‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 54 sur 234 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

sures, et les individus se déclassent petit à petit. Or, le déclassé est déjà un deini-persécuté.

B. Pertes séminales. — Tout le monde sait aujourd'hui que les phénomènes suivanls caraclérisent spécialement Télat mental lié aux pertes séminales : malaises physiques irréguliers et chroniques, préoccupations gastralgiques , rêvasseries mélancoliques, lœdium viiœ, idées de suicide, diminution du niveau inlellecluel , versatilité, indécisions, abolition partielle de la volonté, exagération de la sensibilité, défiance de soi, tendance à se croire toujours l'objet de railleries.

Dans sa ihèse sur la folie causée par les pertes séminales, Af. Claude a décrit ainsi qu'il suit les progrès successifs de l'altéralion intellectuelle qui s'impose aux tabescents : «En même temps, dit-il, que la mémoire fait défaut, rintelligence subit aussi, chez ces malades, une profonde atteinte; presque tous, avant même d'être devenus aliénés, avaient été obligés de renoncer aux travaux de leur profession, par l'impossibilité oii ils étaient de comprendre les choses les plus simples. Cette détérioration des facultés intellectuelles, qui d'abord se manifeste par une aptitude moindre au travail, augmente ensuite graduellement à mesure que la maladie fiiit des progrès; le jugement est moins sûr, moins prompt, les idées moins nelles; les expressions sont plus diffi-. ciles à trouver et ne répondent plus à la pensée des malades, du moins telle qu'elle était autrefois; aussi

ont-ils de la peine à s'exprimer, et comme ils sentent eux-mêmes tout ce qu'ils ont perdu sous ce rapport, ils évitent en général toute conversation , même futile, pour ne pas laisser voir aux autres leur faiblesse. Des hommes autrefois d'un esprit éclairé et d'un grand savoir en arrivent à abandonner tout travail intellectuel qui exige même- peu d'efforts de leur part, ils ne peuvent plus enchaîner deux idées de suite;* il en est même à qui il devient impossible d'écrire une lettre, un simple billet, la fatigue qu'ils en éprouveraient est au-dessus de leurs forces.

« Comme pour la mémoire, celle altération de l'entendement ne tient pas non plus seulement à la lésion de rattention, distraite par des préoccupations délirantes; il y a impuissance radicale dans la coordination des idées, dans la faculté de comparaison, dans le raisonnement et le jugement. Un de ces malades, qui s'occupait encore de temps en temps, conime moyen de distraction à ses idées, d'un travail de traduction, il est vrai bien imparfait, se lamentait souvent sur son peu d'aplilude, disant qu'il n'avait plus de pensée , que ce qu'il disait ou écrivait n'était plus le fait d'z/w travail du cerveau, mais purement machinal ; qu'il n'avait plus rien dans la tête, que sa tête était vide. «

Après avoir tracé ce tableau, M. Claude a rapporté l'observation extrêmement remarquable qu'on va lire.

CHAPITRK QUATRIKMK.

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