‹ Le défiléChapitre 30 sur 41 · ROMAN A FAIRE · texte numérisé non relu

ROMAN A FAIRE

M"û Fournier, demeurant avenue d'Ivry, 106, dans des terrains vagues, près des fortifications, a été riche. Fille de commerçants, elle a reçu la meilleure éducation. Un vicomte la demanda en mariage et l'épousa. Les nouveaux époux partirent pour ritalie. Le mari mourut de l'autre côté des Alpes. Dans le même temps le père de la jeune femme, aj^ant fait de mauvaises spéculations, se suicida.

La veuve, sans enfants, retourna chez sa mère.

Celle-ci, quelques mois après, accepta la main d'un autre homme qui, bientôt, possédant la mère et mis en goût, désira la fille. L'infortunée résistait aux obsessions de ce lascif ; mais sa mère, cependant, la battait, étant jalouse.

Alors un ouvrier tailleur, qui habitait dans la même maison, lui offrit de la prendre pour femme légitime. Cet homme du peuple fut pour elle comme son salut.

La vicomtesse devint M™^ Fournier. Sa mère ne la frappait plus, son beau-père ne lui disait plus qu'il l'aimait. Deux années s'écoulèrent. Elle était, comme Marguerite, heureuse en cette pauvreté.

L'hiver terrible de 1879 est arrivé. Depuis deux mois l'ouvrier tailleur n'a pas de travail. Les économies ont été dépensées. M^^ Fournier a eu, en octobre, un bébé. Aujourd'hui, par suite des privations, le lait lui manque pour le nourrir.

Le couple est logé dans une hutte dont le sol n'est pas parqueté. La terre est gelée, et la glace pend, en sialactiles, au plafond mal joint. Pas de feu. La femme encore jeune, reste couchée pour tenir le bébé un peu chaud dans ses bras.;

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