une hache à la main, pour couper le câble qui sert à la traction des bâtiments, au cas où la violence du courant imprimerait à ceux-ci un mouvement de recuF. Aux eaux basses, on se sert, pour le halage, et non sans de grandes difficultés, de la ligne de navigation principale (celle qui longe la rive serbe) ^\

Le rapide du Petit Tachtalia est traversé également par une ligne de navigation supplémentaire ; elle empruntela brèchequiéchancre le seuil sous-jacent au point où il touche à la rive hongroise (V. p. 97, 11. 3-4). On s'en sert aux basses eaux^

Le rapide de Greben possède aussi sa ligne de navigation supplémentaire le long de la rive hongroise. Elle suit une cunette creusée en 1834 en même temps que celle du Grand Tachtalia. A l'époque des crues, quand la violence du courant rend impraticable aux bateaux â vapeur la ligne de navigation principale à travers le rapide de Greben, le courant est beaucoup moins fort sur cette ligne secondaire (V. p. 113, 1. 41), tout en ayant alors assez de profondeur pour permettre aux bateaux de la remonter, avec ou même sans halage^.

Les deux cunettes creusées par Vâsârhelyi dans les bancs de Tachtalia et de Grebeji, quelques autres sautages de rochers exécutés en 1834 et 1836^, voilà tout ce qui a été fait jusqu'ici pour améliorer la navigation dans la passe de Greben.

1 Vâsârhelyi, p. U. — 2ibid. — 3 Id., p. 12. — * Boleszny, p. 36. — ^ VâsârheJvi, p. 11. — c Ibid. — 7 id., p. 13. — « Ibid. — « Boleszny (Sz), pp. 15, 22.

lîUTTIÈME SECTION (v. CARTE 15)

On rapide de Orelton (exclusivement) aii rapide de Jlucz (inclusivemeiit).

En aval du cap Greben, le défilé du Bas-Danube s'ouvre tout à coup largement * (c'est ce qui permet au Danube de s'élargir à son tour ^ de la manière que nous avons dite ; p. 96, 11. 20-15).

Les montagnes — pittoresques, avec leur manteau de buissons et de taillis ^ — s'abaissent des deux côtés ^, et donnent au paysage quelque chose de plus doux

RIVE GAUCHE

Sur la rive gauche, les pentes de la section précédente se continuent par trois ou quatre pentes plus unies, arrondies en croupes, qui se font suite, et se rejoignent par le haut de manière à former ime espèce de terrasse commune. Couvertes de buissons et de taillis, ces pentes sont déchirées ça et là par des traces de torrents temporaires et par des ravins où le sol rouge se montre à nu. Des champs et des pâturages occupent la terrasse supérieure. Au delà bleuissent des forêts ^.

1 Carte au 1/75000. -- 2 Thouvenel, p. 140. — 3 Nagy, p. 242. — 4 Thoiivenel, p. 140. - ^ Boleszny, p. 38. — ^ Notes personnelles.

Tout au bas ^ se blottit une maison, flanquée d'un mat, le long duquel se meut une sorte de grande - boule d'osier peinte en rouge. La maison avec son mât constitue un poste de signal servi par des soldats et destiné à prévenir les rencontres possibles de bateaux dans la passe de Greben ^ (V. p. 116, 11. 16-18). La boule hissée en haut indique aux bâtiments qui arrivent d'aval — et auxquels le cap Greben dérobe la vue de la passe ^ — que cette passe est libre, et qu'ils peuvent s'y engager sans crainte \

Les pentes que nous venons de décrire semblent une transition entre les dernières pentes de la section précédente et celle qui commence au delà du ruisseau de Csortok ^, à 1100 mètres en aval du cap Greben ou plutôt du point qui lui fait face sur la rive gauche^, La pente nouvelle, ardue et bordant le Danube sur un espace considérable 1500 mètres à peu près croît d'abord, puis décroît, en hauteur, avec une régularité parfaite En aval surtout, la ligne droite que forme sa crête n'arrive au Danube que sous un angle des plus aigus De maigres taiUis, interrompus par des espaces arides où le sol s'est éboulé, couvrent cette côte jusqu'en haut ; un chemin rectiligne, tracé par le pied des bestiaux, la raye obliquement, et descend au Danube dans le sens du courant; entamée, en bas, sur plusieurs points, par la grande route, elle laisse voir à nu un sol rougeâtre^^

En effet, toutes ces pentes du commencement de la section sont géologiquement identiques à celles qui les précèdent (V, p. 91, 11. 3-8); elles sont calcaires, et le calcaire dont elles se composent est de deux sortes, appartenant, l'une à la série jurassique, l'autre à la série crétacée^^. Ces deux espèces de calcaire sont superposées Tune à l'autre ; c'est, naturellement, le calcaire jurassique qui est en bas ^^

Le calcaire de ces parages s'est déposé en couches dont l'épaisseur varie entre un pouce (Om. 026...) et un pied (Om.31...). Onpourrait en tirer des pierres plates pour parapets; il pourrait aussi servir â fabriquer du ciment hydraulique Une de ces couches calcaires a acquis une certaine célébrité dans le monde savant grâce â sa

1 Carte au 1/75000. — - Nagy, p. 211. ~ - Ibid. — Boleszny, p. 37. — ^ Nagv, p. 241. — 5 Ibid. — Boleszny, p. 37. — « Carte au 1/75000. — ^ Boleszny, p. 37. — 8 Notes personnelles. — ^ Carte au 1/25000. — Donauverein, table IV. — Notes personnelles. — a Ibid. — Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — Ibid. — ^5 Notes personnelles. — Koch, p. 30. — Carte géol. de l'Inst. de Vienne. i« Vâsârhelyi, p. 8. — Szabô, p. 9.

m LE DÉFILÉ DU BAS-DAINUBE.

richesse en ammonites. Proprement, elle est double, et se compose d'une première assise, rou^e et fendillée où Ton trouve des débris de crinoïdcs % puis d'une assise supérieure ^ plus épaisse ^ (d'environ un pied = 0 m. 31... d'épaisseur et d'un rouge plus sombre; elle contient beaucoup de fer, et possède des propriétés colorantes ^. C'est là que gisent, en grand nombre^, les ammonites de S/Ainicza ^ (on leur a donné ce nom d'après un villaî^e voisin, V. plus bas 1. 31).

La couche calcaire que nous venons de décrire fait partie des couches jurassiques de la pente, et spécialement doit être classée dans cet ensemble d'étages oolithiques que les Allemands appellent <logger : elle représente ici les couches de klauss '^ Immédiatement au-dessus s'étend du calcaire titlionique, analogue à celui que renferment les Carpathes septentrionales ^^. Au-dessus, le calcaire cesse d'être rouge et prend une teinte claire : ce n'est plus du calcaire jurassique, c'est du calcaire néocomien, abondamment mêlé de cornéenne

On a mis à découvert le banc d'ammonites dont il est question dans vm pli de terrain faisant presque face au cap Greben, en exploitant la carrière de marbre qui a été ouverte sur ce point La fissure rouge qu'on aperçoit du bateau, sur la pente, est sans doute cette carrière de marbre De fait, les couches de calcaire rouge qui emprisonnent le banc d'ammonites sont bien réellement du marbre; c'est du moins l'opinion de M. Szabô. Seulement, M. Szabô les attribuait au système du lias. De plus, selon lui, à une hauteur d'environ 180 pieds (56 m. 89...) au-dessus du Danube, les couches de marbre seraient recouvertes par du loess s'étendant horizontalement sur une épaisseur de 20 pieds (6 m. 32...) et pénétrant même, par en bas, dans les interstices du marbre. Ce loess serait encore un débris de l'ancien fond du défilé^* (V. p. 9).

Le village de Szvinicza^^ (ou Szvinica^^, Szvinitza*% Szwinyicza*\ Svinicza^^), qui a donné son nom au banc d'ammonites, commence un peu avant le point où la longue pente limitée en amont par le ruisseau de Gsortok(V. p. 19, 11. 9-22) se termine, en aval, de plus

1 Koch, p. 29. — Boleszny, p. 38. — 2 ibid. — 3 Koch, p. !29. — Boleszny, p. 38.

— * ibid. —5 Koch, p. 29. —« Ibid. — Boleszny, p. 38. — 7 Ibid. —« Koch, p. 29. — Boleszny, p. 38. — Boleszny, p. 38. — Koch, p. 29. — 10 id., pp. 29-30. — ^1 Id., p. 30.

— ^2*^ Id., p. 28. — Boleszny, p. 38. — ]>îotes personnelles. — 1^ Szabô, p. 9. — 15 Vâsârhelyi, p. 8. — Nagy, p. 242. — - Carte au 1/75000. — Bolesznv, p. 38. — 18 Gni., p. 337. — Hunfalvy, II, p. 215. — Szabô, p. 9.

en plus basse, de plus en plus aride, — blanche, avec des toutfes de gazon \ La majeure partie du village s'étend au delà, bordant le Danube; sa longueur totaleestd'environ 1 kilom. 600 \Ce n'est du reste qu'un petit village, avecde petites maisons couvertes de tuiles ou de bardeaux. Un poste de douane se dresse au milieu, à côté d'un joli jardin planté de fleurs ^. Il y a une bonne auberge, tenue par un certain Despotovich — Les habitants de Szvinicza, qui sont aujourd'hui roumains, descendent d'ancêtres bulgares \

Après les premières maisons de Szvinicza, une pente nouvelle commence au-dessus du village, et s'étend bien au delà, en aval; raide et basse d'abord, puis s'élevant graduellement, avec une inclinaison de plus en plus douce, à mesure que sa crête s'éloigne, en montant, du Danube ^. A son point de jonction avec la pente précédente (V. p. 120, 1. 33), elle est encore plus aride que celleci % barbouillée de blanc et de rouge, avec des traces de pas se croisant en réseau, et des veines de roc nu des bancs de marne de couleur gris clair, et quelquefois verdâtres ^. On peut tirer de ce sol pierreux d'excellente pierre à bâtir : Vâsàrhelyi l'a employée pour des revêtements La composition géologique du sol est ici assez intéressante. On trouve d'abord du calcaire identique à celui des pentes précédentes (V. p. 119, 11. 25-29), puis du grès basique, puis de la marne appartenant à l'étage néocomien, sans compter d'autres formations datant de l'époque aptienne

En aval de cette première partie bigarrée de la pente, celle-ci se transforme en une surface lisse, nue, servant de pâturage. Une herbe chétive la tapisse comme une lèpre, sauf quelques taches d'un rouge vif, qui sont des crevasses ou des rochers. A droite de Szvinicza, le long du Danube, des terres cultivées remplacent ces pâturages, limités vers le haut de la pente par des bois que domine à son tour, oblique comme la crête même de la pente, une corniche rocheuse d'un ton gris, divisée en assises parallèles, et fort pittoresque Cette corniche est la tranche visible d'une assise de grès liasique *\ Au-dessus apparaissent encore des buissons

La pente que nous venons de décrire se continue en aval par une autre de moins en moins haute, de plus en plus courte, avec

1 Notes personneUes. — 2 Carte au 1/75000. — ^ Nagy, p. 242. — * Notes personnelles. — -^Nagy, p. 242. — ^ Notes personnelles. — ' Boleszny, p. 38. — Nagy, p. 242. — Notes personnelles. — ^ ibid. — ^ Boleszny, p. 38. — Vâsàrhelyi, p. 8. — Carte géologique de Tlnst. de Vienne. — 12 Notes personnelles. — Carte géol. de rinst. de Vienne. — Koeh, carte. — Notes personnelles.

122 LE DÉFILÉ DU lîAS-DANUBE.

des renflements successifs parallèles entre eux et perpendiculaires au Danube. Cette pente nouvelle est en grande partie boisée, et de plus en plus à mesure qu'elle s'élève ; des forets et des bois en occupent tout le haut; plus bas, les bois alternent avec de maigres taillis, des pâturages et des cultures, notamment des champs de maïs. L'extrémité de cette région (en aval) n'est plus qu'un mélange de champs de maïs et de brousses; puis les brousses demeurent seules maîtresses du terrain, parsemées de blocs de rocher. En cet endroit, la grande route ébrèche le pied de la pente; la couleur du sol mis ainsi à nu est d'un jaune rougeâtre ^ Ici de nouveau nous trouvons du grès liasique ^.

Au delà, un petit mont se dresse au bord du Danube % le Giocar ^. Sur le flanc du Giocar, la route s'élève un peu, pour reprendre, une fois le mont franchi, son niveau habituel. Le sol, mis a nu par les entailles de la route, est toujours d'un ton rougeâtre ^ (toujours du grès liasique^).

Au Giocar succèdent d'autres pentes, géologiquement de même nature, mais rendues agréables à l'œil par un mélange de bois, d'arbres isolés, de pâturages et de cultures *. Sur un point, à 3 kilomètres et quelque chose en aval de Szvinicza^, ces pentes s'entrouvrent pour donner accès à une vallée d'où sort un torrent^, le Borstica Gette vallée sert d'issue à un cirque peu éloigné, dont on aperçoit du bateau la paroi nord, boisée, ravinée, superbe

A 500 mètres en aval du Borstica dans l'étroit espace qui sépare le Danube du pied des montagnes on remarque trois tours** carrées*^ et en ruines*^, disposées en triangle l'une au bord du fleuve les deux autres en arrière et plus haut Elles s'élèvent en eftet toutes les trois sur une berge en pente, proprement sur une partie rocheuse de cette berge, une sorte de terrasse naturelle, inclinée comme la berge, mais moins fort, et faisant par suite de plus en plus saillie jusqu'au Danube, où elle s'arrête,

1 Notes personnelles. — " Carte géol. de l'Inst.de Vienne. — -^Notes personnelles.

— Carte au 1/75000. — * Ibid. — » Notes personnelles. — ^ Carte géol. de l'Institut de Vienne. — Notes personnelles. — ^ Carte au 1/75000. — 9 Notes personnelles.

— 1*0 Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — 12 Carte au 1/75000. — Ibid. — Boleszny, p. 42. — Nagy, p. 251. — 1* Sazerac, p. 31. — Lancelot (dessin), p. 80. — Boleszny, p. 42. — Nagy, p. 242. — Donau, p. 15. — Sazerac, p. 31. — Lancelot (dessin), p. 80.— i« Boleszny, p. 42. — Donau, p. 15.— i" Nagy, p. 242. — 18 ibid.

— Sazerac, p. 31. — Lancelot, p. 80 texte et dessin. — Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — 1^ Lancelot (dessin), p. 80. — Carte au 1/75000. — Notes personnelles.

