‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 48 sur 234 · CHAPITRE QUATRIÈMi · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈMi

I. FUKQIKNCK DU Dia.lUK DKS PK.HSKCl TIO.VS. II. 1 M'LUlùVCE DU

SEXK, DK I,';ÎGK, DK 1,'kTAÏ CIVIL KT DK I-A l'HOKlCtiSION.

III. HÉRÉDITÉ. IV. KTIOLOCilli:. — V. MARCHE ET TERMIXAISOXS.

Fréquence du délire des pcrsécuHons.

Il est très-iliflîcile d'établir rigoureusemonl quel peut èlrc le tiegié de ft-équence du délire de perséculion. Sur 605 aliénés exainiués par M. Lasègue, il s'est trouvé 90 persécutés. Sur 51 femmes atteintes de folie névropathicjtic , M. Moreau (de Tours) a signalé 10 persécutées. Ces deux chilfres donnent, l'un la proportion de 1 sur 6 et demi, l'autre la proportion (le 1 sur 3. A quoi peut tenir cet écart? A ce que sur la somme totale des malades de iVl. Lasègue, il faut défalquer un nombre relativement considérable de vieillards en démence sénile, d'iiémiplégiques intellectuellement diminués, d'épileptiques , d'imbéciles et d'idiots; tandis que AI. Aloreau (de Tours ) n'a eu à observer que des aliénées adultes à rbôj)ital, et que, d'autre part, le délire des persécutions est plus fréquent chez la femme que chez l'homme.

lOV LK DÉLIRE DES PERSÉC UTIO\ S.

Depuis le 4 novembre 18G7, je fais la visite trois fois par semaine au Dépôt municipal des aliénés. J'ai pu, dej)uis ce jour jusqu'au 15 août 1871, interroger, pour ma part, plus de 4,200 malades de tout âge, de tout sexe et de toute condition ; eh bien, en l'absence des documents précis et officiels qui ont été dévorés par les flammes au moment de l'incendie de la Préfecture , je ne peux, après y avoir trèsmûrement réfléchi, que donner le chiilrc approximatif suivant : sur 4,200 aliénés, j'ai dû examiner environ 700 persécutés, ce qui donnerait à peu près la proportion de 1 sur 6. Mais je n'affirme rien.

Si donc il se trouve, à Paris, un persécuté sur six aliénés , on voit combien est considérable la fréquence du délire spécial que nous étudions, et combien nous avons raison d'insister sur la description minutieuse d'un état mental encore si peu connu des médecins, et que l'on rencontre cependant à chaque pas.

Influence du sexe, de l'âge, de l'état civil et de la profession.

Sur les 96 persécutés observés par AI. Lasègue, il y avait 58 femmes et 38 hommes. Sur les 700 persécutés que j'ai dû visiter, je n'ai malheureusement pris des notes que sur 140 d'entre eux, et mon relevé est celui-ci : 81 femmes et 59 hommes. Le délire des persécutions est donc certainement plus

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fréquent clicz la femme que chez riiomme. Si ce fait ne ressort j)as de l'examen des observations publiées dans cet ouvrage, c'est que les documents cliniqnes qui trouvent place ici ont été choisis parmi les plus curieux, les plus instructifs et les plus saisissants, et que le délire chez riiomme présente souvent un intérêt infiniment plus marqué, à divers litres; mais cela ne détruit en rien la justesse fondamentale de la remai ([ue.

Sur les 140 persécutés dont il a été fait menîion, l'âge n'est indiqué que pour 126 de ces malades. Voici comment la répartition peut en être faite :

De 10 à 20 ans 3

De 2t à 30 — 14

De 31 à M) — 58

De i l à 50 — 27

De 51 à ()0 — 10

De 01 à 70 — 7

De 71 à 80 — 5

De 81 à 85 — 2

H ressort évidemment de l'inspection de ce tableau que le délire des persécutions s'observe principalement de 31 à 40 ans, c'est-à-dire à l'époque par excellence des grandes luttes de la vie , des labeurs les plus soutenus, des émotions les plus vives, des passions, des ambitions, des déceptions. Les combats moraux surexcitent on dépriment l'activité intellectuelle; ils ébranlent le système nerveux

et le maintientienl perpéluellement dans un état de tension ou de fatigue. De là à l'éclosion de quelque grand (rouble vésanique, il n'y a pas très-loin.

L'état civil de nos J40 malades n'est indiqué que 103 fois, et est représenté par le tableau suivant :

JIOMAIKS.

Célil)ataires. . , . . = 21

Mariés L5

Veufs 7

KKll.MKS.

Côlibalaircs 9

Atariécs 24

Veuves 27

Ces chiffres pourraient donner lieu à des considérations et à des réflexions sans nombre. Qu'il nous suffise de relever seulement certains contrastes. La moitié des malades (hommes) vit dans le célibat, et la moitié des malades (femmes) est fraj)pée de veuvage. La proportion des veufs est aussi minime que celle des filles. L'état du mariage favorise beaucoup moins le développement des idées de persécution que le célibat chez l'homme, que le veuvage chez la femme. Ces résultats statistiques nous paraissent confoimes aux données les plus élémentaires de la morale et aux nombreuses observations qui ont été faites sur les conditions diverses de la vie sociale.

Le délire des persécutions frappe un peu partout, dans toutes les conditions de la vie, dans tous les milieux. Sur ]6G persécutés (107 hommes et 59 femmes) dont les ])rofessions viennent d'être relevées, sur

C II À P I r R I-: Q U A T R 1 1-: M K . 107

ma demaïulo, dans plusieurs élahlissemcMils spéciaux, voici à quols rosullalsje me suis trouvé conduit :

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Peintres en hûlimenls. . .

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