CHAPITRE NEUVIÈME
projets infernaux ; ils ont une machine électrique qu'ils ont disposée dans les nuages, et à l'aide de laquelle ils font éclater la foudre et fondre les orages; c'est en se servant de cette machine qu'ils incendient les fermes , les granges , les maisons et les châteaux; c'est avec sa roue de cristal qu'ils font tomher la grêle et la neige.
igiiicr n'abandonne pas cependant tout espoir, et il compte sur l'effet immense que va produire la publication de ses trois volumes sur les empereurs, rois, princes et souverains.
Ces représentants de Dieu sur la terre, dit-il, me
favoriseront dans mes opérations. Ils feront bùlir des cheminées assez grandes pour y étabhr les fourneaux aiiti-farfadécns; ils fourniront à leurs frais le soufre, le sel, les cœurs de bœuf, les foies de mouton, les aiguilles, les épingles et tout ce qui est reconnu pour contrarier la race infernale; alors on pourra faire en grand ce que je n'ai pu faire jusqu'à présent qu'en petit, et au lieu de tuer les farfadets par centaines, ils tomberont sous nos coups par milliers.
Berbiguier termine enfin son ouvrage. Ses dernières lignes sont une prière :
0 mon Dieu , que d'actions de grâces n'ai-je pas à vous rendre! Malgré les farfadets, mon ouvrage est terminé. Mes cruels ennemis se désespèrent. J'irai hicntôl offrir à tous les journalistes deux exemplaires de l'ouvrage qui doit m'immortaliscr... Dieu du ciel et de la terre, bénissez mon travail. Donnez-moi la perspicacité de deviner, lorsque le corbillard porte les reste., d'un farfadet , que le mort appartenait pendant sa vie à cette race infernale... Faites que par la vente de mon ouvrage je puisse récupérer la fortune
de mon oncle dont les farfadets m'ont privé, et ajoutez à ma gloire acquise celle que je dois encore acquérir en vous restant dévoué.
Je clos ce chapitre des écrits par la publication d'une lettre bien touchante, et dont la date est encore récente.
Les événements impriment un caractère et une couleur au délire. Mon jeune correspondant, en me faisant part de l'influence fâcheuse que les crimes de Tropmann avaient produite sur son intelligence, ne se doutait certainement pas que j'avais pu voir pendant plusieurs mois, au Dépôt municipal des aliénés, un grand nombre d'individus aflblés de terreur au récit des épouvantables forfaits de Pantin. Le nom de l'assassin revenait constamment dans les conversations des aliénés 1
Mais lisons :
Paris, févn'pj- 1871.
Monsieur,
Ce n'est pas sans hésiter que je me décide à vous écrire, car je me trouve assujetti depuis un an déjà à une bien douloureuse affection. J'ose espérer que je trouverai en vous un bienfaiteur, et je vous assure que vous rendrez un jeune homme et une veuve triplement heureux. Je vais être franc à votre égard : je vais vous avouer une chose que je n'aurais même jamais confiée à mon plus intime ami.
Je prie Dieu d'être compris et exaucé.
Je suis atteint d'une affection au cerveau qui me rend très-malheureux ; je me suis fait des illusions très-différentes sur la cause de ma maladie. J'ai cru trouver dans quelques