‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 106 sur 234 · OBSERVATION XLIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLIV

L.1 femme et le mari. — Persécutions imaginaires. — Vol d'une fortune.— Idées de grandeur. (Muret, Obsero. inid.)

Madame X..., àgôe de quarante-cinq ans, appartient à une famille entachée d'hérédité morhide. Elle est depuis trois ans dans un établissement d'aliénés. Son délire de persécution, qui se généralisa en très-peu de temps, reposait d'abord sur cette conviction maladive qu'un sieur P..., son voisin, lui avait changé son nom, atîn de s'approprier une Irès-grande fortune dont elle devait légitimement hériter. De h\, des récriminations violentes et des querelles entre voisins.

Madame X... crut bientôt que tout le monde s'occupait d'elle, qu'on la suivait, qu'on la montrait du doigt, que P.., était l'auteur de toutes ces manœuvres hostiles, et qu'il avait intérêt à être renseigné sur toutes ses actions.

Dans l'établissement où elle fut placée, la malade raconta là qui voulut l'entendre combien elle était malheureuse d'être ainsi dépossédée de sa fortune et d'être, en outre, poursuivie par les incessantes méchancetés de P..., le ravisseur de ses biens. « On lui lance secrètement les plus grossières injures, on lui reproche d'avoir tué son enfant » , etc., etc.

Au bout d'un an, madame X... s'imagina qu'elle était appelée à de grandes choses. « Elle était en rapport avec l'impératrice à propos de l'installation de vastes hôpitaux... La plupart des beaux monuments de Paris et de la province

ont été conçus et exécutés d'après ses plans Elle est

décorée. y>

Août 1871. — Le délire continue.

Mari de la précédente.

M. X..., d'un niveau intellectuel peu élevé, n'a jamais

rien pu faire. 11 a commencé d'abord par n'ajouter aucune foi à toutes les allégations de sa femme, mais il s'est ensuite rendu « à l'évidence v. 11 affirme que madame X... est très-intelligente; que tout ce qu'elle dit est parfaitement exact; que P... a changé le nom de sa femme dans le but de lui soustraire sa fortune, et qu'il la fait surveiller nuit et jour; que les avoués et les avocats se sont entendus pour refuser de faire valoir leurs griefs contre P...; que sa femme connaît bien mieux les affaires que les avoués et les avocats, etc., etc. — M. X... va importuner tous les hommes de loi et a déjà dépensé beaucoup d'argent en consullafions juridiques.

La plus grande analogie, on le voil, existe entre cette observation et la précédente.

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