‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 69 sur 234 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

recteur de Bicètrc. L'acrimonie la plus forte règne (laiis toute sa correspondance.

Voici une partie d'une de ses lettres (je les ai copiées toutes textuellement) , en date du 11 juillet 1850 :

« Pourquoi, me dit-on, adresser des requêtes à l'aulorité judiciaire? Ne vaudrait-il pas mieux prendre patience pour quelque temps, et le médecin vous mettrait ensuite en liberté, en certilîant que vous êtes guéri de voire maladie mentale.

>^ Il faudrait d'abord être certain que ma liberté me serait rendue prochainement, puisque l'état de mes affaires réclame ma présence dans Paris. Mais il y a encore une autre raison qui fait qu'il y va de mon honneur de faire prononcer la justice, vu qu'un certificat pareil supposerait que j'ai été atteint d'aliénation mentale, ce qui serait un précédent fâcheux pour moi, dont on pourrait abuser par la suite pour me remettre en prison , tandis que je nie formellement que ma raison ait jamais souffert la moindre altération et que c'était, au contraire, parce que mes adversaires trouvaient que j'avais une tète trop forte pour eux et un esprit trop pénétrant qu'ils m'ont fait enfermer par lellre de cachet, et en corrompant le médecin qui a donné cet ordre et qui a forfait à l'honneur, commis un faux matériel et menti à sa conscience en déclarant que j'étais atteint d'aliénation mentale, quoiqu'il sut que je ne l'étais pas plus que lui. Or, quel moyen plus sur de faire cesser une pareille décision que de prouver devant les tribunaux qu'elle était entachée de dol et de fraude, et même viciée par la corruption ? Vous voyez donc que ma ponduite est on ne peut plus raisonnable, quoiqu'on veuille la faire passer pour extravagante. .>

Le 12 juillet 1850, il écrivait cette autre lettre au directeur de Bicêtre :

« Vous m'avez demandé une copie de la lettre que j'ai

eu l'honneur de vous adresser ce matin. Si j'avais plus de temps devant moi pour obéir à votre commandement, je la perfectionnerais davantage. En effet, nous voyons par l'histoire des grands écrivains, que ce sont les ouvrages les plus parfaits qui ont le plus coûté , et ainsi Nicole et Arnaud , amis intimes du grand Pascal , nous apprennent que ce génie étonnant mettait toujours un mois entier à composer chacune de ses Pelites lettres, et qu'il en faisait ordinairement jusqu'à vingt-quatre copies, toutes couvertes de ratures et indéchiffrables pour tout autre que pour lui. Il existe à la Bibliothèque royale vingt copies du Télémaque, toutes écrites de la main de Fénelon et couvertes de ratures, etc. Vous m'excuserez donc, à cause de la précipitation que j'ai mise à la composer , si cette lettre n'est pas tout à fait digne de votre attention.

« Ces préliminaires posés, je viens au fait... "

Dans la Gn de sa lettre , l'abbé Pagancl , ayant eu connaissance d'une lettre de son père qui le réclame, traite celle question, cite et annote les articles de la loi de 1838 ayant trait à ce cas.

Voici du reste la lettre de son père , qui le réclame, sans se douter, certes, que son tîls est aliéné; on jugera du ton de cette requête :

. Rodez, 8 juillet 1850.

« Monsieur le directeur de Bicêtre ,

« Vous connaissez la loi sur les aliénés ou prétendus tels. Parmi les dispositions relatives à cette loi, l'article 14 est ainsi conçu : tt Toute personne placée dans uç établissement d'aliénés cessera d'y être retenue lorsque la sortie sera requise par ses parents. « — Un fils n'a de plus proche parent qu'un père. Au nom de la loi, je réclame sa liberté. Victime d'injustes persécutions, à défaut de moyens légaux ,

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