‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 72 sur 234 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

» nous vous nommerons au premier jour chirurgien en chef » d'un des premiers hôpitaux de Paris. «

!: C'est ainsi que le sieur Bauchet qui est un voleur émérite , voulut aussi se prévaloir de plusieurs écrits qu'il m'avait escroqués pour s'élever jusqu'au pinacle , et il y serait parvenu si je ne lui avais pas coupé l'herhe sous les pieds.

» J'ai l'honneur, etc.

» Signé : Paganel.

» P. S. — M. Broca " a promis également de garder le secret touchant les quatre mille assassinats dont le directeur s'accuse , et lui a même conseillé de me faire assassiner, à condition qu'on le nommerait chirurgien d'un hôpital de Paris.

Dans la même année, il écrivit à M. Legcndre, substitut du procureur impérial , une lettre conçue dans les mômes termes à peu près :

« Monsieur le Procureur impérial ,

11 La loi sur les aliénés porte que toute personne qui se trouve détenue dans une maison d'aliénés a le droit de se pourvoir à tout moment devant le tribunal du lieu; le jugement, ajoute-t-elle , sera rendu sur simple requête, en chambre du conseil et sans délai.

« C'est en vertu de cette loi que je me pourvois devant la justice pour demander ma liberté immédiate, attendu que je n'ai été séquestré à Bicêlre que par suite de corruption, qu'un grand voleur et un assassin, qui vient de mourii, à savoir l'abbé Trcsvaux, avait exercée sur le docteur Voisin (Félix), puisque mes écrits prouvent que je ne suis

1 Chirurgien des hôpitaux de Paris.

2 Chirurgien des hôpitaux de Paris.

pas plus fou que lui ; vous pourrez en voir la preuve dans les diverses requêtes que j'ai adressées au tribunal de première instance.

M Et le motif que ledit abbé avait en cela, parce qu'il craignait que je le poursuivisse de ma plume, à raison des grands crimes que sa conscience lui reprochait, qui étaient d'avoir volé deux millions, qu'il avait en dépôt du temps qu'il était le caissier de l'archevêché, et fait assassiner les deux derniers archevêques de Paris, etc., etc. »

Même année 1862, il écrivait la lettre suivante aux élèves de l'hospice de Bicêtre :

u A moi , mes amis , voilà l'ennemi !

« Tout le monde croyait que, l'abbé Tresvaux étant mort, M. F. Voisin n'aurait plus de raison pour me faire détenir à Bicêtre, et allait enfin signer ma sortie. Mais en voici bien d'une autre! Après m'avoir fait détenir à Bicêire pour le compte de l'abbé Tresvaux, qui l'avait payé à cette lîn, et cela quoique je ne fusse pas plus fou que lui, voilà qu'il voudrait maintenant m'y détenir pour le compte du directeur, qui s'accuserait d'avoir fait assassiner, pour s'enrichir, quatre mille personnes dans la division des aliénés.

5) On dit même qu'il veut m'assassiner.

w A 7)101, mes amis, voilà l'ennemi! 15

Même année :

tt A Monsieur Brault, directeur de Bicclre.

« M'ayant permis d'aller déposer dans la boîte ma lettre au préfet de la Seine, vous vîntes peu de temps après dans la salle où je suis, pour me dire ceci : » Vous voyez bien » que je vous ai permis d'aller déposer dans la boîte aux » lettres celle que vous adressez à M. le préfet de la » Seine. »

» Mais il paraît que ce n'était que dissimulation de votre

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