CHAPITRE QUATRIlhlE
un rôle Ircs-importanf , et il importe toujours de rechercher si l'influence transmise provient à la fois (lu père et de la mère, ce qui aggrave singulièrement le pronostic, ou d'un seul côté seidement. Dans ce dernier cas, l'hérédité du côté de la mère est la plus dangereuse. AI. Baillarger a démontré, en effet, que sur 453 cas de folie héréditaire, l'induence maternelle s'était j)roduite 271 lois, tandis que l'influence paternelle n'avait été signalée que 182 fois. Ce résultat statistique donne raison à Chomel , qui, dans sa Pctl/iolof//e générale, a émis l'opinion suivante : « Les maladies de la mère, a-t-il dit, se transmettent peut-être encore plus communément que celles du père, non-seulement parce qu'il ne peut y avoir d'incertitude sur la maternité, mais encore parce que la femme, qui a une part égale à celle de l'honmie dans l'acte de la conception, fournit au développement du fœtus pendant toute la durée de la vie, intra-utérine, et le nourrit encore de sa propre substafice pendant toute la durée de l'allaitement. 11 est donc naturel de croire que la mère a une plus grande part que le père dans la constitution des enfants et dans leurs dispositions morbifiques. w
L'observation clinique a démontré, d'une manière générale, (jue plus il y a d'aliénés dans une famille et que plus le degré de j)arenté avec les aliénés est rapproché, plus il y a de chances possibles de compromission cérébrale; que les enfants nés avant l'aliénation des parents sont moins exposés que ceux
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qui naissent après un ou plusieurs accès de délire; que plus la naissance de renfanl est contemjjoraine de la folie chez l'un de ses ascendants, et plus il y a danger; et que parmi les enfants conçus pendant la maladie d'un des parents, la mortalité en bas âge serait des cinq sixièmes! Esquirol a pensé que la part qui pouvait être faile à l'hérédité était de 45 pour 100, Parchappe de 15 pour 100, et Guislain de 25 pour lUO. Dans mon opinion, on trouve des influences héréditaires chez nos malades 30 fois sur 100.
Les persécutés, fils d'aliénés, dont nous avons parlé, descendaient-ils de persécutés, ou, en d'autres termes, le délire type s'élail-il transmis par la voie générative? Ce point est le plus souvent impossible à élucider. Cependant on verra bientôt que dans des cas de délire à deux la mère et la fille ont pu être simultanément frappées de délire des persécutions, avec celte restriction toutefois que l'une était une perséculée active et l'autre une persécutée passive. Ces faits seront exposés plus loin.
§ IV
Etiologie.
Parmi les causes les plus ordinaires du délire des persécutions, et en dehors des influences héréditaires, on peut citer les chagrins prolongés, les luttes morales, les revers de fortune, l'absence de