CHAPITRE SIXIÈME
l'àgc de onze ans , avait essayé de se couper ja gorge avec un rasoir et qui ne clierchail même pas à en dissimuler les liorriljles cicatrices. Bien résolue à en finir avec la vie, il demeurait évident pour nous que la malade reconnnencerait ses tentatives de suicide. Aussi, lorsque la lamille demanda sa sortie, nous dûmes, M\\. Calmeil , Ch. Loiseau et moi, nous y opposer d'une manière formelle. L'ambassadeur intervint auprès de M. le préfet de police, et toutes les difticullés furent levées. Deux mois après, miss W... avait pu prendre sur ses deux sœurs un tel ascendant, qu'elle les décida à mourir avec elle : les trois jeunes filles s'asphyxièrent.
Deux malades de l'asile Saint- Yon , mesdetnoiselles L. observées par AI. G. Doutrebenlc, présentent au physique et au moral des types similaires. Elles ont toutes les deux des tendances au suicide. Leur père s'est suicidé.
AL Aloreau (de Tours) tient le fait suivant d'Esquirol : Trois frères s'étaient suicidés dans l'intervalle de quelques années. Restaient un qualrième frère et une sœur. Une fortune brillante, les rares qualités, la tendresse, le dévouement d'une épouse adorée, trois enftinls qui donnaient les plus llatteuses espérances, assuraient à AL un rang honorable dans le monde et lui promettaient le bonheur, jiiais n'étouffaient pas dans son cœur le germe empoisonné de l'affection terrible qui l'avait privé de trois frères I Plus malheureux encore que ces derniers, AL
consumé sourdement par le mal héréditaire, jugeait, appréciait son affreuse position. Il vint un jour consulter Esquirol : " Je ne puis, lui dit-il avec sangfroid, me défendre des plus noirs pressentiments; je sens intérieurement que je dois finir comme mes pauvres frères; je suis pressé par des idées qui finiront par l'emporter sur moi-même et sur les soins de mon épouse. " Peu de temps après, il se donna la mort.
La sœur n'échappa point à la maladie commune , el se suicida.
Sans rien affirmer d'une manière positive, je crois que le délire des persécutions, lorsqu'il s'accompagne d'idées de suicide, se transmet plus fréquemment et exerce une influence beaucoup plus grave sur la descendance du malade. Je n'ai encore par devers moi que quelques faits, mais ils sont probants.
De la contagion.
On croit en général, dans le monde, au caractère essentiellement contagieux de la folie, et l'on s'étonne qu'il puisse se rencontrer des médecins, des religieuses, des surveillants et des infirmiers pour prodiguer à nos malades les soins que réclame leur étal. On cite à l'appui de cette opinion quelques faits très-tristes, il est vrai, mais l'on oublie tou-