— 20 Ibid. — Sazerac, p. 31. — Lancelot (dessin), p. 80. — Nagy, p. 242.

coupée abruptement \ C'est ce que la Notice sur le Danube appelle, avec un peu d'exagération, un promontoire de rocher (Felsvorsprung) \

La grande route passe derrière les trois tours, entre celles-ci et la montagne ^, contrairement à Tindication de M. Lancelot, qui la fait passer entre les deux tours supérieures ^. M. Lancelot représente en outre la troisième tour (M. Nagy de même comme environnée d'eau; c'est pourquoi, dit-il, elle est reliée à l'une des deux autres par vm pont de bois^; un pont-levis, dit Sazerac \ (La berge, à sec en temps ordinaire, est probablement submergée en partie, lors des crues.) La tour la mieux conservée est celle du bord de l'eau ^. Elle est flanquée, au sommet ^, sur une de ses faces, d'un petit balcon clos*^, en bois^\ et qui serait môme pourvu de mâchicoulis, au dire de M. Lancelot ^\ Jusqu'à ces derniers temps la tour a servi de poste d'observation *\ Elle est, ainsi que les deux autres, de construction ancienne Ce sont, dit M. Nagy, les ruines d'un château-fort*^ C'étaient plutôt des tours isolées ayant pour destination de surveiller le Danube et d'empêcher, au besoin, d'y passer Pierre Petrovics, qui commandait à cette époque dans une partie de la Hongrie limitrophe du défilé, les aurait fait construire au xvi^ siècle On les appelle dans le pays : Trikule*^ (Sazerac dit à tortTricula trois tours, en roumain

La pente au pied de laquelle s'adossent les ruines de Trikule forme l'extrémité conique d'une montagne dont la crête s'éloigne ensuite, en montant, du Danube^', à peu près comme les crêtes qui dominent Szvinicza (V. p. 4^2, 1. 121). Le versant de la montagne qui regarde en aval tombe brusquement^^, couronné par une corniche rocheuse parallèle à la crête et d'un ton rougeâtre-^; c'est du grès rouge de l'époque permienne-^. Les pentes occidentales de la montagne, d'une inclinaison plus douce, se relient, un peu en arrière, aux parois du cirque où s'alimentent les sources du Borstica. — Ces pentes occidentales sont bizarrement acci-

1 Notes personnelles. — - Donau, p. 15. — ^ Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — i Lancelot, p. 80; texte et dessin. — Nagy, p. 242. — ^ Lancelot, p. 80; texte et dessin. — " Sazerac, p. 31. — • ^ Nagy, p. ^242. — ^ Lancelot, j>. 80. — 10 Lancelot, p. 80. — Nagy, p. 242. — a Ibid. — Lancelot, p. 80. — 13 Hiuifalvy, II, p. 215. — 1* Ibid. — Nagy, p. 242. — Donau, p. 15. — i5 ]>yagv, p. 242. — i« Boleszny, p. 42. — 17 Donau, p. 15. — 18 Boleszny, p. 42. — 19 Hunfalvy, II, p. 215. — Carte au 1/75000. — Bolesny, p. 42. — Nagv, p. 242. — 20 Sazerac, p. 31. — 21 Nagy, p. 242. — 22 Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — 23 ibid. — 24 Koch, p. 30. — Boleszny, p. 30. — Notes personnelles. — 25 ibid. — 26 j^och, p. 30.

iU LE DEFILE DU RAS-DANURE.

dentées, arides et rouge.ltres (de même ton que la corniche). La pente tournée vers Trikule est couverte, dans le bas, de cultures et de pâturages; dans le haut, de brousses. Enfin, les pentes orientales, au-dessous de la corniche (V. p. 123, 1. 28), portent également des champs et des pâturages, coupés, ici, de ravins.

Elles se continuent par des pentes basses, qu'entr'ouvre, à moitié chemin, un vallon; ces pentes offrent un mélange assez agréable de champs et de beaux pâturages sans arbres ni buissons. A l'arrièreplan seulement bleuit une lisière de forets. Ces pentes basses se prolongent ainsi le long du Danube jusqu'à une haute montagne en pain de sucre et couverte de bois^ Une seconde lui fait suite, toute pareille^, et une troisième se dresse derrière les deux autres, séparée par elles du Danube^. Ces trois montagnes sont le Cioca Duvac, le Cioca Maslat et le Slatina^ Vues d'amont, elles forment un beau groupe, avec le Cioca Duvac au milieu. Le riche manteau de forêts qui les recouvre est le plus intact sur le Slatina, relativement éloigné du Danube, et le plus entamé sur les pentes du Cioca Duvac et du Cioca Maslat qui regardent le fleuve\

Entre le Cioca Duvac et le Cioca Maslat une étroite vallée s'ouvre dans le défilé, la vallée de Jucz^, qu'arrose un cours d'eau de même nom^ 11 a formé à son embouchure un petit delta où l'on cultive du maïs ^.

Les trois montagnes se composent de serpentine, roche qui commence à régner, sur la rive gauche, peu après Trikule. Elle est immédiatement précédée par du grès rouge de l'époque permienne, formation à laquelle appartient entre autres (nous Tavons vu,p. i2o, 1. 29) la corniche qui domine Trikule. Le grès rouge se prolonge de là sur un étroit espace, assez loin dans l'intérieur des montagnes. Il est lui-même précédé en amont par du grès liasique^ (nous avons déjà signalé cette roche aux alentours du Borstica, V. p. ^22, 11. 46-18. La corniche qui domine Szvinicza, p. 121,1. 30, est de même formation). Ce grèsliasique se rattache d'une manière continue à celui qu'on remarque en aval du Staric^^ (V. p. 90, 1. ai-p. 91, 1. 2), seulement, au bord même du Danube**, des couches en partie jurassiques et en partie crétacées*- sont

^ Notes personnelles. — - Ibid. — ^ Carte au 1/75000. — ^ Ibid. — ^ ]\otes personnelles. — 6 Vâsârhelvi, p. 15. — " Carte au 1/75000. — ^ Notes personnelles. — » Carte géol. deTInst. dé Vienne. — ^^ Ibid. — ^ Koch, p. 30. — ^'^ Ibid. ~ Boleszny, p. 38. — Carte géol, de Tlnst. de Vienne.

venues s'étendre par dessus^ en deux masses isolées", dont la première, exclusivement cal caire, commence encore dans la section précédente (V. p. 91, 1. 3), et s'arrête dans celle-ci à la hauteur des premières maisons de Szvinicza (nous l'avons déjà décrite, p. 121,

I. 20). La seconde commence près de l'église de ce village, et se prolonge jusqu'aux approches du Ciocar^. Elle se compose d'abord de marnes* ou de schistes^ néocomiens^, et plus loin, en aval, de calcaire, en partie néocomien, en partie jurassique'. Le grès liasique ne reparaît au jour, entre ces deux régions de date plus récente, que sous forme d'une bande étroite (V. p. 121, 11. 21 et 32), séparée elle-même de la région limitrophe de droite par une enclave de sédiments aptiens (.que nous avons déjà mentionnée à la page 121, 1. 23). Cette enclave est située à quelque distance du Danube, sur les bords d'un ruisseau, le Bigerski^.

Yàsàrhelyi (comme M. Boleszny d'ailleurs, qui le copie) ne parité pas des couches calcaires et schisteuses, qui, entre Szvinicza et Trikule, se sont déposées sur le grès liasique(V. p. 125, 11. 5-7). 11 ne mentionne que ce grès, qu'il classe en deux espèces, d'après la grosseur du grain. Le grès à grain fin qu'on trouve dans le voisinage des ruines de Trikule est une pierre solide, excellente pour bâtir. Vâsàrhelyi s'en est beaucoup servi pour ses ponts et ses écluses; avant lui on l'avait déjà exploitée pour construire les fortifications d'Orsova-Neuf^, à une quarantaine de kilomètres en aval^\

Ces formations de la rive gauche en amont de la serpentine, et celles qui les précèdent dans les trois dernières sections (V. pp. 90-91; p. 83,11. 9-25; p. 84, 11. 17-20; p. 70,11. 2-3; p. 71, 1. 4) constituent au sein du gneiss environnant un territoire géologique particulier qu'il convient de caractériser en deux mots dans son ensemble. Le point de la rive gauche où il confine à la serpentine se trouve, d'après ce qu'on a vu (p. 124,

II. 23-2i), aux environs de Trikule *^et du ruisseau de Jucz proprement entre les deux, à 2 kilom. 500 de Trikule, au premier pont qui vient après Sa limite supérieure, toujours le long du

1 Boleszny, p. 38. — Kocli, p. 31. — 2 ibid. — ^' Carte ^éol. de l'iiist. de Vienne. — * Koch, carte. — Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — 6 ibid. — Kocli, carte. — ■7 Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — 8 jbid. — Koch, p. 30. — Id., carte. — ^ Vâsàrhelyi, p. 14. — 10 Carte au 1/75000. — n Koch, pp. 23 et 30. — Bolesznv, pp. 39 et 44. — 1- Huni'alvy, II, p. 221. ~ 13 Cj^rte géol. de rinst. de Vienne.

m LE DÉFILÉ DU BAS-DAiNUBE.

Danube, est aux environs de Berzâszka* et de Drenkova ^, proprement un peu en avant de Drenkova, à la hauteur du rapide de Kozla^ Des bords du fleuve, entre ces deux points extrêmes, il pénètre, dans la direction du nord-est*, ou plutôt du nord-nordest%au milieu des montagnes de gneiss environnantes®. Dépassant Biger ou Schnellersruhe, colonie tchèque placée à égale distance de ses deux bords*^, il s'allonge le long de la frontière hongroroumaine par Mehadia et Pecseneska, gagne Kornyareva, traverse le Bela-Réka^, et va mourir au versant septentrional de la vallée du Hideg^, au sud-est de Karânsebes Son étendue, dans la direction que nous venons d'indiquer, dépasseSO kilomètres*^ ; il est beaucoup moins développé en largeur*-, et se rétrécit de plus en plus à mesure qu'il s'éloigne du Danube; ilfmiten se bifurquant*^. Du côté opposé, il se continue encore quelque temps (au delà du Danube, en Serbie

Dans cette région géologique, d'une structure aussi intéressante que variée *% les formations dominantes sontdela période liasique*^ (Uunfalvy les datait de l'époque houillère*^). Ce sont des grès appartenant au lias inférieur*^ Du côté du sud-est, la région est bordée par une bande considérable de formations antérieures, permiennes*^, consistant en grès rouge (plus abondant ici que ne le pensait Ilunfalvy^*). Nous avons mentionné la corniche en grès rouge qui domine Trikulc (V. p. 123, 1. 28). A ces formations permiennes s'en ajoutent ça et là d'autres, qui sont de l'époque houillère'^"^ (du grès liasique, dit Hunfalvy^^, qui prend comme on voit le grès liasique de cette région pour des couches de l'époque houillère, et réciproquement). Notons que ces formations plus anciennes n'ont pas leur pendant vers le bord septentrional de la région; il ne s'y montre que du lias^*. On est donc en présence d'une faille-^ énorme produite dans le gneiss^® et qui s'est remplie ensuite de sédiments appartenant à l'ère primaire et à l'ère secondaire (et non pas seulement à l'ère secondaire comme le dit Ilunfalvy ^'). D'abord

i Hunfalvy, II, p. 2^4. — - Boleszny, pp. 31 et 44. — 3 Carte géol. de Plnst. de Vienne. — ^ Hunfalvv, II, p. 224. — Boleszny, p. 34. — ^ Koch, p. 23. — Boleszny, p. 44. — 6 id., p. 34! — Koch, p» 23. - ^ Id., p. 30. — Bolesznv, p. 44. — « Hiinlalvy, II, p. 224. — 9 Ibid. — io Koch, p. 23. — Boleszny, p. 34. — Carte au 1/300000, réduction de la carte au 1/75000. — 12 Huntalvy, H, p. 224. — 13 Boleszny, p. 44. — ^4 Koch, p. 23. — Boleszny, p. 44. — ibid. — Koch, p. 23. — Koch, p. 30. — 17 Hunfalvv, II, p. 224. — Koch, carte. — Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — Koch, p. 30. — 20 Hunfalvv, II, p. 224. — 21 Ibid. — 22 Koch, p. 30. — - Hunfalvv, II, p. 224. — 24 Kocli, p. 30. — 25 Hunfalvv, H, p. 224. — Koch, p. 23. — Boleszny, p. 34. — 26 Kocli, p. 23. — 27 Hunfalvy, 0, p. 224.

se sont déposés au fond de la faille des sédiments de Tépoque houillère; par-dessus, d'autres de l'époque permienne, enfin du lias. Mais avant l'apparition de ce dernier, après celle des couches permiennes, peut-être même après celle du grès bigarré, le bassin géologique en question a éprouvé un mouvement de bascule. Son bord septentrional s'est abaissé, l'autre au contraire est sorti de la mer qui couvrait alors ces lieux \ Voilà pourquoi le bassin manque de symétrie % pourquoi le dyas de Trikule n'a pas son pendant au nord (V. p. 126, 11. 27-29), pourquoi les couches liasiques ne sont point parallèles aux coviches plus anciennes qu'elles recouviwt^. — Des éruptions de roches volcaniques ont bouleversé à plusieurs reprises la structure géologique du bassin, telle que nous venons de la décrire*. C'est ainsi qu'en un point situé sur la ligne médiane du bassin, et près duquel devait un jour passer le Danube, une nappe de porphyre jaillit^ à la surface du lias, entraînant avec elle et ramenant au jour des roches liasiques et permiennes enfouies jusquelà dans les profondeurs du soP. Rappelons à ce propos les pentes porphyriques que nous avons signalées au nord du Jeleseva (V. p. 83, 11.23-25), celle du Glavina, également de porphyre, et la région permiennecontiguë à cette dernière (V. p. 90, 11. 30-32). Après l'éruption du porphyre, et de nouvelles modifications survenues dans le relief du bassin', les dépressions les plus profondes se remplirent de sédiments jurassiques encore, en partie, et en partie se rattrchant déjà à la série crétacée^. Ainsi se sont déposés sur le lias primitif le calcaire du Zlebura (V. p. 83, 11. 10-41), celui des pentes qui séparent le Povalina de Szvinicza (V. p. 119, 11. 23-25), enfin le schiste et le calcaire qui s'étendent au sud de ce village jusqu'aux approches du Ciocar(V. p. 122, 1. 13). Ce sont sans doute les masses calcaires que Hunfalvy signale dans le bassin géologique que nous décrivons, et qu'il classe dans ce qu'il appelle le jura moyen. Il les montre bordant le Danube, d'abord aux environs d'Eibenthal, et plus loin aux environs de Goszla et de Schnellersruhe; franchissant môme le fleuve, et, dans la direction opposée, s'étendant au nord-est jusqu'aux villages de Mehàdia et de Teregova®. Remarquons toutefois que les formations liasiques et permiennes sont les seules qu'on rencontre dans la partie nord-nord-est du bassin —

1 Koch, p. 31. — 2 id., p. 30. — Bolesznv, p. -44. ~ 3 Koch, p. 31. — Bolesznvj p. 45. — * Hunfalvy, II, p. 224. ~ Koch, p. 30. — Boleszny, p. 44. — ^ Koch, p. 30. — Bolesznv, p. 45. — ^ Koch. p. 31. ~ » Ibid. — » Hunfalvv, H, p. 224. — 10 Koch, p. 30. ' ■ ^

Nous avons parle ailleurs de l'éruption subséquente de masses rhyolitiques à peu près dans les mêmes parages où avait eu lieu Téruption du porphyre. Elles forment aujourd'hui le Treszkovacz et ses environs (V. p. 84, 11. 15-23, et p. 90, 11. 22-26).

UIVE DROITE

Nous avons dit qu'en aval le roc nu du cap Greben se couvx epeu à peu de buissons, de taillis, de bois et de pâturages (V. p. 93). Bientôt commence une pente* qui se développe le long du Danube jusqu'à une distance de 4 kilom. 800 mesurée (en ligne droite) du cap Greben-. La crête de la pente s'élève graduellement, des deux extrémités de celte longue base, jusqvi'à un point culminant central, TOman Vrch, élevé de 435 m. au dessus du Danube (altitude : 485 m.) ^; de haut en bas descendent des arêtes parallèles flanquées de vallons intermédiaires; un manteau ininterrompu de forêts achève la belle uniformité de cet ensemble si régulier déjà par son relief*.

