‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 177 sur 234 · CHAPITRE XEUVIÈMIÎ. 37J · texte numérisé non relu

CHAPITRE XEUVIÈMIÎ. 37J

que vous avez la cruauté de tourmenter ainsi que moi. Vous mettez tout en usage pour faire tomber des infortunés sous votre domination. Les conseils de votre monstrueuse assemblée ont tout prévu, et vous avez, par vos infâmes lois, pourvu à tous les obstacles que vous craigniez de rencontrer parmi les hommes. Vous vous faites un jeu de braver tout ce qu'il y a de j)lus sacré, l'honneur et Ja religion. Vous regardez ces palladium de notre bonheur comme impuissants auprès de votre invisibilité, seul garant de votre sûreté. Vous jetez le ridicule sur les principales sources du bonheur de toute société, parce qu'elles nous préservent de tous vos affreux principes, et qu'elles combattent par la subliuiité de leur ascendant. En jugeant des maux d'autrui par ceux que vous m'avez fait souffrir, je peux me convaincre du n)al que vous pouvez faire endurer à ceux qui n'ont pas, connue moi, appris à connaître toutes vos perfidies, et qui atlribuenl leurs maux à une cause différente... Ah! si du moins je souffre autant queux, j'ai l'avantage de connaître d'où partent les coups qui me frappent. Monstres, perturbateurs du repos et du bonheur du genre humain,' Dieu m'a donné un cœur pur, un cœur ennemi du crime,' qui sait, dès le premier moment de votre apparition, vous connaître et vous apprécier. Je veux à chaque instant, dans l'horreur qui m'anime, vous dévoiler aux yeux de l'univers ; mais, soit que l'indignation que vous m'inspirez trouble mes esprits, ou que la crainte de produire trop d'effroi dans laine de ceux que je veux éclairer retienne ma pensée, les expressions expirent en sortant de ma bouche, et je sens que ma faiblesse raninie et redouble votre audace. Je ne puis taire qu'étonné quelquefois d'un courage que viugl-trois années de malheurs ont uns à l'épreuve, vous ne m'accordiez par iutervalles un peu de relâche à vos persécutionsmais à peine suis-je rendu à moi-même que vous recom-

menccz vos indignes vexations. Vous lancez les cruels émissaires qui sont chargés de vous l'aire des prosélytes, pour me proposer ce que tout autre, qui ne serait pas autant en garde que moi , pourrait accepter ; mais je refuse solennellement vos offres, elles alarment ma piété et ne font que tourmenter ma conscience, .le préfère mille fois la mort plutôt que d'acheter aux dépens du salut de mon âme la liberté que vous m'offrez. Je brave les menaces que vous me faites. Ma seule crainte est d'offenser Dieu, au nom duquel doivent frémir les émissaires envoyés par vous pour me séduire. Je sais que mes refus vous irritent et vous acharnent à me poursuivre pour satisfaire votre vengeance : voilà pourquoi vous occupez ma tête et la fatiguez de tant de pensées diverses , qu'elle ne peut en suivre une sans qu'elle semble être privée de ses facultés inlcllcctuclles. Vous me privez aussi, par vos ruses, de l'avantage d'exhaler contre vous les plaintes nécessaires au repos que je désire recouvrer pour moi et pour les infortunés qui souffrent comme moi; mais je rendrai tous vos efforts infructueux. Je compte assez sur l'indulgence des honnêtes gens 4^0 ur croire qu'ils ne verront dans cet écrit que la pure vérité de ce que j'ai éprouvé, et qu'ils ne vous donneront pas le plaisir de critiquer l'ouvrage d'un homme qui n'écrit 'pas pour paraître savant, ni pour courir la carrière des poètes , mais purement et simplement pour essayer, par les expressions de la vérité, de persuader les malheureux, et qui n'écrit que pour être utile. Mon Dieu! pardonnez-moi ces imprécations, elles ont un peu soulagé mon àme du poids qui l'oppresse.

Berbiguier se charge de nous apprendre à quels moyens ses ennemis ont recours :

Mes ennemis ne se contentent pas de consulter l'astronomie pour me nuire , la physique les sert aussi dans leurs

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