HIDE
garde-malade, il ne cesse de la menacer, menant grand tapage
avec ses acolytes, remuant les meubles, tirant la sonnette. Elle
s'enfuit chez une amie, puis se réfugie à la campagne, où elle reste sans amélioration pendant des mois.
Rentrée à Paris, elle fait des neuvaines, jeûne 40 jours, ne buvant qu’un simple verre d’eau. C'était, dit-elle, pour obéir aux suggestions de son amant ; par éducation elle serait plutôt libre-penseuse et par tempérament peu disposée aux pratiques religieuses, bien que la maladie, remarque-t-elle, incline toujours au mysticisme.
-Son esprit, que n’alourdissait plus la nourriture, était devenu plus
libre, elle savait comprendre et goûter l'imitation de J.-C.
Son père etses amis la font transporter à Sainte-Anne, d’où elle est envoyée à Vaucluse. « Je désirerais savoir, écrit-elle à M. le D' CHARPENTIER, alors interne du service (1), si M. K... est domicilié au 1% quartier femmes de l'asile ? C’est un être extraordinaire, dont l’action, toute-puissante sur le cerveau et sur l’organisme, lui permet de régir une foule par sa seule puissance de volonté. C'est plus qu’un hynoptiseur, puisque tous les êtres de Vaucluse sont ses sujets. Il m'a endormie par sa puissance magnétique en novembre 1901 et de ce fait m’a empêchéede me rendre à la Faculté de Médecine passer mon examen de sage-femme, ce qui a rendu mon stage de 2 ans à la Maternité tout à fait inutile. É
« Depuis longtemps je n’ai pu le voir, quoique je le sache domicilié ici et fréquemment près de moi. Je sais qu'il est en danger dans l'asile en raison de sa puissance même et des êtres qu’il immobilise dans un but moralisateur. Il exerce son pouvoir sur autrui comme sur moi-même par la transmission de pensée... J'ai écrit différentes lettres au Docteur à ce sujet ; n'ayant pu obtenir de réponse, je viens, Monsieur, vous renouveler mes demandes, espérant que vous ;consentirez à calmer mes craintes en vous occupant de la personne que je vous signale et à me faire part du résultat de votre enquête. »
C’est pour elle une certitude inébranlable que, depuis le jour où elle a reconnu sa voix, K... n’a pas cessé d’habiter dans son voisinage le plus proche : il était à ses côtés dans sa fuite chez
(1) Je remercie M.le D: Cnarpenrter pour son obligeance à me communiquer les lettres qu’il avait gardées de cette malade,