Un ravin rocheux qui s'ouvre en face des dernières maisons de Szvinicza sépare ces pentes d'autres pentes plus basses^ qui les continuent le long du Danube jusqu'à une distance d'environ 6 kilomètres, mesurés sur Taxe du fleuve^. Les premières d'entre elles, raides, arides, rougeâtres par places, et coupées en zig-zag, sur la gauche, par les lacets d'une grande route, appartiennent à une colline peu élevée, au--dessus de laquelle une chaîne de montagnes se pro iile dans le lointain^. La colline, longue d'environ 2200 mètres^, a pour limite, en aval, un vallon, qui découvre jusqu'à leur base les sommets boisés de l'arrière-plan. Devant elle, s'arrondit, au bord du fleuve, un grand delta, caillouteux dans sa partie médiane ^, et qui porte, à l'issue même du vallon*^, une ville minuscule *S avec ses maisons coquettes d'aspect, à

1 Notes personnelles. — ^Carte au 1/75000. — ^ Ihiâ. — * Notes personnelles. — s Ibid. — 6 Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — » Carte au 1/75000. — *^ Notes personnelles. — Carte au 1/75000. — Thouvcnel, p. 140. — Boleszny, p. 43. — Donau, p. 16»

couvertures de tuiles % et son clocher- élevé, de ton clair ^, de belle forme*, et visible de loin% dès le cap Greben. C'est un aimable tableau^. Il y a là 4200 habitants, qui s'occupent de pêche et de la fabrication du caviar. C'est ici un lieu d'exportation pour le bétail serbe et le débouché naturel de la riche région minière qui s'étend au sud% et vers laquelle conduit la route montante que nous avons signalée dans le voisinage (p. 128, 1. 22). La ville a un débarcadère au bord du Danube ; mais les vapeurs serbes y font seuls escale ^ Elle possède encore, outre son église, une école, un bureau de poste et de télégraphe % etc. Elle a été fondée en 1832, pour remplacer la ville de Porec (sur l'île de ce nom), menacée par les inondations^^. Baptisée Milanovac en l'honneur de Milan, fils aîné de Milos, le prince régnant d'alors on l'appelle quelquefois Dolnia Milanovac, pour la distinguer d'un homonyme*^. Thouvenel l'a vue en 4840. Il en parle comme d'un joli village, avec les élégants clochers de son église, au pied de sa colline, qu'arrose un filet d'eau : scène gracieuse, dit-il ^\

En aval de Milanovac, les pentes basses qui font suite à l'Oman Vrch se continuent encore, coupées de vallons sur une longueur de 4 kil. 200 ; boisées ici, avec des pâturages ça et la, et de beaux arbres isolés; en somme, fort belles, fort pittoresques. Elles commencent par les escarpements d'une montagne assez basse, et massive ; arides comme les précédentes, au-dessus môme de Milanovac, elles se couvrent bientôt d'arbres d'abord disséminés, puis formant masse, avec des clairières. Vient ensuite une petite côte en pyramide, boisée, un peu en retraite, et que dominent au loin de vastes forets en pente. La vallée d'après s'ouvre sur une perspective du même genre. — Les hauteurs que nous décrivons se terminent à un autre vallon où l'on aperçoit également, à l'arrièreplan, des bois toulfus, dominés par des pâturages en terrasse. Du côté du Danube, le vallon débouche sur un large delta couvert de maïs, qui se relie à celui de Milanovac par une plage continue *\

A l'autre bord du vallon se dresse une montagne boisée*^ de forme pyramidale Sa base, baignée par le Danube, mesure environ 4 kil. 250. Sa hauteur est de 244 mètres au-dessus du zéro du

1 Nagy, p. 242. — Mbid. — Bolcszny, p. 13. — 3 Ibid. — * Nagy, p. "24>2. — ^ Bolcszny, p. 43.— G Bolesznv, p. 43.— ^ Ibid.— « Ibid.— Donau, p. 16.— Ibid. — Id., p. 15. — Bolcszny, p. 43. — Nagy, p. 242. — Bolcszny, p. 43. — ^3 Donau, p. 15. — i4 Thouvenel, p. 140. — 15 Notes personnelles. — Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — is i^id. — 19 Ibid. — Carte au 1/75000.

fleuve (altitude : 289 mètres) ^ Elle est formée de serpentine^ comme les montagnes qui lui font face sur la rive gauche (V. p. 424, 1. 23). Son nom est Glavica\

La ligne des hauteurs qui bordent le Danube s'interrompt ici sur une longueur de iOO mètres ^ pour donner accès à une importante vallée latérale^, qui s'enfonce au loin vers le sud^. Le cours d'eau qui l'arrose a nom Porecka* (la Commission de 1879 l'appelle Perecska^).

Au delà commence la section XI du défilé.

DANUBE

Entre la vallée de Porecka et celle de Jucz, qui lui fait vis-à-vis^ (V. p. 124, \. 20), c'est-à-dire à l'extrémité môme de la section que nous étudions, le Danube forme un nouveau rapide appelé Jucz comme la vallée et le cours d'eau voisins. Mais avant de le décrire, jetons un coup d'oeil sur la partie antérieure du Danube, depuis le commencement de la section jusqu'au rapide.

Nous avons vu qu'en aval du cap Greben le Danube prend une largeur considérable, qui augmente progressivement jusqu'à l'extrémité du rapide de ce nom, où elle atteint 1300 mètres (V. p. 90, 11. 15-19). Au delà du rapide, le Danube continue à s'élargir, pour se partager bientôt en deux autour d'un groupe d'îles et d'îlots. Sur la première de ces îles ^% faussement appellée presqu'île par M. Boleszny*^ se dresse, isolée dans la campagne, une église abandonnée en ruines *\ Plus loin, on remarque les vestiges*^^ d'une ville^^ C'était cette ville de Porec^^ (l'île elle-même est l'ile de Porec*^), dont nous avons fait mention à propos deMilanovac (V. p. 129,1. 11). On écrit aussi Porecs^^, Porec^^ L'église fut détruite en 4813^% pendant la guerre d'indépendance, lors de l'attaque dirigée par les Turcs contre Porec, où s'était réfugiée, après plusieurs revers, une partie des forces insurrectionnelles de la Serbie. Mis en déroute, les Serbes se sauvèrent à grand'peine sur la rive

1 Carte au 1/75000. — 2 Zujovic, carte. ~3 Carte au 1/75000.— ^ Uiid. — ^ Notes personnelles. — « Carte au 1/300000.— ^ Carte au 1/75000. — » Commission de i87U, p. 110. — ••^Boleszny, p. 44.— 10 Carte au 1/75000. — Boloszny, p. 43. — Nagy, p. — J)onau, p. 15. — Donauvcrein, table VI. — Carte au 1/75000. — Vâsârlielyi, p. 14. — lîolcsznv, p. 43. — N;igv, p. 242. — Bonau, p. 15. — Donauverein, table VI. — (.im., p. 338. — 12 Carte au 1 '25000. — ^3 Bolesznv, p. 42. — 1* Ibid. — i-^ Nag\% p. 242. — i« Bolesznv, p. 42. — ibid. — Nagv, p\ 242. — Boleszny, p. 42. — Nagy, p. 242. — Boleszny, p. 42. — 20 Nagy, p. 242. — 21 Carte au "^1/25000. — 22 iNagy, p. 242.

LE hÉFILÉ DU BAS-DANUBE. 131

hongroise du Danube, laissant entre les mains de l'ennemi leur chef Hadji Nikola, qui fut décapité ^

Entre le rapide de Greben et l'île de Porec, le Danube, qui va toujours s'élargissant, nous Tavons dit (V. p. 130, 1. 19), atteint son maximum de largeur à la pointe même de Vile. Ce maximum, évalué à 700 toises' (1 kiL 327..) et plus% à UOO mètres% à 800toises"(t kil. 517,.), est en réalité de 4500 mètres à peu peu près^. En aval de cette ligne, la largeur des deux bras du fleuve, avec les îles qu'ils enserrent, augmente encore. A son point maximum, par le travers de Tîle de Porec, elle est de 2200 mètres et quelque chose' (selon d'autres, de 2100% de 2144 mètres^). Nulle part ailleurs, dans le défilé, récartement n'est aussi fort entre les deux rives du Danube*^. Plus bas, devant Szvinicza,Vasa.rhelyi évalue la largeur du fleuve à 700 toises (4 kil. 327..). Il ne s'agit évidemment que du gros bras du Danube, à son point de jonction avec l'autre; les deux ensemble, en cet endroit, mesurent environ 4600 mètres de large^\ Sazerac dit à peu près de même, qu'entre Szvinicza et Trikule, la nappe liquide mesure 5000 pieds d'un bord à l'autre Elle se rétrécit au delà de Trikule ^\ moins pourtant que ne le représente llunfalvy qui signale en outre, sur ses bords, en cet endroit, des falaises imaginaires aux assises diversement colorées enjaune, en rouge Les rochers qui dominent Trikule (V. p. 423, 1. 28) ont donné lieu, peut-être, à cette méprise. Quoi qu'il en soit, la largeur moyenne du Danube, entre Szvinicza et le rapide de Jucz, se réduit à 650 toises (4 kil. 232..) d'après Vàsàrhelyi*\à 700 toises (4 kil. 327..) d'après M. Boleszny, qui restreint le chiffre de 650 toises à une partie plus petite du fleuve, immédiatement voisine du rapide *\ C'est donc en amont de Trikule, entre ce point et Szvinicza, que le Danube s'étale avec le plus d'ampleur : Sazerac le compare, à cet endroit de son cours, à un vaste lac, dont il a presque l'immobilité ^'^ En elFct, la pente des eaux est ici très faible. C'est ce qu'indiquent les chiffres suivants :

D'après M. Boleszny, entre le rapide de Jucz et un point du fleuve situé 4450 toises (7 kil. 870..) plus haut, en face de Szvi-

1 Boleszny, p. 42. — 2 id., p. n7. — ^ Vasarhelyi, p. 13. -- IJunfalvy, H, p. 216. — 4 Gm., p. 337. — - Hiinfalvy, III, p. 203. — « Carte au 1/25000. — ' \\m\. — 8 Doiiaii, p. 16. — Coiniiuiiiication verbale de M. Wallaiit. — Douau,

16. — Vâsârhelyi, p. 14. — Carte au 1/25000.— Sazerac, p. 32. -- Carte au 1/75000. — Hunfilvy, II, p. 215. — 16 Id., p. 216. — i"? Vasarhelyi, p. 14. — 18 Boleszny, p. 43. — 19 Sazerac, p. 32.

nicza ^ (à peu près à la hauteur de l'église -), la différence de niveau est égale à 8 pieds 0 pouce 1 ligne (0 m. 95036), avec une pente moyenne de 10 lignes AS par 100 toises-^ (pente relative correspondante : 0,000 120). — Voilà encore une donnée contredite par les cotes d'altitude relatives au Danube qui figurent sur les cartes de l'Institut géographique militaire (mais nous avons dit qu'il faut s'en défier, V. p. iOo, 11. 19-221). En effet, la section du Danube comprise entre les deux points du fleuve cotés par la carte l'un 50 mètres et l'autre 48 mètres, section d'environ 8500 mètres, et coïncidant à peu près avec celle qui figure dans la donnée de M. Boleszny, sauf qu'elle commence un peu plus tôt (d'environ 1180 mètres) et finit aussi plus tôt (d'environ 550 mètres) : cette section du fleuve, disons-nous, présente, comme on voit, d'après la carte, une chute totale de 2 mètres ' (pente relative correspondante : 0,000235). Pour que cette donnée concordât avec celle de M. Boleszny, il faudrait admettre, entre les points initiaux des deux sections dont il s'agit, une différence de niveau dans tous les cas supérieure à2m.-0m.95 03G(Gf.ll. U et2)== 1 m. 04964, et par suite une pente relative dans tous les cas supérieure à 0^000 889. Or, une pente aussi rapide est invraisemblable en cet endroit, bien que la pente des eaux soit eftectivement plus forte en amont qu'en aval de Szvinicza. A ce sujet, Vàsârhelyi et M. Boleszny fournissent les chiftres suivants :

P Du cap Greben à 1000 toises (1 kil. 896..) en aval (dans la direction de Szvinicza) le Danube tombe de 5 pieds 6 pouces^ — 1 m. 73.. (pente relative correspondante : 0,000916).

2^ Du cap Greben à 1350 toises (2 kil. 560..) enavaP (jusqu'aux premières maisons de Szvinicza, environ"), le Danube tombe de 6 pieds 7 pouces^ i=i 2 m. 08.. (pente relative correspondante: 0,000812).

N'oublions pas l'influence, sur ces chiffres, du rapide de Greben, qui figure dans les deux données. La pente des eaux, au-dessus de Szvinicza, est beaucoup moins forte, si l'on décompte ce rapide. En effet,

S"" Entre ce même point du fleuve que nous venons d'indiquer à 1350 toises (2 kil 560..) du cap Greben (vers les premières maisons

1 Boleszny, p. 43. — 2 Carte au 1/75000. — ^ Boleszny, p. 43. — Carte au 1/75000. — 5 Vàsârhelyi, p. 13. — 6 Boleszny, p. 37. — Ibid. — Carte au 1/75000. — ^ Boleszny, p. 37.

de Szvinicza) et un autre point du fleuve situé en amont, non plus à la hauteur du cap Greben, mais 300 mètres (0 kil. 568..) plus bas, en aval du rapide, la différence de niveau se réduit, toujours d'après M. Boleszny, à 3 pieds 5 pouces (1 m. 07..) pour cette longueur de 1050 toises* (1 kil. 991..), ce qui donne une pente de 3 pouces 10 lignes 8 — et non de 3pouces 0 ligne 5 - — pour 100 toises (pente relative correspondante : 0,000 542. — Elle reste néanmoins de beaucoup supérieure, comme on voit, à la pente relative des eaux en aval de Szvinicza, V. p. 132, 1. 4).

Dans celte même partie antérieure de la section (entre le rapide de Greben et Szvinicza % où à peu près *), la profondeur du Danube est des plus faibles\ Au sortir du gouffre que domine le cap Greben (V. p. 100, 11. 24-20), le lit du fleuve remonte aussitôt jusqu'à 5 ou 6 pieds (1 m. 58. ..-1 m. 89...) de la surface, puis s'exhausse encore, si bien qu'en maint endroit l'épaisseur de la nappe liquide ne dépassepas 3 pieds^ (0 m. 94...), et les a même à peine, d'après M.Boleszny^ La Commission de 1874 va plus loin, en affirmant que dans cette partie du Danube la profondeur moyenne n'atteint pas 0 m. 7^. Cet exhaussement du lit fluvial dure, selon la même Commission, jusqu'à une distance de 2600 mètres en aval du cap Greben^ (c'est-à-dire jusqu'aux premières maisons de Szvinicza*^, et non, comme le dit la Commission jusqu'aux approches, seulement, de ce village). M. Mac Alpine lui donne une longueur encore plus grande (12000 pieds), et pour point de départ le cap Greben lui-même ce qui serait une erreur, comme on a vu (V. 1. 12). Sur ce point, les termes employés par la Commission prêtent aussi à l'équivoque*^ ; heureusement qu'ailleurs elle place nettement en aval du cap Greben (à 1230 mètres) la limite supérieure du haut fond dont il s'agit*\

Ce haut fond^'^oubanc^^, qui mesure donc en longueur 1300 mètres et davantage (V. 11. 27-28 et 18-21), va en largeur d'une rive à l'autre du Danube*'. Il présente une surface aplatie*^ : M. Mac i Alpine l'appelle « a flat table », et la Commission de 1879 « une

1 Boleszny, p. 36. — 2 ibid. — 3 Vâsârhclyi, p. li. — Gm., p. 337. — Mac Alpine, p. 51. — Commission de 1874, p. 73. — ^ Ibid. — Vasârhclyi, p. 13. — Mac Alpine, p. 51. — Gm., p. 337. — ^ Vasârhclyi, p. 13. — ^ Boleszny, p. 37. — s Commission de 187-i, p. 73. — Gm., p. 337.— i> Commission de 1874, p. 73. — lo Carte au 1/^25000. — ^1 Commission de 1874, p. 79. — 12 Mac Alpine, p. 51. ~ 13 Commission de J874, p. 73. — ^1 Id., p. 79. — Donauverein, table IV. — Commission de 1N79, ]>. 102. ^ 16 Vâsdrhelyi, p. 13. — Mac Alpine, p. 51. — 18 psotes personnelles. — 1* Mac Alpine, p. 51.

plate-forme* ». Il consiste en du roc^ coupé çà et là de gravier, notamment sur ses bords^. On le désigne sous un nom spécial : les hauts fonds de Szvinicza ^. C'est le prolongement, en quelque sorte, du banc de Greben (V. p. 99, 1. 22-30), élargi de manière à occuper tout le lit du Danube

Le havrt fond de Szvinicza est un obstacle à la navigation : le tirant d'eau y est trop faible^ (au-dessous du niveau d'étiage); de 5 à 8 pieds (de i m. 58... à 2 m. 52...), sur la ligne que suivent les bateaux pour le franchir ^ Cette ligne, à son extrémité supérieure, est une courbe fortement accusée. Continuant, comme de raison, la ligne de navigation de la passe de Greben (V. pp. 1 15-110), à l'autre bout, à la hauteur de Szvinicza, elle serre de près la rive gauche, après s'être infléchie dans l'intervalle vers l'île de Porec^ (V. p. HG, 11. 6-7). On voit combien la marche des bateaux est sinueuse, que de fois ils doivent tourner brusquement^ dans cette partie du défilé qui s'étend du rapide d'Izlâs jusqu'à Szvinicza (rapprocher nos indications sur la passe de Greben, pp. 115-116). Gomme obstacles à la navigation, le haut fond de Szvinicza et la passe de Greben se complètent l'un l'autre*^, et constituent un môme tout^S auquel il faut étendre l'observation que nous avons déjà faite à propos de la passe de Greben (V. p. 113, 11. 18-20), à savoir qu'en aucun autre endroit du défilé, si ce n'est aux Portes de Fer, le Danube n'est d'un parcours aussi difficile pour les bateaux*'. Il y a ici une suite d'obstacles*^, surune longueur que la Commission de 1874 n'estime pas à moins de 7 kilomètres** (chiffre qu'il faut réduire à 6300 m. s'il est vrai, ce qu'affirme la Commission [V. p. 183, 11. 19-21], que le haut fond de Szvinicza s'arrête à 2600 mètres du cap Greben.

