‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 115 sur 234 · CHAPITRE SlMliMH · texte numérisé non relu

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mont scandaleux dont madonioisellc X... avait été victime, et le magistral de lui dire : « M" li .., avant l'audience de demain, causez avec votre cliente et amenez donc la conversation sur V électricité, n Le conseil était sage, l'avocat le suivit, et tout l'échafaudage de sa plaidoirie croula eu un instant !

015SKRVATI0N LI.

La mère ci la fille. — Fils idiot. — Délire de persécution. — Hallucinations de l'ouïe. — Cliangcments de domicile. — Idées de suicide chez la mère et l:i fille. — Tenlative commiiiie d'asphyxie.

— Insuccès, — Pendaison et mort de la fille. — La mère (>ssayo de se suicider par asphyxie et |)ar empoisonnement; elle échoue. — Isolement dans une maison de santé. — Mornes idées délirantes.

— Troisième te ilative de s:iicide. — Hallucinations de l'odorat. — I)issii:adatio;i. (Semelaijjiie , Oùserv. inécl.)

Mariée à son cousin germain, dont une sœur est aliénée à l'asile d'Auxerre, madame Bu... en a eu deux enfants, un fils idiot, âgé de vingt-quatre ans aujourd'hui, et que ses parents ont toujours laissé chez sa nourrice, où ils ne l'ont jamais vu qu'une fois, et une tille, de caractère doux et bon, qui ne reçut qu'une instruclion médiocre.

Retiré des affaires avec une belle fortune, M. Bu.. .. mourut bientôt en province; sa femme, vivement alTeclée de cette perte, revint avec sa fille demeurer à Paris, d'abord boulevard Beaumarchais, où, il y a deux ans au moins, elle fut déjà l'objet de regards équivoques. S'élant transportée dans une maison qu'elle possède boulevard Saint-Michel, elle a été le point de mire constant des locataires et du concierge de la maison d'en face, surtout en mai et avril. Klle partit alors pour V..., qu'elle quitta ensuite pour trois jours, avec sa tille. Le jour de son départ [\\\ juillet 1869), elle ressentit d'autres symptômes physiques. Kilo quitta froidement sa belle-sœur, à qui sa fille négligea de faire ses

adieux. A Paris, les phénomènes morbides augmentent ; regards blessants, secousses électriques, suppression de deux époques menstruelles. On allait dire, on disait quelle était enceinte; on faisait au-dessus de sa chambre, la nuit, des bruits étranges.

Le 15 août, départ pour Rome avec sa Olle. Voyage pénible pour madame Bu... Elle s'arrête à Orange, y consulte un médecin, qui l'engage à taire ses préoccupations pour ne pas se faire moquer d'elle. A Marseille, elle éprouve les mêmes fausses perceptions dans un hôtel, puis dans un couvent 011 elle s'est réfugiée. Retour à Paris, d'où elle repart le même jour, pour y revenir (elle ne se souvient pas du jour) tin septembre. — Même obsession. On les épie, elle el sa fille, on les montre au doigt dans la rue. Cependant elle va faire les comptes de son débit de liqueurs rue Saint- Honoré. En novembre, elle se réfugie boulevard Beaumarchais, puis une nuit à l'hôtel des Trois-Pavillons, sans pouvoir échapper tà ses persécuteurs. De guerre lasse, elle revient chez elle, où elle passe les nuits tantôt dans son fauteuil, tantôt à terre sur un matelas, pour dépister ses ennemis.

Une dizaine de jours avant la catastrophe, sa fille, mademoiselle Marie, commence cà son tour à s'apercevoir qu'on la regarde d'une façon singulière; un jour, elle entend quelqu'un dire : Elle a l'air Sa mère et elle ne prennent

plus qu'une nourriture insuffisante; on les glace, on leur donne des frissons; pour se réchauffer, elles partagent le même lit. En outre, on serre la tête de madame Bu..., on lui fait sauter le cœur, rcstomac; les organes génitaux éprouvent aussi des mouvements singuliers. Tontes deux se décidèrent alors à mourir. On ne sait à qui en vint la première idée, et les explications de madame Bu... ne sont pas claires sur ce point. Toulefois, elle dit y avoir songé dès qu'on s'attaqua à sa fille.

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