‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 63 sur 234 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

En 185G, 1857 el une purlic do 1858, sa lurciir n'cul plus de bornes. Irrilée do la surveillance qu'on exerçait sur ollo, elle invectivait et frappait ceux qui l'approchaient. Que do fois les filles de service n'ont-elles pas eu à lutter avec elle! ^< Si je pouvais seulement eu tuer une, disait-elle, j'aurais le temps de me pondre pendant que l'autre, olfrayée, irait chercher du secours. " Placée le jour avec les agitées, elle les provoquait, en les suppliant do la tuer. Kenfermée la nuit dans une salle commune , elle no prenait pour ainsi dire pas do repos, espérant que ses cris nous forceraient à la mettre seule dans une cellule, où, si elle avait le bonheur de pouvoir se détacher, elle se tuerait- facilomenl.

Dos bains prolongés, chauds ou froids, suivant les saisons , des irrigations continues , des douches , dos opiacés , des dérivatifs, etc., etc., avaient été successivement employés pondant plus de trois ans sans succès , lorsqu'on octobre 1858, Gaboritfut atteinte do la dyssonlorie qui sévissait à l'asile. Placée à l'infirmerie, où elle était gardée à vue, on s'aperçut bientôt, son état s'aggravant, que l'état mental était plus satisfaisant. Après avoir, en effet, pendant les premiers jours, refusé les soins qui lui étaient prodigués, elle se soumit aux prescriptions médicales.

La convalescence fut longue et difficile, un rhumatisme articulaire assez intense étant venu l'enrayer. Ce rhumatisme, traité par l'application de vésicatoires volants sur toutes les articulations, céda enfin en octobre 1859.

A i)artir de cotte époque, Gaborit no fut plus reconnaissable. On put, par degrés, se relâcher de la surveillance qu'on exerçait sur elle, et lui faire prendre part à la vie commune.

Aujourd'hui elle travaille avec activité à la coulure, et assiste parfois aux promenades et aux offices. Si on lui rappelle le passé, elle en gémit, et ne sait comment expliquer

sa conduite, a Moi, dit-elle, qui aimais tant mes enfants, comment ai-je pu en tuer un? Il fallait vraiment que le bon Dieu m'eût abandonnée. » Elle parle souvent et avec bonheur des siens et voudrait pouvoir les rejoindre, ne comprenant pas toute la réserve qui m'est imposée. Sa guérison, en effet, sera-t-elle durable?

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