— De ce cap au commencement de lapasse, la distance est d'environ 3700 mètres). Et ils s'enchahient si bien les uns aux autres*" qu'on ne saurait en modifier un sans les modifier tous*^. Les meilleurs d'entre les projets conçus pour les faire disparaître se gardent bien de les traiter isolément, mais les embrassent au contraire dans leur ensemble *^

1 Commission de J879, p. 107. — 2 Vâsârhelyi, p. 13. — Mac Alpine, p. 51. — Commission de 1874, p. 73. — Commission de 1879, p. 107. — jSotes personnelles. — 3 Vâsârhelyi, p. 14. — ^Commission de 1879, p. 102. — ^Vâsârhelyi, p. 13. — « Gm., p. 337. — " Vâsârhehi, p. 13. — ^ Ibid. — ^ Mac Alpine, p. 51. — it> Commission de 1874, p. 73. — Gm\, p. 337. — Ibid. — Vâsârhelyi, p. 8. — i3 Commission de 1874, p. 73. — 1* Il)id. — Commission de 1879, p. 103. — Cm., p. 337,

— Ibid. — Commission de 1874, p. 73. — i7 ibid. — Gm., p. 338.

Le problème dont ces projets offrent la solution est autrement compliqué que l'amélioration du lit fluvial nécessitée aussi, nous l'avons vu, aux rapides de S/ienka el de Koz]a-Dojl<e. V Assurer au-dessus des hauts fonds un tirant d'eau suffisant môme aux époques d'étiage ; 2** diminuer la pente des rapides, toujours trop forte; 3° diminuer leur vitesse aux hautes eaux: telles sont ici les trois conditions à remplir^

Entre autres expédients, la Commission de 1874 a proposé de construire dans le fleuve, à 500 mètres de la rive gauche et parallèlement à cette rive, une digue insubmersible allant du cap Greben a Milanovac. Une telle digue aurait pour effet d'exhausser le niveau de l'eau en aval du cap Greben par suite, de rendre plus profond, d'une part, le chenal de navigation à travers le haut fond de Szvinicza^, et moins forte, d'autre part, la pente et la vitesse des eaux dans la passe de Greben ^ Toutefois, le chenal exigerait encore quelques creusages en aval du cap^; il faudrait aussi le creuser davantage, corriger quelque peu ses détours et le baliser, en amont". Tout cela coûterait fort cher. La Commission de 4874 a donc imaginé un second projet, d'après lequel la digue à construire ne serait pas insubmersible, ce qui permettrait de l'établir plus près de la rive gauche'^, à 350 mètres de distance seulement'^; par suite d'exhausser d'avantage, aux basses eaux, le niveau du fleuve^, au point de rendre l'approfondissement du chenal plus facile en amont du cap Greben, et totalement superflu en aval^^. La Commission del879a adopté ce second projet^*, avec cette modification qu'au lieu de laisser libre au milieu des eaux l'extrémité inférieure de la digue, comme l'indiquait le projet primitif, elle l'a rattachée par une courbe complémentaire à la rive droite, supprimant ainsi vme grave difficulté technique qui avait porté la Commission de 1874 à rejeter finalement son second projet comme le premier. D'ailleurs, cette fois encore, elle jugeait les frais excessifs Le gouvernement n'a pas été de cet avis, et c'est au projet en question qu'il s'est arrêté, en tenant compte des amendements de la Commission de 1879, qui conseillait aussi de raser le cap Greben et d'en employer les débris à la construction même de la digue. Dans

1 Commission de 1879, p. 103. — 2 3 ibid. — Id., pp. 105, 107. — * Id.,

pp. 103, 105. — 5 Id., p. 103. — ^ Commission de 1874., p. 81. — - 7 Commission de 1879, p. 103. — 8 Gm., p. 338. — » Commission de 1879, p. 103. — 10 Ibid. — Id., p. 105. — 11 Ibid. — 12 Commission de 1879, p. 104. — Ibid.

la passe de Greben, le chenal sera reporté un peu plus vers le milieu du fleuve ^

Pour citer encore quelques-uns des projets repoussés, la Commission de -1874 avait conseillé en définitive de construire, le long de la rive gauche, deux digues insubmersibles, l'une en amont, Tautre en aval du cap Greben^. Elle trouvait moins cher et plus pratique^ de scinder ainsi les travaux en deux groupes sans connexion entre eux*; idée qui avait été aussi celle de Vâsarhelyi. Celui-ci proposait, en amont du cap Greben, un canal éclusé longeant la rive gauche et séparé du fleuve par une digue ^; en aval du cap, toujours le long delà rive gauche, on aurait creusé un chenal artificiel^*. M. Mac Alpine s'est rangé au contraire parmi les partisans d'un système d'ensemble. Il voulait qu'on approfondît le chenal actuel en lui donnant des courbes plus douces. Et pour diminuer la pente et la vitesse des rapides, il proposait d'égaliser la pente des eaux dans toute la passe de Greben en les resserrant, aux rapides, entre la rive droite et des jetées (stone wall) latérales reliées par chaque bout à la rive gauche ^

De Szvinicza jusqu'au rapide de Jucz, la profondeur du Danube redevient normale^ (de 12 pieds = 3 m. 79..., en moyenne^, à l'étiage*^. Profondeur maximum : 48 pieds 0 pouces=:5 m. 84../^) Vers la rive gauche seulement, au-dessous de Milanovac et en amont de Trikule^% le lit du fleuve se relève et se hérisse même, ça et là*% de pointes rocheuses*^ La profondeur minimum ne dépasse pas ici 2 pieds =0m. 63...^^ (M. Mac Alpine rattache évidemment cet archipel de petits hauts fonds au grand haut fond de Szvinicza, et voilà pourquoi il fixe la limite inférieure de ce dernier, comme nous avons dit p. 433, 11. 23-25, au delà de Szvinicza, à 42000 pieds en aval du cap Greben). Ce manque de tirant d'eau en amont de Trikule ne gene pas, d'ailleurs, la navigations^. Les bateaux n'ont qu'à décrire une forte courbe vers l'embarcadère de Milanovac*^. Toutefois le halage est souvent impossible le long de la rive hongroise. Il Tétait plus souvent encore avant les déro-

1 Communication verbale de M. Wallant! — Commission de 1879, pp. 105 et 106.

— 3 Commissioli de 1874, p. 81. — * Commission de 1879, p. 105. — ^ Vâsârlielyi, p. 12. — ^ Id., p. 13. — 7 Mac Alpine, p. 51. — « Vâsârhelvi, p. 14. — Bolcszny, p. 43. — 9 Vâsarhelyi, p. 14. — Boleszny, p. 43. — Ibid. ~ Id., p. 44. ~ 12 yâsûrhelyi, p. 14. — Notes personnelles. — ^3 ibid. — 1* Vâsarhelyi, p. 14. — Ibid.

— Boiesznv, p. 43. — Notes personnelles. — Vâsarhelyi, p. 15. — Ibid. — Boleszny, p. 43. — 18 Notes personnelles.

chements assez considérables qui ont donné à ce passage, en 1834, sa profondeur actuelle ^

Venons au rapide de Jlicz. Hunfalvy le place à 5400 toises (10 kil. 240..) en aval du cap Greben- (chiffre trop faible d'environ 500 mètres 0- H est dû à la présence d'un banc de rocher ^ (felsbank% sziklapad% kopad^), qui s'étend de l'embouchure du Jucz à celui du Porecka^, à travers tout le Danube'^, large ici, non de 420 toises'" (0 kil. 796..), de 830 mètres'S comme on a dit, mais en réalité de 1100 mètres Dans le sens du courant, le banc mesure 330 toises*^ (OkiU 625..). Accidenté** de la manière la plus capricieuse *% il constitue proprement une chaîne de rocs*^, un ensemble de rochers massifs aux pointes bizarres*^, acérées et très dures *^ La substance dont il est formé a été traitée par Vàsarhelyi de diabase stratifié (Flôtzgrunstein *^), comme certaines roches qu'il avait observées sur la rive gauche adjacente-". Pour d'autres, c'est de la diorite^*, ou une espèce de serpentine (gneis-serpentin-^).

Le banc surgit çà et là"^ au-dessus du niveau d'étiage^\ Quant à ses creux, leur profondeur est très diverse^'': en moyenne elle est supérieure à 2 pieds (0 m. 63..), inférieure à 5 (l m. 58..) Dans le chenal, le long de la rive serbe, la profondeur minimum est d'au moins 3 pieds (0 m. 94. .) — de 3 pieds 9 pouces -" ( l m. 18...), dit Hunfalvy — et la profondeur maximum de 5 pieds 9 pouces^" (1 m. 81..).

A l'emboUchure même du Porecka (V. p. 130, 1. 7) le banc disparaît sous une couche de sable et de gravier ^% et sous une couche de lourdes pierres (de gravier également, dit M.Boleszny^^) à l'embouchure du Jucz^\ Les deux cours d'eau ont formé ces amas^% qu'on a souvent pris, mais à tort, pour la cause même à laquelle il faudrait attribuer l'existence du rapide de Jucz^".

1 Vâsarhelvi, p. 14. — 2 Hunfalvy, lU, p. 204. — 3 Carte au 1/75000. — 4 Commission de 1874.*^ — 5 Bolesznv, p. 44. — ^ Gm., p. 3^25. — Hunfalvy, UI, p. 204. — 8 Bolesznv, p. 41. — 9 Vâsârlielyi, p. 15. — Hunfalvy, III, p. 204. — Mac Alpine, p. 51. — Yâsârhelyi, p. 14. — Hunfalvy, III, p. 204. — Boleszny, p. 43. — Donau, p. 15. — 12 Carte au 1/75000. — Donauverein, table VI. — ^3 'Hunftilvv, III, p. 204.

— 1* Vàsarhelyi, p. 15. — Hunfalvy, III, p. 204. — ig Mac Alpine, p. 51 . — 17 yâsârhelyi, p. 15. — 18 oies personnelles. — ^'-^ Yâsârhelyi, p. 15. — -^là.., p. 14.

— Boleszny, p.43.— Commission de 1874, p.83. — 22 Cm., p. 338. — 23 yâsârhelyi, p. 15. — Hunfalvy, III, p. 204. — 24 yâsârlielyi, p. 15. — 25 n^jd, 20 id., p. U. — 27 Ibid. — Hunfalvv, III, 204. — 28 yâsârhelyi, p. 15. — 29 Hunfalvv, III, p. 206. — 30 Ibid. — 31 yâsârhelyi, p. 15.— 32 ibid. — Boleszny, p. 44. — 3] iLid.— 3* Yâsârhelyi, p. 15. — 35 Ibid. — Boleszny, p. 44. — 36 yâsârhelyi, p. 15.

Le banc, cause réelle du rapide, porte aussi le nom du Jucz^ C'est le septième des huit seuils du défilé (V. p. 10).

AuK eaux basses^ le Danube y présente une pente assez forte^. Vasarhelyi indique une différence de niveau égale à 7pieds 2 pouces (2 m. 265..) entre deux points du fleuve situés des deux côtés du seuil, à 500 toises (0 kiL 948..) Tun de l'autre * (pente relative correspondante : 0,002388. — Ilunfalvy^ et M. Boleszny^ reproduisent la même donnée, ce dernier en l'altérant un peu : par erreur, probablement, il augmente de G lignes la différence des niveaux, ce qui porterait la pente relative à 0, 002402).

La Commission de 1874 fournit d'autres chiffres; les voici:

Longueur de la section observée: 740 mètres.

Différence de niveau entre les deux extrémités :1m. 768.

Pente relative: 0,0023 10 ^

Mais il doit y avoir ici une erreur: les chiffres ne concordent pas. Il résulte en effet des deux premiers une pente relative, non de 0,002310, mais de 0,002389, chiffre presque identique à celui de Vasarhelyi (V. 1. 7). Cette coïncidence n'est— elle que fortuite, et, pour justifier le chiffre de 0,002310, la différence de niveau doit-elle être estimée à 1 m. 708 seulement (on aurait mis dans ce cas un 6 pour un 0)? Les chiffres de la Commission de 1879 sont la répétition des précédents, à cela près que la section observée est de 730 mètres, ici, non de 740^. (La pente relative devrait alors s'élever à 0,002504). C'est peut-être une faute d'impression.

Quoi qu'il en soit, ces indications suffisent pour donner une idée de la pente moyenne du rapide, aux basses eaux. Sur certains points la pente est beaucoup plus forte étant très inégalement répartie. Il existe même une section de i 10 mètres (la Commission de 1874 en précise l'emplacement) où l'abaissement de la nappe fluviale n'est pas inférieur à 0 m. 767^^, où par conséquent la pente relative atteint le chiffre énorme de 0,006972, — du moins le long des rives où ces mesures ont été relevées^". Car, vers l'axe de la section, la pente s'adoucit ainsi que la Com-

1 Commission de 1874, p. 83. — Gm., p. 325. — Boleszny, p. 44. — 2 Vasarhelyi, p. 14. — 3 ibid. — Commission de 1874, p. 83. — ^ Vâsârhelyi, p. 14. — Hunfalvv, 111, p. ^04. ~ 6 Boleszny, p. 43. — Commission de 1874, p. 83. — Cm., p. 338. — 8 Commission de 1879, p. 109. — Commission de 1874, p. 83. — Ibid. — Commission de 1879, p. 109. — n Commission de 1874, p. 83. — Gm., p. 338. — 12 Commission de 1874, p. 84. — 1» Id., p. 83. — Gm., p. 338.

