PREMIÈRE PARTIE
Introduction historique
En février 1852, Lasèeue publiait, dans les Archives générales de médecine, un mémoire dès lors célèbre sur «le délire des persécutions ». Groupement nouveau empruntant ses cas à la fois à la lypémanie et à la monomanie d’Esqumoz cette clas=
-sification était fondée sur le caractère systématique du délire en même temps que sur la nature des idées pathologiques qui le constituent. En effet, « il ne s'agissait pas de ces idées de persécution plus ou moins confuses que l’on peut rencontrer d’une façon épisodique dans le délire alcoolique, dans les états maniaques, dans la démence sénile, l’épilepsie ; dans la forme qu’il étudiait, le délire de persécution organisé en système constituait à lui seul toute la maladie (1) ».
Malgré l'importance de cette distinction, des cas très disparates restaient confondus. Lasèque notait lui-même que le délire tantôt ne se constitue qu'après une longue période prodromique et tantôt apparaît systématisé d'emblée, qu’il peut être de forme chronique ou curable, que sa marche est parfois intermittente : c’était reconnaître qu’en faisant un seul groupe de toutes ces psychoses il n’avait pas tenu compte de leur évolution. D’autre part, il se contente d'indiquer que le délire peut. ou non s’accompagner d’hallucinations; « l’hallucination de l’ouïe, dit-il, n’est ni la conséquence obligée,
(1) Macnax et Serreux. Le Délire chronique à évolution systématique. Encyclopédie Léauté, p. 14.