OBSERVATION XX
l'vJuciition (listin;ni(5c. — Idées de persécution. — Craintes incessantes (rcnipoisouticmcnt. — Tiirljii'cnce. — Idées de jfriuideur. — l''()ituiic soustraite. — Réclamalious. (AI. Marct, Thèses do Paris, 18G8.)
Madame lî..., âgée de quarante-neuf ans , d'une bonne constitution et d'un tcnij)érament nervoso-sanguin , entre à l'asile le 3 juillet 1S()7. Cette personne, d'une éducation très-soignée, sait au moins trois langues étrangères, s'ex-
LK DIÎLIRE DES PKRSl^CUTIO.VS.
prime avec une grande lacilité, et a beaucoup voyagé en Allemagne, en France et en Amérique. C'est dans cette dernière partie du monde qu'elle a été Frappée d'événements malheureux à la suite desquels elle est devenue aliénée. \c l'ayant pas observée au dehors, nous puisons dans le certifleat médical annexé aux pièces d'admission les renseignements qui suivent : Monomanie de tous les instants, pas de domicile fixe, idée bien établie qu'elle est poursuivie partout 011 elle se rend par les aflidés d'une société d'empoisonneurs qui étend son réseau dans tout le voisinage; conviction que non-seulement on mole du poison à ses aliments, mais encore qu'on en imprègne ses rideaux et toute sa chambre. Par suite de cette idée bien arrêtée qu'on l'empoisonne, la malade est devenue soupçonneuse, ne peut accepter ni logis ni hospitalité où elle soit à l'abri des atteintes de ses ennemis, et oii elle puisse retrouver le repos et la tranquillité. A l'asile, c'est avec de la strychnine qu'on l'empoisonne; on eu répand dans son lit, on en sème sur le parquet. Les murs, l'air ambiant, toute la maison en sont infectés. Sous l'influence de ces idées délirantes, elle refuse de coucher dans son lit, ou bien se relève ensuite pour flairer à l'entour et rechercher de quel côté vient le poison, ou bien la place qui en renferme davantage.
Elle en a le mal de tète, s'agite, demande continuellement sa sortie, et ne l'obtenant point, elle injurie tout le monde, mais toutefois en conservant encore des manières qui conviennent à son éducation et à sou ancienne condition. Elle désigne plusieurs personnes du service comme ses empoisonneurs, les montre du doigt, et dit d'une sœur qu'elle a de la sirychiiine plein ses poches pour lui en distribuer; elle la traite de petite coquine avec un accent assez convaincu pour que celte dernière ait des précautions à prendre. Elle s'est d'ailleurs déjà perlée à des voies de