LE DÉFILÉ DU RAS-DANUJiE. 139

mission de 4874 s'en est convaincue \ Cela s'explique. Au rapide de Jucz, les bords du Danuljc se rapprochant d'amont en aval, refoulent, dans leur voisinage, Teau du fleuve, et en font monter le niveau au-dessus de ce qu'il est loin du bord, où, par suite, la pente est nécessairement moins brusque^.

Dans tout ce qui précède, cela va sans dire, nous supposions le Danube à l'étiage^ A mesure qu'il grossit, la pente diminue dans le rapide^; le même phénomène a lieu que nous avons observé au Sztenka (p. 58) et au Kozla-Dojke (p. 76). Le rétrécissement du Danube dans la passe de Kazan ', en aval du rapide de Jucz, fait qu'entre ces deux points l'eau monte plus vite qu'en amont du rapide^, dont la limite inférieure et la limite supérieure tendent ainsi à se mettre au même niveau.

La vitesse du rapide suit naturellement les modifications de la pente. Aux eaux basses elle est considérable^ (de 9 à 41 pieds = 2m. 84..-3 m. 47.. à la seconde^); pas autant toutefois que l'intensité de la pente pourrait le faire présumer^^: ici, comme au rapide d'Izlas-Tachtalia (V. p. 443, 11. 6-7), les pointes rocheuses qui se dressent du fond tiennent tête au courant et modèrent sa violence — En temps de crue la vitesse du rapide n'est plus que de 4 à 5 pieds^- (1 m. 26. .-4. m. 58..); de 6 pieds (4 m. 89,.), par endroits, le long de la rive gauche

Le rapide de Jucz disparaît donc entièrement aux grandes eaux**. Même quand l'eau est moyenne, il ne se trahit que par une certaine accélération du courant. Aux basses eaux seulement, c'est un rapide; mais un puissant rapide, alors*^ M. Nagy — qui ne l'a vu qu'au mois de juillet, époque de l'année où la baisse n'est pas encore bien forte (V. p. 42, II. 5-7) — s'extasie*^ pourtant sur le tumulte de sesflots*^ et trouve le bruit qu'il fait supérieur à celui de tous les rapides antérieurs du défilé *\

Nous sommes ici en présence d'un nouvel obstacle*^, d'un nouveau danger"-^ pour la navigation; aux basses eaux-*, s'entend. L'obstacle tient, ici aussi, comme aux autres rapides, au manque

1 Commission de 1874, p. 8i. — dm., p. 338. — 2 Commission de 1874, p. 81. — 3 Boleszny, p. 4-3. — ^ Vâsj'irhclyi, pp. 14 et 15. — Commission de 1874, p. 84. — 5 Vî'isârheivi, p. 15. — Gni., p. 338. — Vâsârhclvi, pp. 14 et 15. — Commission de 1874, p. 84. — 7 vâsarlielyi, p. 14. — Gm., p. 338. — s Vâsûriielyi, p. 15. — Gm., p. 338. — Vâsarhelvi, p. 14. — Hunfalvv, Ui, p. ^204. — Donau, p. 15. — Vasârhelyi, p. 15. — n vVisârhelyi, p. 15. — i-^ Id., p. 14. — Id., p. 15. — Id., pp. 14 et 15. — 15 id.^ 14. — iG Nagy, p. 242. — Ibid. — Vâsârhelyi, p. 15. — 18 Nagy, p. 242. — i« Vâsârhelyi, p. 15. — 20 Naiçy, p. 242. — 21 Vâsârhelyi, p. 15.

de profondeur et à la vitesse du courant^ L'eau, en montant, remédie, il est vrai, à ces difficultés^ ; rien ne gêne, en temps de crue, la circulation des bateaux^; néanmoins, le rapide de Jucz compte parmi les huit points les plus dangereux du défilé*; parmi les quatre points les plus dangereux, dit Hunfalvy (en exceptant les Portes de Fer). Les trois autres, on s'en souvient, sont les rapides d'Izlas, de Tachtalia et de Greben^(V. p. 413, 1. 17), plus importants tous les trois au point de vue qui nous occupe, s'il faut en croire M. Boleszny^. D'après Yasarhelyi, au contraire, le rapide de Jucz passe avant celui de Greben, immédiatement après celui d'Izlas-Tachtalia, et même, aux basses eaux, il égale ce dernier en fait d'inconvénients ; seulement, les embarras du passage y durent moins longtemps".

Le chenal des basses eaux longe la rive serbe^, où la profondeur minimum est égale, comme on a vu (p. 183, 11. 15-16), à 3 pieds ^(0 m. 94..). Pour que le rapide soit praticable aux steamers, il est donc nécessaire, dit M, Hunfalvy, que le niveau du Danube marque plus de 5 pieds (1 m. 58..) à l'échelle d'Orsova*^. (11 ne s'agit pas ici, évidemment, des petits vapeurs de troisième classe, qui franchissent le rapide par des niveaux encore plus bas, Y. p* 15, 11. 26-35; p. IG, 11. 18-22).

Le chenal de halage n'a que 2 pieds de profondeur minimum (0 m. 63..). Il est situé du côté de la rive gauche, à une certaine distance toutefois de cette rive^^, dont, du reste, un banc de sable et de gravier, situé en aval du rapide, empêche les bâtiments qu'on haie de trop s'approcher, môme en temps de crue^\ Le halage, dans le rapide de Jucz, est toujours difficile^^ et nécessite un surcroît d'attelages, grâce a la courbure de la rive^^ (Voyez dans Vâsârhelyi^^ l'effet de cette circonstance sur la traction), grâce aussi au courant, toujours fort du côté de la rive hongroise^^ (on l'a vu p. 139, 11. 21-22 : même aux hautes eaux il ne mesure pas moins de 6 pieds = 1 m. 89.. à la seconde, par endroits).

Pour améliorer la navigation dans le rapide de Jucz, M. Mac Alpine croyait suffisant de donner au chenal actuel un peu plus de profondeur ^^ Perfectionner de la sorte le chenal, — le rendre en

1 Gm., p. 325. — 2 Vâsarhelyi, p. 15. 3 Commission de 1874. p. 84. — * Gm., p. 325. — ^ Hunfalvy, II, p. 215. — « Bolcszny, p. 21. — 7 Yâsârhelvi, p. 15. — « Ibid. — Mac Alpine, p. 51. Vâsarhelyi, p. 15. — ^0 Hunfalvy, III, p. 204.— Vâsarhelyi, p. 15. — Ibid. — Boleszny, p. 44. — Vâsarhelyi, p. 15. — Boleszny, p. 44. — Vâsarhelyi, p. 15. — i^ibi^. — ^ti yiisârhelyi, p. 15. — ^"Mac Alpine, p. 51.

LE DÉFILÉ DU DAS-DANUBE. iii

outre plus large et plus droit, — c'est aussi tout ce que conseillait la Commission de 1874^ La Commission de 1879 a trouvé qu'on laisserait ainsi subsister de trop fortes pentes et de trop grandes vitesses. Il était nécessaire, à son avis, de relever le plan des basses eaux en aval du rapide, et pour cela de resserrer le lit, dans cette partie du fleuve, sur une longueur d'environ 4 kilomètres (à partir du Porecka) au moyen d'une digue submersible rappelant celle de Greben et passant à 350 mètres environ de la rive gauche. Au cas où le tracé de cette digue rencontrerait de trop grandes profondeurs, la Commission conseillait rétablissement d'un canal éclusé^; Vasarhelyi, le premier, avait indiqué cette solution, en proposant au rapide de Jucz, et le long delà rive gauche, un canal analogue à celui qu'il avait imaginé pour le rapide d'izlas-ïachtalia^ (V. p. 130, 11. 9-10). C'est au projet d'une digue submersible que le gouvernement s'est finalement rallié*.

De cette succession de rapides qui commence en aval de Drenkova par le Kozla-Dojke, celui de Jucz est le dernier^ L'espace où se groupent tous ces rapides constitue pour Ilunfalvy la seconde^ des trois parties principales (V. p. (li. 1. 5) qu'il distingue dans le défilé (en amont d'Orsova', et sans compter une quatrième partie occupée par les Portes de Fer^). Il la marque, cette région des rapides, d'un nom spécial: Greben^ (dont on a vu précédemment les diverses autres applications), et donne aux sommets qui la bordent une altitude variant de 645 pieds (203 mètres) à 1083 pieds (342 mètres) sur la rive gauche (hauteur au-dessus du Danube : 510-948 pieds = 161-299 mètres), avec une altitude maximum de 1521 pieds (480 mètres) sur la rive droite (hauteur au-dessus du Danube : 1380 pieds —AS8 mètres) Cependant, on se le rappelle, parmi les sommets de la rive gauche, le Treszkovacz et le Crni Vrch ne mesurent pas moins, le premier, de 670, le second, de 747 mètres; et sur la rive droite, en face de Petra lunga, nous avons noté des altitudes allant jusqu'à 667 et 676 mètres (V. p. 84, 1. 10; p. 83, 1. 27; p. 85, 11. 8 et 16).

1 Commission de 1871, p. 84. — Cm., p. 338. — 2 Commission de 1879, p. 110. — 3 Vâsàrlielyi, p. 15. — * Communication verbale de M. Wallant. — Hunfalvy, II, p. 215. — 6 ibid. — ^ Ibid. — 8 Id., p. Î2i6. — 9 Id., p. 215. — lo id., p. 216.

l.E DÉFILÉ DU BAS-DANUBE.

NEUVIÈME SECTION (v. CARTE 16)

Du rapide de «lucz à la passe de Kazâit. I^ong^uenr approximative : 14 i^ilom. lOO, et non pas un mille autricliien (9 l^ilom. 595)^ comme le ferait croire JH. Boleszny^.

Au rapide de Jiicz, le défilé du Bas-Danube tourne brusquement. Orienté dans le sens du sud-sud-est presque à partir de Drenkova (V. p. 65), il se dirige maintenant au nord-est, en ligne droite ou peu s'en faut, jusqu'à l'extrémité de la section^. En effet, de ce dernier point, l'œil embrasse la section entière jusqu'au Glavica, qui se dresse au bout comme une borne (V. p. 129, 1. 33-p. 130, 1. 3). C'est seulement aux approches de Jucz que le paysage se modifie (pour ceux qui remontent le courant) par l'apparition brusque du bassin de Milanovac, derrière le Glavica^. Si l'on contemple la section d'ici (de son extrémité inférieure), l'impression est la même : le Danube prend l'aspect d'un lac triangulaire, la pointe tournée en avant s A cette pointe extrême les montagnes lui couperaient la route % n'était une brèche^ en forme de V, aux parois régulières et raides', dans l'entrebâillement de laquelle^ éclate^ la blancheur*^ d'une falaise*^ à pic^^ située un peu en arrière. Tout le long de la section, les pentes sont unies, régulières et plus fortement inclinées qu'en amont^^, surtout sur la rive gauche^^. Elles sont couvertes (en partie seulement sur la rive gauche*^) de bois sombres,

1 Bolcszny, p. 45. — 2 tbid. — Carte au 1/75000. — ^ Notes personnelles. — ^ Lancelot, p. 80. — ^ Id., p. 81, ^MMviire. — Carte au 1/75000. — g Lancelot, p. 80. — Bolesznv, p. 45. — 7 Lancelot, p. 80. — ^ Ibid. — Bolesznv, p. 45. 0 jbid. — 10 Lancelot, p. 80. — Ibid. — Bolesznv, p. 45. — 12 Lancelot, p. 80. — i-^ Lancelot, p. 80. — ^*jNagy, p. 243. — Carte au 1/75000. — Notes personnelles.

que de temps en temps perce une crête de rocher ^ Elles n'arrivent pas toujoui^s jusqu'au Danube" : sur la rive droite, il n'existe, il est vrai, que deux deltas; mais sur la rive gauche, entre les montagnes et le fleuve, court la plupart du temps une plage horizontale^ couverte de broussailles ^ D'après M. Lancelot, les brovissailles seraient remplacées sur l'autre bord par des « rochers semés au hasard comme s'ils avaient été secoués des sommets^ ». Nous n'avons pas remarqué ce détail.

RIVE GAUCHE

Les pentes de la rive gauche forment une succession de faces pyramidales^ auxquelles aboutissent autant de chaînons perpendiculaires à la vallée du Danube^ et qui, très rapprochés les uns des autres, ne laissent place-^ntre eux qu'à des vallées pour la plupart sans importance^ M. Bolesznynous semble bien exagérer en qualifiant ces dernières de « zahllose^ » (sans nombre). Des pentes triangulaires qui terminent les chaînons, ainsi que nous venons de le dire, surgissent, vers le bas, quelques rochers isolés, de forme arrondie^^, de couleur sombre^^; ils consistent en serpentine*-. Aux endroits ravinés la même roche se rencontre, blanche ou verdâtre, mais ici effritée*'^ par l'action de l'eau Tout l'ensemble des pentes, d'ailleurs, est formé de serpentine*' : suivant M. Koch, jusqu'à l'extrémité de la section (l'entrée de la passe de Kazàn*^^) ; suivant Hunfalvy et M. Boleszny, seulement jusqu'au village de Plavisevicza*^ situé à 5900 toises (11 kilom. 189..) du rapide de Jucz*^, à 1300 toises (2 kilom. 465...) de la passe de Kazàn*^ (à une demiheure en amont, dit Vâsàrhelyi ; pour un piéton, s'entend, et non pour le bateau à vapeur, comme le croit M. Nagy-*). A partir de Plavisevicza, selon M. Boleszny, la roche constitutive des pentes serait du trapp stratifié (Flôtztrapp; — le texte porte Flôsztrâsz,

A Lancelot, p. 80.— 2 Nagy,p. 243.-3 Cartc au 1/75000. — ^ Lancelot, p. 80. — ^^ Ibid.

— ^ Koch, p. 13. — Boleszny, p. 46. — Carte au 1/75000. — » Boleszny, p. 45.

— 9 Ibid. — 10 Koch, p. 31. ~ Boleszny, p. 45. — Koch, p. 31. — Ibid. — Boleszny, p. 45. — Ibid. — Koch, p. 31. — i* Boleszny, p. 45. — i"' Hunfalvv, H, p. 225. ~ Koch, p. 31. — Boleszny, p. 45. — 16 Koch, p. 31. — ^7 Hunfalvv, II, p. 225. — Boleszny, p. 45. — ji^id. 19 id., p. 56. — 20 Vâsârhclyi, p. 15. — Donau, p. 15. — ai Nagy, p. 243.

lu LE DÉFILÉ DU BAS-DANUBE.

sans doute par erreur ^ — Dans ce passage, M. Boleszny aura voulu concilier les données de M. Koch avec l'opinion, du reste erronée, de Yâsârhelyi, pour qui, depuis Trikule jusqu'à la passe de Kazân, le défilé avait pour bordure uniquement du trapp stratifié^). — D'après la carte géologique de Tlnstilut de Vienne, c'est le gneiss qui remplace la serpentine au delà de Plavisevicza, et même, la limite commune des deux formations se trouve un peu en amont (à 1200 mètres) de ce village. La serpentine^ de là, s'étend en amont jusqu'à la limite supérieure de la section, et va même plus loin, comme on a vu, jusqu'aux approches de Trikule'^ (V. p. 125, 1. 33).

Quoi qu'il en soit, il est sûr qu'entre Trikule et la passe de Kazàn la serpentine règne exclusivement, ou peu s'en faut, et couvre un vaste espace dans la direction du nord à partir des bords du Danube*. Elle occupe, à proprement parler, une faille du gneiss, faille énorme produite par son éruption même^, et qui s'étend jusqu'aux environs de Mehàdia; mais de ce côté, la faille s'est remplie de roches éruptives autres que la serpentine (porphyre, mélaphyre, etc.)^

La serpentine que nous étudions est du gabbro transformé ^ Elle contient de la magnésiteet duchromate defer (Chromeisenerz®) qu'on exploite pour le commerce^. La magnésite, spécialement^ s'expédie à Budapest, et paraît excellente pour la .fabrication de l'eau de seltz^^.

