CHAPITRE NEUVIÈME
tembic, lorsque je fus chez elle, quelle était dans l'état de prostration, elle était sous l'influence magnétique, elle avait été ou magnétisée par le professeur de la science même, ou par suite de la persécution et d'avoir été harnachée, elle pouvait être magnétisée ,. et l'on pouvait, en jouant aussi impunément avec la vie de cette infortunée créature humaine, arriver à Thallucinalion qui en est l'état voisin de la folie; or, je dis : Ce sont des moyens que la justice divine condamne et que la morale réprouve, et je suis d'autant plus surpris que je l'ai recommandée à la bienveillance de Son Excellence le ministre la justice, et j'ai porté également an Siècle, le II du courant, et j'avais prolesté en outre au commissaire de police de mon quartier, parce qu'on l'avait calomniée, ainsi que moi, d'une manière infâme, et je repousse à l'avance avec mépris pour elle et pour moi, contre toutes diffamations qui ont outragé cette femme, et je proteste énergitiuement et de toute la force de mon àuie contre tout ce qui nous a été fait, et ce que l'on pourrait encore lui faire, et je le réitère : c'est au nom des lois divines et humaines et celles existantes que je proteste : 1° contre la violation de la liberté de conscience; 2° de la violation de la liberté individuelle; 3° excitation à la haine et au mépris des citoyens les uns contre les autres; 4° contre cet outrage fait à la famille et à elle; 5» contre la perséculion sur la voie publique, G" diffamations et injures faites publiquement; 7" atteinte aux mœurs et à la morale publique; et si vous ouvrez le Code, monsieur le commissaire, vous trouverez au Code pénal et d'instruction criminelle de quoi vous renseigner sur la protestalion que je vous adresse; il est regrettable de voir qu'un magistrat se compromette d'une façon semblable, et ce n'est pas sans un profond regret que je mets la main à la plume pour vous en faire un aussi triste récit; c'est odieux, c'est infâme, vous empêchez à
cette femme tout moyen de défense, vous en avez abusé en nous désunissant, afin d'agir selon vos désirs; l'opinion publique est émue, j'entends des choses qui me font frémir," et l'on a beau démentir le contraire , il y a un vieux proverbe qui dit : Il n'y a pas de feu sans fumée. Ah! je comprends : vous voulez un mariage morganatique, et pour réparer l'outrage fait à celte infortunée, vous la fiancez à un de vos agents, comme pour réparer le mal causé; alors vous la surprenez, vous voulez la contraindre après en avoir abusé à cire l'épouse légitime d'un homme qu'elle ne peut que mépriser toute sa vie en y réfléchissant, ne s'apparlenant pas; vous en disposez, vous violez en elle lu conscience; après l'avoir dominée, vous la réduisez à la soumission scrvile, et vous voulez faire le malheur de sa vie entière, tandis qu'elle pouvait être heureuse, j'ose l'affirmer
. . . Or, comprenez-vous pourquoi je défends une femme outragée, une femme qui m'aimait, une femme qui a été pour moi d'un dévouement sans bornes, une femme qui s'était engagée, et qui m'a dit avant que vous nous désunissiez : Ce que j'ai fait pour vous je le ferais encore, et tout le temps qu'il le faudra; or, comment se fait-il que cette infortunée puisse me haïr à présent? C'est parce que l'on a manœuvré habilement; l'on a dit à cette femme : Il vous a fait des cadeaux, c'est pour se servir de vous; c'est un homme qui a vécu de commerce illicile , de mauvaises passions, de mœurs mondaines; il vous perdra. Je repousse avec mépris, monsieur le commissaire, de pareilles calomnies , et je proteste encore et pour elle et pour moi ; j'ai aimé celle infortunée el je l'aime encore, et vous ne pouvez ni'empéchcr de la défendre ni de me ravir son cœur; je la traitai comme femme légitime, ma chère amie ou madame.