RARE, TER
Interné, « il écrit à nouveau de nombreuses lettres où il se plaint de ce qu’un officier, un fonctionnaire, soit mis en prison préventive dans un établissement du service de santé» et où il fait valoir de nouveau « ses droits au Ministère ».
L... ne présente pas d’antécédents héréditaires connus. Pas de stigmales physiques, pas de signes d’alcoolisme actuel. Excès de boissons pendant son séjour aux colonies. Il paraissait déjà quelque peu bizarre, étant au Tonkin, à ses camarades et à ses hommes. Mis en disponibilité, puis à la retraite, il finit par se croire le plus brillant des officiers français. Ce n’est plus un grade supérieur qu'il désire, c’est l'autorité suprême qui lui est due et que seul il peut détenir : le superlatif absolu traduit bien les prétentions de sa personnalité, son égocentrisme triomphant.
Par ses idées de grandeur, le roman qu'il ébauche d’une destinée qu’il arrive à croire plus réelle que laréalité même, il s'apparente aux délirants qui ne savent plus qu'interpréter les événements au gré de leurs sentiments intimes et de leurs convictions pathologiques.
Mais, pour faire aboutir ses prétentions, il multiplie tellement les démarches, les lettres, les manifestes, citant laloi et la constitution, faisant appel à tous les pouvoirs de l'Etat, que pour Senteux et CapGnas il est encore plus voisin des revendicateurs.
Et cette autre malade, dans quelle catégorie la ranger ? Son activité est prodigieuse; elle so présente munie de papiers, de certificats, de pièces légalisées pour justifier de prétentions d’ailleurs vagues et modestes; mais elle n’a cherché brusquement, vers 38 ans, à se faire une autre existence que par suite de certaines interprétations rétrospectives ; elle croit avoir été toujours la dupe des siens. Elle aurait eu maintes occasions de se marier sans les propos malveillants et les calomnies répandues à dessein contre elle. Elle s’en avise et
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commence à réagir juste à l’âge ou le regret du célibat s’aggrave de la crainte qu'il ne soit définitif.
OBSERvATTION. VI. — J...arrive à la consultation de laSalpêtrière envoyée par un bureau de mairie au cours des multiples démarches qu'elle à entreprises à Paris pour trouver une place.
C’est une femme de 30 ans, d'apparence vigoureuse. Le ventre proéminent fait penser à une grossesse avancée. Elle désire obtenir un certificat constatant qu'elle n'est pas enceinte, ce qui est exact.
Son père est mort à 62 ans « pours’être tourné les sangs après une émotion; sa mère a succombé aux suites d’un accident à 68 ans. Elle à un frère de 41 ans bien portant,mais fatigué; deux sœurs, l’une mariée,bien portante et sans enfants; l’autre, placée à Paris comme cuisinière, a une fille,
À 7 ans, J...est mise en pension chez des sœurs. Elle se plaint d’y avoir été très mal. Réglée entre 14 et 15 ans, elle fut très anémique vers 16 ans.
À la mort de sa mère elle resta 5 ans avec son frère à cultiverla terre. Ils eurent quelques différends et se quittèrent.
J... est persuadée que si elle n'est pas arrivée à se marier, c’est pour des questions d'intérêts, c’est par la malveillance de ceux qui convoilaient son héritage, par l’opposilion de toute sa famille et particulièrement de sa sœur.
A 20 ans, elle était courtisée par le neveu du tapissier. À 95 ans, un inconnu lui confia un soir de fêle qu’il voudrait s’établir avec une femme ayant des bâtiments. À 26 ans, il y eut un projet de mariage avec le neveu d'un homme sans enfants. Les choses trainèrent. Le neveu mourut d’un chaud et froid. L'héritage était perdu. A la mort de sa mère un horticulteur se serait présenté. Mais il aurait fallu dès ce moment faire le partage des biens.
Pendant le temps qu’elle passe avec son frère, elle est certaine qu'on s’est efforcé d’écarter les prétendants. Qui s’en est chargé ? le maire, l’instituteur, le maréchal, un maquignon, cousin de son beau-frère ? elle ne sait, mais c'était à l’instigation de sa sœur et de la famille de sa sœur. Elle a fini par sé lasser de cette situation. Elle travaillait pour son frère qui ne la payait pas, bien qu’il eût fait une promesse écrite, Alors, on a partagé héritage, mais J... a