‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 209 sur 234 · CHAPITRE OVZIKVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE OVZIKVn

S'il s'agit maintenant d'un cercle restreint d'action morbide, je pense qu'un moyen mixte de répression doit intervenir, et qu'un article additionnel pourrait compléter Iructueusement la loi du 30 juin 1838, en ordonnant la création d'un établissement central uniquement consacré aux malades poursuivis |)ar la justice, ou tout au moins l'ouverture, dans les quatre principaux asiles publics d'aliénés de France, d'un quartier spécial. Une condamnation n'aurait point préalablement frappé ces individus. On tranquilliserait ainsi les consciences, on donnerait à la sécurité publique toutes les garanties désirables, et une détention de cette nature mettrait de plus les familles à l'abri du désbonneur.

Les malades atteints de folie partielle — du délire des persécutions, par exemple, — et ayant commis des actes justiciables des tribunaux, seraient donc, après information judiciaire et enquête médicolégale, coinluils dans l'établissement central ou dans les quartiers spéciaux des asiles désignés, et l'autorité, en tlxant le temps de la séquestration, pourrait prendre pour base la durée de la peine encourue.

L'h'Iat entretient à grands frais, dans les colonies agricoles et pénitentiaires, douze mille enfants ayant eu des démêlés avec la justice. Ces jeunes prévenus ont agi sans discernement, cela est vrai; mais leur acquiltenicnt ne peut aboutir qu'à une séquestration plus ou moins prolongée dans un établissement spécial. Que Ton décrète quelque chose d'analogue pour

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les aliénés dont la culpabilité a été partielle, et Ton

accon)|)lira ainsi une bonne aclion.

Le médecin légiste chargé de l'examen d'un criminel atteint de folie doit, avant de rédiger son rapport, pénétrer avec un soin scrupuleux dans la vie intime du prévenu, analyser ses actes antérieurs, les tendances habituelles de son esprit, et peser toutes les manifestations psychiques qui ont précédé, accompagné et suivi le fait incriminé. Le meilleur moyen de prévenir désormais le retour de conflits judiciaires fâcheux consisterait dans la fixation raisonnée de quelques points de repère relatifs au diagnostic médical de la responsabilité, et aujourd'hui, dans l'état actuel de la science, il est possible de les énumérer très-sommairement , ainsi qu'il suit : 1° Le crime est-il un fait isolé dans la vie de

l'accusé ?

2" Quels en ont élé les motifs?

3" L'accusé a-t-il suivi un certain plan dans l'accomplissement du fait qui lui est reproché?

4" L'accusé a-t-il essayé de se soustraire au châtiment?

5° Note-t-on chez lui des regrets et du repentir?

6" Peut-il raconter toutes les circonstances du fait?

7» Quelles étaient les particularités de son état mental une ou plusieurs années auparavant?

8° L'accusé est-il ou a-t-il été halluciné? Dans ce cas, quels sont les sens qui ont été lésés?

L'application de ces huit éléments de diagnostic

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