Les premières pentes en aval du rapide de Jucz sont raides, et passablement boisées, mais non sans laisser voir, par places, des rochers qui affleurent^\ Elles dominent le Danube d'environ 275 mètres (altitude : 321 m.), et forment le versant oriental du Cioca Maslat*% dont il a été déjà question (V. p. 124,11. 13-18). D'autres pentes boisées leur succèdent jusqu'à environ 4 kilomètres de la vallée du Jucz, et, bientôt après, d'autres pentes coupées de vallées, assez raides, toujours, mais arides, celles-ci, se dénudant progressivement d'amont en aval jusqu'à devenir absolument nues; au second plan seulement on entrevoit une riche végétation forestière dans le fond

i Boleszny, p. 43.— 2 Vâsârhelyi, p. 14.— ^Carte géol. de Tlnst. de Vienne. — ^ Boleszny, p. 45. — ^ Koch, p. 31. — Boleszny, p. 45. — ^ Ibid. — Koch, p. 31. — 8 Id., p. 32. — Boleszny, p. 45. — 9 Ibid. — ao Koch, p. 32. — Boleszny, p. 45. —

Notes personnelles. — 12 carte au 1/75000.

LE DÉFILÉ DU BAS-DANUBE. Li5

des vallées. Le sol nu est de couleur grise ou roussâtre. Ici aussi, par endroits, des rochers affleurent, alternant avec les taches jaunes des ravins. Ces pentes sont d'une grande monotonie ^

A leur pied, sur un petit^ delta ^ où débouche la plus grande des vallées de l'intérieur un village, le village roumain^ de Tiszovicza^ ou Tiszovica^ (pr. Tiçovitsa) se groupe autour de son église, petite et blanche^, et d'un édifice plus important qu'on remarque tout de suite du bateau^. C'est une fabrique de chromate de potasse*^, fondée par deux associés, l'un anglais, l'autre du pays^*. Les environs de Tiszovicza sont, en effet, avec ceux d'Eibenthal (à 4 kilom. au nord-ouest) les deux points où la serpentine de ces régions(V. p. 143, IL 19-26) contient le plus de fer chromé^^ Au dire de M. Bolcszny, la concession minière d'où s'alimente la fabrique fournit cette matière avec une abondance dont les monts Ourals et les entours de Baltimore offrent seuls d'autres exemples^^. Cette même concession minière fournit aussi du charbon de terre au grand profit de la fabrication, qui, néanmoins, chômait en 4885 Les produits s'expédient par eau jusqu'à Sziszek, sur la Save*^.

M. Boleszny donne de nombreux détails (auxquels nous renvoyons le lecteur*^) sur une autre concession de mine*^ qui s'allonge jusqu'à une distance considérable au nord de Tiszovicza, entre ce village et celui d'Ogradina, à l'est d'Eibenthal, el parallèlement au Danube Ici encore, l'objet de l'exploitation est du chromate de fer'-^, minerai dont la découverte en ces lieux date d'une trentaine d'années^^ ; on l'y a rencontré depuis sur une foule de points, et mis à découvert sur beaucoup d'entre eux -'' (sur 57 points dès 1874^*). La serpentine qui le contient est disposée par strates, et de couleur claire. Il s'y présente sous forme de nids, en coulées (Streichen) d'une épaisseur qui varie entre 2 pieds (0 m. 63..) et 6 toises (11 m. 37..). La longueur de ces coulées ne dépasse guère 400 toises (0 kilom. 189..). Orientées du sud au nord, elles montent en ce sens suivant un plan généralement très incliné. Rien que les gîtes mis à découvert jusqu'à présent suffiraient pendant des années à la consommation de toute l'Europe

* Notes personnelles. — - Carte au 1/75000. — ^ Ibid. — Nagy, p. 243. — ^ Carte au 1/75000. — 5 Nagy, p. 243. — Ibid. — Bolcszny, p. 46. — 7 Oarte au 1/75000. — 8 ÎSagv, p. 243. — Boleszny, p. 46. — Ibid. — ISotes personnelles. — ^ Boleszny, p. 46.*^— 12 Koch, p. 32. — Boleszny, p. 46. — Ibid. — Id., p. 47. — Id., p. 46.

— 15 Notes personnelles. — i^ Ibid.*^ — i' Bolcszny, pp. 47-50. — is i^,^ pp. 17 et 49.

— 19 Boleszny, p. 47. — 20 ibid. — Id., p. 49. — ^i Id., p. 47. — 22 p. 48. — 23 Id., p. 49. — 24 p. 48. ^ au Boleszny, p. 49.

Sur sept points, en particulier, le chromate de fer est d'une abondance et aussi d'une richesse extrêmes. Il renferme — tel est son degré de pureté — 88 à 52 p. iOO d'oxyde de chrome, d'après des analyses faites entre autres à l'École des Mines de Paris. A ce point de vue de la pureté, il égale les meilleurs minerais de son espèce, ceux de Norvège, celui de Baltimore ^ II égale ce dernier, s'il ne le surpasse, même à n'examiner que ses échantillons de moindre valeur; c'est du moins ce qu'assure M. Diffenbach, qui a longtemps dirigé à Baltimore une exploitation de fer chromé^. Diverses expositions internationales (celles de 1862, de 1867, de 1873, etc.) ont également rendu justice aux produits de la concession^. Ils s'expédient par le Danube, auquel aboutit un réseau de chemins créé en vue de l'exploitation (il en existait déjà 2670 toises = 5 kilom. 063.. en 1874*). Ces chemins permettent aussi au gouvernement d'utiliser les forets voisines, jusque-là sans valeur^.

A 1100 mètres environ en aval de l'église de Tiszovicza^, au delà d'une vallée' qui débouche dans celle du Danube et qu'arrose laRecica^, les pentes recommencent un peu à se boiser jusqu'à une seconde vallée^ où coule le Liubotina^^ (Ljibutina^*, chez M. Boleszny), et s'ouvrant à 1 kilom. et demi de la première^-. Très clairsemés d'abord sur un vilain sol roussâtre et coupé de ravins rocheux comme celui des pentes antérieures, les arbres finissent par dominer, non sans mélange encore d'espaces arides et rocheux. Une route va montant le long de ces pentes, à rencontre du courant; en y regardant mieux, on découvre que c'est un chemin de fer^^ Son point de départ est le delta même du Liubotina**. Arrivé à la vallée du liecica, il tourne, et pénètre dans cette vallée pour aboutir non loin d'Eibenthal aux houillères bien connues de Uj-bânya^*^ (M. Nagy les place à tort près de Tiszovicza; Uj-bânya, colonie de mineurs est à une altitude d^environ 1500 pieds = 4'74m. etq. ch.). Il n'y a pas bien longtemps-belles étaient exploitées par une compagnie anglaise --^ et leurs produits descendaient jusqu'au Danube par le chemin de fer que nous avons décrit, pour

1 Boleszny, p. 4-8. — 2 Id.,p.49.— ^ Id., p. 50. ~4Id.,p. 49.— Boleszny, p.50.— G Carte au 1/75000. — ^ Notes personnelles. — s Carte au 1/75000. — ^ Notes personnelles.— ^0 Carte au 1/75000. — Bolesznv, p. 48. — 12 Carte au 1/75000. — 13 Notes personnelles. — Carte au 1/75000. — Carte au 1/75000. — ibid. — Boleszny, p. 47. — 17 Ibid. Najçv, p. 243. — Ibid. — Carte au 1/75000. — Notes personnelles. -— 20 Ibid, — Boleszny, p. 47. — 21 ibid. — 22 ibid. — Nagy, p. 243. — 23 Boleszny, p. 47. — ^Nagy, p.*^243. — Notes personnelles.

être, de là, expédiés par eau. En 1885, le travail chômait, faute d'argent ^

Les bois des pentes que nous venons de décrire se continuent en épais tapis dans l'intérieur de la vallée suivante (celle du Liubotina, V. p. 446, 1. 19) '\ En passant devant cette vallée, on y distingue, sans quitter le bateau, des ateliers. Ils appartiennent à cette exploitation minière que nous avons mentionnée page 145 (1. 20). Le travail qui s'y fait a pour but de donner plus de pureté et de prix au chromate de fer de qualité inférieure^.

Après la vallée du Liubotina vient une pente en forme de fronton ^ ayant environ 1 100 mètres de base, et 360 mètres de hauteur au-dessus du Danube (altitude : 405 mètres ^). Elle est richement boisée, d'un bel aspect. Une vallée s'ouvre ensuite, dont le penchant septentrional, dépouillé de ses bois, étonne par son absolue* nudité^. Vers le Danube, cette surface aride tranche brusquenuenil avec la verdure bien fournie d'une pente nouvelle, en face de pyramide, qui tourne à angle droit pour s'aligner au bord du fl^^uve à la suite de la précédente (Y. 11. 10-43), mais de l'autre côté de la vallée % sur une longueur de 800 mètres environ^. Le reste des pentes, jusqu'à l'extrémité de la section, présente une végétation forestière assez compacte, non sans interruptions, pourtant, et moins luxuriante que celle de la rive opposée^. Elles sont de gneiss, on se le rappelle (V. p. 444, 11. 5-8), d'après la carte de l'Institut de Vienne Leur base mesure en tout 4 kilomètres**. A moitié route, avant même, à l'issue d'une vallée*-, — la première un peu considérable depuis le rapide de Jucz, s'il faut en croire M. Boleszny*'^; mais il se trompe : la vajïïéequi débouche à Tiszovicza a plus d'importance** — devant cette brèche*-', disons-nous, des montagnes bordières, se groupe un village*^, Plavisevicza*', Plavischevicza*^, Plavischevitza*'^, Plavisevica^^, (pr. Plavichevitsa). Dans son voisinage immédiat-*, les pentes, formées de schiste (peut-être^-), sont dénudées dans le bas, crevassées de ravins, et montrent à nu un sol d'un blanc jaunâtre-^ On a pu le voir, du

^ Notes personnelles. — - Ibid. — ^ Boleszny, p. 48. — ^ Notes personnelles. — Carte au i/75000. — G Notes personnelles. — 7 Ibid. — » Carte au 1/75000. — 9 Notes personnelles. — Carte géol. de l'Inst. de Vienne. — Carte au 1/75000. — Ibid. — 13 Boleszny, p. 45. — ^4 Carte au 1/75000. — Na{?v, p. 243. — Carte au 1/75000. — 1' Hunl'alvy, III, p. m. — Vasârhelyi, p. 14. *9 Boleszny, p. 43. — 20 Cartc au 1/75000. — Nagy, p. 243. — 21 Notes personnelles. — 22 Vâsârhelyi, p. 14. — Boleszny, p. 43. — 2^ Notes personnelles.

us LE DÉFILÉ DU BAS-DANUBE.

reste : les environs de tous les villages ont ce même air dévasté. Ici, l'homme ne sait encore qu'enlaidir la nature.

On peut loger passablement à Plavisevicza, chez le chasseur Hoffmann.

Sur une pente rapide, à l'extrémité même de la section (entrée de la passe de Kazân) nicherait, d'après M. Nagy, une jolie villa".

RIVE DROITE

Les pentes qui suivent immédiatement la vallée du Porecka se creusent de larges plis verticaux qu'emplit une superbe végétation forestière^. Tout l'ensemble d'ailleurs est plus richement boisé que la rive d'en face*. C'est ici le versant nord-ouest du Golubinacka^.

Puis viennent d'autres pentes en triangle, couvertes de bois non moins touffus, mais semés de clairières^. Elles appartiennent au Kosiste^ Puis les arbres se rapetissent, les forets deviennent des taillis^, signe certain de l'approche d'un village. En effet, au pied de ces pentes nouvelles, sur un delta^ qui fait saillie dans le fleuve, on distingue un petit village insignifiant^^, Golubinje**, où se trouvent pourtant, paraît-il, des vestiges de constructions romaines Le bassin de Milanovac, en amont du Glavica (V. p. 1 42), commence en réalité à Golubinje^^. Plus loin, et jusqu'à la hauteur de Plavisevicza, la végétation redevient luxuriante ; de nouveau, les forêts alternent avec les clairières^*. Vis-à-vis du Recica^^, une première pentc^^, en face depyramide^", frappe par sa beauté ; puis vient, jusqu'à la hauteur de Plavisevicza, un ensemble d'autres pentes plus doucement inclinées et de l'aspect le plus pittoresque avec leurs bois, leurs champs et leurs pâturages. Ici encore (nous l'avons déjà dit p. 147, 1. 22) les arbres sont plus beaux sur la rive droite que sur la rive gauche ; les pentes, moins rapides (V. p. 142, 11. 16-17), se développent plus largement^^.

En face de Plavisevicza*^, les pentes changent brusquement de forme, et gardent cette forme nouvelle peu s'en faut jusqu'à la fin de la section-^, sur une longueur d'environ 2200 mètres Confon-

*■ Notes personnelles. — ^ Nagy, p. 243. — ^ Notes personnelles. — * Ibid. — ^ Carte au 1/75000. — 6 Notes personnelles. — " Carte au 1/75000. — » Notes personnelles. — 9 Notes personnelles. — Nagy, p. 243. — Ibid. — Carte au 1/75000.

— 12 Nan^y, p. 243. — Dq^^u, p. 15. — ^'^ Notes personnelles. — Ibid. — Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — Carte au 1/75000. — Notes personnelles.

— Notes personnelles. — Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — 21 Garte au 1/75000.

dues en une seule masse qui fait légèrement saillie vers la rive opposée*, elles descendent au lleuve non suivant un plan incline, comme les précédentes, mais suivant un plan courbe, bombé, en segment de cylindre. Cette longue croupe- rocheuse^ est généralement calcaire* et plus ou moins couverte de végétation : d'un mélange de rocs et de buissons, d'abord, vers le bas, tandis qu'en haut s'épanouissent de belles futaies entre de verdoyants pâturages. Peu à peu les surfaces rocheuses gagnent du terrain, et finissent par remporter, plongeant droit dans le fleuve en pans verticaux rayés en bas de bleu et de jaune, et entaillés sur une ligne horizontale, à quelques mètres au-dessus de l'eau. Cette entaille, et les rangées de trous, horizontales aussi, qui la suppléent par endroits, son4: les vestiges de l'ancienne voie romaine^ (V. p. 21).

DANUBE

Au sortir du rapide de Jucz, il se resserre un peu encore*^', puis s'élargit ^ de nouveau, et continue à couler ainsi, entre des rives sensiblement parallèles^ (et non pas convergentes, comme l'indique à tort la Notice sur le D amibe Elles ne se rapproclient qu'à partir d'une île boisée située à la hauteur de Plavisevicza*^; non q ne le ileuve soit ici comprimé entre des falaises (cette expression de M. Boleszny n'est pas exacte) : du côté serbe seulement se dresse la croupe rocheuse que nous avons décrite (11. 1-4); mais à la saillie qu'elle forme correspond une saillie parallèle de la berge opposée

De l'une à l'autre extrémité delà section, la largeur du Danube est en moyenne de 400 toises^-^ (0 kilom. 758..). Sa profondeur est partout suffisante^*; de 20 pieds (6 m. 32..) en moyenne^'. Elle est de 25 pieds (7m. 90..) à la hauteur de Plavisevicza^^ De Plavisevicza en amont jusqu'à Milanovac, dans la section précédente, Hunfalvy donne pour profondeur maximum au chenal 29 pieds (9 m. 16..) contre 5 pieds 9 pouces (1 m. 81..) de profondeur minimum Il excepte sans doute le rapide de Jucz, où, d'après ses propres indications, c'est la profondeur maximum qui mesure

^ ïbid. — Boleszny, p. 56. — 2 j^otes personnelles. — ^ ibid. — Bolesznv, p. 56. — * Ibid- — 5 Notes personnelles. — 6 Carte au 1/75000. — ' Nagy, p. — » Carte au 1/75000. — 9 Donau, p. 15. — Carte au 1/75000. — Boleszny, p. 56. — Ibid. — 12 Carte au 1/75000. — Vâsârhelyi, p. li. — Szabo, p. 86. — Hunfalvy, II, p. 216. — 1^ Vâsârhelyi, p. 15. — Id., p. 14. — 16 Hunfalvv, IH, p. 206. — 17 ibid.

