CHAPITRE SEPTIÈME
terrifié, trcmblanl; il a peur des menaces sous le coup desquelles il se trouve et dont il va éprouver l'effet. M. Lasègue le compare à un prévenu, tandis que le persécuté serait le condamné.
Hallucinations de la vue cl de l'ouïe.
L'alcoolisé subaigu a des hallucinations de la vue, hallucinations mobiles, effrayantes, tout au moins étranges. Il voit des hommes, des femmes vêtus d'une façon plus ou moins bizarre, des animaux qui le menacent ou s'attaquent à lui, des cadavres, des spectres, des llammes , des poudres éblouissantes; il assiste à des scènes de carnage, il voit s'entr'ouvrir le plafond, les murs de la chambre; il ressent des brûlures, des effets électriques; il voit des incendiaires chez lui, etc., etc. Celle énumération montre combien ces hallucinations diffèrent de celles des persécutés, qui portent principalement sur des faits de l'ordre intellectuel : calomnies, complots, machinations, pièges tendus pour nuire moralement, etc., et qui ne sont perçues que par l'ouïe. De plus, chez le persécuté, le délire se limite, l'ordre d'idées auxquelles il se rapporte est toujours le même pour le même individu; celui qu'on calomnie est toujours calomnié, celui que la police poursuit songe toujours à fuir la police, et il
est loin d'en èlre de môme pour le délire alcoolique : là les impressions sont fugaces, mobiles, incohérentes, el souvent se succèdent les unes aux autres avec rapidité en révélant des caractères bizarres, même incroyables.
Ainsi donc, persécutions de l'ordre moral, tendance aux idées tristes, mais exemptes de terreur, avec hallucinations de l'ouïe et circonscription du délire sans caractère de bizarrerie, voilà les traits caractéristiques du persécuté ; persécutions physiques terrifiantes , avec hallucinations de la vue et de l'ouïe; nîobililé et bizarrerie du délire, tels sont ceux de l'alcoolisme subaigu.
La diflerence frappante que nous signalons est bien mise en évidence quand un malade atteint du délire de persécution s'est livré à des excès alcooliques au point d'avoir un accès d'alcoolisme. Le parallèle offert ainsi par un même individu à l'observateur attentif est extrêmement intéressant, tant il est facile le plus souvent de distinguer ce qui est dii au délire propre et ce qui lient à l'action toxique. L'observation suivante, empruntée encore à AI. Lasègue, est frappante sous ce rap[!orl.