CHAPITRE QUATRIÈME
travail, la jalousie, les pratiques religieuses exagérées, les remords de conscience, les angoisses résultant d'un procès, l'emprisonnement, les privations, la misère, l'alimentation insutlisante, l'insonmie rebelle, les violences exercées sur le crâne, les liémorrhagies considérables et toutes les maladies qui ont débilité l'écononiie : la clilorose, les perturbations menstruelles, l'âge critique et une lésion viscérale éloignée ; mais ces causes n'agissent qu'avec lenteur et ne font que préj)arer de longue main l'explosion de la maladie.
Une mention spéciale doit èire ici réservée à l'éducation vicieuse donnée aux entants, à l'onanisme et et aux j)ersécutions infantiles, aux pertes séminales, à la syphilis, au séjour dans les grandes villes et à la qualité d'enfant naturel.
A. Education vicieuse, onanisme , persécutions infantiles. — On rencontre des enfants d'un caractère timide et dont les allures spéciales pourraient de loin en imposer pour nn délire de persécution; ce serait un tort, car ces singularités ne répondent pas aux symptômes d'un état mental morbide. Si ces enfants sont doués d'urie intelligence au moins ordinaire, si rien ne peut faire soupçonner au médecin quelque vice congénial, il y a tout lieu de croire alors qu'ils subissent l'influence d'impressions spéciales, dont nous allons dire quelques mots.
Ces bizarreries sont le résultat de la direction vicieuse, ou plutôt du manque de direction et d'excr-
cicè dont a eu à souffrir une volonté naissante, plus vacillante, plus indécise que dans les conditions ordinaires; si l'amour- propre surtout est très-développé, les circonstances sont encore plus favorables à l'éclosion de ces manifestations de timidité exagérée. La coexistence d'habitudes de masturbation compte aussi dans les causes, ainsi que nous essayerons de le démontrer.
Prenons, par exemple, un enfant d'un naturel très-timide, n'osant parler en présence de personnes étrangères, craignant même de se montrer dans les appartements où elles sont réunies; n'osant rien dire, rien faire quand il n'est pas seul avec ses parents ou avec les personnes au contact desquelles il se trouve tous les jours : voilà, croyons-nous, un type réel, incontestable; car si la persistance de celte disposition n'est pas bien fréquente, si la timidité portée aussi loin disparaît ordinairement par les efforts de parents intelligents qui en sont ennuyés eux-mêmes, il n'en est pas moins vrai que cet état existe et que beaucoup d'observateurs ont pu en voir des exemples. Supposons maintenant qu'un enfant aussi timide possède des parents dont le caractère se prêle peu à la transformation désirable, un père brusque, brutal même, une mère impatiente, que deviendra dans ce conflit perpétuel cette volonté qui n'ose pas fonctionner? L'enfant exécutera les ordres qu'on lui donnera, obéissant à la crainte, devenue le seul mobile de ses actes ; mais son jeune cerveau ne s'habi-