‹ Le Délinquant Mineur en GrèceChapitre 7 sur 37 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

$ 6. — La PRÉVENTION (LA PROPHYLAXIE CRIMINELLE APPLIQUÉE AUX MINEURS) LES CAUSES GÉNÉRATRICES DE LA CRIMINALITÉ DES MINEURS ET LEUR PRÉVENTION è

La criminalité croissante des mineurs conduit ceux qui l’étudient à l'examen de ses causes profondes. Comme il est généralemént admis, les causes génératrices de l'accroissement de la criminalité des mineurs sont, d’une part, intérnes ou innées et, d'autre part, externes.

Nous nous proposons d'étudier ici brièvement ces causes de la criminalité et d'exposer en même temps notre opinion à cet égard.

A) Causes internes ou innées. — Par ce terme, nous entendons les impulsions ou inclinations innées qui existent chez le mineur au moment de sa naissance. De ces causes innées ou naturelles, il est impossible de donner une énumération limitative, on peut seulement en citer quelques-unes à titre indicatif. Les plus importantes d’entre elles sont : l’alcco- ? lisme des parents, les maladies héréditaires, parmi lesquelles la plus fréquente est la syphilis héréditaire. Les parents qui sont atteints d'une telle maladie (soit l’un d'eux, soit les deux ensemble), la

communiquent au sang de l'enfant et, par ] Ja circu-

lation, la maladie se répand ensuite dans l'organisme

entier. La conséquence en est l'infériorité du bébé

par rapport aux bébés sains. Cette infériorité se ma-.

nifeste non seulement par des troubles corporels,

mais encore par des troubles mentaux qui, souvent, conduisent à la folie. Les mesures préventives indiquées dans ce cas, ce sont des mesures d’eugénisme et de stérilisation à l'égard des parents avant la conception de l'enfant, et l'usage de piqüres de mercure ou de bismuth à l'égard des enfants, après leur nais-

sance. Sur l'efficacité de ces piqûres, les spécialistes,

au reste, ne sont pas d'accord. Et à supposer mênr qu'elles aient une utilité, d’autres mesures n e#sont pas moins à récoramander :

a) Il faut rigoureusement interdire de conclure un mariage sans qu'un médecin, spécialement chargè de cette mission ait donné, sous sa responsabilité, son avis sur l’état sanitaire des futurs époux. Cet avis revêtirait la forme d’un certificat officiel portant la signature du médecin et le visa du commissaire de police compétent. Et ce ne serait qu'au vu d’un avis favorable que le mariage pourrait être célébré par le prêtre.

b) Il doit être prévu des sanctions pénales à l'égard des personnes qui auraient tenté de conclure un mariage en violation des dispositions précédentes.

c) Il est nécessaire de distribuer l'enseignement populaire approprié en ce qui concerne le traitement futur de l'enfant qui présenterait une infériorité héréditaire, et cela par la création de centres pour enfants, ainsi que de maisons de secours rapide et de prévention.

d) Il est nécessaire de prendre des mesures d'eugénisme et de stérilisation.

ic ire, + opinions : se ee .

IL i correspond le mieux à la réalité - : que la tuberculose n’est pas héréditaire, étant communiquée exclusivement par les crachats. Mais nous dépässerions vraiment les limites que nous nous sommes fixées dans cette étude si nous insistions davantage sur cette question. - = Certains individus d'âge jeune présentent éga- ee lement parfois des téndanges « sadiques », manifes- tées par des actions criminelles à l'égard de leurs camarades ou à l'égard des anjmaux et plus parti- culièrement à Végard. d'êtres plus faibles qu'eux. Par exemple, ils se plaisent : à frapper leurs camarades ou à soumettre les animaux à des supplices cruels. C’est raid perversion que la psychologie pédagogique étudie sous le nom de «perversion sadique active», par opposition à la perversion passive ou Hiisochieme.

B) Causes externes. — En dehors de ces inclinations innées, il existe des causes extermes. Ces causes externes sont nombreuses et constituent avec les causes internes la source principale de la criminalité des enfants et des adolescents. Nous ne sau- Se. rions pas nous étendre ici longuement en ce qui les concerne ; nous nous Re orons néanmoins de donner une image des principales d’entre elles, celles qui exercent la plus grande influence sur la criminalité. Le facteur le plus puissant de la criminalité des mineurs est le milieu anti-social, le milieu cor-

rompu et propice à la criminalité. Nous entendons par là d’abord la corruption du mineur par imitation de la conduite des personnes qui sont les plus proches de lui. Des parents ivrognes, alcooliques et immoraux offrent le terrain le plus propice pour Île développement de la criminalité d’un mineur que pourrait sauver un placement dans une institution philanthropique.

Mais par milieu anti-social, nous entendons encore une autre chose : toute l'influence néfaste exercée par : la grande pauvreté, le taudis, la presse malsaine et le cinéma. |

C'est une vérité incontestable, que les facteurs économiques contribuent pour une large part au développement de la criminalité. Et il faut reconnaître que la presse et le cinéma n’ont, dans cet accroissement, guère moins de responsabilité que la misère et le taudis.

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