5 pieds 9 pouces, et la profondeur minimum n'atteint pas 4 pieds* (V. p. 137). Le plus souvent, la profondeur du chenal varie entre 12 et 16 pieds (3 m. 79.. et 5 m. 05..)-.

La pente des eaux, jusqu'à Plavisevicza (depuis le rapide de Jucz, bien entendu), sur une longueur égale (on l'a vu p. 183) à 5900 toises (11 kilom. 189..), est de 5 pieds 10 .lignes^ (lm.60..), ce qui donne 12 lignes 3.. pour 100 toises, et non 3 pouces 3 lignes, comme on lit dans M. Boleszny* (pente relative correspondante : 0,000143). Outre l'erreur, typographique sans doute, que nous venons de relever, il y a dans le livre de M. Boleszny vme faute d'impression qui ne permet pas de rien comprendre à la donnée de Fauteur sur la pente des eaux en aval de Plavisevicza jusqu'à la passe de Kazân^.

Somme toute, le Danube coule fort tranquillement dans la section que nous étudions; rien n'y gêne la navigation, sauf la nécessité, pour les bâtiments qu'on haie, de se maintenir, en certains endroits, loin de la rive^.

Un dernier fait, avant de passer à la section suivante.

Ilunfalvy estime qu'en amont de Plavisevicza jusqu'à la section antérieure, plus loin même, jusqu'à Szvinicza, l'altitude des sommets qui bordent le défilé varie de 487 pieds (153 m. et q. ch.) à 1497 pieds (473 m. et q. ch.) sur la rive hongroise, et de 629 pieds (198 m. et q. ch.) à 1889 pieds (597 m. et q. ch.) sur la rive serbe'.

DIXIÈME SECTION (V. CAUTE 17) Pas^se de K^azan.

L'ouverture en V, par où s'échappe le Danube, à l'extrémité de la section précédente (V. p. 142, 1. 13), constitue — le lecteur

1 Hunfalvy, III, p. 20G. — 2 ibid. — ^ Boleszny, p. 43. — * Und. — - Ihid. — 6 Vâsârlielyi, p. 15. — ^ Hunfalvy, II, p. "il7.

Je sait déjà — l'entrée de la passe (pass^ engpass^) de Kazàn% qu'on peut aussi définir un étroit (stromenge*, szorulat% szoros^), un défilé^ dans le défilé (qui se réduit ici à son minimum de largeur^). M. Boleszny l'appelle un (( KesselthaP ». Son nom s'écrit encore Kazan^^, Kasan^^, Cazan^-. Le Danube en occupe tout le fond*% sauf à de rares endroits Les pentes qui le bordent sont hautes ^% raides souvent presque perpendiculaires en partie rocheuses et forment alors des falaises escarpées -\ toutes droites^^, qui la plupart du temps plongent à pic^^ dans l'eau^*. Ces falaises, au relief pittoresque, sont rayées d'assises diversement colorées, et de leurs fentes s'échappent, en courbes gracieuses, de longues guirlandes de lierre '^. Ailleurs (partout où le roc manque), une riche végétation forestière (hêtres, noyers ou chênes) tapisse les flancs de la vallée L'efl'et d'ensemble est fort beau, et la passe de Kazàn a déjà provoqué plus d'un éloge enthousiaste. On la déclare à l'envi un site superbe-' — admirable — magnifique — le plus beau du Danube^^ — le plus pittoresque du défilé^* — du Bas-Danube — du Danube entier ^'^ — un site plein de grandeur^* — le plus grandiose du Danube — et (sous ce rapport) presque sans rivaP^. Quant au spectateur, il est « surpris*^' » « ravi^^ », c( transporté », « hors de lui », « saisi d'admiration » , « de respect » ; « son cœur se serre » , « son âme tombe en stupeur*^».

Le calme est absolu, dans la passe de Kazân; mais, à l'approche du steamer, les aigles qui, en grand nombre, nichent, par familles, dans le creux des rochers, s'élancent et planent, effarouchés, dans les airs*^ — C'est le matin, au printemps, qu'il fait bon de venir ici, avant l'heure où le soleil aspire le parfum des fleurs.

1 Boleszny, p. 22. — Heksch, p. 664. — Donau, p. 13. — 2 ^olesznv, p. 54. — 3 Vâsârhelyi, p. 14. — Szabô, p. 86. — Hunfalvy, II, p. 216. — Koch, p. 33. — Boleszny (Sz), p. 20, — Nagy, p. 243. — ^ Vilsârhclyi, p. 14. — Boleszny, p. 50. — Carte au 1/75000.— ^'Hunfalvy, III, p. 204.— ^Boleszny (Sz), p. 18. — Nagy, p. 242.

— 7 Lancelot, p. 80. — s Hunfalvy, II, p. 216. — » Boleszny, p. 54. — Thouvenel, p. 140. — Sazerac, p. 27. — Boleszny, p. 50. — Boleszny (Sz), p. 18. — Heksch, p. 664. — Donau, p. 13. ^ Carte au 1/75000. — Lancelot, p. 80. — 13 Vâsârhelyi, pp. 15 et 16. — Boleszny, pp. 45 et 54. — Donau, p. 13. — Nagv, p. 244. — Carte au 1/75000. — Szabo, p. 86. — Boleszny, p. 22. — Boleszny (Sz), p. 20.-16 Vâsàrhelyi, p. 15. — Boleszny, p. 45. — Boleszny (Sz), p. 20. — Boleszny, p. 54. —

Vàsârhelyi, p. 15. — Boleszny, p. 22. — ^o^vâsârhclyi, p. 16. — Boleszny, pp. 45 et 54. — 21 Vâsârhelyi, p. 16. — Boleszny, p. 54. — 2-2 îSagv, p. 2U. — '^-^'ibul. — 2* Ibid. — Vâsârhelvi, p. 16. — 25 Boleszny, p. 54. — 2<i ïbid. — -i" Ibid. — Hunliilvy, t. III, p. 204. — 29 Thouvenel, p. 142. — ^ONagy, p. 243. — Szabo, p. 86. — Hunfalvy, t. II, p. 216. — "^2 Boleszny, p. 50. — •'î-» Donau, p. 13. — Thouvenel. p. 142.

— Donau, p. 13. — ^6 Boleszny, p. 54. — 3~ Szabo, p. 86. — Hunfalvy, t. II, p. 216.

— ■•^'^ Vâsârhelyi, p. 15. — Boleszny, p. 54. — Nagy, p. 213, — Boleszny, p. 54.

i52 LE DÉFILÉ DU BAS-DANUBE.

La flore de la passe est très riche*.

Presque partout, la route Széchenyi, munie d'un parapet, rase le bord de l'eau, dont elle dépasse à peine le niveau^. Presque partout aussi-^ elle est creusée dans le roc*, qui parfois s'avance au-dessus en forme de plafonds Nous avons déjà dit (V. p. 20, 11. 30-31) que sa construction a exigé de grands travaux dans la passe de Kazàn. L'ancienne route, mauvaise et peu sûre^*, faisait un détour considérable^ à travers quatre montagnes^ et autant de vallées^. Parallèlement à la route Széchenyi, mais sur larive opposée, au pied^^ des falaises** du versant serbe*%on remarque les traces*^ importantes** d'un autre chemin*^ qui paraît avoir été également taillé*^ dans le roc*^ C'était la voie romaine*^, inutile de le dire. Dans la passe de Kazan, cette voie présentait le même aspect qu'elle avait en général dans tout le défilé et que nous avons indiqué plus haut (V. p. 22, 11. 3-5). D'après M. Nagy, du moins, elle était creusée dans le roc sur une largeur de 4 à5 pieds *^ (d'une toise, dit M. Boleszny-^), et, sur une largeur à peu près égale, surplombait le fleuve au moyen d'un plancher ^* complémentaire^'. Les poutres qui formaient cette espèce de balcon, disposées bout à bout le long de la falaise, reposaient sur d'autres poutres transversales longues à peu près d'une toise, fichées dans le roc à l'aide de trous quadrangulaires, et maintenues en outre par des arcs-boutants qui à leur tour s'appuyaient par leur extrémité inférieure à des entailles pratiquées également dans le rocher, une toise plus bas. La distance verticale entre le fleuve et la route n'était que de quelques pieds'^\ Les entailles où s'appuyaient les arcs-boutants, et les trous supérieurs destinés aux poutres transversales seraient encore visibles çà et là-*. 11 est certain que sur plusieurs points de la passe le pied des falaises de droite est marqué de grands -Hrous^^carrés-^ régulièrement espacés sur une ligne horizontale d'une assez grande longueur-^. Le défilé du Bas-Danube en a déjà offert des exemples (V. pp. 72 et 149). D'après une hypothèse reproduite par M. Lance-

1 Boleszny. p. 54. — ^Heksch, p. 665. — ^ Notes personnelles. — ^ Szabu, p. 86 — ^ Boleszny, p. 5i. — ^ Vâsârhelyi, p. 16. — " Szabô, p. 86. — «Vâsârhelyi, p. 16. — Szabo, p. 86. — 9 Ibid. ~ lo Lancelot, p. 8-2. —Nagy, p. 244. ~ Thouvenel, p. 140.

— 12 ibid. — Lancelot, p. 81. — Bolesznv, p. 54. — Nagy, p. 244. — i-^ Thouvenel, p. 140. — Boleszny, p. 54.— Nagy, p. 244."— Ibid. — Thouvenel, p. 140. — Lancelot, p. 81. — Bolesznv, p. 54.— Nagy, p. 241. — i« Thouvenel, p. 140. — Lancelot, p. 81. — 1' Thouvenel, p. 140. — Sazerac, p. 27. — Bolesznv, p. 54. — Nagy, p. 244. — 20 Bolesznv, p. 22. — 21 Nagy, p. 245. ~ 22 [d., p. 244. — 23 Nagy, p. 245.

— 24 id. p. 244. — 25 Sazerac, p. 27. — 2'3 Ibid. — Lancelot, p. 81. — 27 Nagy, p. 245.

— 28 Lancelot, p. 81.

lot, Jes trous de la passe de Kazân n'auraientpas eu tout à fait la destination que leur prête M. Nagy; ils n'auraient servi qu'à installer un plancher provisoire, indispensable pour commencer les travaux de la route (de simples barques n'auraient pas offert de points d'appui suffisamment solides, à cause du courant)*. Dans ce système, la voie romaine, une fois achevée et débarrassée de ses échafaudages, devait se présenter sous la forme d'une corniche encaissée tout entière dans le roc, — avec son sol soigneusement nivelé, — entre lafière courbure d'une paroi intérieure montant en surplomb au-dessus d'elle, et les bornes d'achoppement ménagées au sommet de son talus extérieur, lequel tombait à pic, non moins régulier, poli avec art, et, par intervalles, flanqué d'escaliers pour permettre de descendre jusqu'au 11euve^ D'autres pensent au contraire que la route formait balcon dans toute sa largeur, protégée par un toit comme certains ponts de nos jours, et supportée par d'énormes poutres horizontales, au maintien desquelles auraient servi, dans ce cas, les trous visibles encore, en partie, le long des falaises^. De quelque manière qu'ait été construit ce tronçon de la voie établie, comme on a vu (p. 21), d'un bout à l'autre du défilé — la question est encore à éclaircir, — on sait du moins qu'il a été construit sous ïrajan^ (d'où son nom de route Trajane, Trajan ùt^) en vue de la première campagne de Dacie^'. Des communications directes étaient nécessaires, par eau et par terre, entre les divers camps romains postés le long du Danube% et la passe de Kazan obligeait à un trop grand détour^. Trajan fît donc prolonger à travers cette passe la route de Tibère, qui s'arrêtait en amont ^ (M. Nagy nous semble faire un contresens en attribuant à Tibère les premiers travaux de la route dans lapasse de Kazân *^). Les ouvriers furent des soldats romains*^ Ici aussi, comme dans le reste du défilé, la principale préoccupation a été d'obtenir un chemin de halage*^ M. Nagy croit pourtant que le nouveau chemin fut employé surtout à des mouvements de troupes pédestres Quand s'ouvrit la guerre, en 101, il était déjà terminé L'année 101 ne saurait donc être la date de sa construction, qui a dû prendre, évidemment, un temps considérable.

1 Lancelot, p. 81. — ^2 Lancelot, p. 82. — ^ Sazcrac, p. 27. — * Lancelot, p. 81. — Szabo, p. 86. — Bolcszay, p 22. — Nagy, p. 241. — ^ Szabo, p. 86. — Nagy, p. 244.

— Ibid. — ~ Bolesznv, p. 55. — ^ Nagv, p. 24i. — » Boleszny, p. 55. — Nagy, p. 244.

— Lancelot, p. 81."^— Thouvenel, p^. 140. — Lancelot, p. 81. — i-^ Nagy, p. 245.

— 1* Boleszny, p. 55. — Nagy, p. 244.

Cette voie romaine en ruine, et, sur l'autre rive, la belle route Széchenyi, ajoutent singùlièment à l'effet produit sur le voyageur par les beautés naturelles de la passe. II se mêle ici au charme de la nature le sentiment de la grandeur de l'homme, capable de telles œuvres, et la poésie de glorieux souvenirs historiques ^ Ces souvenirs d'ailleurs ne se rapportent pas uniquement à l'époque romaine. Au point de vue stratégique, la passe de Kazàn est la partie la plus importante du défilé du Bas-Danube, et des combats y ont eu lieu (entre Turcs et impériaux) dont nous rencontrerons plus d'un vestige.

Les extrêmes d'altitude, pour les principaux sommets qui bordent lapasse de Kazân, sont fixés à 500 et 600 mètres" par les uns, à 1500 èt plus de 2000 pieds (474' et plus de 032 mètres) par les autres. Hunfalvy les évalue, pour les sommets serbes seulement, à 928 et 2345 pieds (293 et 74'! mètres. Hauteurs correspondantes au-dessus du Danube : 793 pieds = 250 mètres et 2210 pieds = 698 mètres)*. D'après la carte au 1/75000, le point culminant de la rive serbe atteint 768 mètres^. Cette rive domine l'autre, et cela, même en dehors de la passe, jusqu'à Plavisevicza^'.

