‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 204 sur 234 · V. SI.MULATIOX · texte numérisé non relu

V. SI.MULATIOX

Considérations médico-légales générales.

On a vu par rénumération et la discussion des très-nombreux faits qui précèdent, que le délire des persécutions, beaucoup plus encore que la plupart des autres variétés d'aliénation mentale, soulève de graves questions médico-légales. Et d'abord, il importe de distinguer ce délire sous deux points de vue différents : 1" comme An'sant partie de l'ensemble symptomatologique d'un certain nombre de vésanies; 2" comme constituant lui-même une forme spéciale fréquente d'aliénation mentale.

1" Les individus adonnés aux boissons alcooliques, quelques paralysés généraux, les imbéciles, certains enfants, ou les vieillards dont les facultés intellectuelles sont affaiblies ou qui ont eu des attaques apoplectiques, symptomatiques d'un ramollissement du cerveau, présentent souvent des idées de persécution. Dans ces diverses catégories, le délire

lie persécution n'est qu'un épipliénomène variable dans son apparition, son intensité, sa durée, etc. Les actes perpétrés par ces malades sont donc singulièrement sujets à discussion, s'ils ne sont pas • entièrement couverts par l'immunité pénale. Il suffira le plus souvent de remonter à la cause du délire pour résoudre le j)rol)lèmc posé. Nulle hésitation n'est possible pour le paralysé général , qui, sauf le cas de rémission absolument complète , est toujours en démence au temps de l'action, et rentre d'emblée dans cette catégorie d'individus indemnes que protège l'article du Code pénal. N'en est-il pas de même pour les faibles d'esprit ou les imbéciles? Le doute n'est permis que pour les alcoolisés. Toutefois, une étude quelque peu attentive de ces malades— je dis malades sans me porter juge, au point de vue moral, des désordres physiques et moraux que leurs excès ont occasionnés, — fera aisément reconnaître que chez eux It^s divers systèmes organiques sont altérés, les facultés intellectuelles profondément perverties. Quel est lo médecin qui, d'après l'examen de la physionomie, de l'allure d'un homme, ne pourrait affirmer des habitudes alcooliques, et partant une dégradation physique, une déchéance intellectuelle? Or, lorsqu'à ces symptômes physiques et psychiques viendra s'ajouter le délire de persécution, il ne sera pas difficile de démontrer la caducité de l'acte civil — contrat, vente, marché, — consenti par un semblable malade.

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