La longueur de la passe a été estimée à 4500 toises "= 8533 m. et 4800 toises"^ = 9103 mètres. Sa vraie longueur paraît être d'environ 8800 mètres ^ (le bateau met une demi-heure à la franchir*^). IlunCalvy ne lui accorde que 3300 toises (6258 mètres et q. ch,)*Ml la fait commencer d'ailleurs tantôt (conformément à la réalité) en aval de Plavisevicza*% tantôt, par une étrange erreur, au rapide de Jucz

Presque partout, avons-nous dit, le Danube occupe toute la largeur de la passe. Or, celle du Danube ne dépasse pas, en moyenne, 100 toises "*('186 mètres), et se réduit même à 85 toises '^(461 mètres; — \vi Notice sur le Danube dit 165 mètres*^) sur un point (mais non sur plusieurs*'; encore moins se réduit-elle, sur plusieurs points, à 80 toises=151 mètres, comme le prétend M. Boleszny*®). La passe

1 Thouvenel, p. 112. — 2 Donau, p. 13. -— 3 Nagy, p. 214. — Hunfalvv, t. U, p. 217. 5 Carte au 1/75000. — «Hunfalvv, t. II, p. 217. — ' Vâsârhelvi, p. 15. — Szabo, p. 80. — « Bolesznv, p. 56. — Carte au 1/75000. — iOHeksch, p\ 66i. — Hunfalvv, t. III, p. 204. — i-^ id., t. II, p. 216. — 13 id., t. III, p. 204. — Vâsârhelvi, p. 15. — Szabo, p. ÎS6. — Hunfalvy, t. II, p. 216. — Bolesznv, p. 54. — Nagy, p. 213. — Vâsârhelyi, p. 15. — Szabo, p. 86. — Hunfalvv, H, p. 216. — *« Donau, p. 13. — Hunalvy, t. III, p. 204. — Bolesznv, p. 54. *

de Kazan est donc relativement étroite; elle marque même la partie la plus étroite du cours du Danube dans l'intérieur du défilé* (cette dernière restriction est à suppléer chez M. Nagy, qui Ta omise sans doute par inadvertance-).

RIVE GAUCHE

Au point où commence la passe de Kazân, les pentes de la rive gauche se rapprochent brusquement des pentes opposées qu'elles rejoindraient sans l'étroite ouverture qui sert d'entrée à la passe (V. p. 150). Cette saillie des pentes de la rive gauche barre la vallée du Danube sur une longueur de 500 mètres environ*. Elle est boisée du côté de Plavisevicza % comme les pentes qui la précèdent (V. p. i47, 11. 19-21), Dans l'intérieur de la passe, elle tombe à pic, et forme une falaise^ (de 3600 mètres de base'), face orientale du Tamantises ^ ou Grand Csukâr (pr. Tchoukâr. Variantes : Csukàrberg '\ Sukar mare^^, Sukaru mare^S Schukuru^% Sukuru^^). Les parois rocheuses foisonnent ici fortement inclinées ^% et même, en quelques endroits, perpendiculaires ou surplombantes^^. Des assises à inclinaisons variées les rayent jusqu'en haut^' de lignes tantôt droites tantôt courbes, et par endroits font saillie dans le vide comme des pierres d'attente : preuve de la façon capricieuse dont a dû s'opérer leur rupture Cette longue muraille tourmentée*^ commence par être du roc nu dans toute sa hauteur-^; l'entrée même de la passe se trouve ainsi bordée par une énorme^'^ paroi rocheuse dont le Danube baigne la base^*, et qui est formée d'un calcaire très propre à fournir de la chaux -^ Au pied de cette paroi, la route Széchenyi ''% qui l'entaille-^ en forme de terrasse,

1 Boleszny, p. 45. — 2 ^'agy, p. 243. — ^ Hunfalvy, II, p. 216. — Boleszny, p. 50. — Nagv, p. 243. — Carte au 1/75000. — ^ Ibid. — Notes personnelles. — Hunfalvy, II, p. 217. — 7 Carte au 1/75000. — « Hunfalvv, II, pp. 215 et 217. — ^ Boleszny, p. 50. — lODonau, p. 13.— Carte au 1/75000."— i^Boleszny, carte. — ^-Ud., p. 83.

— Szabu, p. 86. — 1- Ibid. — i«> Id., pp. 86 et 87. — 1^ Id., p. 86. — Bolesznv, p. 57.

— 18 Szabô, p. 86. -— 1» Hunfalvv, II, p. 217. — "^o Boleszny, p. 50. — Nagy, p.'^243. — Heksch, p. 664. ~ 21 Boleszny, p. 50. —22 Nagv, p. 2i3. — Heksch, p. 66i. — ^^Nagv, p. 243. — Heksch, p. 664. — Boleszny, p. 50.*^ — 2i Ibid. — 25 Yâsârhelyi, p. 15. — 2« Nagy, p. 243. — 2: jbid. — Heksch, p. 664. — 28 ibid.

serpente sur un soubassement de roc à pic S où l'on peut voir encore rhydromètre qu'y fît graver Széchenyi lors de ses travaux^ (V. p. 152). Les tournants successifs de la route offrent de beaux coups d'œil sur la section antérieure du défilé^.

Bientôt on atteint une grotte*, celle des grottes de la passe (à notre avis ; — la carte au 1/75000 la met plus bas) qui a nom Gaura Turkului^ (ou Turkuluj^ Turkuli *) en souvenir, évidemment, de quelque épisode des guerres turques (Gaura Turkuluj veut dire Grotte des Turcs, en roumain). Au delà, en suivant la route, on longe des fourrés que dominent d'énormes pans de roc : d'abord, vme paroi unie, se dressant, verticale, dans le ciel ; puis, séparé de celle-ci par une bande de verdure courant de haut en bas, un pic triangulaire à surface bossuée, qui se développe, à mesure qu'on avance, en un gigantesque mur lisse, un peu convexe, où surplombe, dans le haut, une voûte menaçante, reste probable d'un bloc écroulé^. On arrive ainsi à un petit delta ^; un ruisselet le coupe en deux, traversé par un pont où passe la route Cette eau sort d'une grotte voisine, qui s'ouvre au pied de la falaise couverte de buissons au-dessus de la grotte, — plus haut, rocheuse et nue, comme on le voit du bateau Cette grotte nouvelle est à 1200 pas environ de l'entrée de la passe ; elle a une autre ouverture sur le revers opposé du mont Csukàr^^, qu'elle traverse ainsi de part en part**, comme un tunnel natureP\ Son ouverture postérieure donne accès dans une vallée qui s'ouvre à l'ouest de Dubova entre ce village, le mont Csukàr et le mont Goletz c'est la vallée de Punyikova*\ La partie de cette vallée où aboutit la grotte est une sorte de petite plaine, Talpe (mezd rét-^) ou plateau de Punyikova-* (M. Szabô et Ilunfalvy d'après lui l'appellent aussi plateau^^ ou vallée de Dubova^^, noms qui s'appliquent bien mieux, qu'eux-mêmes appliquent, en d'autres passages^*, à une région voisine, le cirque de Dubova, dont il sera bientôt question. — Les mots « plateau de Dubova » ont été inscrits par erreur sur notre carte). L'endroit est joli; quelques pierres tombales désignent les

1 Notes personnelles. — 2 Boleszny, p. 50. — ^ Notes personnelles. — * Ibid. — ^ Szabô, planche IV. — ^ Hunfalvy, II, p. 217. — Carte au 1/75000. — ^ Notes personnelles.

— 9 Ibid. — ^0 Carte au 1/75000. — Notes personnelles. — 12 Boleszny, p. 50. — 13 Szabô, p. 59. — i^Boleznv, p. 50. — Szabô, p. 87.— Ibid. —i" Bolesznv, p. 51.

— 18 Szabô, p. 87. — Hunfiilvv, 11, 218. — Szabô, p. 87. — Hunl'alvv, II, p. 218.

— 20 Szabô, p. 87. — ibid.*^— 22 Szabô, p. 59. — Hunfalvv, II, p. 218^ — ^3 Szabô, p. 87. — 24 Ibid. — Hunfalvv, II, p. 218.

sépultures des soldats turcs ou chrétiens qui périrent ici pour la possession de la passe, dans la guerre de 1788. L'entrée de la grotte du côté de cette plaine est à un niveau bien plus élevé que l'autre^. Le tunnel que forme la grotte est donc fortement incliné^. Son sol est une succession de terrasses rocheuses* couvertes ^ de blocs énormes^, calcaires (la grotte chemine tout le temps dans du calcaire'). D'autres fragments plus petits appartiennent à des formations diverses, chromite, serpentine, gneiss, micaschiste, grès rouge, et proviennent du dehors, de la région qui s'étend derrière le mont Gsukàr^. On évaluait autrefois la longueur de la grotte à 400 toises = 0 kilom. 758.. environ'^ (d'après M. Boleszny, le chiffre réel ne dépasse pas 235 toises = 445 m. 67./^). Sa hauteur, qu'on croyait d'abord de 38 à 42 pieds seulement (12 m. 01..- 13 m. 27..) est de 15 toises = 28 m. 44.. à ses deux extrémités, et dans l'intérieur atteint par endroits 25 toises = 47 m. 41.. L'orifice inférieur a 10 toises de large (18 m. 96..), l'autre 5 (9 m. A8.,y\

Il règne dans la grotte une nuit profonde Du côté du Danube, la lumière n'y pénètre que jusqu'à une distance d'à peu près 25 toises (47 m. 41..). Au delà, un brusque tournant intercepte le jour, et il faut des torches

Il fait très froid dans la grotte; c'est par là surtout qu'elle est connue. Elle abrite d'innombrables chauves-souris^^.

Un ruisseau la parcourt dans toute sa longueur (celui-là même qui en sort pour se jeter dans le Danube. V. p. 156) : c'est le Punyikova^^. Il prend sa source sur les flancs du mont Goletz^^ (altitude : 800 m. 2556 pieds =807 m. 9 d'après M. Boleszny^* ; 808 m. d'après la carte au 1/300000, éditée, comme celle au 1/75000, par rinstitut géographique de Vienne). Il suit la vallée de Punyikova (V. p. 156), dont il fait tourner les moulins, et arrive ainsi au plateau du même nom (V. p. 156). Là, en temps ordinaire, il s'arrête, bu par le sable ou grès sans consistance qui compose la couche superficielle du plateau. Mais, quand il a plu, ou dans la saison des crues, le plateau ne pouvant l'absorber

iBolcszny, p. 51. — 2 Szabo, p. 59. — 3 ibid. — * Id., p. 87. s u., p. 59. — 6 Ibid. — Himfalvy, U, p. 218. — 7 Szabo, p. 59. — « Ibid. — Hunfalvy, II, p. 218. — 9 Szabo, p. 60. — Hunfalvv, II, p. 218. — lo Boleszny, p. 50. — Szabo, p. 60. — Hunfalvv, II, p. 218. — 12 Rolesznv, p. 50. — ^^Ibid. — Ibid. i^Szabù, p. 60. — Hunfalvy, II, p. 218. — Boleszny, p. 50. — i~ Boleszny, p. 50. — Id., p. 51. — Szabo, p. 59. — Boleszny, p. 50. — 20 Carte au 1/7500Ô. — 2i Boleszny, p. 50.

complètement, une partie de son eau continue à couler jusqu'à Fouverture de la grotte, et s'y engouffre. C'est ainsi que se forme le ruisseau souterrain que nous avons vu s'échapper de l'extrémité inférieure de la grotte pour se jeter à quelques pas de là dans le Danube (V. p. 156, IL 1G-48). Il dépose sur le sol delà grotte, tout en bondissant de terrasse en terrasse (V. p, 457,1. 5), divers débris de bois et de pierre amenés du dehors, d'assez loin même (nous avons déjà signalé ces débris étrangers parmi les puissants blocs calcaires formés surplace. V. p. 157, 11. 5-7)*. De proche en proche, ils sont entraînés jusque dans le Danube^ (en partie, du moins, dit Hunfalvy^^). Le ruisseau dépose aussi dans le Danube du sable* (sans compter, corrige encore Ilunfalvy, ce qu'il en laisse dans la grotte ''). Les pluies le grossissent souvent au point de rendre le passage à travers la grotte absolument impossible®. Ce passage offre d'ailleurs de grandes difficultés^ même en temps de sécheresse : il y a des creux pleins d'eau, où il faut se mettre à la nage; ailleurs, des blocs de rocher barrent la route ^. La traversée totale ne prend pas moins d'une heure ^. Plusieurs touristes déjà l'ont exécutée*^.

Voici comment M. Szabô explique l'origine de la grotte.

A un certain moment géologique, l'ensemble des couches calcaires qu'elle parcourt et qui alors n'offraient aucune solution de continuité, éprouva une poussée de bas en haut à la suite de laquelle celles de ces couches qui forment les parois latérales de la grotte, et qui étaient relativement faibles, se rompirent, et s'émiettèrent en une multitude de fragments de diverses grandeurs, suivant la ligne occupée par la grotte actuelle, tandis que la couche plus épaisse qui s'étendait au-dessus d'elles demeurait intacte. La fissure intérieure, allant d'un versant à l'autre de la montagne, fut envahie par le ruisseau qui porte aujourd'hui le nom de Punyikova, et, grâce à son inclinaison qui donnait beaucoup de force au courant, déblayée, évidée, transformée en grotte, avec, pour toit, cette couche plus épaisse qui était demeurée intacte. Mais l'eau n'entraîna ainsi au dehors que les fragments de moindre^ volume; les blocs les plus lourds restèrent à la place où on les voit encore (V. p. 157). Ces blocs portent d'ailleurs les traces d'une

4 Szab6, p. 87. — Hunfalvy, II, p. 218. ^ 2 Szabô, p. 87. — 3 Hunfalvy, U, p. 218.

— * Szabô, p. 87. — 5 Hunfalvy, U, p. 218. — « Bolcszny. p. 51. — Szabu, p. 87.

— SBolesziiy, p. 51. — « Ibid. — Szabô, p. 87.

LE DÉFILÉ l)L 1) AS-DAiM U BE. 159

action dissolvante due évidemment à de Tean chargée d'acide carbonique. En outre, M. Szabô a observé sur les parois mêmes de la grotte, aussi loin qu'il a pu les examiner, des excavations, qu'il explique également par l'action de Teau. Tout prouve qu'à une certaine époque, la grotte (du moins son extrémité inférieure, du côté du Danube) était jusqu'en haut remplie d'eau douce V Et ce fait confirme encore la théorie suivant laquelle le défilé du Bas- Danube aurait contenu, dans le temps, une masse liquide d'un niveau bien supérieur au niveau actuel du Danube^ (V. p. 8, 1. 32-p. 9, 1. 7). L'eau qui remplissait la grotte est cause qu'il ne s'y est pas formé de stalactites; du moins, dans le voisinage du Danube, elles manquent complètement (peut-être en trouverait-on vers l'autre extrémité de la grotte, au-dessus du point, où, dans ce cas, l'eau se serait arrêtée). Des commencements d'incrustations se remarquent déjà, pourtant, aux endroits que le torrent actuel ne peut atteindre^.

La grotte a été baptisée d'après ce torrent, qui la traverse, avonsnous dit, de part en part : Grotte de Punyikova (punyikovai barlang \ punyikovaer Hôhlc% Punicova llôhle^). C'est un lieu d'excursion pour les habitants d'Orsova. On vient y boire, en l'honneur de Széchenyi, dont le souvenir s'attache particulièrement à ces lieux. En 1835, lors des travaux de la route dans la passe de Kazàn (V. p. 452, 11. 6-7), il a séjourné quelque temps, avec son entourage, aux abords de la grotte, dans des baraques improvisées ; les creux de rochers servaient de caves. On avait môme de la musique, la bande tzigane de Kolozsvàr ayant été mandée pour la circonstance\

Au delà de la grotte, nouveau talus couvert d'arbres, le long de la route, et toujours, au-dessus, des falaises : d'abord, un grand mur lisse, avec une saillie en pointe, au bout, puis une autre paroi plus tachetée de broussailles^ abrupte, presque verticale; entre les deux, un immense cône d'éboulis, à peu près à l'endroit où le delta du Punyikova prend fin (en aval)^. Non loin de là (à 100 pas de la grotte) on distingue les traces d'une redoute^, souvenir des combats qui eurent lieu dans la passe de Kazàn durant les deux guerres austro-turques de 1692 et de 1788.

iSzabo, p. 59. — 2id., p. 58. — 3 rd., p. 51). — * Ibid. — Hunfalvy, II, p. 217. — ^Bolcszny, p. 50. — «Carte au 1/75000. — ' Bolcszny (Sz), p. 20. — » Notes personnelles. — y Bolcszny, p. 51.

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